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Archive for the ‘Histoire du Québec’ Category

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Monument de Maurice Duplessis (1890-1959) à l’Assemblée nationale du Québec

Cet article est reproduit avec l’autorisation de l’auteure. Voyez le billet original ici. J’y ai apporté quelques modifications mineures.

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Maurice Duplessis fut le plus grand homme politique du Québec. Il fut le plus grand Premier ministre que la province ait connu. C’est pourquoi il faut réhabiliter l’homme, et revoir son époque, non pas comme une « Grande Noirceur » mais plutôt comme un âge d’or des Canadiens-Français (cette thèse est soutenue par l’historien Jean-Claude Dupuis). Son réalisme s’exprime dans la cohérence de ses réalisations. En avance sur son temps, il avait prévenu la dépossession tranquille de la nation que nous subissons depuis la Révolution tranquille. Quinze années qui ont marqué le caractère social, familial et national de chez nous. Comme l’a dit Robert Rumilly : les faits parlent.

Petit résumé en quatre points de ses réalisations dans le domaine agricole.

{1} Institution du crédit agricole

La mise sur pied de l’Office du crédit agricole est toute première mesure adoptée par le gouvernement de l’Union Nationale en 1936. « L’agriculture doit être à la base de notre prospérité. Le cultivateur est le travailleur par excellence. La famille rurale est la véritable cellule de notre société canadienne-française. Nous sommes tous d’accord sur ces points » (Rumilly, p. 9).

Allocations aux mères nécessiteuses, pensions de vieillesse, prêts sur première hypothèque jusqu’à 75 % au taux d’intérêt de 2.5 % remboursables en trente et trente-neuf ans, 10 millions (équivaut à 175 M $ aujourd’hui) d’investissements à la disposition du crédit agricole provincial en 1936, quinze millions (262 M $) l’année suivante en 1937, vingt-cinq millions (437 M $) en 1938, trente-cinq millions (612 M $) en 1939 mises à la disposition de l’Office du crédit agricole en faveur des cultivateurs du Québec, toujours en augmentant les montants, en 1952 il fait voter 10 000 000 $ pour le crédit agricole, mesures qu’il répète toutes les années de son règne. L’Office divise ses prêts en trois, prêts d’établissement, prêts pour consolidation de dettes et prêts pour concordats, ainsi il s’assure que toutes les dettes de l’emprunteur seront acquittées selon un arrangement conclu entre créanciers et débiteurs. Dans un même élan, l’Office du crédit agricole règle les taxes municipales, scolaires et d’église, il a donc sauvé le crédit municipal, scolaire et paroissial des campagnes.

{2} Électrification rurale

Mise sur pied de l’Office d’électrification rurale en 1945. En 10 ans, l’Office de l’électrification rurale a provoqué la construction de 11 500 km de lignes électriques, desservant plus de 42 000 cultivateurs. Presque tous les comtés ruraux, de Bonaventure au Témiscamingue, ont bénéficié de son intervention. Les compagnies concurrencées par les coopératives se sont mises à desservir des territoires qu’elles négligeaient, car elles étaient non rentables pour le privé. Elles ont construit dans cette même période de 10 ans 17 400 km de lignes rurales, desservant plus de 73 000 clients. Pour un total tout près de 32 000 km, soit 115 000 foyers affectés, de la Beauce jusqu’aux Îles de la Madeleine.

« L’agriculture moderne a besoin d’électricité, comme toutes les industries. […] L’Office d’électrification rurale ne construit pas de lignes et ne distribue pas d’électricité. Il stimule l’initiative des cultivateurs, en encourageant la création de coopératives. Il consent des prêts à ces coopératives pour la construction des lignes et pour l’électrification des fermes ». (Rumilly, p. 24)

Inauguration de la Loi favorisant le drainage des terres

En 1945, Duplessis met en exécution le drainage à grande échelle pour augmenter le domaine cultivable de la province, assurer l’expansion du domaine agricole de la province, favoriser une saine politique de colonisation, augmenter les crédits affectés au drainage des terres, établir de nouvelles paroisses, etc. Les rivières sont nettoyées, creusées et redressées, les régions se transforment, l’humidité se dissipe grâce au travail de drainage dans soixante-neuf comtés sous l’égide du Ministère de l’Agriculture, augmentation et amélioration considérable de la superficie productive de la province et dans un même temps, autonomisation provinciale dans un domaine qui est propre aux mentalités régionales.

Enseignement agricole

La législation de l’Union Nationale a complété l’enseignement agricole en 1947, au point de le rénover : elle a transformé l’École de Médecine vétérinaire et multiplié les écoles d’agriculture. Les frais de scolarité sont fixés à cinq dollars pour les étudiants de la province, soit le plus bas au monde dans le domaine vétérinaire. L’École se voit dans l’obligation de refuser des candidats devant la carence d’expertise des autres provinces. En 1939, le gouvernement duplessiste augmente les subventions aux nouvelles écoles d’agriculture. En 1946, de retour au pouvoir, il permet l’institution de l’École régionale d’agriculture de Sherbrooke, accorde une subvention l’année suivante à l’École régionale de Saint-Viateur à La Ferme en Abitibi. En 1948, il augmente les subventions. En 1951, 1952 et 1953 s’ouvrent les écoles d’agriculture de Saint-Barthélemi, Sainte-Croix et Mont-Laurier. Bilan : trois écoles supérieures, quatorze écoles régionales et quatre orphelinats agricoles.

Source : Robert Rumilly, Quinze années de réalisations : les faits parlent, Imprimerie Saint-Joseph, Montréal, 1956, p. 9-39 sur 237.

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AfficheMTQ

Le docteur en histoire Jean-Claude Dupuis, à l’invitation du Mouvement Tradition Québec, nous livre cette excellente conférence intulée La Révolution tranquille et la destruction de la société canadienne-française (15 mai 2015) :

Fichier alternatif.

Nota Bene : Le Monarchomaque et sa rédaction ne sont en rien associés au Mouvement Tradition Québec et à Jean-Claude Dupuis.

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Huguenots Et Protestants

Vous pouvez commander ce livre sur le site des Éditions Novalis.

Tour à tour acceptés, interdits, tolérés et marginalisés, les huguenots, sujets protestants d’un royaume catholique, jouent pourtant un rôle de premier plan en terre d’Amérique. Pionniers, marins et marchands, la place des franco-protestants est loin d’être négligeable dans l’histoire du Québec.

Cet ouvrage porte un regard sur cette réalité historique encore peu reconnue. Réunissant à quasi-égalité des historiens français et québécois, il pose une réflexion contemporaine sur l’ensemble des traces qu’a laissées la présence franco-protestante au Québec, sur son importance et sa pertinence actuelle.

Outre le Musée de la civilisation de Québec, quatre institutions muséales françaises, dont le Musée national du château de Pau, et cinq centres d’archives privées ont participé à l’illustration de ce livre. On y trouvera, par exemple, un document inédit : le Mandement signé de la main d’Henri IV promettant de payer l’instruction protestante du neveu de… Jacques Cartier. De tels objets ne sont que très rarement exposés au public, et ce livre constitue une occasion unique de les diffuser.

Autres ressources sur cet intéressant sujet :

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Le français parlé au Québec est une histoire d’éloges et de mépris. Dans Méchante langue : la légitimité du français parlé au Québec (PUM, 2012), Chantal Bouchard, professeure de linguistique à l’Université McGill, raconte l’histoire de la perte de légitimité d’un accent – le nôtre. Une fois achevée la conquête britannique de la Nouvelle-France, le français canadien se figera dans les prononciations musicales des habitants du nord de la France du XVIIe siècle. Alors qu’une hivernation culturelle se prolonge à l’ouest de l’Atlantique, une révolution sans précédent s’opère en France en 1789, décapitant l’élite royale d’Ancien-régime et relançant l’éducation de l’Hexagone sur de nouvelles bases. Les sonorités langagières des nouvelles classes bourgeoises françaises s’établissent et sanctionnent le discrédit de l’ancienne façon de parler malgré la persistance de son usage en Amérique. Commence donc la dévalorisation parisienne de l’accent et du vocabulaire canadien qui étaient pourtant ceux de Molière et de Louis XIV.

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Billets similaires sur Le Monarchomaque :

Les tableaux et graphiques suivants sont tirés de l’étude de Vincent Geloso, Une perspective historique sur la productivité et le niveau de vie des Québécois : de 1870 à nos jours, HEC Montréal, 2013, 36 p. Construits à partir d’une montagne de données, ils démontrent clairement que le retard économique que le Québec accusait sur le Canada anglais s’est considérablement amenuisé pendant l’apogée de la soit-disant « Grande Noirceur » sous Maurice Duplessis (on lira Jacques Beauchemin pour une analyse du discours de gauche sur cette période). On aperçoit aussi que ce rattrapage continue pendant la décennie de la Révolution tranquille, ce qui établit une continuité plutôt qu’une discontinuité entre ces deux époques (continuité économique, à défaut de continuité culturelle). On notera cependant que la poursuite de cette remontée pendant la Révolution tranquille sous Jean Lesage (et les gouvernements subséquents) est largement due aux transferts d’argent fédéraux et — ce que l’étude ne dit pas — au crédit étatique contracté par le gouvernement provincial. Ces considérations font en sorte que la Révolution tranquille de Jean Lesage apparaît dès lors moins reluisante par rapport à la « Grande Noirceur » de Maurice Duplessis.

HEC.1HEC.2HEC.3HEC.4HEC.5HEC.6HEC.7

Citation des pages 29-30 : « Il y a des raisons de croire que l’évolution relative du niveau de vie au Québec est surestimée après 1960, principalement à cause de l’effet des transferts fédéraux. Entre 1945 et 1957, les transferts fédéraux diminuent relativement à l’économie. Ils passent de plus de 1 % en 1945 à moins de 0,3 % en 1956. C’est seulement à partir de 1957 qu’ils recommencent à augmenter pour atteindre plus de 5 % de l’économie en 1975 […]. L’importance de cette évolution est considérable puisque les transferts fédéraux augmentent beaucoup plus rapidement au Québec qu’ils n’augmentent en Ontario. […] Puisque les autres Canadiens devaient payer davantage (ou recevoir moins) afin de transférer des ressources vers le Québec, cette augmentation des transferts fédéraux pour le Québec par rapport à l’Ontario implique que le niveau de vie des Québécois a été artificiellement augmenté à partir de 1957. »

HEC.8La conclusion de l’étude se clôt par cette phrase : « L’activité accrue de l’État québécois depuis les années 1960 et 1970 a contribué au retour de la stagnation relative du niveau de vie des Québécois par rapport aux Canadiens. »

En complément, j’offre ces renseignements puisés dans la biographie de Maurice Duplessis par Conrad Black, Montréal, Éditions de l’Homme, 1999 (1977), 547 p., traduction de Render unto Caesar par Jacques Vaillancourt.

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Billet similaire : Extraits de l’ouvrage Duplessis, son milieu, son époque

Maurice Duplessis et Mgr Charbonneau en 1945. Cette photo est emblématique de l’obscurantisme de la « Grande Noirceur » dans l’imaginaire québécois. En réalité, Duplessis avait beaucoup d’ennemis parmi le clergé, et il a fait infiltrer le Vatican pour se débarrasser de Charbonneau !

Le présent article regroupe une collection de données nous aidant à rectifier notre vision simpliste de l’histoire québécoise du XXe siècle, qui s’articule autour de la césure Grande Noirceur / Révolution tranquille, césure de plus en plus remise en question par l’historiographie professionnelle. Pour commencer, je propose ces conférences de Lucia Ferretti, historienne de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Conférence intitulée La « Grande Noirceur », mère de la Révolution tranquille prononcée dans le cadre de la série La Révolution tranquille : 50 ans d’héritages en 2010…

Conférence intitulée Le rôle social et national de l’Église catholique prononcée dans le cadre du colloque Quelque chose comme un grand peuple en 2009…

La suite sur cette chaîne.

L’étatisme québécois des années 1930

Voici ce que nous disent trois de nos historiens les plus réputés concernant le rôle de l’État avant les années 1960, dans un chapitre intitulé L’État s’affirme :

L’État s’affirme dans le domaine du bien-être social (1919). Diverses institutions de bienfaisance lancent un cri d’alarme : Des 45 000 patients reçus dans les institutions en 1919, un tiers l’étaient à titre gratuit. Par suite de cet état de chose, une crise sérieuse se produisit dans les institutions : L’hôpital Notre-Dame de Montréal déclare que si la ville n’augmente pas sa contribution, il se verra dans la pénible obligation de fermer l’hôpital et il n’est pas le seul dans ce cas ; l’hôpital Sainte-Justine, l’Institut des Sourdes-Muettes de Montréal, l’Hôpital du Sacré-Cœur et la Crèche à Québec ont également des difficultés. L’État doit donc intervenir au moyen d’une loi qui permet aux hôpitaux désireux de s’en prévaloir de donner les secours médicaux nécessaires aux personnes défavorisées et répartit les frais en trois parties : un tiers au gouvernement provincial, un tiers à la municipalité où réside l’indigent et un tiers à l’institution d’assistance.

Référence : Jacques Lacoursière, Jean Provencher, Denis Vaugeois, Canada-Québec (1534-2000), Sillery, Septentrion, 2001, p. 163-164.

Commentaire glané sur ce blogue : Jusque-là (1919), c’était les communautés religieuses qui s’occupaient du domaine social : hôpitaux, hospices, la misère du monde quoi. Les communautés dépassées par le manque de ressources font appel à l’État pour que les nécessiteux puissent recevoir des soins gratuitement. C’est donc que l’Église n’était pas si puissante qu’on le prétend puisque c’est l’État qui tirait les ficèles économiques et que l’Église a dû lancer un cri d’alarme.

La vigueur économique des Canadiens-Français avant 1960

Le professeur Jacques Rouillard, du Département d’histoire de l’Université de Montréal, a écrit un article [La Révolution tranquille, rupture ou tournant ?, Revue d’études canadiennes, Vol 32, No 4, hiver 1998, p. 23-51] résumant bien les études qui infirment la thèse des sociologues [progressistes]. À la veille de la Révolution tranquille, le Québec n’a rien d’une société sous-développée. La moitié des francophones occupent un emploi… dans le secteur des services ! Dès 1931, le recensement montre que peu de gens vivaient encore de l’agriculture et que les 2/3 de la main-d’œuvre travaillaient dans le secteur secondaire (manufacturier) ou tertiaire (services). L’industrie manufacturière avait toujours crû ici au même rythme qu’en Ontario, et ce depuis la Confédération. Durant tout le 20e siècle, la proportion de travailleurs québécois œuvrant dans le secteur industriel est comparable aux proportions observées aux États-Unis et dans plusieurs pays européens.

On ne constate pas non plus de retard d’urbanisation dans la province. La migration vers les villes se fait à un rythme régulier depuis la fin du 19e siècle. Le Québec affiche même un taux d’urbanisation supérieur à celui l’Ontario de 1900 jusqu’à la 2e Guerre mondiale, et allait se maintenir au-dessus de la moyenne canadienne par la suite.

[…]

La société québécoise d’avant la Révolution tranquille comptait aussi de nombreux entrepreneurs francophones dans le domaine industriel et commercial. Ils faisaient partie de l’élite au même titre que les médecins, notaires ou prêtres, mais on semble les avoir complètement oubliés aujourd’hui. Ces entrepreneurs étaient maîtres du développement économique local et régional. Dès le 19e siècle, ils se dotent d’institutions financières soutenant l’essor économique régional: banques, sociétés de fiducie, compagnies d’assurance. Les chambres de commerce foisonnent et se regroupent en fédération provinciale dès 1909. En 1935, elle comptait 49 chambres affiliées. La bourgeoisie d’affaires francophone exerçait une réelle influence dans la sphère publique […] Elle faisait la promotion du développement industriel et de l’esprit d’entreprise auprès des francophones.

[…]

En 1953, le Québec affichait le deuxième revenu par habitant le plus élevé au monde après les États-Unis (en excluant le reste du Canada). Avait-on réellement besoin de la Révolution tranquille et de l’intervention de l’État pour sortir les Québécois de cette prétendue « Grande Noirceur » ? Absolument pas !

Référence : Claire Joly, Le mythe de la Grande Noirceur et du Québec sous-développé, Blogue du Québécois Libre, 31 octobre 2005.

Outre les quinze années du règne de l’Union nationale, qui représente pour l’historiographie gauchiste biaisée le paroxysme de la « Grande Noirceur »,  cette même historiographie gauchiste fait formellement débuter la « Grande Noirceur » en 1840, avec l’union forcée des Bas et Haut Canadas. Mais la situation au Québec mérite-t-elle vraiment l’appellation dénigrante de « Grande Noirceur » ? Quelques éléments de réponse…

Augmentation fulgurante de l’alphabétisme au XIXe siècle

Les communications avec l’extérieur se sont développées à un rythme comparable à celui des autres sociétés occidentales. […] Le Canada français du milieu du XIXe siècle ne vivait pas en marge des autres nations occidentales. Un mouvement de modernisation était à l’œuvre. […] De 1764 à 1859, 327 périodiques ont été fondés dans la vallée du Saint-Laurent. […] Les journaux canadiens étaient abonnés à des publications européennes et américaines, comme le démontrent les nombreux extraits reproduits. Dans leurs journaux, les Canadiens pouvaient suivre l’actualité internationale et être exposés aux idées des grands penseurs du siècle. Et plus on avançait dans le XIXe siècle, plus les lecteurs étaient nombreux. En effet, le taux d’alphabétisation des Canadiens n’a cessé de croître tout au long du XIXe siècle, passant de 21% pour la décennie 1820-1829 à près de 53% cinquante ans plus tard. Cette croissance n’a pas touché seulement l’élite, mais aussi les enfants des agriculteurs (de 11,2% à 48,6% pour la même période) et des journaliers (de 13,8% à 21,9%) […] De son côté, la classe politique canadienne avait doté la Chambre d’assemblée d’une bibliothèque dès 1802, ce qui en avait fait l’une des premières institutions du genre en Occident (p. 21-22, voir référence infra).

 Acceptation de la démocratie parlementaire

Accordé par l’Acte constitutionnel de 1791 et renforcé par l’obtention du gouvernement responsable en 1848, le droit à la représentation politique [par voie électorale] constituait, pour la classe politique canadienne-française du milieu du XIXe siècle, un acquis incontestable que même Louis-François Laflèche, certainement le doctrinaire ultramontain le plus important de cette époque, ne contestait pas. | Cette position était aussi celle d’Ignace Bourget (p. 24 et 340).

Acceptation de la distinction entre l’Église et l’État

Aux yeux des réformistes, aucune des deux sphères, matérielle et spirituelle, ne doit dominer l’autre ou la prendre en otage. Chacune a été conçue et voulue par le Créateur, chacune doit donc tendre vers des fins plus élevées (p. 214-215).

Référence : Éric Bédard, Les Réformistes — Une génération canadienne-française au milieu du XIXe siècle, Montréal, Boréal, 2009.

Le nationalisme ethnique modéré pré-Duplessis

Voici ce qu’affirmait Mgr Louis-François Laflèche (1818-1898), l’évêque de Trois-Rivières à partir de 1870 et la deuxième personnalité ultramontaine en importance au Québec au XIXe siècle après Ignace Bourget (et allié de celui-ci), dans Quelques considérations sur les rapports de la société civile avec la religion et la famille (1866) :

Au point de vue national, ils [les immigrés au Québec] ne sont plus ce que la naissance les avait faits, Allemands, Écossais ou Irlandais, mais ils sont Canadiens, c’est-à-dire que l’éducation les a faits. […] L’éducation encore plus que la naissance fait la nationalité. […] Une famille canadienne-française où l’on ne parle plus la langue français, où l’on n’est plus catholique, où l’on a adopté les mœurs et coutumes des Américains, à quelle nationalité appartient-elle ? Que lui reste-t-il de la nationalité de ses ancêtres ? Rien. Ils sont Américains et nullement Canadiens.

Et voici ce que le chanoine Lionel Groulx, le théoricien du nationalisme ethnique par excellence du Canada français, avait à dire dans une allocution qu’il prononça le 5 décembre 1936 :

Nous ne plaçons pas l’essence ni la grandeur de la nationalité dans le fétichisme du sang ou de la race ; chrétiens, catholiques, nous les plaçons dans la justesse et la finesse de la raison, dans la grandeur morale de la volonté, dans la hauteur spirituelle de l’âme et de la culture.

Dans La Naissance d’une race, nous voyons que Groulx ne hiérarchisa jamais les races ; tel que le faisaient ses contemporains, il utilisait le terme « race » comme un synonyme de « peuple » ou de « nation ». Dans Mes Mémoires, Groulx insiste n’a jamais défini la racialité « uniquement sur le sang, à la façon animale ou biologique ».

Référence : Éric Bédard, Recours aux sources — Essais sur notre rapport au passé, Montréal, Boréal, 2011, p. 166-169.

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Dugua De Mons

Dugua De Mons, le fondateur de l’Acadie, était huguenot

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Cette conférence sur les huguenots en Nouvelle-France fut prononcée par le rédacteur du Monarchomaque dans le cadre d’une journée thématique organisée à Québec par la Société d’histoire du protestantisme franco-québécois le 6 avril 2013. Cette journée avait pour but de conscientiser et d’instruire le public francophone sur le patrimoine et l’héritage réformé français en Amérique du Nord. Quelques corrections et améliorations furent subséquemment apportées au texte originel.

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Mme La Tour défendant le Fort St-Jean contre un assaut papiste en 1645

Marie-Françoise La Tour défendant le Fort La Tour (Saint John, N.-B.) contre un assaut des hommes de Charles de Menou d’Aulnay en 1645, pendant la Guerre civile acadienne. Il y avait plusieurs huguenots parmi les hommes de Charles de St-Étienne de La Tour, quoique celui-ci était catholique.

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Pour les lecteurs souhaitant approfondir leurs connaissances sur ce thème :

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