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Archive for the ‘Puritanisme’ Category

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« Il y a deux libertés, la naturelle (compte tenu, j’entends, de la corruption de notre nature), et la civile ou fédérale [alliancielle]. La première est commune à l’homme est aux bêtes sauvages et autres créatures. Par elle, l’homme, en tant simplement qu’il est en rapport avec l’homme, a licence de faire ce qu’il lui plaît ; c’est une liberté capable de mal comme de bien. Il y a incompatibilité et contradiction logique entre l’autorité de cette liberté qui ne saurait souffrir la contrainte de l’autorité la plus juste. L’exercice et la défense de cette liberté poussent les hommes à devenir plus méchants, et bientôt pires que des bêtes féroces : onmes sumus licentia deteriores [trop de liberté nous abaisse]. Telle est cette grande ennemie de la vérité et de la justice, cette bête féroce que toutes les ordonnances divines dénoncent afin de l’entraver et de la soumettre.

L’autre genre de liberté, je l’appellerai civile ou fédérale [alliancielle] ; elle mérite également le nom de morale, par référence au covenant [alliance] entre Dieu et l’homme qui est inscrit dans la Loi morale et les covenant [pactes] ou constitutions politiques que les hommes passent entre eux. Cette liberté est la fin propre de l’autorité et ne saurait subsister sans elle ; et c’est une liberté qui ne reconnaît que le bon, le juste et l’honnête. C’est cette liberté qu’il vous faut défendre, au péril si besoin et non seulement de vos biens, mais aussi de vos vies. Tout ce qui s’y oppose n’est pas autorité, mais maladie de celle-ci. Cette liberté est exercée par voie de sujétion à l’autorité ; c’est de cette liberté que Christ nous a fait libres. »

John Winthrop, mai 1645, cité dans Jean-Pierre Martin, Le puritanisme américain en Nouvelle-Angleterre (1620-1693), Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 1989, p. 146 sur 261.

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Je recommande fortement une excellente série du blogue The Historic Present sur le code civil des habitants puritains de la colonie de Massachusetts Bay — le Body of Liberties édicté en 1641 — en bravant le roi anglais qui leur avait interdit de faire des lois différentes de celles d’Angleterre, et en défiant les partisans de la tradition de common law qui voulaient continuer de s’en remettre uniquement aux précédents judiciaires.

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Dans cet extrait du film Monumental (2012), Kirk Cameron et Marshall Foster nous présentent le National Monument to the Forefathers (à New Plymouth au Massachusetts) qui illustre et récapitule la matrice de la liberté chrétienne pour les générations futures.

Fichiers alternatifs : clicclic.

Voyez aussi sur Le Monarchomaque : Qui étaient les Puritains ?

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La décadence de « l’Église d’Angleterre » :

La congrégation puritaine de Scrooby au Nottinghamshire :

Les Puritains de Srcooby en exil à Amsterdam puis Leyde en Hollande :

Le passage des Puritains anglais de Leyde à l’Amérique :

L’embarquement déchirant en Europe et la traversée de l’océan :

Le Pacte du Mayflower ratifié lors de l’arrivée à Cape Cod au Massachusetts :

Une alliance entre les Puritains et les Amérindiens :

La première Action de Grâce :

La Revue réformée s’est penchée sur l’influence de Calvin aux États-Unis :

Les terres d’Amérique du Nord ont, en effet, été colonisées par des hommes et des femmes pour qui les convictions religieuses constituaient souvent une question de vie ou de mort. […] Ce sont surtout des colons avides de Dieu, assoiffés de liberté religieuse, qui s’y sont installés, fuyant les persécutions dont ils étaient victimes sur le Vieux Continent.

[…]

Ce premier exil protestant [anglais en Europe continentale] se dirigea en priorité vers les terres nouvellement calvinistes du continent, qui se montrèrent particulièrement sûres et accueillantes : cités helvétiques (à commencer par Genève), sud-ouest du Saint-Empire [Palatinat du Rhin, Francfort, Strasbourg]. Les nombreux réfugiés anglais y furent sensibilisés aux spécificités du calvinisme, découvrant le projet réformé d’alors, qui visait à une reconstruction systématique de la société sur la base des enseignements bibliques tels que Jean Calvin les avait exposés dans son œuvre. Cet exil en terre calviniste eut une influence déterminante sur les réfugiés anglais. La plupart d’entre eux retournèrent ensuite en Angleterre, à la mort de Marie Tudor [la Reine sanglante], avec une vision renouvelée de leur projet : c’est désormais en référence au calvinisme qu’ils envisagèrent la poursuite de la Réforme anglaise. Ils ne revinrent pas les mains vides : leur exil fut ainsi marqué par « une nouvelle édition anglaise du Nouveau Testament, à forte empreinte calviniste, qui fut à l’origine de la Bible de Genève, sans égale dans l’Angleterre d’Élisabeth » […] Leurs convictions principales peuvent être résumées en quatre thèmes, qui vont profondément marquer la culture religieuse des colonies américaines et de ses « Pères pèlerins » (Pilgrim Fathers).

Leur première conviction est celle de la totale dépendance des humains vis-à-vis de Dieu pour leur salut.

[…]

La deuxième conviction des puritains calvinistes est l’autorité de la Bible, conformément au principe protestant du Sola Scriptura, « l’Écriture seule ». Cette idée d’« autorité » n’est pas à comprendre seulement en terme de doctrine. La Bible, certes, doit seule fonder la doctrine, mais « l’autorité » de la Bible va plus loin : elle implique que le chrétien ne doit faire que ce que la Bible prescrit, et ne rien faire qui soit contraire à son enseignement.

[…]

Au Massachusetts, sous la conduite de John Winthrop (1588-1649), les colons « vont plus loin que les puritains d’Angleterre […] La vie civile devra être réglée selon l’interprétation puritaine des Écritures ».

[…]

Le troisième trait saillant des convictions puritaines est l’idée que Dieu a créé la société comme un « tout » unifié. L’État, l’Église, la sphère publique et la sphère individuelle sont liés, complémentaires, et sous la souveraineté de Dieu. La Genève de Calvin correspondait à cette exigence d’une « sphère d’union à son Dieu, de glorification de son Dieu » (Denis Crouzet) dans toutes les dimensions de la vie de la cité. […] La plupart des puritains américains qui peuplent le Nouveau Monde au XVIIe siècle entendent reconstruire la Cité de Dieu sur la base des principes protestants d’inspiration calviniste.

[…]

La quatrième composante majeure des convictions puritaines est la certitude que Dieu communique et œuvre avec les humains au travers d’une « alliance » (covenant). La Bible met en scène, à leurs yeux, une série d’alliances entre Dieu et ses créatures. D’où l’importance, dans les congrégations, dans les assemblées, d’engagements solennels, d’alliances au travers desquels les croyants manifestent leur désir de marcher selon les commandements de Dieu. À l’échelle [inter]nationale, les puritains estiment, de même, qu’il existe des « alliances » spécifiques entre telle nation et Dieu. La nation qui deviendra « américaine » éprouvera très tôt cette conviction d’une alliance particulière contractée avec Dieu.

[…]

Le premier établissement anglais permanent fut en Virginie, dès 1607. […] En mai de cette année 1607, les colons ne manquent pas de célébrer un culte de reconnaissance avec le révérend Robert Hunt, et le tout premier code de loi de Virginie impose comme obligatoire l’assistance au culte dominical ! Le second établissement permanent de colons anglais, à Plymouth, en 1620, fut bien davantage marqué par le puritanisme. Comme le rapporte le chroniqueur de cette implantation, William Bradford (1589-1657), « ils savaient qu’ils étaient des pèlerins et ne regardaient pas tant (à leurs terres) qu’aux réalités célestes vers lesquelles ils levaient les yeux, tranquillisant leur esprit en contemplant leur pays le plus cher ». Venus par le Mayflower, ils arrivèrent au Cap Cod, début novembre 1620. Avant de quitter le bateau, les pèlerins firent cette alliance, sur la droite ligne des usages puritains : « Ayant entrepris pour la gloire de Dieu, et l’avancement de la foi chrétienne, et pour l’honneur de notre roi et de notre pays, un voyage pour planter la première colonie au nord de la Virginie, nous présents faisons solennellement et mutuellement, en la présence de Dieu et les uns envers les autres, une alliance dans le corps politique, pour une meilleure organisation et préservation, pour atteindre les objectifs précités. »

Le gouverneur John Winthrop (1588-1649), auteur de la fameuse formule appelant l’Amérique puritaine à être une « cité sur la colline » (a city upon a hill), le pasteur John Cotton (1584-1652), le pasteur et historien Cotton Mather (1663-1728), auteur d’une fresque historique à la gloire des premiers puritains d’Amérique, le Magnalia Christi Americana, et bien d’autres vont maintenir ensuite, dans les colonies américaines, le flambeau puritain d’une alliance particulière avec Dieu.

Les écrits de Calvin jouèrent, dans cette fermentation culturelle, un rôle majeur […] Depuis la Nouvelle-Angleterre, ces principes puritains vont, ensuite, peu à peu s’étendre à la plupart des colonies, sous l’impulsion, en particulier, du « Grand Réveil » du XVIIIe siècle, où un puritain, Jonathan Edwards (1703-1758), et un méthodiste [sic : un autre puritain], George Whitefield (1714-1770), provoquent par leurs appels à la conversion une remobilisation sans précédent des églises du Nouveau Monde. Dès lors, la pensée de Jean Calvin, particulièrement à l’honneur chez la plupart des théologiens puritains, à commencer par Jonathan Edwards qui lui consacra des milliers de pages, se diffusa en profondeur dans la culture religieuse américaine, jusqu’à l’entrée du XXIe siècle.

Quelque historiens discutent de la survivance déformée de l’héritage puritain aux États-Unis (post)modernes :

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