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Archive for the ‘Histoire de la Réformation’ Category

« La raison d’être du droit est de nous permettre de cheminer paisiblement à travers cette vie ombrageuse et d’être guidés à Christ et à la vie éternelle. »
— Johann Oldendorp (1486-1567)

↓ La suite est en anglais, mea-culpa. ↓

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Je reproduis ci-après des extraits de Neal Blough, « Calvin et les anabaptistes », Théologie évangélique, Vol. 8, No. 3, 2009, p. 197-218.

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En 1544, 1500 exemplaires d’un traité anabaptiste en langue française circulaient à Neuchâtel. […] Suite aux demandes pressantes de [Guillaume] Farel, Jean Calvin rédigea sa Briève instruction pour armer tous bons fidèles contre les erreurs de la secte commune des anabaptistes.

En ce qui concerne le traité qui circulait à Neuchâtel, il s’agissait de L’Entente fraternelle entre quelques enfants de Dieu sur quelques articles, connue aussi comme la Confession de Schleitheim. Ce texte […] fut rédigé lors d’un synode anabaptiste [tenu à l’extrême-nord de la Suisse alémanique] en février 1527, probablement par l’ancien bénédictin Michaël Sattler.

Jean Calvin était un réformateur européen, pour qui son œuvre ne se limitait pas à la seule ville de Genève. Il savait ce qui se passait en Suisse, en France, en Angleterre, aux Pays-Bas, en Hongrie, en Pologne, etc. L’anabaptisme qu’il était en train de combattre n’était pas un phénomène local, mais bien répandu.

[…]

Lorsque Jean Calvin écrit son traité, il y a déjà une histoire de relations polémiques entre […] la Réforme et la « Réforme radicale », histoire qui explique et conditionne largement la réponse de Jean Calvin. En fait, ce qu’il écrit dans le traité en question n’est ni très surprenant ni très original, mais tributaire de l’histoire dans laquelle la Réforme de Genève s’insère. [N]ous examinerons […] quel fut l’apport des Réformes de Bâle, de Strasbourg, de Lausanne et de Berne à la pensée de Calvin contre les anabaptistes.

[…]

La théologie de Schleitheim réfutée par Calvin en 1544 est issue de l’anabaptisme suisse, surtout zurichois. Cependant, le mouvement s’était répandu dans d’autres cantons germanophones, surtout ceux de Bâle et de Berne. Oecolampade (1482-1531), le premier réformateur de Bâle, fut souvent confronté à cet anabaptisme, qui se multipliait à tel point qu’en mars 1528, un mandat sévère fut promulgué, menaçant les anabaptistes de confiscation des biens, voire de la peine de mort.

[…]

Oecolampade étant décédé en 1531, Calvin n’avait pas pu le connaître, mais lors de son séjour bâlois, le réformateur français fit connaissance avec son successeur Oswald Myconius (1488-1552) qui lui, avait débattu publiquement avec Balthasar Hubmaier et connaissait très bien l’anabaptiste zurichois Conrad Grebel. Pendant son séjour bâlois, Calvin  entra en correspondance avec le réformateur strasbourgeois Wolfgang Capiton, et rencontra Heinrich Bullinger de Zurich (le successeur de Zwingli) ainsi que Pierre Viret de Lausanne. Tous ces personnages avaient à faire avec des anabaptistes et on peut aisément imaginer que Calvin en avait été informé.

[…]

Étant donné les liens qui existent entre Berne et la Réforme genevoise, il faut aussi évoquer l’importance de l’expérience qu’avaient les protestants bernois de l’anabaptisme. […] Les réformes bernoise et genevoise furent ainsi très proches l’une de l’autre. Or Berne connaissait très bien l’anabaptisme suisse issu de Schleitheim. Dès 1525, le réformateur bernois [Berchtold] Haller [1492-1536] signalait à Zwingli le développement rapide de l’anabaptisme dans son territoire. [À l’été 1527] les cantons de Berne, Zurich et Saint-Gall promulguent un mandat contre l’anabaptisme.
[…]

Les autorités de Berne se manifestèrent très rapidement auprès de Guillaume Farel lorsque le texte de Schleitheim commença à circuler dans les environs de Neuchâtel. Il est important de rappeler ce contexte plus général d’une polémique anti-anabaptiste « réformée », commençant à Zurich, et se prolongeant à Bâle, à Strasbourg et à Berne, avant d’arriver à Genève. Calvin s’inscrit dans une tradition préexistante et n’ajoute pas grand-chose d’original au débat.

[…]

Sa relation avec Martin Bucer [le réformateur de Strasbourg puis de Cambridge], qui avait une longue expérience des anabaptistes, contribua largement à sa connaissance du sujet.

Terminons cette étude par quelques remarques sur le contenu même de la Briève instruction. Le texte de Schleitheim [paru en Suisse alémanique en 1527] réfuté par Calvin comporte sept articles sur les sujets suivants : le baptême, la discipline ecclésiale, la cène, la séparation d’avec le monde, le rôle des pasteurs, le magistrat et le serment. Nous limiterons nos remarques à trois de ces points qui sont étroitement liés : le baptême, le magistrat et le serment.

[…]

[Deuxièmement,] l’anabaptisme de Schleitheim reconnaît le bien-fondé biblique du magistrat (l’autorité politique), tout en insistant sur le fait que le chrétien ne peut pas participer à cette fonction à cause de la nécessité d’appliquer la peine de mort et de faire la guerre. […] La position de Schleitheim sur le magistrat et l’impossibilité pour le chrétien de prendre part à cette fonction est radicale et ne peut se justifier théologiquement en toutes circonstances.

[…]

Troisièmement, à partir des paroles du Christ de Matthieu 5, le texte de Schleitheim affirme que le chrétien ne peut pas prêter serment. Selon Jean Calvin, le Christ ne fait ici que poser les conditions d’un mauvais serment et non pas l’interdit total de celui-ci.

[…]

De même avec le serment. Nous ne pouvons lire ni l’argumentation anabaptiste ni la critique de Calvin exclusivement sur le plan exégétique ou comme un débat purement « théologique ». Le serment est au cœur de la vie médiévale et de la société féodale. Le serf prête serment de loyauté à son seigneur, le citoyen prête serment de loyauté à sa ville, le prince prête serment de loyauté à l’empereur. Les Suisses ne s’appellent-ils pas les « Eidgenossen » [Confédérés] ?

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De la naissance des Réformations en Europe au XVIe siècle, de l’implantation difficile du protestantisme en France jusqu’à la Révolution, trois films retracent l’histoire des mouvements protestants en Europe et en France. Des documentaires historiques, pédagogiques, où sont mis en scène les principaux personnages, lieux, évènements. Incontournable pour connaître l’histoire du protestantisme français.

Le jupon socialiste dépasse un peu (au début du moins)…

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Jean Hus, prêtre catholique, influencé par les idées de Wycliffe, lutta contre les abus de la hiérarchie. Excommunié en 1411, il comparut devant le concile de Constance muni d’un sauf-conduit impérial. Il fut cependant arrêté et brûlé vif comme hérétique le 6 juillet 1415. Jean Hus était convaincu que la Bible devait être présentée dans le langage du peuple, que le salut était obtenu par la foi en Jésus-Christ, et que la Parole de Dieu était l’autorité suprême. Non seulement Jean Hus s’écarta de la messe latine, mais il introduisit le chant en assemblée dans son église. Cela entraîna la colère de la hiérarchie de l’Église catholique romaine. Intrigues et fausses promesses tissent cette histoire émouvante relatant l’engagement d’un homme de foi en Jésus-Christ.

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Les deux pages suivantes sont tirées de Patrick Cabanel, Histoire des protestants en France (XVIe-XXIe siècle), Paris, Arthème Fayard, 2012, p. 115-116 sur 1502.

Cabanel.115

Cabanel.116

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La Confession de foi de Puylaurens est une curiosité historique. Elle a été découverte au XXe siècle dans une très vieille maison située dans ce qui est aujourd’hui la commune de Puylaurens dans le Tarn (Occitanie). Elle date de l’époque des Guerres des religions et présente à ce titre une particularité fort intéressante. Elle peut être en effet être lue de deux manières différentes : Lorsqu’elle est lue par colonne (à la verticale), c’est une confession de foi papiste pour converti huguenot exemplaire ; mais lorsqu’elle est lue par ligne complète (à l’horizontale), sans tenir compte des colonnes, c’est une confession qui devient « pas très catholique » !

Confession de Puylaurens

Source : Jacques Gradt, Bulletin de l’Oratoire, Numéro 776, 2008.

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Dans la nuit du 12 au 13 décembre 1602 — c’est-à-dire la nuit qui était alors réputée la plus longue de l’année (calendrier julien) — le catholique Charles-Emmanuel Ier, duc de Savoie et prince du Piémont, dont les terres enclavent la calviniste République de Genève, brise un traité de paix en lançant une attaque surprise sur la cité endormie. Mais, par providence divine, les sentinelles s’en aperçoivent aussitôt et réveillent la population à temps en sonnant l’alarme. Les habitants réformés bondissent hors de leurs lits, sortent dans les rues avec leur accoutrement nocturne, accourent aux postes de combat et repoussent vaillamment les traîtres assaillants qui s’en retournent bredouilles. Gloire à Dieu !

La résistance ferme et les ripostes immédiates des Genevois et de leurs alliés protestants (villes de Berne et de Zurich, et même Henri IV de France) valurent à Genève — la Rome réformée — la reconnaissance de sa souveraineté dans le Traité de St-Julien en 1603. Une grande victoire pour la foi réformée ! L’Escalade est commémorée chaque année à Genève par la Compagnie de 1602 qui nous partage des centaines de photos ; en voici une sélection parmi celles de 2012 :

1602.1 1602.2 1602.3 1602.4 1602.5 1602.6 1602.7 1602.8 1602.9 1602.10 1602.11 1602.12

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