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Le piétisme est une mentalité selon laquelle le chrétien doit se réfugier dans un îlot de « piété » subjective intérieure et ne doit jamais s’impliquer dans les luttes socioculturelles et politiques de son époque. Selon cette doctrine anti-biblique et non-chrétienne (car dualiste / néoplatonicienne / gnostique / manichéenne), le chrétien doit s’occuper des enjeux « terrestres » le moins possible. Le piétisme véhicule aussi une forme d’ecclésiocentrisme puisqu’il est chroniquement incapable d’admettre la rédemption ailleurs que sous le chapiteau de l’Église. Bref, le piétisme pousse les chrétiens à refuser de remplir leur Mandat créationnel qui est d’assujettir la Terre pour la gloire de l’Éternel (Genèse 1:26-28).

L’Encyclopédie Universalis nous informe de ceci à propos du piétisme fort peu pieux :

Mouvement à forte composante émotionnelle, le piétisme peut être considéré comme une réaction contre les tendances « mondaines » [sic] que manifesta le protestantisme à partir du XVIIe siècle et contre le fait que les découvertes religieuses opérées par les réformateurs [supposément] plus l’objet que d’un acquiescement de nature principalement intellectuelle.

[…]

Dans cette perspective [piétiste], l’Écriture Sainte représentait moins un recueil de connaissances dogmatiques qu’une source vivante de la foi.

[…]

La théologie de l’Université de Halle (Saxe-Anhalt) insista fortement sur la nécessité d’une conversion acquise à travers une crise profonde. Pour être un enfant de Dieu, il fallait avoir connu une lutte intérieure comprenant une phase initiale de désespoir ; […] La piété resta, la plupart du temps, très affective et sentimentale.

[…]

Le terme de « piétisme » est cependant parfois utilisé avec une connotation négative. En effet, certains estiment néfaste l’influence du piétisme sur le protestantisme, qu’il a rendu souvent [trop] enclin à l’introspection et à une forte intériorisation de la religion.

La très libérale Fédération protestante de France (FPF), sympathique au piétisme, présente ce phénomène comme suit :

Le piétisme est un grand mouvement religieux né en Allemagne au XVIIème siècle. Philipp Jakob Spener en était un des principaux instigateurs. […] Le courant du piétisme reprochait [à tord] à l’orthodoxie protestante de l’époque de faire de la religion un ensemble de confessions de foi dans lesquelles la piété et la sensibilité personnelle du croyant n’avait pas de place.

Sur le fondateur nominal du piétisme – Philipp Jakob Spener ↑ – la FPF précise :

Philipp Jacob Spener est né à Ribeauvillé en Alsace en 1635. Après des études de philosophie et de théologie, il est appelé à un poste influent, la direction du corps pastoral de Francfort-sur-le-Main. C’est là qu’il va contribuer au développement d’un mouvement de réveil [sic] du protestantisme allemand, qualifié de « piétisme ».

Cherchant à renouveler la vie de l’Église, il fonde avec des amis un groupe d’édification, le Collegium Pietatis. En 1675, il fait paraître un opuscule : Les Pia Desideria, ou Désir sincère d’une amélioration de la vraie Église évangélique [sic], dans lequel il met l’accent sur la piété personnelle.

En 1694, les piétistes allemands participèrent à l’inauguration de l’Université de Halle (aujourd’hui située dans le Land de Saxe-Anhalt). Une des facultés fondatrices était la Faculté de théologie qui servit dès lors de tremplin au nouveau clergé piétiste. Plusieurs générations de pasteurs y furent pétris par le sentiment qui animait Philipp Jakob Spener. Un de ses plus éminents professeurs fut August-Hermann Francke (1663-1727) ; ce dernier se démarqua toutefois du piétisme strict par son important engagement social en faveur des orphelins. L’Université de Halle catapulta le piétisme dans la sphère académique européenne. Cela donna au piétisme un large rayonnement et – par extension – une respectabilité croissante dans le luthéranisme germanique.

Le piétisme doit donc son nom à ses promoteurs pseudo-luthériens de la fin du XVIIème siècle. Cependant, ce n’est pas ceux-ci qui en accouchèrent les premiers. Déjà au début du XVIème siècle, l’anabaptisme ultra-pacifiste formulé par l’Allemand Michael Sattler (c.1490-1527) puis recyclé dans le mennonitisme fondé par le Frison Menno Simons (1496-1561) se qualifient théologiquement de piétistes, comme l’illustre tragiquement la Confession de Schleitheim adoptée en 1527 (article 6).

Ultérieurement à la naissance de l’anabaptisme puis du mennonitisme, l’apparition successive de différentes hétérodoxies piétistes supplémentaires – quakerisme au XVIIème siècle, revivalisme au XVIIIème siècle, darbysme et adventisme au XIXème siècle, fondamentalisme et pessimillénarisme généralisé au XXème siècle, etc. – conjuguée à l’influence pernicieuse de la philosophie païenne des « Lumières » propulsèrent le piétisme en dehors des cercles luthériens. Cette conjoncture permit au piétisme de contaminer, et ainsi d’affaiblir, l’ensemble des familles confessionnelles et la plupart des structures associationnelles protestantes (quoique à des degrés quantitativement et qualitativement variables). En Amérique du Nord, toutes dénominations confondues, ce basculement piétiste s’effectua à peu près entre 1900 et 1930. En histoire des idées, les historiens appellent ce phénomène « le Grand Renversement » (The Great Reversal).

En rétrospective, nous pouvons constater que sans nécessairement le vouloir (?), la mentalité piétiste a conduit le christianisme à s’auto-marginaliser, préparant ainsi le triomphe temporaire du sécularisme fanatique, et par extension le triomphe temporaire du multiculturalisme répressif, et par extension le triomphe de l’islamisation djihadiste. Au final, le piétisme a immensément contribué à déchristianiser les sociétés occidentales, comme le constate à bon escient le pasteur et théologien réformé californien Mark Rushdoony :

Pietism was an emphasis on piety understood in a dualistic sense […] Pietism defined Christianity in terms of “spiritual” otherworldliness and saw it in opposition to the worldliness of day-to-day human activity. Pietism, in fact, saw Christianity as a retreat from earthly, worldly concerns, which it increasingly abandoned.

[…]

Pietism, having accepted a spiritualized view of Christianity […] Not only was the material world left to secularization, the Bible itself was seen as legalistic when it delved into specifics of behavior. […] This Pietistic trend was also then applied to the Bible. Those laws seen as mundane or worldly were dismissed as Hebrew “civil” law and seen by Pietists as of no value to “spiritual” Christians.

Source ↑ : How Christianity Marginalised Itself [Chalcedon Foundation]

Le professeur émérite Pierre Courthial (1914-2009), pasteur dans l’Église réformée de France ainsi que co-fondateur et ex-doyen de la Faculté Jean Calvin située à Aix-en-Provence (anciennement nommée la Faculté libre de théologie réformée), expose les conséquences funestes du piétisme sur la sanctification collective du peuple allianciel et sur l’avancement du Royaume des Cieux dans son « testament spirituel » intitulé Le jour des petits recommencements (Éditions L’Âge d’Homme, Lausanne, 1996) :

[En embrassant le piétisme,] l’Église déserte le combat des deux Cités, et en bloque beaucoup dans la Babel, la Babylone d’en bas, au lieu de les amener, vaincus [dans le bon sens], à rejoindre le Christ Sauveur-Seigneur dans la Jérusalem d’en haut. […] En choisissant la synthèse plutôt que l’antithèse, en voulant ne faire qu’une Cité des deux Cités, l’Église trahirait sa mission, et, du même coup, trahirait les hommes auxquels elle doit communiquer la Parole de vérité et de salut, et trahirait son Seigneur et Époux Jésus-Christ.

[Le piétisme,] sans le vouloir, contribue au développement de la maladie humaniste en lui abandonnant des secteurs entiers de l’existence. Au long des siècles, et notamment depuis le XVIIIe siècle, le piétisme n’a cessé de limiter la portée et l’autorité de la Parole, de la Loi, de Dieu à la vie personnelle et familiale, au culte, et à l’Église isolée du monde et s’en retranchant […].

En minimisant la Loi morale de Dieu, en la restreignant, en s’opposant à son extension à tous les domaines qui constituent la majeure partie de la vie des hommes ici-bas, […] les piétistes abandonnent, de fait, tout le reste — ce qui fait beaucoup ! — aux volontés humaines (ou démoniaques ?), maîtresses alors du terrain. Ils [les piétistes] deviennent complices de l’humanisme qui profite de leur réserve, de leur abstention, volontaire, pour l’emporter.

Piétistes ou militants humanistes se rejoignent alors au moins sur ce point : Dieu, dans ces domaines, n’a rien dit, n’a rien à dire, et n’a rien voulu dire.

Ce copinage impie entre les tenants du piétisme et les tenants du sécularisme explique pourquoi certains observateurs chrétiens utilisent l’expression « alliance piétiste-humaniste » pour désigner le front commun formé par ces deux groupes au détriment de la Chrétienté et du Royaume de Dieu. Voici un échantillon de son résultat :

[L]e fondamentalisme est en train de dissiper de manière prodigieuse la culture chrétienne accumulée au fil des siècles, ce qui est un grave péché. L’abandon des champs sociétaux au profit des laïques constitue une réponse regrettable.

[Aux États-Unis d’Amérique, pendant] plus de 50 ans, du Procès Scopes en 1925 à la candidature à la présidence en 1976 de Jimmy Carter, « né de nouveau », les chrétiens conservateurs n’ont pas développé de philosophie sociale ou politique discernable. Les laïques ont profité de cette indifférence et ont conduit le pays dans une direction résolument antichrétienne. Les principales institutions ont été prises d’assaut – tribunaux, écoles, séminaires – et transformées en groupes de défense laïques formant des disciples promouvant le programme humaniste. Lorsque les chrétiens ont observé ce qui se passait, ils ont conclu (1) qu’ils ne sont que des pèlerins de passage sur la terre, (2) que Jésus va les sauver par un enlèvement, (3) et qu’il incombe aux chrétiens d’endurer la persécution pour le nom de Jésus [sic].

Source ↑ : La longue histoire idéologique du marxisme culturel [La Lumière du Monde]

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Compléments sur Le Monarchomaque :

Compléments hors-site :


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« Le Texte Sacré ne vise pas seulement un salut “spirituel”, le “salut des âmes”, comme le présuppose le piétisme, mais toute notre manière de vivre, en tous domaines, au quotidien. »
— Pierre Courthial

« Il n’existe pas un seul domaine de la vie humaine dont le Christ ne puisse dire : “C’est à Moi !” »
— Abraham Kuyper, Ministre-Président des Pays-Bas (1901-1905)

 

 

 

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Quelques commentaires :

  1. La laïcité étant un ordre idéologique conçu sur mesure pour favoriser les athées & agnostiques, les chrétiens n’ont pas à s’y conformer.
  2. L’Église de Dieu n’est pas un organe de l’État mais une institution indépendante qui ne doit accepter aucune ingérence séculière dans ses propres affaires.
  3. La seule personne à qui l’Église doit rendre des comptes, ultimement, c’est à son unique chef, Jésus-Christ, Fils de Dieu.

J’encourage les lecteurs à prendre connaissance des documents suivants pour mieux comprendre le contexte et les enjeux de la question du rapport entre Églises et État en France :

Or si le concordat napoléonien maintenait, dans une certaine mesure, en sujétion à l’État les Églises protestantes et catholiques (puisque c’est l’État qui sélectionnait et rémunérait les pasteurs et les évêques), la loi de 1905 institutionnalisa aussi une forme d’interférence étatique dans les affaires internes des Églises protestantes et catholiques en les forçant à se dupliquer en associations cultuelles (pour leur compliquer la vie et provoquer la dispersion de leurs ressources) ainsi qu’en usurpant leurs propriétés classées comme « bâtiments historiques » :

L’attribution des biens d’Église

Les articles 3 à 10 concernent les biens des établissements du culte, qui doivent donner lieu à un double inventaire pour distinguer ce qui appartient aux établissements (donc sera en principe attribué aux associations cultuelles) de ce qui appartient à l’État ou aux communes [vol légal et extorsion à grande échelle].

Les édifices des cultes

Les articles 12 à 17 de la loi concernent l’attribution des églises, presbytères, séminaires et facultés de théologie « mis à la disposition de la Nation » par le Concordat et les Articles organiques — cela après l’inventaire prévu. Ces édifices seront mis à la disposition des associations cultuelles, qui devront en assurer l’entretien. Les plus beaux édifices étaient classés « monuments historiques » par la loi de 1887, donc l’État et les communes devaient se charger de leur entretien ; un classement complémentaire était prévu (article 16).

La police des cultes [!]

Elle est détaillée dans les articles 25 à 36, et reste en vigueur. Les sonneries des cloches sont réglées par arrêté municipal, de même que les processions ; il est interdit de tenir des réunions politiques dans les locaux servant à un culte ; l’enseignement religieux des enfants de 6 à 13 ans doit être donné en dehors des heures de classe [et pour ceux faisant l’école-maison ?!] ; tout insigne ou emblème religieux est interdit sur les monuments publics. Des amendes sont prévues pour les infractions.

∴ ∴ ∴

« Ce qui a fait la force de la civilisation occidentale, c’est qu’on reconnaissait qu’au-dessus des lois des États, il y a la loi de Dieu. » — Pierre Courthial, ex-doyen de la Faculté d’Aix-en-Provence

VitrailCroixHuguenote

Sur la dégauchisation de l’électorat protestant en France…

La fin de l’orientation à gauche des protestants français

L’orientation à gauche des protestants français signalée par Siegfried au tournant du siècle prend-elle fin avec la Première Guerre mondiale ? Certains auteurs l’ont affirmée avec force. C’est le cas de Roger Mehl qui écrit par exemple qu’il est faux « de dire pour cette période d’entre les deux guerres que le protestant est un homme de gauche ». Évitons d’abord les faux débats. Le protestantisme de droite a toujours existé en France. Mais les signes de sa vigueur semblent se multiplier dans l’entre-deux-guerres, où certains protestants participent explicitement au camp nationaliste. Ils sont notamment regroupés dans le mouvement La Cause, fondé en 1920. Ce mouvement est alors à l’origine de manifestations contre le marxisme, et critique sévèrement le Front Populaire dans son émission religieuse sur Radio-Paris. Cette orientation politique reste « extrêmement minoritaire » chez les protestants de cette époque, qui demeurent massivement orientés à gauche. […]

Sur un échantillon de taille appréciable, les protestants français ne peuvent plus aujourd’hui être classés à gauche. Ceux qui se disent appartenir à ce camp sont rigoureusement aussi nombreux en pourcentage que dans la moyenne nationale : 23 %. Ils ne sont pas pour autant tombés à droite : là encore, on a une parfaite symétrie avec la moyenne des Français : 13 % se classent à droite chez les protestants comme chez leurs concitoyens. […]

Ces résultats sont confirmés par l’étude de la sympathie partisane, directement articulée au vote. Les protestants sont aussi à droite que la moyenne nationale, et à peine plus à gauche, avec un écart qui ne peut pas être considéré comme significatif. [Voir référence pour tableau.] […]

Démontrée aux débuts du XXe siècle, l’orientation à gauche des protestants court jusqu’aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale. […] Ils semblent avoir rejoints la moyenne nationale. Et l’écart qui les séparait des catholiques lui-même s’est du même mouvement considérablement atténué.

Source ↑ : Claude Dargent, « Démocratie et religion – Table ronde : Protestantisme, vote et contexte national », Actes du Festival international de géographie de Saint-Die-des-Vosges, 2002, Centre national de documentation pédagogique.

Le clivage électoral catholique-protestant revisité

Un examen des différentes études qui ont été menées sur cette question en Alsace aboutit à une juxtaposition de configurations différentes qui ne semblent pas correspondre à une cohérence globale : opposition entre un vote catholique à droite et un vote protestant à gauche aux scrutins de 1849-1850, ainsi qu’aux élections de 1919 et 1924, clivage entre un vote catholique clérical et un vote protestant davantage orienté vers le parti libéral pendant la période allemande antérieure à 1918, vote autonomiste dans les communes protestantes de la circonscription de Saverne aux scrutins de 1928, 1932 et 1936, clivage entre un vote catholique pour le Mouvement Républicain Populaire (MRP) et un vote protestant pour le gaullisme sous la Quatrième République (et un vote protestant mendésiste au scrutin de 1956), scores élevés pour le Front National dans certains secteurs ruraux protestants à partir de l’élection présidentielle de 1988. […] L’ensemble des études électorales qui ont été menées en Alsace sur cette question met en évidence l’existence d’un clivage catholique-protestant dans cette région, mais elles ne permettent pas d’identifier la nature de ce clivage, si ce n’est en négatif en l’opposant au clivage de type droite-gauche auquel il ne semble correspondre que de façon exceptionnelle.

Source ↑ : Bernard Schwengler, « Le clivage électoral catholique-protestant revisité (France, Allemagne fédérale, Suisse) », Revue française de science politique, Vol. 55, N° 3, 2005, p. 381-413.

Virage à droite des protestants ?

Un sondage révèle de façon très nette que : les protestants penchent désormais majoritairement à droite ; ils le font plus que l’ensemble des Français ; ils rejoignent en cela les Français catholiques. C’est une évolution considérable de la sensibilité politique des protestants. Au premier tour de l’élection présidentielle, 34 % ont déclaré avoir l’intention de voter pour Nicolas Sarkozy alors que ce n’est le cas que de 28 % de l’ensemble des Français. Ils rejoignent ainsi les intentions de vote des Français catholiques qui, selon la même question IFOP, ont été 33 % à déclarer leur intention de vote pour Nicolas Sarkozy (cf. La Croix du 6 mars 2007).

Par contre, alors que La Croix du 6 mars 2007 observait que François Bayrou ne séduisait guère plus les catholiques que l’ensemble des Français, ce n’est pas le cas chez les protestants qui lui accordent 27 % des intentions de vote (contre 23 % des Français). François Bayrou, le Béarnais catholique, auteur d’un livre sur Henri IV, séduirait-il particulièrement les protestants ? [sic] Les protestants, volontiers libéraux-sociaux (centre droit) ou sociaux-démocrates (centre gauche) pourraient effectivement trouver leur compte dans cette voix du centre qui, comme eux, répugne aux extrêmes. 27 % en faveur de Bayrou, 34 % en faveur de Sarkozy, cela fait 61 % des intentions de vote pour la droite, 62 % si l’on ajoute les 1 % pour Philippe de Villiers.

Si les protestants refusent plus que l’ensemble des Français l’extrême droite de Jean-Marie Le Pen (8 % des intentions de vote des protestants contre 13 % de l’ensemble des Français), leur préférence va donc aujourd’hui nettement vers la droite ou le centre-droit. Quant à Ségolène Royal qui, en troisième position, n’a les faveurs que de 20 % des protestants, c’est non seulement, dans cette enquête, moins que l’ensemble des Français (23 %), mais moins que les Français catholiques (22 %) !

Source ↑ : Jean-Paul Willaime, « Virage à droite des protestants ? », Réforme, 27 juin 2007.

Les terroirs protestants traditionnels, des Cévennes à l’Alsace, sont de moins en moins à gauche, quand ils ne recèlent pas des votes pour le Front National supérieurs à la moyenne nationale.

Source ↑ : Fiche de lecture de l’ouvrage “Les Protestants et la République” de Pierre Cabanel, Dacodoc.

Le mythe fondateur est connu : Le protestantisme serait de gauche, démocratie religieuse et démocratie politique se rejoindraient autour d’un modèle républicain dont nos huguenots seraient les meilleurs porte-glaives. […] Le dernier chapitre, sur l’après-1945, pose de façon pertinente la question de la survie même d’une culture politique protestante, dans une société où la bonne image du protestantisme repose davantage sur sa réputation de tolérance, voir de sa capacité à s’auto-diluer dans la sécularisation générale, que sur les traits qui firent longtemps l’identité huguenote.

Source ↑ : Denis Pelletier, « Patrick Cabanel : “Les protestants et la République – De 1870 à nos jours” », Revue d’histoire du vingtième siècle, Vol. 72, N° 72, p. 167.

Hors-site : À qui profite le vote des protestants français ? [Réformés]

La persécution des protestants orthodoxes français par l’État laïciste jacobin :

EmblemeEgliseReformeeFrance

Via Actu-Chrétienne

L’homosexualisme continue son combat destructeur et se révèle chaque jour un peu plus comme la nouvelle tyrannie du XXIe siècle. Demain, les chrétiens auront-ils encore le droit de croire et de vivre les valeurs de l’Évangile ?

Pourrons-nous encore penser que l’homosexualité est une déviance sexuelle ? Les lobbys LGBT auront-ils la peau des établissements privés qui prônent d’autres valeurs que les leurs ? Il est grand temps que l’Église se mobilise, s’indigne et défende corps et âmes des établissements hautement respectables comme celui du Collège Daniel à Guebwiller en Alsace. Lire à ce sujet Un collège évangélique dans la tourmente sur DieuTV.

Qu’on se le dise, le Collège Daniel est un collège hors-contrat, qui affiche très clairement son éthique chrétienne. Cyril Couderc, le professeur qui a signé une rupture conventionnelle de contrat à l’amiable en 2010, le savait très bien lorsqu’il a accepté de venir y travailler. Alors pourquoi se plaint-il aujourd’hui d’avoir été poussé au licenciement en raison de son homosexualité ? N’avait-il pas compris à l’époque que l’homosexualité ne cadrait pas avec les valeurs chrétiennes ? S’il préfère vivre son homosexualité plutôt que de vivre l’Évangile, pour quelles raisons s’est-il engagé dans ce collège privé alors que son choix de vie est pleinement en phase avec 99% des établissements scolaires en France ?

À quoi sert-il de créer des écoles privées et de supporter le coût élevé engendré par le choix d’être hors-contrat, si l’on ne peut pas être différent des autres établissements ? Est-ce un crime pour un collège privé de promouvoir et de faire respecter ses valeurs ?

Bien que détestable au possible, l’attitude du professeur n’est pas la seule à inspirer l’indignation. En effet, celle de Jean-François Collange, président du Conseil scolaire de la Fédération protestante de France (FPF) et de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL) est tout aussi scandaleuse. Proclamant haut et fort que cet établissement n’est pas rattaché à son Conseil, en raison « des méthodes et des programmes enseignés » (sic), M. Collange est tout heureux de pouvoir se laver les mains dans cette affaire et de se ranger du côté de l’homosexualisme, plutôt que de s’évertuer à honorer la mission de la Fédération Protestante de France, à savoir : représenter et défendre les protestants. Le protestantisme traditionnel perdrait-il toute notion de l’Évangile ? Quel bel exemple d’unité dans la diversité, l’un des slogans préférés de la FPF ! Quant au Conseil national des églises évangéliques de France (CNEF), auquel l’établissement est rattaché, peut-être réagiront-ils l’année prochaine ? Peut-être sont-ils en vacances ?

Pauvre France ! Entre l’homosexualisme procédurier, la compromission luthéro-réformée [sic] et le silence évangélique… ceux qui veulent suivre Jésus ont intérêt à avoir les reins solides. Courage Luc Bussière, ton travail n’est pas vain !

L’arrière-plan historique de ce conflit en éducation

Cette affaire ↑ est l’occasion parfaite pour revenir sur le rôle considérable que des « protestants » ont joués dans la mise en place puis le fonctionnement de la IIIe République française et l’imposition de l’école publique laïque par cette dernière. Voici un extrait-synthèse du livre Les deux républiques françaises de Philippe Nemo, paru aux Presses universitaires de France (PuF), dont la thèse met en relief l’opposition multi-centenaire entre deux types de républicanisme en France : les tenants de « 1789 » (partisans de l’État de droit) et ceux de « 1793 » (jacobins, laïcistes et socialistes)…

Une première loi Ferry de 1879 établit le monopole de l’État sur la collation des grades, et interdit tout enseignement aux membres des congrégations « non autorisées ». Dès 1880, un premier décret dissout les Jésuites ; un second, les autres congrégations « non autorisées ». 261 couvents sont fermés et près de 6000 religieux expulsés. En mars 1882, la loi de laïcisation est votée. Une loi de gratuité, votée précédemment, fait financer l’école laïque par les contribuables catholiques qui devront donc payer une seconde fois l’école s’ils veulent scolariser leurs enfants dans des écoles privées de leur choix. Les 15 000 religieuses qui enseignent dans les écoles publiques sont licenciées par la loi Goblet qui, en outre, nationalise entièrement l’enseignement public, c’est-à-dire le fait dépendre du seul gouvernement central. En 1884, on prive du droit d’éligibilité les ministres du culte. On surveille, dénonce, traduit en justice les prêtres qui expriment leur désaccord avec la politique antireligieuse du gouvernement. On repère ainsi les Lyonnais qui mettent des lumières à leur balcon lors de la fête traditionnelle de l’Immaculée Conception le 8 décembre ; quand il s’agit de fonctionnaires, on les révoque.

L’école publique « protestante »

Les opportunistes entendent donner un tour constructif et libéral à leur œuvre scolaire. Cette situation durera pendant quelque deux décennies. C’est dans cette période que naît l’ « école de la République », la fameuse école des « hussards noirs ». Elle a été véritablement laïque. Cette première école républicaine est due non pas à des libres-penseurs et à des athées, mais à des protestants. La spiritualité protestante attire les libéraux, d’autant que les protestants sont à l’origine des libertés modernes. Guizot, Constant, Laboulaye marquent la vie intellectuelle ; il y a cinq protestants sur dix ministres dans le premier gouvernement de la République des républicains. Tous appartiennent à l’aile « libérale » du protestantisme français. Vaincus en 1872 au Synode national par les orthodoxes, ces libéraux se sont éloignés de l’Église réformée.

Ferdinand Buisson, directeur de l’enseignement primaire, Jules Steeg et Louis Liard en sont les figures les plus marquantes. Ils veulent enseigner une morale qui puisse être acceptée par toutes les familles spirituelles de la France, mais ne choque pas la majorité catholique, fondée notamment autour du kantisme.

Mais du contrat passé par les protestants avec l’État (avoir un homme de la République dans chaque village, en face de l’homme de l’Église) impliquait que les républicains acceptassent de recruter en grand nombre des instituteurs issus des couches nouvelles. Or, ceux-ci étaient des adeptes de l’idéologie de « 1793 » bien plus que du protestantisme et du kantisme. Aussi, rapidement, les protestants seront dépossédés de leur œuvre.

Le Synode national de 1872

Après que les orthodoxes battirent les libéraux au Synode national de l’Église réformée de France en 1872, ces libéraux changèrent de stratégie. Ils investirent l’État républicain et utilisèrent l’autorité du glaive étatique pour forcer l’Église réformée – à dominance orthodoxe – à accepter les libéraux en son sein. Cela, tout en empêchant aux orthodoxes majoritaires de tenir de nouveaux synodes pendant trois décennies (!) :

Sous la IIIe République, les réformés purent convoquer un synode. Celui-ci adopta une confession de foi orthodoxe, rédigée par Charles Bois (1826-1891). Les libéraux, qui ne pouvaient y souscrire, furent autorisés par le gouvernement à rester dans l’Église. Le gouvernement interdit de nouveaux synodes ; les orthodoxes ne purent donc avoir pendant 30 ans que des synodes officieux, tandis que les libéraux avaient des assemblées générales.

Source ↑ : Jules-Marcel Nicole, Précis d’histoire de l’Église, Éditions de l’Institut Biblique, Nogent-sur-Marne (Île-de-France), 2005, p. 224 sur 295.

Ainsi, on voit que la gauchisation du protestantisme français est principalement le fait des hérétiques déviants qui, ébranlés par la voie démocratique, entrèrent au gouvernement et instrumentalisèrent l’État pour affaiblir les orthodoxes en leur interdisant de tenir de nouveaux synodes tout en permettant aux libéraux de continuer à contaminer l’Église réformée. À long terme, cette politique d’ingérence et de coercition a porté ses fruits empoisonnés. Ainsi, Marcel Manoë, le président de l’Église réformée de France (ERF = théoriquement les descendants directs des Huguenots), défends les « pasteurs » homosexuels de l’ERF en ces termes : « La diversité sexuelle ne doit pas être refusée », « nos contemporains ont besoin de repères pour se construire mais certainement pas ceux de l’intolérance, de la discrimination et de l’exclusion », et tout le reste du catéchisme postmoderne habituel. Comme j’en ai fait état dans un billet précédent, plusieurs « pasteurs » de l’ERF se moquent éperdument des chrétiens trinitaires. Pendant ce temps, le président de la Fédération protestante de France (FPF), Claude Baty, défend stupidement l’islamisation de l’Occident, alors qu’à chaque semaine des protestants se font brutalement persécuter et mettre à mort dans les pays musulmans. Claude Baty a par ailleurs célébré la clôture du jeune du Ramadan en septembre 2010. Chrétiens, vous êtes entre bonnes mains. « Quand la prudence fait défaut, le peuple tombe » (Proverbes 10:14).

Voir aussi sur Le Monarchomaque :

« Lorsque l’on a affaire avec une maladie aussi virulente, c’est absurde d’encourager les gens à mettre leur foi dans un mince morceau de caoutchouc. On pourrait tout aussi bien encourager les gens à répétitivement se tenir debout face à un peloton d’exécution avec un gilet pare-balles. »

(Le missionnaire Peter Hammond, auteur de Principes Bibliques pour l’Afrique)

Des études scientifiques démontrent que le condom n’est pas efficace pour prévenir la prolifération du Sida et des MTS :

A French priest and former surgeon working for the Pontifical Council for the Family recently published a study that claims that the use of condoms to prevent the spread of AIDS is essentially a game of Russian roulette.

Father Jacques Suaudeau’s 37-page report, Safe Sex and the Condom : Faced with the Challenge of AIDS, has stirred controversy since its appearance in Medicina e Morale, an Italian journal published by the Catholic University of the Sacred Heart in Rome.

Father Suaudeau, who worked as a surgeon in France and medical researcher in the United States before ordination, based his conclusions on some 136 different studies concerning condoms, HIV/AIDS and other sexually transmitted diseases. « The epidemiological studies show that the condom certainly gives protection against contamination by the virus, but that this protection is far from absolute, » he wrote.

« The possibility of contracting HIV using a condom during high-risk sexual relations stands at an average of 15-16 percent. » Father Suaudeau said the risk rises to 20-30 percent when the act is homosexual, when sexual promiscuity is high and when another sexually transmitted disease is involved.

(…)

His arguments are based not on theology but on reams of scientific research — including studies showing that condom use does not significantly lower the rate of sexually transmitted diseases such as gonorrhea and chlamydia.

(…)

While prophylactic companies promise that the microscopic pores in condoms don’t allow the transmission of the virus, Father Suaudeau said their testing was not sufficient. « If you want to do real tests, you have to use microspheres, something the size of the virus, » he explained. « Mechanical tests are not enough. » He pointed out that medical technicians dealing with substances containing HIV have been told to wear two pairs of gloves, one on top of the other.

(…)

In his study, Father Suaudeau points out the multiple weaknesses of prophylactics one by one. The failure of condoms in preventing pregnancy (defined as the probability of pregnancy in the course of a year for a woman who relies only on condoms for contraception) is between 5-30 percent, with an average of 15 percent.

Father Suaudeau also looked at 19 different studies on the effectiveness of condoms on populations at risk in different parts of the globe, concluding that they reduce the risk of HIV transmission somewhat. But in 10-15 percent of all sexual acts, condoms fail to prevent the transmission of the AIDS causing virus.

He looked at the overall AIDS figures in France, where 6000 new AIDS cases are diagnosed each year, and concluded that the promotion of condoms has done little to stop the deadly problem. « Despite strong campaigns in favor of condoms in the United States, France and the rest of Europe, there has been a continual increase in the number of AIDS cases in these countries since 1981, » he wrote.

(…)

Father Suaudeau concludes that using condoms to prevent AIDS is like playing Russian roulette : « The more someone multiplies his sexual experiences, convinced of the impunity given him by condoms, the greater the probability of contamination, » he wrote. « In the end, it’s HIV that wins. »

Source : Sex, Lies, and Latex : Study Busts Condom Myth [Holy Spirit Interactive]

Outre les risques évidents de déchirure et de fuite, il est important de savoir que les pores des condoms en latex sont cinquante fois plus grands que la taille des virus porteurs du Sida :

Experts from the Centers for Disease Control, the U.S. Naval Research Laboratories and the American Journal of Nursing revealed that the holes in a standard latex condom are 5 microns in diameter, a males sperm is 45 microns and the HIV virus is only 0.1 micron. In other words, HIV is three times smaller than the herpes virus, 60 times smaller than the spirochetes which causes syphilis, 450 times smaller than sperm and 50 times smaller than the holes in a latex condom. Therefore, condoms are not as safe as what they are made out to be.

Source : The « Safe-sex » Theory : In Light of the Ineffectiveness of Condoms, is it Reality or Myth ? [Victims of Abortion Speak Out]

En Afrique, la promotion de l’abstinence et de la monogamie a réussi à freiner l’épidémie de Sida :

While condoms clearly won’t solve the HIV/AIDS crisis in Africa (or anywhere else), there is an approach that will : abstinence. Indeed, in African nations — where HIV/AIDS is transmitted almost exclusively through sexual contact — abstinence is the obvious solution. And better yet, it has been proven effective.

Uganda at one time had the highest rate of HIV/AIDS in the world. Starting in the mid to late 1980s, their government instituted a program to teach abstinence before marriage and fidelity to one’s partner afterwards. (…) Billboards, radio announcements, print ads, and school programs all promoted the virtues of abstinence and fidelity to prevent HIV/AIDS. The results were astonishing.

In 1991, the prevalence rate of HIV was 15%. By 2001, it had dropped to 5%. It was the biggest HIV infection reduction in world history. Among pregnant women, the drop was even more dramatic (as reported by CNS News, January 13, 2003). In 1991, 21.2% of expecting mothers tested positive for HIV. By 2001, the number had plummeted to 6.2%. Compare this with the 2001 numbers from Kenya (15%), Zimbabwe (32%), and Botswana (38%). All three countries focus on condom distribution, and all three countries continue to see their rates rise.

But wait, the condom advocates object. The Ugandan « miracle » is simply the result of more widespread condom use. Not so, says Dr. Edward C. Green, an anthropologist at the Harvard University School of Public Health, who was a strong proponent of condom distribution to stem HIV/AIDS. That is, until the U.S. Agency for International Development (USAID) hired him to study the reasons behind the success in Uganda.

The results of his research left him little doubt. « Reduction in the number of sexual partners was probably the single most important behavioral change that resulted in prevalence decline, » he noted. « Abstinence was probably the second most important change » (testimony before the Subcommittee on African Affairs, as reported by Joseph Loconte). « It is a very indicting statement about the effectiveness of condoms, » he told Citizen Magazine. « You cannot show that more condoms have led to less AIDS in Africa. »

Source : Will Condoms Really Stop AIDS in Africa ? [Catholic Education Resource Center]

Yoweri Museveni, le Président de la République d’Ouganda depuis 1986, a qualifié l’éducation à l’abstinence avant le mariage et à la fidélité conjugale de « vaccin social » qui prémunit la population contre les comportements sexuels dangereux. Si la chasteté permet d’endiguer la prolifération du Sida, encore faut-il dépister la maladie et donner un soutient et un encadrement à ceux qui en sont déjà atteints. C’est la mission qu’accomplissent plusieurs organisations chrétiennes, telles que Grace & Light. Ainsi, de 2006 à 2009, Grace & Light a gratuitement testé plus de 61 000 personnes (principalement au Nigeria, en Zambie, au Libéria et au Sierra Leone).

Consulter également :

VitrailCroixAntiNazi

J’avais assemblé puis publié, il y a un peu plus d’un, an un article intitulé L’orientation religieuse des Nazis. Voici une seconde compilation de renseignements pertinents sur ce chaud sujet.

1. Le combat de l’Église protestante contre le nazisme

Commençons par citer la Déclaration de Barmen, adoptée par des pasteurs protestants (réformés, luthériens et méthodistes) lors d’un synode clandestin réuni à Wuppertal en Rhénanie-du-Nord à la fin mai 1934. L’adoption de ce texte constitue l’acte fondateur de la Bekennende Kirche (l’« Église confessante ») d’Allemagne – un mouvement conservateur résistant antinazi – ainsi qu’un haut fait de la Kirchenkampf (« combat ecclésiastique »), le conflit ayant opposé l’Église confessante d’Allemagne aux Deutsche Christen (littéralement « chrétiens allemands ») puis à la Reichskirche (l’« Église du Reich »). Ces deux prolongements religieux pseudo-chrétiens du NSDAP prônaient rien de moins que la suppression de l’Ancien Testament et des Épîtres de Paul hors de la Bible :

  1. Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle, en plus et à côté de la seule Parole de Dieu, l’Église pourrait et devrait reconnaître d’autres événements et pouvoirs, personnalités et vérités, comme Révélation de Dieu et source de sa prédication.
  2. Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle il y aurait des domaines de notre vie dans lesquels nous n’appartiendrions pas à Jésus-Christ mais à d’autres seigneurs et dans lesquels nous n’aurions plus besoin de justification et de sanctification.
  3. Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Église pourrait abandonner le contenu de son message et son organisation à son propre bon plaisir ou aux courants successifs et changeants de convictions idéologiques et politiques.
  4. Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Église pourrait, en dehors de ce ministère, se donner ou se laisser donner un chef muni de pouvoirs dictatoriaux.
  5. Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’État devrait et pourrait, dépassant en cela les compétences de sa mission particulière, prétendre devenir l’ordre unique et total de toute la vie humaine et remplir ainsi jusqu’à la vocation même de l’Église. Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Église devrait et pourrait, dépassant en cela les compétences de sa mission particulière, s’approprier le caractère, les tâches et le prestige de l’État et devenir ainsi elle-même un organe de l’État.
  6. Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Église pourrait, en vertu d’un acte d’autonomie humaine, mettre la Parole et l’œuvre du Seigneur au service de désirs, de buts et de plans quelconques choisis de sa propre autorité.

VERBUM DEI MANET IN AETERNUM
(LA PAROLE DE DIEU DEMEURE POUR L’ÉTERNITÉ)

Référence ↑ : Déclaration de foi du Synode clandestin de Barmen [Église évangélique en Allemagne]

Le combat entre les nazis et l’Église confessante se durcit en 1936, lorsque les opposants publièrent un mémorandum condamnant l’idéologie et les pratiques du régime hitlérien, et réclamèrent la dissolution de la Gestapo ainsi que la fermeture des camps de concentration. Plusieurs dirigeants de l’Église confessante d’Allemagne, dont le pasteur Martin Niemöller, furent arrêtés en 1940. Niemöller fut déporté au camp de Sachsenhausen puis à Dachau. L’un de ses collaborateurs, Werner Sylten, un membre de l’Église confessante d’origine juive, fut arrêté en 1941, déporté à Dachau puis empoisonné. Des manifestations eurent lieu en Allemagne pour réclamer la libération de Niemöler ; en vain. Nombre de pasteurs « suspects » furent à leur tour expédiés sur le front, incarcérés dans les camps (sur le territoire allemand), ou tout simplement assassinés.

Après l’arrestation Niemöller, Theophil Wurm, évêque luthérien du Wurtemberg, prit sa succession à la tête de l’Église confessante d’Allemagne, et protesta à plusieurs reprises contre les crimes nazis. Cela, notamment en 1940 contre l’assassinat des invalides et des malades mentaux (Opération « T4 » – le programme d’euthanasie) ainsi qu’en 1941 contre la déportation des Juifs. Simultanément, le pasteur Heinrich Grüber, qui dirigeait le « Bureau Grüber » et apportait son soutien aux protestants d’origine juive en leur proposant une aide juridique et en les aidant à trouver un pays d’accueil, fut arrêté. Une poignée de chrétiens confessants continua de résister et tenta malgré tout de porter secours aux victimes. Certains, comme le théologien Dietrich Bonhoeffer et la diaconesse Marga Meusel, auront le courage de dénoncer le silence des « églises » nazifiées face à la tyrannie anti-chrétienne et génocidaire.

Références ↑ (via le forum L’embrasement du monde) :

  • Max GEIGER, Der Deutsche Kirchenkampf (1933-1945), Zurich, E.V.Z. Verlag, 1965.
  • Saul FRIEDLÄNDER, Kurt Gerstein ou l’ambiguïté du bien, Tournai, Éditions Casterman, 1967.
  • Daniel Jonah GOLDHAGEN, Les bourreaux volontaires de Hitler, Paris, Éditions du Seuil, 1997.

Ressources supplémentaires :

Passons maintenant du côté catholique…

2. Le combat de l’Église catholique contre le nazisme

L’encyclique Mit Brennender Sorge

Le 14 mars 1937, Pie XI publie sa célèbre encyclique Mit Brennender Sorge, qui dénonce les erreurs doctrinales du nazisme. L’impact de ce texte est énorme : il est ressenti par les nazis comme une déclaration de guerre. C’est un événement sans précédent dans l’histoire de l’Église romaine.

Genèse du texte

Très tôt, des catholiques allemands tiennent informés le pape de la situation en Allemagne. Certains d’entre eux vont jusqu’à réclamer un texte officiel, telle Edith Stein qui envoie un message au Vatican dès 1933 dans lequel elle demande une encyclique. C’est également la demande formulée par Karl Leisner qui bénéficiera même d’une audience privée lors d’un de ses passages à Rome, en juin 1936. Les deux seront victimes des camps de concentration nazis quelques années plus tard. Cette demande est reprise en août 1936 par les évêques allemands réunis à Fulda, sur la tombe de l’apôtre du pays, saint Boniface. L’épiscopat allemand demande au pape de parler au sujet de l’Allemagne et des persécutions contre l’Église. Le concordat étant de vigueur, l’hésitation de certains évêques est palpable. Le cardinal Eugenio Pacelli [Secrétaire d’État du Vatican] décide alors d’organiser une réunion d’envergure afin de porter un coup sérieux au régime nazi : en février 1937, il réunit au Vatican le cardinal Bertram, le cardinal Schulte, Mgr von Preysing, Mgr von Galen et le cardinal Faulhaber. Il est décidé d’élever une protestation par la plus haute autorité de l’Église. Le cardinal Faulhaber prépare une esquisse du texte. Celle-ci est ensuite grandement revue, corrigée et complétée par le cardinal Pacelli, secondé par le Père Leiber. Le pape Pie XI reprend enfin le manuscrit qu’il signe.

Contenu

L’encyclique Mit Brennender Sorge commence par la dénonciation du non-respect du concordat. Mais elle est surtout une condamnation sans ambiguïté du racisme en tant que doctrine idolâtrique et démoniaque, s’opposant à celle catholique, donc universelle, de l’humanité. Pour l’Église, le nazisme se résume par le racisme, fondement de tout le reste et dont l’antisémitisme est une des composantes.

Quelques extraits

« Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l’État, ou la forme de l’État, ou les dépositaires du pouvoir […] et les divinise dans un culte idolâtrique, celui-là renverse l’ordre des choses créé et ordonné par Dieu. »

« Il s’agit d’une véritable apostasie. Cette doctrine est contraire à la foi chrétienne. »

« Il est impossible qu’une chose soit utile si elle n’est pas en même temps moralement bonne. Et ce n’est point parce qu’elle est utile qu’elle est moralement bonne, mais parce qu’elle est moralement bonne qu’elle est utile. » (Pie XI reprenant les propos de Cicéron pour répondre à l’assertion nazie selon laquelle « le droit c’est l’utilité du peuple ».)

« Qui veut voir bannies de l’Église et de l’école l’histoire biblique et la sagesse des doctrines de l’Ancien Testament blasphème le Nom de Dieu, blasphème le plan de salut du Tout-Puissant, et érige une pensée humaine étroite et limitée en juge des desseins divins sur l’histoire du monde. »

Une condamnation radicale de la doctrine nazie

Une accusation récurrente est portée par certains journalistes et historiens de l’Église lorsque ce texte est invoqué pour la défense de Pie XI. Certes l’encyclique a bien été écrite en grande partie par le cardinal Pacelli, mais rien ne prouve qu’elle fût explicitement dirigée contre le nazisme : d’une part il n’est fait aucune mention du national-socialisme ; d’autre part elle n’évoque à aucun endroit la persécution dont les Juifs sont victimes.

Les deux arguments sont justes : il n’y a aucune trace du vocable « national-socialisme » et aucune condamnation de la persécution qui frappe les Juifs. Toutefois, affirmer que l’encyclique ne vise pas le nazisme est un raccourci ne prenant pas en compte nombre de données complémentaires qui ne laissent aucun doute sur la volonté de ses rédacteurs.

Ces données sont les suivantes :

  • Les rédacteurs : cette encyclique est la résultante de différentes demandes, d’abord celle de religieux allemands comme Edith Stein et Karl Leisner, ensuite — et surtout — celle de la conférence épiscopale allemande qui a besoin d’un texte fort montrant la perversité de la doctrine national-socialiste. La réunion de préparation du texte rassemble le cardinal Pacelli, ses proches collaborateurs, ainsi que les cardinaux allemands et principaux évêques opposés au nazisme en Allemagne. C’est le cardinal Michael Faulhaber, celui que les nazis surnomment Juden Kardinal (« cardinal des Juifs »), qui écrira la première version de ce texte, reprise amplement par le cardinal Pacelli et Pie XI.
  • C’est la première fois qu’une encyclique est publiée directement en langue vernaculaire, en l’occurrence en allemand, preuve indiscutable que les premiers destinataires sont les Allemands eux-mêmes.
  • Cette encyclique est imprimée directement en Allemagne pour être lue conjointement dans toutes les églises du pays, le 21 mars 1937, lors de la messe des Rameaux.

Réactions en Allemagne

La réaction de Hitler fut paraît-il effroyable et la répression presque immédiate. Cette encyclique est ressentie par les nazis comme une déclaration de guerre. Il faut bien avoir à l’esprit que cette condamnation de la doctrine nazie a été lue en même temps dan quinze mille églises d’Allemagne ! En l’espace d’une journée, ce sont plusieurs millions d’Allemands qui prennent connaissance de l’accusation portée par l’Église sur l’idéologie national-socialiste.

Les nazis intensifient les exactions contre le clergé et contre tout ce qui participe à la diffusion d’information. L’objectif est clair : le Reich ne veut pas de réseau national capable de concurrencer le sien, et surtout pas un réseau de résistance spirituelle.

  • La presse est bâillonnée, les imprimeurs traqués et victimes de discriminations. Ces derniers sont en effet accusés, selon les archives de la Gestapo, d’entretenir des sentiments nuisibles à l’État. Ces persécutions sont si dures que Mgr August von Galen réagit vivement par des protestations publiques et sans appel, au péril de sa vie.
  • Le cardinal Faulhaber est publiquement insulté.
  • Le jésuite Rupert Mayer est arrêté et incarcéré pour avoir osé commenter l’encyclique en chaire.
  • Les évêchés de Rottenburg (Mgr Sproll), de Freiburg (Mgr Gröber) et de Munich (Cardinal Faulhaber) sont pillés par les Jeunesses hitlériennes.
  • Les dernières organisations catholiques sont dissoutes.

La répression sera tellement violente, alors même que le nazisme n’a pas atteint son hégémonie, qu’il amènera le pape a faire preuve de prudence dans ses réactions, pour empêcher le redoublement des persécutions. Cette vision de Pie XII se confirmera par la suite, après l’affaire de la protestation publique des évêques hollandais qui accéléra et amplifia les déportations.

Référence : Jean SÉVILLIA, Historiquement correct – Pour en finir avec le passé unique, Paris, Éditions Perrin, 2003, p. 376 sur 455.

Le nouveau pape Pie XII [cardinal Eugenio Pacelli élu en 1939] était avant tout soucieux de rétablir le dialogue avec Berlin, même s’il maintenait des contacts avec l’opposition catholique allemande à Hitler. Dans cet esprit, le 11 mars 1940, il reçut Joachim von Ribbentrop (le Ministres des Affaires étrangères allemand) dans l’espoir de rétablir un concordat [celui de 1933 ayant été rendu nul par les rafles de prêtres lors de la Nuit de cristal de 1938]. Le ministre nazi lui indiqua que la condition primordiale d’un accord était que le clergé catholique « abandonnât en Allemagne tout genre d’activité politique ». Il n’était selon lui « pas normal » que le Führer ait dû assigner sept mille actions en justice contre des prêtres. Ribbentrop refusait d’autoriser la nonciature à faire des visites en Pologne.

[…]

À la suite de Mit Brennender Sorge, de nombreux curés allemands avaient été déportés, l’évêque de Rottenburg, dans le Wurtenberg, avait même été molesté et chassé de son diocèse.

[…]

Aussi le nonce Orsenigo ne cessait d’intervenir. En mars 1940, il demanda au Secrétaire d’État von Weizsäcker un droit de visite pour le camp de Sachenhausen où étaient enfermés des curés allemands. Il ne s’attendait pas à ce que s requête fut acceptée, mais il demandait que des prêtres « nommés par le gouvernement » fussent autorisés à assister les curés à l’article de la mort.

[…]

Au nonce qui s’inquiétait du nombre croissant de curés déportés, notamment à Dachau et à Oranienbourg, la réponse était invariable : seuls ont été arrêtés « ceux dont les activités étaient hostiles à l’État ». Sans jugement ni tribunal, sur simple décision de la Gestapo.

[…]

Un journal portugais se chargeait le 21 mars 1940 de faire connaître au monde que trois mille prêtres avaient été déportés, et que sept cent d’entre eux avaient trouvés la mort.

[…]

Le nonce Valerio Valeri, devant l’émotion d’une partie du clergé français, aurait rencontré le chef du gouvernement de Vichy, Pierre Laval. Celui-ci aurait répondu qu’il ne tolérerait pas l’immixtion de l’Église dans les affaires intérieures françaises. Il s’était déclaré indigné de la teneur de protestation [contre la déportation des Juifs] diffusé par l’archevêque de Toulouse, Mgr Saliège, de l’attitude des archevêques de Paris et de Lyon, et de Mgr Théas, évêque de Montauban. Les évêques de Nice, de Fréjus et de Monaco avaient aussi protesté comme les abbés de Lérins [Alpes-Maritimes] et de Frigolet [Provence].

[…]

Pierre Chaillet, le provincial des Jésuites de Lyon, est arrêté pour avoir caché quatre-vingt enfants juifs. Le père Victor Dillard meurt à Dachau pour voir protesté contre l’étoile jaune.

[…]

Pour mettre fin aux atrocités nazies, il faut une force armée venue de l’extérieur. Le pape n’y peut rien. […] Y a-t-il un plus grand mal que que l’extermination de tout un peuple ? Pour le pape, oui, c’est la disparition de l’Église, son éradication totale, telle que les Allemands l’ont pratiquée dans le Warthegau, la partie occidentale de la Pologne annexée au Reich.

Référence : Pierre MIQUEL, Les mensonges de l’Histoire, Paris, Éditions France Loisirs, 2002, p. 362-371.

En 1941, Pie XII refusa, en dépit des sollicitations de l’ambassadeur italien, de bénir la « croisade » antisoviétique [Opération Barbarossa] qui aurait fait de la guerre sur le front Est une lutte des chrétiens contre l’URSS. À la fin de 1941, on ne nourrissait du reste plus au Vatican aucune illusion sur le sort qui serait réservé à l’Église dans le cas d’une victoire nazie. Les conditions crées dans les territoires polonais annexés à l’Allemagne avaient été à juste titre interprétées par l’épiscopat allemand comme un avertissement pour l’avenir : l’Église était réduite à une association privée dont étaient exclus les moins de dix-huit ans ; les relations officielles avec l’extérieur lui étaient en outre interdites.

L’attaque contre l’Union soviétique fit cependant naître l’espoir d’une usure réciproque des deux ennemis de l’Église, le communisme et le nazisme. Mgr Tardini, l’un des plus proches collaborateurs de Pie XII, l’écrivit ouvertement à l’occasion de la venue au Vatican, en septembre 1941, de Myron Taylor, le représentant personnel du Président Roosevelt : l’idée était que « le communisme sorte défait et anéantit de la guerre et que le nazisme en sorte affaiblit et à vaincre ».

[…]

Eivind Bergavv, évêque luthérien de Norvège, est arrêté en 1942 pour s’être opposé à la politique collaborationniste de Vidkun Quisling. […] Le 17 février 1943, les évêques catholiques hollandais publièrent un texte pastoral contre la déportation des jeunes au travail forcé et contre l’assassinat des Juifs.

Référence : Giovanni MICCOLI, « Pie XII, Hitler et les Juifs », L’Histoire, N° 241, mars 2000, p. 43-44.

Voir aussi : With Bound Hands : A Jesuit in Nazi Germany [Open Library]

Vers 1817, un mouvement dont le but était d’étendre le système d’écoles financées par les contribuables aux écoles primaires est apparut à Boston. Pour déterminer si un tel réseau se justifiait, le Comité scolaire de Boston commanda une enquête…

L’enquête eut lieu en novembre 1817. Elle révéla que Boston, alors peuplée d’environ 40 000 habitants, avait 8 écoles publiques [qui n’accueillaient que les enfants sachant déjà lire, leur fréquentation était libre, en partie payante et était en partie contrôlée par les parents], y compris l’École latine, une école « africaine » pour les enfants des Afro-Américains et une école dans l’Hospice pour les enfants des pauvres. L’effectif total de ces 8 écoles publiques était de 2365 élèves. Il s’agissait là d’approximativement 33 pour cent de la population d’âge scolaire. L’enquête révéla également que 154 écoles privées pour garçons et filles avec un effectif total de 3 757 étaient réparties à travers toute la ville. Il existait également 8 écoles gratuites de  charité avec un effectif de 365 élèves. Tout compris, plus de 4 000 étudiants âgés de 4 à 14 ans fréquentaient des écoles privées d’un type quelconque au prix total de près de 50 000 $ payés par les parents. L’enquête signalait que seuls 283 enfants âgés de 7 ans et plus ne fréquentaient aucune école. Ainsi, un pourcentage étonnant des enfants de la ville fréquentait bien l’école et les quatre pour cent qui n’en fréquentaient pas pouvaient aller aux écoles de charité si leurs parents le voulaient.

Source : Samuel BLUMENFELD, Is Public Education Necessary?, Boise (Idaho), The Paradigm Company, 1985, page 43 sur 285.

Le surintendant de la police bostonnaise, Charles Bulfinch, déclara en conclusion de ce rapport que l’imposition d’un système d’écoles primaires publiques complet était inutile. En effet, non seulement 96% des enfants fréquentaient déjà une école à l’époque, mais, au besoin, il vaudrait mieux aider financièrement les parents des 4% restants, la plupart pauvres, à fréquenter une école de leur choix grâce à des bourses plutôt que de mettre en place un nouveau système d’écoles publiques financé par les contribuables, système dispendieux qui dédoublerait le réseau des écoles déjà en place. Bulfinch expliquait que « la plupart des parents qui envoient leurs enfants à l’école privée payante ne considèrent pas cette dépense comme une charge : ils payent volontiers les frais, mus par l’amour de leur progéniture et par un sens du devoir. Ceci en fait de meilleurs parents. Ils sont, en effet, plus enclins à se préoccuper des affaires liées à l’éducation quand ils doivent verser une petite contribution que lorsque cette dépense est complètement prise en charge par le trésor public. » Bulfinch laissait en outre entendre que l’utilisation d’argent public pour usurper une compétence relevant manifestement du domaine privé ne pouvait mener qu’à la dégénérescence morale. La solidarité familiale serait affaiblie par l’action d’un gouvernement qui prendrait en charge ce qui revenait de droit aux familles. Il ne faut pas oublier – devait-il ajouter – que la charge d’éducateur revient aux parents et que ceux-ci ne délèguent au maître d’école qu’une partie du rôle de parent et des droits afférents.

Malgré ce rapport analytique de Bulfinch, la ville de Boston, principalement à l’instigation des unitariens (hérétiques anti-trinitaires niant la divinité du Christ), se décida à étendre le réseau des écoles publiques subventionnées par les contribuables pour y inclure désormais des écoles élémentaires. L’instauration du premier système d’école publique aux États-Unis, celui de Boston, n’a donc pas été justifié par un hypothétique échec des nombreuses écoles qui couvraient le territoire bostonnais, ni dans une imaginaire défaillance du libre marché. Il s’agit plutôt du résultat de l’action des unitariens qui cherchaient à utiliser l’éducation publique pour accroître leur influence politique et pour renforcer la puissance de l’État qu’ils espéraient maîtriser. Ces unitariens considéraient que l’éducation publique était une prise idéale dont il fallait à tout prix se rendre maître.

Mais c’est seulement trois décennies plus tard, lorsque l’afflux d’immigrants irlandais apporta quelques centaines de jeunes insuffisament encadrés, que les unitariens de Boston eurent un prétexte assez « convaincant » pour imposer l’école gouvernementale à leurs concitoyens. Malgré cette immigration pauvre, la quasi-totalité des jeunes bostonnais était quand même scolarisée…

In 1848, the city marshall of Boston was ordered to find out how many truants and vagrants there were in Boston. He found 1066 children between the ages of 6 and 16 who were either vagrant or truant. Considering the fact that in 1849 the total enrollment in Boston’s public schools was 20 589, the truants amounted to about 5%. In other words, without compulsory attendance laws, 95% of the city’s children were attending school. Nevertheless, both the politicians and educators were determined to force that 5% into the schools. […] In 1852, the Massachusetts legislature passed the first statewide compulsory school attendance law in the U.S. […] The rest is history. State after state passed a compulsory school attendance law in the belief that the Prussian-Massachusetts model was the way to go.

Source : Are Compulsory School Attendance Laws Necessary? [Future for Freedom Foundation]

Dans ce processus totalitaire, les unitariens s’emparèrent de l’Université Harvard et instrumentalisèrent l’institution pour faire accepter l’idée de l’école publique au milieu académique…

The public school system was fastened upon us by a band of fanatics who were primarily concerned with imposing their elitist power on a public that had already achieved almost universal literacy by patronizing the private academies of the time.

Almost from the beginning America had some tax-supported public schools. The Boston Calvinists believed in an arrangement that would give indigent students a chance at making their public Boston Latin School, which offered the classical training necessary to entering Harvard. But private academies were the general rule in most of the states in the early nineteenth-century years.

Literacy levels were higher then than they are now. The general system was peculiarly American. In Pennsylvania, for example, the law provided for tuition grants to help poor children enter the private academies. But most people paid for their own education. […] Harvard University became the forcing house of the new anti-original-sin doctrine when it was taken over by the Unitarians in 1805. The Unitarians were not averse to using the State to combat Calvinist influence.

Source : A Reviewers Notebook : Is Public Education Necessary? [The Freeman]

On peut ajouter que les partisans de l’école gouvernementale, qui dépassèrent éventuellement le cercle des unitariens, militèrent pour cette ingérence étatique afin de satisfaire leur propre intérêt financier :

It is important to note that our system of compulsory state-controlled education was not brought about by any spontaneous popular demand, for education was already virtually universal in America before it became compulsory. And most people did not relish the idea of paying taxes to support schools that were not really necessary. But the politicians and professional educators wanted government financed education because running successful private schools was not easy.

The supplier of educational services to the government, the teachers and administrators,  had produced their own organized platforms by the late 1840’s ; it was they indeed who were the leading instigators of the ‘free’ [state-run] school campaign. Whilst conventional history portrays them as distinguished champions in the cause of children’s welfare and benevolent participants in a political struggle, it is suggested here that the facts are equally consistent with the hypothesis of self-interest behavior as described above.

Source : Is Public Education Necessary? [New American]

John Taylor Gatto, professeur de l’année de l’État de New York en 1991, ajoute dans son livre Dumbing us Down :

Notre système d’éducation obligatoire, invention de l’État de Massachusetts, date des années 1850. Il fut combattu – parfois les armes à la main – par près de 80 % de la population du Massachusetts, le dernier réduit de Barnstable au Cap Cod ne rendit ses enfants que dans les années 1880 quand la milice occupa la région et les enfants furent conduits sous garde armée à l’école.

Considérons maintenant ce fait curieux : le bureau du Sénateur Ted Kennedy a récemment [dans les années 1980] publié un communiqué indiquant que le taux d’alphabétisme au Massachusetts avant l’imposition de l’éducation obligatoire était proche de 98% et que, par la suite, ce chiffre n’a jamais excédé 91%, niveau où il se stagne en 1990.

Source : Dumbing Us Down — The Hidden Curriculum of Compulsory Schooling, Gabriola Island (Colombie-Britannique), New Society Publishers, 2005, page 22 sur 128.

Gatto souligne également l’existence aux États-Unis de l’époque révolutionnaire d’un lectorat important avide de lire en l’absence de toute scolarisation publique obligatoire :

Le livre de Thomas Paine Le Sens commun (1776) se vendit à 600 000 exemplaires sur une population [totale des Treize colonies] de 3 000 000 dont 20% étaient des esclaves et 50% des serviteurs sous contrat. Les colons américains étaient-ils des génies ? Non, la vérité est qu’apprendre à lire, écrire et compter peut se faire en aussi peu qu’une centaine d’heures pour autant que l’élève soit enthousiaste et avide d’apprendre.

Source : Dumbing Us Down, page 12.

Ces chiffres sont corroborés par plusieurs témoignages cités dans Public Schools : Public Menace de Joe Turtel :

En 1765, John Adams écrivait qu’« un Américain de naissance, plus particulièrement en Nouvelle-Angleterre, qui ne sait ni lire ni écrire est un phénomène aussi rare qu’une comète. » Jacob Duché, aumônier du Congrès en 1772, disait de ses compatriotes : « Presque tous savent lire. » Daniel Webster confirma que l’instruction en famille avait eu comme résultat l’alphabétisation quasi complète de la population quand il déclara « un adolescent de quinze ans, quel que soit son sexe, qui ne sait ni lire ni écrire, est très difficile à trouver. » Au début des années 1800, l’entrepreneur et économiste français Pierre Samuel du Pont de Nemours […] vint en Amérique et se pencha sur l’éducation ici. Il découvrit que la plupart des jeunes Américains savaient lire, écrire et compter et que les Américains de tout âge pouvaient lire la Bible et le faisaient. Il évaluait que moins de 4 Américains sur 1000 ne savaient pas écrire de manière claire et lisible.

Source : Public Schools : Public Menace — How Public Schools Lie to Parents and Betray our Children, Staten Island (New York), Liberty Books, 2005, 387 pages.

Huguenot parisien, Nemours fut l’un des rédacteurs du Traité de Versailles de 1783.  Il fut élu député aux États généraux de 1789, servit comme Président de l’Assemblée nationale constituante en 1790, puis siéga comme membre du Conseil des Cinq-Cents sous le Directoire de 1795 à 1797. Il se réfugia à Rhode Island avec sa famille en 1800, et douz ans plus tard, il rédigeau un livret intitulé L’Éducation nationale aux États-Unis d’Amérique cité plus haut. En voici d’autres extraits :

The United States are mote advanced in their educational facilities than most countries.

[…]

They have a large number of primary schools ; and as their paternal affection protects children from working in the fields, it is possible to send them to the schoolmasters — a condition which does not prevail in Europe.

[…]

England, Holland, and the Protestant Cantons of Switzerland more nearly approach the standard of the United States, because in those countries the Bible is read ; it is considered a duty to read it to children ; and in that form of religion the sermons and liturgy in the language of the people tend to increase and formulate ideas of responsibility. Controversy, also, has developed argumentation and has thus given room for the exercise of logic.

[…]

In America, a great number of people read the Bible, and all the people read a newspaper. The fathers read aloud to their children, while breakfast is being prepared — a task which occupies the mothers for three quarters of an hour every morning.  And as the newspapers of the United States are filled with all sorts of narratives […] they disseminate an enormous amount of information.

Source : Are Compulsory School Attendance Laws Necessary? [Future for Freedom Foundation]

Bref, dans les jeunes jours de la république américaine, le puritanisme communautaire assurait un taux d’alphabétisme plus élevé qu’aujourd’hui. Malgré cela, les unitariens ont instaurés — contre la volonté du peuple — un régime d’éducation étatique au Massachusetts afin de combattre l’orthodoxie chrétienne. Ensuite les autres États Américains ont copiés le Massachussetts, puis le Canada a copié les États-Unis. Voilà la glorieuse histoire de l’éducation publique en Amérique septentrionale. Qu’en est-il de la France ? Aujourd’hui, les partisans de l’école étatique prétendent que l’école gouvernementale fut créée par les progressistes de la IIIe République car les jeunes feu fortunés n’avaient pas accès à l’éducation.

En vérité, l’instruction gouvernementale fut imposée aux familles par les jacobins de la IIIe République dans l’abjectif de déchristianiser la population :

L’école « laïque, gratuite et obligatoire » constitue un mythe fondateur de la IIIe République. Cependant ni le principe de la gratuité de l’enseignement ni celui de son obligation ne datent de cette époque : les petites écoles de l’Ancien Régime n’étaient pas payantes, les milliers de Frères des écoles chrétiennes donnaient un enseignement gratuit depuis 1681, pour instruire gratuitement les enfants du peuple ; et Louis XIV avait édicté l’obligation scolaire jusqu’à quatorze ans, en 1698.

En 1880 à la chambre des députés, Paul Bert, personnalité marquante du parti républicain, reconnaissait que 85% des enfants étaient scolarisés dans le primaire mais « mal scolarisés » car ils l’étaient par l’Église. L’important dans les lois Ferry, c’est la laïcité [ou l’athéisme]. En 1998, Jean-Michel Gaillard fit remarquer lors d’un colloque organisé à la Sorbonne, que « la laïcité, loin d’être idéologiquement neutre, était un combat mené par les instituteurs contre la monarchie et le cléricalisme ». En décrétant la laïcité, Ferry veut en réalité que les enfants soient coupés des milliers de religieuses et de religieux qui se consacrent à l’enseignement primaire.

Source : Jean SÉVILLIA, Historiquement correct — Pour en finir avec le passé unique, Paris, Perrin, 2003, page 284 sur 455.

Même Jules Ferry avouait qu’il n’y a pas de neutralité politique dans l’enseignement étatique. S’adressant au duc de Broglie, il concéda avec condescendance que : « Nous avons promis la neutralité religieuse, nous n’avons pas promis la neutralité philosophique, non plus que la neutralité politique. »

Source : L’Ancien Régime vu par les manuels d’histoire de la IIIe République [Canal Académie]

À propos de la prétendue « gratuité » de l’école laïque républicaine, il faut ajouter ceci :

En réalité la mise en place de la gratuité fut tout sauf un acte gratuit. Autorisée par une augmentation massive des impôts, elle eut surtout pour but d’assécher financièrement les écoles catholiques en dissuadant les parents d’y inscrire leurs enfants.

Là où les congrégations offraient gratuitement un enseignement aux pauvres et compensaient ce don gracieux par un surcoût d’inscription acquitté par les familles riches, la gratuité officielle de l’enseignement aboutit paradoxalement à charger davantage les familles pauvres et modestes en les contraignant à payer par l’impôt une prestation dont elles bénéficiaient auparavant gratuitement et qui leur était offerte gracieusement par les membres des congrégations. Mgr Freppel fut le premier à dénoncer, dans ses célèbres discours à la Chambre des députés, le mensonge politique et institutionnel que constituait la prétendue gratuité de l’enseignement.

Source : Les instituteurs avant Jules Ferry [SOS Éducation]

Le mensonge d’État au service de l’antichristianisme. Dans ces circonstances, nous pouvons nous questionner sur la légitimité de l’école publique.

Il est fréquent d’entendre, de la bouche de souverainistes de gauche, que les Patriotes canadiens-français de la 1ère moitié du XIXème siècle étaient des laïcistes avant l’heure qui ont défiés l’Église catholique romaine dans l’intention créer une république indépendante où la foi chrétienne occuperait peu ou pas de place (et que ce vœu fut finalement accompli par les progressistes depuis la Révolution tranquille). Cette récupération péquiste & bloquiste se base essentiellement sur le 4ème article de la Déclaration d’indépendance du Bas-Canada, proclamée le 28 février 1838 à Clarenceville (localité située à extrême-sud de la Montérégie), qui se lit comme suit :

Toute union entre l’Église et l’État est à présent déclarée dissoute, et que chaque personne aura la liberté d’exercer telle religion ou croyance qui lui sera dictée par sa conscience.

Mais il ne faut pas pour autant penser que les dirigeants patriotes prônaient la laïcité moderne, c-à-d le bannissement de toute expression religieuse hors de la sphère publique et le refoulement de la réalité spirituelle dans les demeures privées. Par l’expression « séparation de l’Église et de l’État », ils entendaient qu’il ne doit pas y avoir d’Église d’État comme l’était l’Église anglicane dans l’Empire britannique (dont le monarque mondain était simultanément le chef de l’État et de l’Église). Les Patriotes étaient massivement des citoyens catholiques faisant sécession de l’Empire britannique. Par conséquent, lorsqu’ils affirmaient — via ce 4ème article — la dissolution de l’« union entre l’Église et l’État », ils ne référaient pas à une union légalement inexistante entre l’État bas-canadien et l’Église catholique, mais à l’union juridique entre l’État britannique et l’Église anglicane.

Le préambule de cette Déclaration d’indépendance reproche d’ailleurs à la force d’occupation militaire britannique (largement recrutée dans les territoires germaniques) d’avoir violé la sacralité des lieux de culte canadien-français :

[…] Le gouvernement britannique a disposé de nos revenus, sans le consentement constitutionnel de la législature locale, qu’il a pillé notre trésor public, arrêté un grand nombre de nos concitoyens, et qu’il les a plongés dans des prisons ; qu’il a distribué une armée mercenaire sur tout le pays, dont la présence a été accompagnée par la consternation et par l’alarme, dont les pas sont rougis du sang de notre peuple, qui a réduit nos villages en cendres, profané nos temples, et répandu la terreur à travers une grande étendue du pays.

Ainsi, selon le docteur et député Robert Nelson (de confession épiscopalienne), l’éthique religieuse n’est pas à proscrire du discours politique. Plus explicite encore, l’article 18 du même texte contient clairement une profession de foi en Dieu :

[…] Pour l’accomplissement de cette déclaration, ainsi que pour le soutient de la cause patriotique pour laquelle nous sommes maintenant engagés, avec une ferme confiance sur la protection du Tout-Puissant, et dans la justice de notre conduite, nous, par ces présentes, engageons solennellement les uns et les autres de nos existence, nos fortunes et notre honneur le plus sacré.

Dans son discours prononcé à l’Assemblée des Six-Comtés tenue à Saint-Charles-sur-Richelieu le 24 octobre 1837, Louis-Joseph Papineau mobilisa l’argument divin pour défendre la légitimité de la cause de l’auto-détermination nationale :

Il devient impérieusement du devoir du peuple de […] faire les arrangements nécessaires pour conserver intacts leurs droits de citoyens et leur dignité d’hommes libres. […] Les habitants de ce continent […] demandent un système de gouvernement entièrement dépendant du peuple et qui lui soit directement responsable. […] Nous regardons les doctrines qu’elle [la Déclaration d’indépendance américaine] renferme comme sacrées et évidentes : Que Dieu ne créa aucune distinctions artificielles entre l’homme et l’homme ; que le gouvernement n’est qu’une simple institution humaine […] la forme en peut être changée dès qu’elle cesse d’accomplir les fins pour lesquelles ce gouvernement fut établi ; que les autorités publiques et les hommes au pouvoir ne sont que les exécuteurs des vœux légitimement exprimés de la communauté ; […] et qui doivent être déplacés du pouvoir dès qu’ils cessent de donner satisfaction au peuple, seule source légitime de tout pouvoir.

Dans sa réfutation du Rapport de Lord Durham, intitulée Histoire de la résistance du Canada au gouvernement anglais, rédigée et publiée lors de son exil en France en 1839, Louis-Joseph Papineau accuse le pouvoir anglais de manquer de piété et de se conduire comme les autorités païennes qui persécutaient les chrétiens dans l’Empire romain :

Je comprends, certes, la sainteté du ministère de l’historien. Bien compris, il exclut tout ce qui n’est pas la vérité. Mais telle est l’impiété de la tyrannie anglaise que, même à l’abri de son influence qui empoisonne, et de ses étreintes qui étouffent, l’historien des Canadas ne peut pas tout dire pendant l’occupation militaire de ces provinces, pillées, incendiées et décimées. Car le pouvoir s’y est livré à de telles orgies qu’il y est ivre. Dites-lui ses crimes : loin d’en sortir, il s’y plonge, et ne surnage que pour passer bientôt de la torpeur à la fureur de l’ivresse, que pour faire tomber ses coups redoublés sur le pays, où il hait partout, et partout est haï. Dites-lui […] : vous êtes un dénonciateur qui peuplez les cachots, un spectateur féroce qui tenez la main fermée pour que les chrétiens soient jetés aux bêtes.

Vers la fin de sa vie, Louis-Joseph Papineau semble avoir développé une sympathie pour le protestantisme :

L’orgueilleux despotisme de Louis XIV, de ses guerres incessantes et insensées, de son faste ruineux, de ses persécutions néroniennes contre les Français protestants.

[…]

Le régime de la guerre ! [trois mois en 1759] Il peut être ravageur et païen, ou civilisateur et chrétien.

[…]

La concision du mot de Cavour : « L’Église libre dans l’État libre », […] en une courte sentence, contiennent tout un code complet et parfait sur le sujet qu’il expose et qu’il explique.

[…]

Les églises libres, indépendantes, séparées de l’État, ne lui demandant rien en présence les unes des autres, sont les plus heureuses et deviennent des plus édifiantes, à raison de cette séparation d’avec l’État et de cette proximité entre rivales. Elles ont pour soutien leur savoir et leurs vertus, elles n’en demandent pas d’autres. Elles ne manquent de rien de ce qu’elles jugent utile à la pompe du culte, à l’aisance convenable de tous leurs ministres, à leurs œuvres de bienfaisance et de charité. Se surveillant les unes les autres, elles sont éminemment morales, parce que l’éclat et la publicité puniraient chaque faute commise. Aucune faute n’y pouvant passer impunie, il n’y en aura que rarement.

Pour revenir aux Patriotes, la formule d’assermentation des Frères chasseurs n’était visiblement pas un rite laïcard :

Je, __________, de mon consentement et en présence du Dieu tout-puissant, jure solennellement d’observer les secrets, signes, mystères de la société dite des Chasseurs, de ne jamais écrire, peindre ou faire connaître d’une manière quelconque les révélations qui m’auraient été faites par une société ou une loge de Chasseurs ; […]

Il est vrai que le haut-clergé était surtout défavorable à la Rébellion. Cependant, comme l’attestent les cloches des chapelles de campagne qui sonnèrent les unes après les autres pour pour signaler la progression des colonnes britanniques dans nos campagnes assiégées, le bas-clergé se sentait interpellé par la cause des Patriotes. Même qu’à Saint-Eustache, le curé Chartier de la paroisse de Saint-Benoît, appuyait à fond l’insurrection canadienne-française.

Bref, les Patriotes, des ultramontains ? Non. Des laïcards ? Certainement pas !

Bibliographie

Léandre BERGERON, Petit manuel d’histoire du Québec, Montréal, Éditions Québécoises, 1970, p. 97-98 sur 253 p.

Georges AUBIN, Louis-Joseph Papineau – Histoire de la résistance du Canada au gouvernement anglais, Montréal, Comeau & Nadeau, 2001, p. 23 sur 85 p.

Georges AUBIN, Robert Nelson – Déclaration d’indépendance et autres écrits, Montréal, Comeau & Nadeau, 1998, p. 27-31 sur 92 p.

Une version téléchargeable de cet article est disponible ici.

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ReformCopenhage

Monument de la Réformation à Copenhague au Danemark

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Quelle attitude les citoyens chrétiens doivent-ils adopter lorsque le pouvoir civil se transforme en monstre totalitaire et qu’il veut imposer aux chrétiens des contraintes et des pratiques opposées à leurs droits sacrés et leur conscience ? Au XVIe siècle, les réformateurs genevois Jean Calvin et Théodore de Bèze étaient confrontés à cette difficulté : leurs coreligionnaires dans le royaume de France voisin étaient durement persécutés car ils refusaient de se plier à des superstitions païennes (les prières à d’autre entités que Dieu par exemple… la Bible affirme que l’on doit rendre un culte à Dieu uniquement… « Jésus lui dit : retires-toi Satan ! car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu le serviras Lui seul » Matthieu  4:10).

Le texte qui suit est un abrégé de l’article Qu’est-ce qu’un pouvoir légitime pour Calvin ? paru dans la revue Rives Méditerranéennes qui relate comment les réformateurs ont résolus cette épineuse question.

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Pour Calvin, il était impératif de commencer par rappeler que les vrais chrétiens ont besoin d’un gouvernement, contrairement à ce qu’affirmaient alors certains anabaptistes [proches des mennonites, distincts de ceux ayant fomentés la Guerre des Paysans d’Allemagne en 1525-1526 puis instauré une dictature communiste & polygame à Münster en 1534], qu’ils peuvent avoir à recourir aux armes si la guerre s’avère nécessaire, mais encore ont offices, charges, et obligations publiques diverses à assurer au temporel. Et pour revenir à la question de la part qui reviendrait aux hommes dans le choix de leur gouvernement, le commentaire par Calvin des versets 13 & 14 du chapitre 2 de la Première Épître de Pierre est significatif […] Voici comment Calvin rectifie la mauvaise interprétation qui est faite du verset 13 (« soyez donc sujets à tout ordre humain ») de cette épître, de la notion d’« ordre humain » et quelle lecture il en propose :

Je ne doute point que l’Apostre n’ait voulu denoter l’ordre que Dieu a disposé pour gouverner le genre humain. Car le verbe dont est déduit le nom Grec qui est yci mis, signifie Edifier (fabricare) ou disposer un bastiment. Ainsi donc le mot d’Ordre (ordinatio) convient bien, par lequel sainct Pierre remonstre que Dieu fabricateur du monde n’a point laissé le genre humain en confusion & desordre, afin qu’il vive à la manière des bestes brutes : mais a voulu qu’une chacune partie fust mise en son lieu, comme en un bastiment bien composé. Et cest ordre est appelé Humain : non pas que les hommes l’ayent inventé (inventa fuerit), mais pource que la façon de vivre bien ordonnée et compassée, appartient proprement aux hommes [i].

Du droit de Dieu à limiter le pouvoir des magistrats ou les bornes de l’obéissance

Mais ce n’est pas à dire qu’il nous faille cependant deroguer au souverain empire de Dieu pour complaire à ceulx qui ont preeminences dessus nous. Comme si les roys veullent contraindre leurs subjectz à suyvre leurs superstitions et ydolatries. O là ilz ne sont plus roys, car Dieu n’a pas resigné ny quicté son droit quand il a estably les principaultés et seigneuries en ce monde [ii].

Lorsque les commandements des rois sont contraires à ceux de Dieu, ils perdent l’autorité qu’ils tenaient directement de lui. […] Il ne faudra pas supporter du magistrat, du père ou du maître, qu’ils transgressent les commandements divins. Lorsque Dieu a fait l’honneur à certains d’être pères, le fait que ces derniers aient le droit de paternité sur leurs enfants ne signifie pas que Dieu lui-même ne continue pas d’être un père à part entière des corps et des âmes. La même logique s’applique au magistrat et au maître, et ici le service de Dieu ne souffre plus d’écart :

Quand il adviendra que les roys vouldront pervertir la vraye religion, que les peres aussi vouldront trainer leurs enfans ça et là, et les oster de la subjection de Dieu, que les enfans distinguent icy […] Mais ce pendant qu’ilz advisent [prennent conscience] qu’il leur vauldroit mieulx mourir cent foys que de decliner du vray service de Dieu. Qu’ilz rendent donc à Dieu ce qui luy appartient, et qu’ilz mesprisent tous esdictz et toutes menaces, et tous commandemens et toutes traditions, qu’ilz tiennent cela comme fient et ordure, quand des vers de terre se viendront ainsy adresser à l’encontre de celuy auquel seul appartient obeissance [iii].

Il ne faut donc pas oublier que les rois demeurent assujettis à Dieu, de même en est-il pour les pères et les mères, et ainsi pour les maîtres.

Sainct Paul donc nous monstre comment et jusques là où nous debvons obeir à peres et meres : c’est asçavoir en Dieu, dit-il, que nous avons ces bornes là, c’est-à-dire que nous [ne] deroguions en façon que ce soit à l’authorité de Dieu, pour complaire à nulz hommes de quelque estat, quallité ou dignité qu’ilz ayent [iv].

Les bornes du pouvoir du magistrat sont en Dieu, et ce sont ces bornes-là qui, outrepassées, autorisent la désobéissance légitime.

Tout pouvoir n’est pas légitime, ou la désobéissance légitime

Contrairement à ce qui serait une pure et simple soumission, l’obéissance due aux magistrats a sa limite. Ce qui n’est pas permis à un magistrat, dit Calvin, c’est de chercher à détourner ses sujets de leur devoir à l’égard de Dieu en interdisant la vraie religion, par exemple. Ceux-là ne sont plus rois, explique Calvin. Ils ont perdu leur autorité : la tyrannie n’est pas de Dieu. […] Nous ne nous appuierons ici que sur le Droit des Magistrats de Théodore de Bèze pour le montrer. D’entrée l’auteur prend appui sur les Tables de la Loi [Dix Commandements]. En posant comme il le fait que Dieu doit être obéi sans aucune exception, Théodore de Bèze limite d’emblée la puissance des magistrats. En effet, en rappelant le caractère perpétuel et immuable de la volonté de Dieu et son statut de règle de justice, il note également que les princes ne sont pas toujours « la bouche de Dieu pour commander ». Ainsi, faudra-t-il ne pas tout accepter.

Ce qui apparaît de manière originale et tout à la fois prolonge les conclusions de Calvin sur la question, c’est le caractère pour partie moral de ce qui permet de fonder la désobéissance. En effet, Théodore de Bèze présente les commandements divins en les répartissant suivant les deux Tables, l’une prescrivant les devoirs religieux, l’autre les devoirs proprement moraux. Nous devons obéissance aux magistrats, explique-t-il, mais à cette seule condition qu’ils ne commandent rien qui soit irréligieux, ni rien qui soit inique.

Théodore de Bèze ne fait ici que donner à réfléchir, en s’appuyant sur des exemples à la fois antiques et bibliques, sur le contenu de tels devoirs, et sur la limite à ne pas franchir dans l’obéissance aux magistrats. Si cette limite est franchie, si les rois « veullent contraindre leurs subjectz à suyvre leurs superstitions et idolatries », « O là ilz ne sont plus roys… ». Si, chez Calvin, la désobéissance ne fait jamais que l’objet d’une affirmation ici ou là, chez ses coreligionnaires monarchomaques, le devoir d’obéissance devient en quelque sorte l’objet d’un traitement systématique des limites posées à l’obéissance. Tout d’abord, un magistrat ne pourra pas autoriser ce que la 1ère Table contenant les devoirs religieux (piété) interdit ou au contraire ne pourra pas interdire ce qu’elle prescrit. Quant à la 2ème Table qui concerne nos devoirs à l’égard des autres hommes (charité), il ne faut pas non plus que les magistrats nous les fassent transgresser. […]

Les deux bornes de l’obéissance au magistrat, Théodore de Bèze le dit explicitement, sont donc les deux devoirs de piété et de charité. L’auteur peut ainsi formuler sous la forme d’une question celle de la limite de l’obéissance : « Jusques ou le subjet doit presumer estre juste ce qui luy est commandé [v] ? » Il n’y a pas lieu de s’étonner en effet du fait que la conscience soit placée ainsi à la source de l’interrogation, qui, explique l’auteur, ne doit surtout pas surgir chaque fois qu’un magistrat commande quelque chose. C’est seulement :

Si leur conscience est en doute […] ils peuvent et doivent, par quelque honneste et paisible moien, s’enquerir quelle raison et droiture peut estre en ce qui leur est commandé de faire, ou de ne faire point [vi].

Théodore de Bèze poursuit ainsi son enquête et se demande ensuite « Jusques ou s’estend cette resolution de n’obeir point aux commandements irreligieux ou iniques des magistrats [vii] ? » D’où la question de la vocation qui s’articule elle aussi parfaitement à ce qu’avait avancé Calvin. On expliquera par là qu’il ne peut être reconnu aux particuliers un « droit » de résister à une tyrannie manifeste, mais on justifiera parfaitement, en revanche, que les magistrats inférieurs, ainsi que les États [États Généraux, convoqués depuis le Moyen Âge à une fréquence variable d’un pays à l’autre] soient habilités à le faire. De plus, la désobéissance peut se traduire par un simple refus (désobéissance passive), mais elle peut aussi ajouter à ce refus une part active qui peut consister par exemple à sauver des vies. Les exemples que Théodore de Bèze tire de l’histoire ancienne ou du récit biblique sont dès lors destinés à montrer essentiellement qu’il nous est « commandé de Dieu de secourir nos freres en danger selon nostre pouvoir et vocation [viii] ». Vient enfin la question de savoir « Que c’est qu’un homme doit faire en bonne conscience, cas advenant qu’au lieu de le vouloir faire executeur d’une chose mauvaise, l’iniquité des magistrats s’adresse contre lui-mesmes [ix] ? », mais surtout celle de la résistance armée sur laquelle repose l’essentiel de la réponse argumentée du traité, la question de savoir « Si les subjets ont quelque juste moien, et selon Dieu, de reprimer, mesmes par la voie des armes, si besoin est, la tyrannie toute notoire d’un souverain magistrat [x] ? » […] La prise en compte résolue d’une résistance qui serait légitime conduit Théodore de Bèze à envisager une justification qui […] insiste sur la création des magistrats par les peuples eux-mêmes :

Je di donc que les peuples ne sont point issus des magistrats, ains que les peuples ausquels il a pleu de se laisser gouverner ou par un prince, ou par quelques seigneurs choisis, sont plus anciens que leurs magistrats, et par consequent que les peuples ne sont pas creez pour les magistrats : mais au contraire les magistrats pour les peuples [xi].

Bien entendu, Théodore de Bèze maintient l’idée d’une ordonnance divine, mais sans doute donne-t-il […] à la question de l’origine des magistrats et à celle de leur légitimité, la signification d’une recherche de fondement.

Conclusion

Les textes monarchomaques inspirés de la théologie calvinienne font partie de ces premiers textes politiques où la question de la légitimité se pose dans des termes dans lesquels nous la pensons encore aujourd’hui. Suffiraient à le prouver les questions elles-mêmes à partir desquelles le Droit des Magistrats et les Vindiciae Contra Tyrannos de Philippe de Mornay construisent leur progression, ainsi que le fait même qu’elles impliquent une réflexion sur les cas qui autorisent ou non la résistance. Cela traduit la recherche d’un fondement proprement humain et atteste que nous sommes en présence d’une compréhension qui est encore la nôtre du concept de légitimité. C’est donc en effet que celle-ci n’est plus donnée, qu’elle ne se confond plus avec le fait, mais qu’elle nécessite une réflexion sur ce qui est juste en droit. La distinction entre fait et droit prend nécessairement le relais d’une lecture proprement religieuse de ce qui est dit « légitime ». Comme y insiste Théodore de Bèze, « la Providence de Dieu n’empesche point une juste defense [xii]. »

Références

[i] Commentaires de Jehan Calvin sur toutes les Epistres de l’Apostre Sainct Paul et sur les Epistres canoniques de Sainct Pierre, Sainct Jehan, Sainct Jacques et Sainct Jude, Article 519, Imprimé par Conrad Badius, 1561.
[ii] Ioannis Calvini opera supersunt omnia, Volume 18, p. 860-862, Lettre 3174, 23 mars 1560. Voir également Max ENGAMMARE, « Calvin monarchomaque ? Du soupçon à l’argument », dans Archiv für Reformationgeschichte, Volume 89, 1998, p. 207-226.
[iii] Ibidem.
[iv] Ibidem.
[v] Du Droit des Magistrats sur leurs Sujets – Traité très nécessaire en notre temps pour avertir de leurs devoirs tant les Magistrats que leurs Sujets, Magdebourg, 1574. Réédition par Robert KINGDON, Genève, Droz, 1970, p. 5.
[vi] Ibidem.
[vii] Ibid. p. 6.
[viii] Ibid. p. 9.
[ix] Ibidem.
[x] Ibid. p. 13.
[xi] Ibid. p. 9.
[xii] Ibid. p. 58

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La théologie de résistance développée par Calvin, Bèze et Mornay eut un retentissement historique considérable. Ainsi, la Déclaration d’indépendance des Pays-Bas de 1581 reprend presque mot pour mot le Droit des Magistrats composé sept ans plus tôt par Bèze à Genève :
Comme il est notoire à un chacun, qu’un Prince du Pais est étably de Dieu pour Souverain & Chef des Sujects, pour les défendre & conserver de toutes injures, oppressions et violences ; comme un Pasteur est ordonné pour la deffence & garde de ses Brebis ; & que les Sujects ne sont pas créez de Dieu pour l’usage du Prince ; pour luy estre obeissans en tout ce qu’il commande, fait que la chose soit pie ou impie, juste ou injuste, & le servir comme esclaves : Mais le Prince est créez pour les Sujects, sans lesquels il ne peut estre Prince, afin de gouverner selon droict & raison, les maintenir et aymer comme un Pere ses Enfans, ou un Pasteur ses Brebis, qui met son corps & sa vie en danger pour les défendre & garentir. Et quand il ne le fait pas, mais qu’au lieu de défendre ses Sujects, il cherche de les oppresser & de leur oster leurs Privilèges & anciennes Coustumes, leur commander & s’en servir comme d’esclaves : Il ne doibt pas estre tenu pour Prince, ains pour Tyran. Et comme tel ses Sujects, selon droict & raison, ne le peuvent plus recognoistre pour leur Prince.

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Compléments sur Le Monarchomaque :

Karl Marx, le fondateur du communisme, a affirmé que « L’éducation de tous les enfants, à partir du moment où ils peuvent survivre sans les soins d’une mère, devrait se faire dans les institutions de l’État et aux frais de l’État. » Vladimir Lénine, le fondateur du Parti bolchévique, a dit « Donnez-nous quatre ans pour enseigner les enfants et les grains que j’ai planté ne seront jamais déracinés. Donnez-nous l’enfant pour huit ans et il sera un bolchévique pour toujours. »

Voici la bande-annonce du documentaire IndoctriNation qui démontre comment l’école publique laïque est utilisée pour déchristianiser la population américaine (notons que les créateurs de l’école étatique aux États-Unis étaient des unitariens non-trinitaires) :

Dans cet extrait du film, un juriste explique pourquoi l’école publique est anticonstitutionnelle :

Selon la Bible, les parents chrétiens ont le commandement explicite de Dieu de donner une éducation strictement chrétienne à leurs enfants…

Tu aimeras l’Éternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Et ces commandements que je te donne aujourd’hui seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. (Deutéronome 6:5-7)

Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre ; Et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas. (Proverbes 22:6)

Ce commandement d’instruire les enfants dans le christianisme n’est pas seulement un ordre positif, mais également un ordre négatif. Cela signifie que les enfants de familles chrétiennes ne doivent pas recevoir une éducation non-chrétienne à côté de leur éducation chrétienne. Dieu ne dit pas que l’éducation morale et intellectuelle qui est dispensée aux jeunes chrétiens doit être partiellement chrétienne et partiellement païenne, mais entièrement chrétienne.

Cela implique que les parents chrétiens ne doivent pas envoyer les enfants que Dieu a confiés à leur protection à l’école païenne où on leur inculque exactement l’opposé de la Vérité. Il est de notoriété publique que l’enseignement dispensé dans les écoles dites laïques est loin d’être « neutre » : l’atmosphère et l’information diffusée y est extrêmement pernicieuse et intrinsèquement antichrétienne. La matière dispensée et les méthodes pédagogiques utilisées visent à fabriquer des non-chrétiens, cela est indiscutable.

Qu’on enseigne la Vérité à la maison et à l’école du dimanche est insuffisant : les endoctrineurs non-chrétiens ont 30 heures par semaine à leur disposition pour déconstruire l’enseignement parental et ecclésial. De 5 à 17 ans, cela fait 13 000 heures au total ! Charles Francis Potter, coauteur du Humanist Manifesto (1933), l’a dit lui-même :

L’éducation est le plus puissant allié de l’humanisme, et chaque école américaine est une école d’humanisme. Qu’est-ce-que l’école du dimanche théiste, qui se rencontre une heure par semaine, peut faire pour endiguer la marée d’un programme de cinq jours d’enseignement humaniste ?

Cette situation place les parents dans l’obligation de défaire ce que les enfants apprennent à l’école païenne, tandis que les enseignants païens s’efforcent à défaire ce que les enfants apprennent à la maison. Les enfants chrétiens sont ainsi placés au milieu d’une guerre d’influence, ce qui est malsain pour les enfants et cauchemardesque pour les parents. C’est d’autant plus insensé que l’éducation est une responsabilité parentale, les enseignants n’étant en principe que des délégués des parents.

La Parole de Dieu est claire et sans équivoque : Jésus-Christ refuse catégoriquement que l’on empêche les enfants de venir à lui d’une quelconque façon…

On lui amena des petits enfants, afin qu’il les touchât. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient. Jésus, voyant cela, fut indigné. (Marc 10:13)

La Bible indique que laisser venir les enfants au Seigneur n’implique pas uniquement qu’il faut leur transmettre la Vérité, mais assurément qu’il ne faut pas leur transmettre de contre-vérités qui les empêchent de venir à Lui…

Si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspende à son cou une meule de moulin et qu’on le jetât au fond de la mer. (Matthieu 18:6)

Par cette hyperbole, Jésus-Christ illustre à quel point il est grave de raconter des faussetés et des mensonges aux enfants chrétiens. Quand des parents chrétiens envoient leurs enfants dans un endroit où ils savent sciemment que ce qu’on leur enseigne est l’antipode du christianisme, ils se rendent complices de ce péché et par conséquent ils faillassent à leur devoir sacré.

Maintenant, plusieurs chrétiens modernes pensent qu’ils peuvent « faire confiance à Dieu » (puisque « Dieu est souverain ») et que leurs enfants pourront « être un témoignage » à l’école païenne. En réalité, la conversion fonctionne dans le sens inverse :

Selon M. Khuzadi, les parents chrétiens ne peuvent compter sur un culte dominical pour contrecarrer les cinq jours d’enseignement « progressiste » et « laïque » qui émanent des écoles publiques. Selon l’étude Homeschoolers Grown Up 2004 citée par l’association de M. Khuzadi (Exploring Homeschooling), 94 % des enfants instruits en famille gardent la foi et 93 % continuent d’aller à l’église après la fin de leurs études secondaires, alors que seuls 15 à 25 % des enfants qui ont fréquenté l’école publique font de même.

Bref, les chiffres sont indéniables : l’école païenne nuit catastrophiquement à la propagation de l’Évangile.

« Ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits. » (Matthieu 18:14)

« Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. » (2 Corinthiens 6:14)

« Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. » (Romains 12:2)

« Ne vous laissez pas entraîner par des doctrines diverses et étrangères. » (Hébreux 13:9)

« Moi et ma maison, nous servirons l’Éternel. Le peuple dit : loin de nous la pensée d’abandonner l’Éternel et de servir d’autres dieux ! » (Josué 24:15-16)

 « Quand la prudence fait défaut, le peuple tombe. » (Proverbes 10:14)

Obama, le messie officiel de l’école publique :

Des enfants chrétiens furent forcés de remplacer Jésus par Obama dans une chanson chrétienne au New Jersey :

Le contre-poison : l’école-maison !

Aux États-Unis, les jeunes instruits à la maison enregistrent de meilleurs résultats  académiques que ceux qui fréquentent l’école publique. Les adultes qui ont fait l’école-maison réussissent très bien socialement, dans l’éducation supérieure et sur le marché du travail.