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Archive for the ‘Ecclésiologie’ Category

Dernière mise-à-jour : 10 juin 2017.

Chrétiens congrégationalistes dans la Colonie de New Haven (actuel Connecticut) au XVIIe siècle

Chrétiens réformés congrégationalistes dans la Colonie de New Haven (actuel Connecticut) au XVIIe siècle

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Consultez aussi sur le même thème : [Le Monarchomaque]

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Le modèle de culte collectif qui prévaut actuellement dans les milieux évangéliques consiste typiquement en un spectacle où les croyants demeurent passifs devant un prêcheur et une équipe de louange qui se chargent de l’essentiel de l’action. C’est un modèle non-participatif. Ce modèle correspond à une conception de l’église locale selon laquelle celle-ci consiste en un groupe d’admirateurs qui s’agglutinent autour d’un prêcheur. Ce modèle de culte et cette conception de l’église locale ne sont pas bibliques.

Dans la vidéo qui suit, glanée sur Disciples.fr, l’intervenant apporte quelques suggestions afin de rendre le culte collectif plus participatif — et donc réellement collectif.

N.B. : la notion d’« écosystème » employée par l’intervenant signifie « l’ensemble formé par une communauté de disciples et son environnement qu’est l’Église ».

Pendant la Réformation, les huguenots (réformés français) aménageaient souvent leurs lieux de culte de façon à faciliter cet aspect participatif des célébrations collectives :

Temple réformé de Lyon, 1564

Sur une autre note, je signale ce tableau intéressant également glané sur Disciples.fr :

Étapes du discipulat

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Dernière mise-à-jour : 8 mars 2017.

Synode national de l'Église réformée de France en 1872. Les assemblées locales doivent pouvoir parler d'une voix commune sans se faire usurper leur autorité propre.

Le Synode national de l’Église réformée de France en 1872 adopta une bonne Déclaration de foi. Les assemblées locales doivent pouvoir parler d’une voix commune sans se faire usurper leur autorité propre.

Cet article présente l’ecclésiologie congrégationaliste en matière de relations inter-églises. Il vulgarise la position des « Frères dissidents » (Dissenting Brethren), une demi-quinzaine de théologiens réformés ayant défendus le congrégationalisme à l’Assemblée de Westminster (1643-1649). Ces hommes étaient Thomas Goodwin, William Bridge, Philip Nye, William Greenhill, Jeremiah Burroughes, William Carter et Sidrach Sympson. Ils ont systématisés et synthétisés leur position dans un manifeste intitulé Arguments of the Dissenting Brethren Against the Subordination of Standing Synods (Provincial, National, Ecumenical) as Juridical, Ecclestiatical Courts, publié à Londres par Harward en 1648. Ce manifeste est reproduit par Chris Coldwell dans The Grand Debate : The Reasons Presented by the Dissenting Brethren Against Certain Propositions Concerning Presbyterian Government, Naphtali Press, Dallas (Texas), 2014, p. 207-223 sur 424.

{1} L’autonomie et la non-subordination de l’église locale

Selon l’ecclésiologie congrégationaliste, la Parole de Dieu ne permet pas qu’une quelconque structure ecclésiale ait autorité sur les églises locales ou qu’elle puisse prendre des décisions liantes (ayant force obligatoire) pour ces églises locales. Chaque église locale est autonome et n’est pas subordonnée à une autre église locale ou à une quelconque super-structure supra-locale.

Les tenants de l’ecclésiologie épiscopale et de l’ecclésiologie presbytéro-synodale mobilisent usuellement le soi-disant Concile de Jérusalem dont il est fait état en Actes 15 (et qui s’est déroulé vers l’an 50) pour appuyer leurs positions centralisatrices. En Actes 15, des apôtres et des anciens délégués par l’église locale d’Antioche rencontrèrent des apôtres et des anciens de l’église locale de Jérusalem (v. 1-6) et reconnurent l’expiration de la loi cérémonielle & sacrificielle, et par extension, s’entendirent sur son caractère périmé (v. 22-29). Constatons ici que selon le récit inspiré qu’en a dressé l’historien & médecin Luc, l’essentiel de la délibération fut menée par quatre apôtres, à savoir Pierre (v. 7-11), Barnabas & Paul (v. 12) et Jacques le Juste, frère de Jésus de Nazareth (v. 13-21).

Après en être venus à cette conclusion, ce soi-disant Concile de Jérusalem envoya une délégation et une missive annonçant cette décision aux églises locales d’Antioche (v. 30-35), de Syrie et de Cilicie. À Antioche, où cette décision fut acceptée, la délégation se divisa en deux : Marc et Barnabas allèrent annoncer cette décision aux églises de Chypre, tandis que Paul et Silas allèrent annoncer cette décision aux églises de Syrie et de Cilicie (v.36-41), puis ailleurs en Anatolie avant de passer en Macédoine (16:1-12).

Actes 16:4 énonce que « comme ils [Paul et Silas] allaient de ville en ville, ils recommandaient aux fidèles de garder les ordonnances qui avaient été établies par les apôtres et par les anciens de Jérusalem » (Ostervald). Autrement dit, « dans les villes où ils passaient, ils transmettaient aux frères les décisions prises par les apôtres et les anciens de Jérusalem en recommandant de les respecter » (Second 21). C’est sur ce verset que les épiscopaliens et les presbytériens s’appuient pour affirmer que les décisions d’une entité ecclésiale supérieure aux églises locales (tel un archevêque ou un synode) sont liantes et exécutoires pour les églises locales.

Cette position est défaillante. Rappelons qu’au soi-disant Concile de Jérusalem d’Actes 15, que l’intervention d’au moins quatre apôtres fut décisive sur son résultat. De surcroît, si ce concile faisait autorité et que ses conclusions revêtaient une force obligatoire & contraignante pour les églises locales chrétiennes (ce qui semble avoir été le cas), c’est également l’implication apostolique qui fut déterminante quant à sa portée. Or l’office d’apôtre est limité au Ier siècle. Nulle part est-il affirmé, dans le Nouveau Testament, que l’office d’apôtre doive continuer après la phase initiale de mise en marche de l’Église au Ier siècle. Les congrégations locales ont seulement enjointes d’établir des presbytes/évêques (anciens/pasteurs) et des diacres. Des critères de sélection sont fournis pour les offices d’ancien et de diacre (1 Timothée 3:2-13, Tite 1:6-9), mais nullement pour l’office d’apôtre, précisément parce qu’après le Ier siècle, il n’y a plus d’apôtre. Le Nouveau Testament distingue clairement entre le pouvoir que Dieu donne aux apôtres et le pouvoir que Dieu donne à tous les chrétiens.

L’enseignement des apôtres jouissait d’une autorité particulière. Actes 2:42 dit que les chrétiens de Jérusalem « persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières. » En 2 Thessaloniciens 3:14, l’apôtre Paul écrit : « Si quelqu’un n’obéit pas à ce que nous disons par cette lettre, notez-le, et n’ayez point de communication avec lui, afin qu’il éprouve de la honte. » Cependant, l’office d’apôtre est distinct de l’office de « gouverneur » (c-à-d d’ancien/presbyte/pasteur/épiscope) des églises locales : « Dieu a établi dans l’Église premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs, ensuite ceux qui ont le don […] de gouverner » (1 Corinthiens 12:28). À Philémon, Paul écrit — inspiré par le Saint-Esprit — qu’il a « en Christ toute liberté de te prescrire ce qui est convenable » (verset 8). Il existe de multiples autres occurrences, dans le Livre des Actes et les épîtres du NT, où un/des apôtre(s) disciplinent des gens dans des assemblées locales de manière unilatérale et sans droit de défense devant l’assemblée locale ou droit d’appel à un arbitre extérieur. Comme cela déroge totalement aux règles normales de résolution des conflits ecclésiaux, il ne peut s’agir que de l’exercice d’une autorité apostolique [1 Timothée 1:20 ; pour les références supplémentaires, voir le livre de Robert Paul, The Assembly of the Lord, 1985, 609 pages].

Donc l’autorité que les apôtres pouvaient exercer sur les églises locales au Ier siècle n’existe plus aujourd’hui. Sur Terre, dans l’Église, le pouvoir décisionnel ultime, après Christ Tout-Puissant et sous celui-ci, réside dans l’assemblée des membres en règle de chaque congrégation locale ; chacune d’entre elles a uniquement autorité sur elle-même.

{2} La participation aux conciles, synodes ou assemblées générales, et ses limites

Plusieurs églises locales d’une région donnée peuvent convenir ensemble de convoquer un concile, un synode ou une assemblée générale (j’emploie ici ces trois termes comme des synonymes) pour adopter une position commune et faire une déclaration conjointe. La décision prise par un tel concile régional dûment convoqué n’est liante pour une église locale de cette région que dans la mesure où la décision prise par ce concile régional est conforme aux instructions préalables que l’église locale a donnée à ses délégués, et que dans la mesure où ceux qu’elle a délégués au concile régional ont agis conformément aux instructions préalable qu’ils ont reçus d’elle. Subséquemment, si l’église locale modifie sa position, elle est libre de désavouer la décision prise par cette instance régionale.

Ensuite, si les délégués présents au concile régional en ont reçu le mandat de leurs églises locales respectives, les délégués formant ce concile régional peuvent convenir avec les délégués d’autres conciles régionaux réunis selon les mêmes règles et ayant reçus des instructions similaires de convoquer un synode national où les différents conciles régionaux peuvent à leur tout envoyer des délégués, et ainsi de suite pour les conciles continentaux et mondiaux. Subséquemment, si l’église locale modifie sa position, elle est libre de désavouer la décision prise par ces instances nationale, continentale et mondiale.

Rien dans le Nouveau Testament ne prohibe une telle mécanique de délégation. Au contraire, elle est très souhaitable. Ce qui est primordial, c’est que dans ce processus, les églises locales conservent l’entièreté de leur autorité : aucune délégation de pouvoir ne doit être faite aux conciles, aux synodes ou aux assemblées générales. Seule la délégation de représentation est légitime, car c’est aux églises locales que Dieu confère l’autorité, et pas à une quelconque autre entité ou structure. Une délégation d’autorité serait une délégation illégale en vertu du Nouveau Testament. Quand un concile parle, il ne doit pas parler en sa propre autorité, il doit parler au nom des églises locales.

Les principes avancés ci-haut ne veulent pas dire que les conciles de l’Antiquité (Nicée, Constantinople, Éphèse, Chalcédoine, etc.) étaient des « mauvais conciles » simplement parce qu’ils étaient convoqués par les empereurs. La convocation impériale de ces conciles répondait à une certaine volonté des églises qu’il y ait de tels conciles pour affirmer quels sont les enseignements de la Bible en matière de christologie. Les décisions principales de ces conciles sont bonnes. Simplement, les empereurs et les évêques ont manqués à certaines règles fondamentales de procédure et de procuration.

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