Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘Histoire de la science’ Category

Le Monarchomaque présente l’étude La transmission médiévale des savoirs entre Orient et Occident, rédigée par Scolaris Legisperitus. Cette étude adresse la question épineuse et passionnante de la filiation intellectuelle entre la Grèce antique, l’Orient araméo-hellénique, le Monde musulman et l’Occident médiéval. Il réfute la thèse d’une dette occidentale envers l’Islam, met en relief le rôle capital joué par les traducteurs araméens, et dégage la singularité de la civilisation occidentale.

«  Nous sommes comme des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux. »

« Nous sommes comme des nains juchés sur des épaules de géants, de sorte que nous voyons davantage de choses qu’eux et plus loin qu’eux, non pas à cause de l’acuité de notre propre vue ou de la hauteur de notre propre corps, mais parce que nous sommes élevés par eux. » — Bernard de Chartres, XIIe siècle

Read Full Post »

Rémi Brague, professeur d’histoire de la philosophie arabe à la Sorbonne, recadre le bien-pensant Luc Ferry qui raconte des sornettes sur le « savant » andalou Averroès :

Ajoutons qu’Averroès était un avocat du djihad offensif. C’est en tant que juriste qu’il prêcha le djihad contre les chrétiens à la grande mosquée de Cordoue et qu’il utilisa toutes les ressources du droit pour rappeler aux musulmans leur obligation de partir en guerre contre les chrétiens ! D’autre part, cette icône des chantres de la diversité ethno-culturelle insistait pour que les livres de philosophie soient « interdits au commun des hommes par les chefs de la communauté ». Et n’oublions pas que ses doctrines furent anathémisées et ses ouvrages de philosophie brûlés par le calife de Marrakech.

Référence : Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont Saint-Michel — Les racines grecques de l’Europe chrétienne, Paris, Éditions du Seuil, 2008, pages 156-159.

Consulter également sur Le Monarchomaque :

Et hors-site :

Read Full Post »

Dans cette capsule de l’émission Contra Mundum de Nicene Council, l’animateur expose le mythe selon lequel l’Église aurait soutenue que la Terre est plate, , une falsification inventée par un auteur antichrétien du XIXe siècle appartenant au courant philosophique des « Lumières » :

À ceux qui ont une faible compréhension de l’anglais, je vous propose de lire l’article L’invention de la Terre plate de l’Association de science créationniste du Québec.

« L’astronome aussi bien que le physicien peuvent démontrer la même conclusion, en l’occurrence que la terre est sphérique ; le premier, cependant, travaille avec le moyen des mathématiques et fait abstraction des qualités matérielles, tandis que le moyen du second est l’observation des corps matériels par les sens. » — Thomas d’Aquin, Somme théologique, 1270

D’autres billets qui réfutent des mythes historiques similaires :

Read Full Post »

Galileo Galilei, célèbre astronome italien né à Padoue en 1564 et décédé à Florence en 1642, emprisonné et torturé par le terrible tribunal de l’Inquisition pour avoir, dit-on, osé affirmé que la terre tourne autour du soleil et non l’inverse, demeure, dans notre imaginaire moderne, la figure proue de la rationalité scientifique face à l’obscurantisme religieux.

Mais si cette histoire officielle était fausse, si Galilée n’avait jamais été maltraité par ses détracteurs ? Si Galilée n’étais jamais parvenu — de son vivant — à prouver la thèse de l’héliocentrisme, Galilée ne serait pas, en fin de compte, un martyr de la science, mais plutôt une icône tronquée et utilisée à mauvais escient. C’est exactement ce qu’à démontré l’historien Aimé Richardt dans La vérité sur l’affaire Galilée, ouvrage entièrement construit à partir des documents d’époque plutôt que sur des sources secondaires.

Outre l’incapacité de Galilée à apporter une preuve à l’héliocentrisme (l’observation des phases de Vénus en 1610 invalidait le géocentrisme de Ptolémée mais était compatible avec le modèle intermédiaire de Tycho Brahé), il y a plusieurs autres faits méconnus concernant ce personnage…

Les mensonges de Galilée :

  1. En août 1609 : Galilée a mentit au Sénat de Venise en disant aux sénateurs qu’il a inventé le télescope (qu’il leur présenta en grande pompe). En vérité, Galilée n’a que reproduit une invention néerlandaise préexistante ; pour ce faire, il fit arrêter un calviniste hollandais qui visitait l’Italie et confisquer son télescope par un de ses amis qui était membre du Conseil des Dix à Venise, puis Galilée démonta et copia l’instrument (minutes 36 à 39). Galilée réitéra ce mensonge dans son Saggiatore en octobre 1623.
  2. En avril 1612 : Galilée a mentit à la communauté académique en annonçant à Federico Cesi (scientifique fondateur de l’Académie des Lynx) avoir découvert les taches du soleil. En vérité, se sont deux astronomes jésuites d’Ingolstadt en Bavière (Scheiner et Cysat) qui  communiquèrent cette information à Galilée dès 1611.

Les erreurs de Galilée :

  1. Au printemps 1611 : Galilée affirme que Saturne est une « étoile triple » ou « trois astres se touchant », ce qui est faux. Les astronomes contemporains n’endossèrent pas cette idée galiléenne erronée.
  2. À partir de janvier 1616 : Galilée prétend dans son Discorso de Flusso e Reflusso que la marées sont causées par l’attraction solaire et la rotation de la terre sur elle-même (qui provoquerait un « brassage » des océans), ce qui est faux. Or l’astronome luthérien Johannes Kepler avait démontré dès 1609 dans son Astronomia Nova que les marées sont un effet de l’attraction lunaire. Galilée dédaignait l’explication scientifique de Kepler comme une « superstition astrologique ». Les astronomes jésuites confirmèrent l’analyse de Kepler. Galilée tenta de convertir le pape Urbain VIII à sa thèse non-scientifique au cours des six audiences qu’il lui accorda en avril 1624, mais Urbain VIII s’en tint à l’explication de Kepler. Dans son Dialogue sur les deux grands systèmes du monde publié en 1632, Galilée essaya encore de faire passer pour scientifique ses fantasmes sur les marées.
  3. En juin 1619 : Galilée fait publier un Discours sur les comètes, où il soutient (avec un de ses émules, Guiducci) que les comètes sont des simples phénomènes atmosphériques comparables aux arcs-en-ciel et aux halos. Cette position était déjà connue pour être totalement incorrecte, l’astronome Tycho Brahé ayant  observé que les comètes sont des corps solides se déplaçant au-delà de l’orbite lunaire. Malgré cela, Galilée s’obstina à sa dans son Saggiatore d’octobre 1623.
  4. Galilée défendait que les planètes tournent autour du soleil sur une orbite parfaitement circulaire dont le soleil est le centre exact, schéma qui ne s’accorde avec aucune table astronomique qui ait jamais été réalisée et que même Copernic et Kepler jugeaient insoutenable. Cela nous permet de qualifier Galilée de piètre astronome.

D’autres mythes sur Galilée :

  1. Contrairement à ce que les anticléricaux Diderot et d’Alembert écrivirent dans le tome IV de leur Encyclopédie de 1754, l’Inquisition n’a pas contraint Galilée à se rétracter publiquement, mais seulement à prononcer une abjuration privée. Ce traitement de faveur lui fut accordé par Urbain VIII.
  2. Outre le fait qu’il y avait à cette époque une raison scientifique de s’opposer à l’héliocentrisme (l’absence d’observation de parallaxe stellaire), un fait est constamment occulté : Galilée ne fut pas uniquement condamné pour « hérésie » anti-catholique, mais également pour blasphème anti-aristotélicien. En effet la sentence de condamnation rendue par le Saint-Office le 22 juin 1633 stipule : « Que le Soleil soit au centre du monde et immobile de tout mouvement dans l’espace, est une proposition absurde et fausse en philosophie […] Que la Terre ne soit pas le centre du monde et immobile, et qu’elle se meuve d’un mouvement quotidien, est une proposition absurde et fausse en philosophie. »
  3. Galilée ne récita pas des psaumes comme pénitence à chaque semaine pendant trois ans.
  4. Galilée ne s’est pas exclamé « Et pourtant elle tourne ! » à la fin de son second procès.

Les « prisons » de Galilée pendant et après son second procès :

  • 2 mois au palais de l’Ambassade de Toscane à Rome (février à avril 1633). Galilée avait le droit de sortir en carrosse, et il alla fréquemment se promener dans les jardins de la luxueuse Villa Médicis.
  • 1 mois dans trois des meilleurs logements du palais du procureur du Saint-Office à Rome (avril à mai 1633).
  • 2 autres mois au palais de l’Ambassade de Toscane (mai à juillet 1633).
  • 5 mois dans la résidence de l’archevêque de Sienne, un amis du pape (juillet à novembre 1633).
  • 8 ans dans sa somptueuse villa d’Arcetri en banlieue de Florence (décembre 1633 à janvier 1642), où un cardinal & neveu du pape, des princes italiens et des ducs français lui envoyèrent des cargaisons de cinquantaines de bouteilles de spiritueux. Notons que dès 1638 Galilée reçu l’autorisation officielle de circuler librement, donc son « emprisonnement » à domicile quasi-fictif ne dura que 5 ans, années pendant lesquelles il vécu très confortablement et continua de publier ses travaux de physique expérimentale sans embarras. Il ne cessa de recevoir des invitées distinguées (magistrats, juristes, savants, artistes, poètes). En Europe, Galilée n’était tellement pas considéré comme un « prisonnier » pendant qu’il était à Arcetri qu’en mai 1635 l’Université d’Amsterdam lui offrit une chaire !

Ressources supplémentaires :

« Bien que ces hypothèses [géocentristes de Ptolémée] paraissent sauver les apparences [expliquer les phénomènes cosmologiques], il ne faut pas affirmer qu’elles sont vraies, car on pourrait peut-être expliquer les mouvements apparents des astres par quelqu’autre procédé que les humains n’ont point encore conçu. » — Thomas d’Aquin, Somme théologique, 1270

Read Full Post »

Dans sa Théologie naturelle de 1802, William Paley (1743-1805) part d’un constat simple : les organismes sont à la fois très complexes et bien adaptés à leur milieu. Examinés de plus près, ils font de preuve d’une incroyable solidarité : autrement dit, chaque partie contribue de manière indispensable au tout. À ce phénomène, Paley propose deux explications :

  • soit les organismes en question ont été créés pièce par pièce par un Dieu ingénieur ;
  • soit ils proviennent de la rencontre fortuite et incroyablement productive entre matière inerte et forces physiques.

Dans le reste de l’essai, le philosophe anglais explique, au moyen d’une analogie devenue célèbre, pourquoi sa préférence va à la première explication. Imaginons un promeneur marchant en pleine campagne et qui, au détour d’un chemin, découvre une montre dans l’herbe. Curieux, il l’ouvre et remarque à quel point les rouages sont minutieusement ouvragés, à quel point l’ensemble des mécanismes semble destiné à ce que l’ensemble de l’objet puisse donner l’heure.

Comment expliquer la provenance de cet objet ? La première solution est d’en attribuer la création à un concepteur intelligent, un ingénieur qui désirerait que cet objet donne l’heure. La seconde solution consiste à attribuer l’existence de la montre au hasard, à la combinaison aléatoire de la pluie, du métal et des éclairs.

La confrontation entre les deux hypothèses est nécessairement brève, l’explication la plus plausible étant de loin la première. La conclusion de Paley est alors la suivante : si le lecteur s’avoue convaincu par ce raisonnement concernant la montre, alors il ne peut sans mauvaise foi parvenir à une conclusion différente en ce qui concerne la vie. Autrement dit, l’explication la plus plausible à l’existence sur Terre des êtres vivants est celle d’un architecte suprême.

Source : Réflexience

S’informer davantage : Conception intelligente et complexité irréductible [Causalité du Cosmos]

Read Full Post »

Consultez également Une entrevue avec Sylvain Gouguenheim sur Résilience TV.

Sylvain Gouguenheim a répondu aux questions du magazine Lire à propos du récent ouvrage collectif paru chez Fayard et s’opposant à ses thèses.

Sylvain Gouguenheim, vous êtes taxé d’« islamophobie ». Le terme est-il, selon vous, recevable ?

S.G. : C’est un concept utilisé sans avoir été soumis à un examen critique. Au sens propre il désigne la peur de l’islam, qu’il assimile à une phobie, donc à une réaction maladive, dépourvue de fondement rationnel : l’« islamophobe » est un déséquilibré. L’accusation discrédite d’emblée celui contre qui elle est lancée et permet de biaiser à l’avance ou d’esquiver le débat sur le contenu des thèses incriminées. Elle suggère également que les critiques sont le produit d’arrière-pensées racistes. L’islamophobe passe donc pour un malade mental et un individu infréquentable. À partir de là, plus aucune discussion n’est possible ; on n’est pas loin du délit de blasphème. Bref, le terme n’appartient pas au débat scientifique ; c’est une arme polémique qui vise à l’empêcher.

Une partie du savoir grec a bien transité de l’Orient vers l’Occident via le monde arabe. Peut-on parler de «dette» du second envers le premier ?

S.G. : La « filière arabe » et persane a existé. Le terme de dette est à écarter en raison de sa connotation morale. Il est plus exact de parler de « transferts ». Aux historiens de mesurer l’importance de ces échanges et d’apprécier le rôle joué, les unes vis-à-vis des autres, par les différentes aires culturelles en contact au fil du temps.

La polémique semble tourner autour de la nature des relations entre les mondes islamique et chrétien au Moyen Âge. Comment caractériseriez-vous ces relations ?

S.G. : Elles étaient difficiles, (…) Pour les chrétiens, l’islam est une hérésie ; pour les musulmans, le christianisme est une déformation du message de Dieu. Il faut attendre le XIIe siècle pour voir une première traduction du Coran en latin et il n’y a guère d’exemples de dialogues constructifs. La méconnaissance de la langue de l’autre est très répandue : on ne connaît pas, par exemple, de chroniqueur arabe des croisades qui ait appris le latin (mais il y a des interprètes). Les systèmes politiques ou juridiques respectifs sont mal connus. En revanche, il y a d’importants échanges économiques et des voyageurs circulent d’un monde à l’autre. Et puis, il y a les guerres; celles des conquérants arabes entre les VIIe et IXe siècles puis les croisades. Ces conflits peuvent être attribués au caractère universaliste des religions comme au processus d’expansion d’empires ou de royaumes puissants.

Dans votre ouvrage, vous soutenez qu’il n’y a pas, à proprement parler, de « philosophie arabe » ou plutôt que la « falsafa » arabe doit être distinguée de la philosophie au sens grec. Vos accusateurs contestent ce point. Que leur répondez-vous ?

S.G. : Mes accusateurs déforment – volontairement ? – ce que j’ai écrit. Il est indiscutable que la « falsafa » poursuit la philosophie grecque : Averroès commente Aristote, Avicenne et d’autres s’inspirent de Platon ou des néoplatoniciens. Al-Kindi, Al-Farabi sont d’authentiques philosophes. Mais ce ne sont pas des « libres-penseurs » : ils demeurent croyants, comme l’étaient Saint Anselme ou Saint Thomas. À leurs yeux, la philosophie est au service de la religion. Par ailleurs, la « falsafa » n’a pas eu de prise sur les élites politiques. Les raisons sont sociologiques : l’absence de structures analogues aux Universités qui auraient permis de toucher un large public. Il y avait, certes, les cercles d’érudits au sein desquels le savoir circulait, mais il leur manquait des relais pour agir sur la société (…)

De même, vous estimez que la structure sémitique de la langue arabe la rendrait peu à même de rendre les abstractions de la pensée philosophique grecque. Vraiment ?

S.G. : Précisons d’abord que la philosophie n’est pas toute la pensée mais une forme spécifique de pensée. Qu’il y ait des différences de structure entre des familles de langues est une réalité. Au Moyen Âge, ces différences rendaient délicates les traductions philosophiques, en dépit des qualités des traducteurs médiévaux. Par ailleurs, les traductions successives d’un texte philosophique du grec en syriaque, puis en arabe, puis en latin, provoquent des distorsions accrues par le nombre des intermédiaires. Le nier révèle une certaine ignorance en matière de traduction. Lors d’un débat avec le vizir Abu Al-Qâsim en 1026, l’évêque de Nisibe affirma que la langue arabe ne permettait pas d’exprimer des notions abstraites. L’intérêt réside non dans l’argument – certainement aisément réfutable – mais dans le fait que le prélat voyait dans les différences linguistiques un élément essentiel, suffisamment solide pour être présenté dans une controverse publique.

Comment réagissez-vous au procès intenté à Fernand Braudel et à l’usage qu’il fait des concepts de « civilisation » et d’« identité » ?

S.G. : Les personnes qui attaquent avec tant d’élégance Braudel n’ont pas le talent nécessaire pour égratigner sa pensée. Ces critiques ne dénotent que prétention et incompétence. L’idée de ces accusateurs est simpliste : pour qu’il n’y ait pas de « choc de civilisations », il leur faut montrer l’inanité du principe de civilisation. Or ce concept correspond bien à une réalité. Je renvoie ici à la distinction claire opérée par le philosophe Eric Weil entre civilisation et culture. Sans ce concept, on ne peut comprendre l’évolution de l’humanité.

En récusant la notion d’identité, via l’accusation peu réfléchie d’« essentialisme », on ouvre là encore la voie à des confusions et des erreurs. Comme si définir les choses revenait à les figer et s’interdire par conséquent de penser toute évolution. (…) Il faut préciser la nature et le contenu des groupes humains ; sans cela on ne peut tenir de discours historique cohérent et logique. Cela n’empêche pas de penser en termes simultanés de permanence et d’évolution : c’est cela le métier d’historien. Les identités sont autant des héritages influents du passé que des créations ou des sélections du présent. Elles se construisent à partir d’éléments transmis, conservés consciemment, et à partir de composantes extérieures. C’est moins une donnée acquise une fois pour toutes qu’un processus vivant fait de traits de longue durée qui subissent des inflexions, des apports, des soustractions.

Propos recueillis par Marc Riglet, glané sur Passion-Histoire.

Read Full Post »

Karl Marx aurait déclaré que « Le premier champ de bataille est l’écriture de l’histoire. » Dans son livre 1984, George Orwell a renchérit en affirmant que « Celui qui a le contrôle du passé a le contrôle du futur, et celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé. » Après l’effondrement de l’URSS et la chute du Mur de Berlin, les élites socialistes occidentales se sont recyclées dans le multiculturalisme et plus particulièrement l’islamophilie, voyant dans l’islam  une nouvelle force et une « pureté » qui leur permettrait de renverser l’ordre qu’ils combattent.

Pour les aider à travestir l’histoire, la thèse de l’orientaliste allemande Singrid Hunke s’est avérée d’une grande utilité. Fidèle militante du NSDAP, c’est grâce à son ami Heinrich Himmler qu’elle fit la connaissance du Mufti de Jérusalem (le leader des Arabes de Palestine) à Berlin pendant la Seconde Guerre. Celui-ci l’a visiblement influencé dans ses engagements ultérieurs. Suite à la destruction du Troisième Reich, Mme Hunke s’est recyclée dans l’activisme néo-païen et trouva dans l’islam l’antithèse la plus pure au christianisme (qu’elle jugeait frappé du sceau du judaïsme). La foi trinitaire est selon elle responsable de la corruption de l’Occident. Elle publiait en 1960 Le soleil d’Allah brille sur l’Occident — Notre héritage arabe qui a depuis connu maintes rééditions.

Dans la postérité de Singrid Hunke, l’intelligentsia de gauche est ces derniers temps très occupée à réécrire l’histoire au nom du pluralisme et du vivre-ensemble, et cela passe inévitablement par l’école. De nos jours, nombre d’Occidentaux complexés n’hésitent pas à psalmodier les louanges du peuple d’Allah (« le plus excellent qui soit jamais surgi parmi les hommes », selon le verset 106 du chapitre 3 du Saint Coran). Voilà donc quelques articles pour pallier à cette désinformation ambiante :

Il est pertinent de rappeler qui fut ce fameux Averroès : d’abord un bon musulman, il prônait le djihad et voulait appliquer la charia par la force des armes. Extrait de l’ouvrage L’islamisation de la France de Joachim Véliocas (Éditions de Bouillon), pages 41-42 :

Pour Averroès, la charia ne se discute pas, celui qui aurait l’audace de le faire s’exposerait à des châtiments justifiés. La sagesse, selon lui, a pour principe de faire allégeance à la Loi en estimant aveuglément le législateur. Toute opposition aux prescriptions de la charia fait planer la menace de la division de la communauté des croyants, et à ce titre, sème le trouble, le désordre (fasâd), réprimandable par l’exécution. Ainsi, dans son livre Tahafut al-Tahafut, Averroès recommande de tuer les hérétiques. L’islamologue Dominique Urvoy, dans sa biographie d’Averroès intitulée Les ambitions d’un intellectuel musulman, écrit que le philosophe aurait été obligé d’accepter la condamnation de Salman Rushdie s’il avait vécu à notre époque. Le jihâd, Averroès lui consacra un chapitre dans son livre Bidâyat al-Mudjtahid ainsi que dans la Paraphrase de la République de Platon dont est tiré l’extrait suivant :

Les nations de l’extérieur […] doivent être contraintes. Dans le cas de nations difficiles, cela ne peut se produire que par la guerre. Il en est ainsi dans les lois qui procèdent conformément aux lois humaines, comme dans notre loi divine. Car les chemins qui dans cette loi conduisent à Allah […] sont au nombre de deux : le premier passe par le discours, le second par la guerre.

Ainsi Averroès expose une version orthodoxe de la charia concernant les nations du territoire d’infidélité, la soumission par la conversion ou le combat. Son biographe Al-Ansârî al-Marrâkusî, s’appuyant sur le témoignage d’un disciple Abûl-Qâsim ben at Taylisân (1179-1244), rapporte qu’Averroès, dans un prêche à la Grande Mosquée de Cordoue, appela au jihâd offensif contre les royaumes chrétiens du Nord.

Pour en finir avec le mythe d’un Averroès tolérant, il faut aussi rappeler ce qu’il avait en commun avec les théories nazies sur l’eugénisme : l’élimination des handicapés mentaux.

Le professeur Rémi Brague (professeur de philosophie médiévale à la Sorbonne et Munich), dans sa contribution à l’ouvrage collectif Enquêtes sur l’islam, réalisa un chapitre sur le « jihâd des philosophes » dont les informations dispensées servent à cet éclaircissement. Il conclut son article par un propos allant à l’encontre des idées reçues sur les philosophes estimés paisibles du monde islamique :

Dans son approbation de la guerre, la falsâfa (philosophie islamique) est encore plus radicale que la pratique islamique ordinaire. Celle-ci a pour but la conquête de l’Etat, non celle des esprits ; il s’agit de s’emparer du pouvoir. D’après la doctrine islamique ordinaire, la conversion à long terme des peuples conquis est hautement souhaitable, mais n’est pas une fin première. […] La fin principale est la paix (salâm), c’est-à-dire, la domination islamique sur un domaine « pacifié » (dâr as-salâm). Les philosophes développent une doctrine d’après laquelle la guerre sainte peut conduire à la philosophie, ce pour quoi ils veulent aussi conquérir les âmes.

Et que dire de l’immense apport des chrétiens d’Orient dans le foisonnement scientifique et culturel du monde islamique médiéval ? Car les origines des sciences dites « arabes » sont en réalité chrétiennes et araméennes :

Regardez également cette intervention de Rémi Brague à propos de la relation entre Thomas d’Aquin (fondateur de la méthode scolastique) et notre bien-aimé djihadiste andalou.

Read Full Post »

Older Posts »