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Archive for the ‘Histoire du Québec’ Category

Papineau : Erreur sur la personne

Conférence des historiens Yvan Lamonde et Jonathan Livernois prononcée le 11 octobre 2012 à la Librairie Monet (Montréal) à propos de leur récent ouvrage Papineau. Erreur sur la personne publié aux Éditions du Boréal (extrait de l’introduction)  :

Je vous conseille d’écouter uniquement les minutes 5:46 à 9:10, 13:45 à 15:50, et 18:38 à 43:40. Advenant que le fichier soit retiré de la toile, ces historiens ont aussi donnés à peu près la même conférence à la Librairie Pauline (Montréal) le 15 novembre 2012 dont l’enregistrement se retrouve en deux parties, ici puis ici.

Voir aussi :

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Reportage sur l’exposition La présence oubliée des huguenots préparée par l’Institut sur le patrimoine culturel (IPAC) de l’Université Laval et présentée au Musée de l’Amérique française dans le Vieux-Québec en 2008-2009 :

Quelque personnages franco-protestants ayant marqués durablement notre histoire nationale :

  • Jean-François de la Rocque de Roberval, chef de l’expédition française dans la vallée du St-Laurent en 1541-1543.
  • Pierre Chauvin de Tennetuit, fondateur de Tadoussac en 1600.
  • Dugua de Mons, fondateur de Port-Royal en Acadie en 1605 et financier de Champlain.
  • François Dupont-Gravé, mentor de Samuel de Champlain et cofondateur de Québec en 1608.
  • Émery de Caen, Gouverneur de la Nouvelle-France en 1624-1626 puis 1632-1633.
  • Pierre du Calvet, juge de paix à la Cour des plaidoyers communs du district de Montréal dès 1766, militant contre la corruption du système judiciaire, et initiateur du mouvement parlementariste grâce à son Appel à la justice de l’État de 1784.
  • Cyrille Côté, député du Parti canadien, dirigeant du mouvement patriote, corédacteur de la Déclaration d’indépendance du Bas-Canada et cofondateur de des Frères chasseurs en 1838,  fondateur de la 3e église franco-protestante du Québec en 1844.
  • Amédée Papineau, cofondateur des Fils de la Liberté en 1837 et militant nationaliste par la suite.
  • Charles Chiniquy, surnommé l’apôtre de la Tempérance pendant sa prêtrise catholique (sa croisade contre l’alcoolisme convainquit 200 000 paroissiens de s’abstenir de boisson forte), dirigeant de la collectivité réformée canadienne-française de Ste-Anne-de-Kankake en Illinois de 1858 à 1888, prédicateur protestant d’envergure internationale, aussi surnommé le Luther du Canada en Allemagne.

Pour les lecteurs souhaitant approfondir leurs connaissances sur ce thème :

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Buste de Dugua de Mons sur les Plaines d’Abraham :

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Première page de couverture de l’Appel à la justice de l’État (1784) de Pierre du Calvet :

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Emblème de l’Institut Feller (pensionnat franco-protestant à St-Blaise-sur-Richelieu, 1836-1942) :

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Il est de bon aloi, de nos jours, de dire que les Québécois sont un peuple métissé. On entend souvent dire que les Québécois, au sens de Canadiens-Français, sont « un des peuples les plus métissés du monde ». On évoque souvent les Amérindiens et les Irlandais. C’est faux. Évidemment, le métissage n’est pas strito sensus une fatalité, il n’est pas dramatique en tant que tel, car ce n’est pas l’ethnie d’un individu qui détermine s’il est une bonne personne. Ce n’est pas une question de valeur, c’est une question de fait. Cette question historique demeure. Celle-ci devrait être approchée de façon scientifique. C’est l’historicité que l’on doit rechercher, pas une mythologie émotionnellement satisfaisante mais factuellement erronée.

Commençons par le commencement. D’où viennent les Canadiens-Français, c’est-à-dire les descendants des pionniers venus défricher la vallée du St-Laurent à l’époque de la Nouvelle-France ? Il est avéré qu’ils proviennent de presque toutes les régions françaises, mais que la majorité des contingents était surtout issue de quelques régions dans le nord-ouest du royaume. En ordre d’importance : le Poitou-Charente, la Normandie, l’Île-de-France (grande région parisienne) et la Bretagne. Les colons non-français (néerlandais, suédois, allemands, etc.) comptaient pour un pourcentage minime (2-3 %) de l’émigration.

Ces Français se sont-ils promptement métissés avec les Amérindiens, comme on le raconte ? Nullement. Il y eut bien sûr un certain nombre de mariages mixtes, mais la plupart des unions mixtes étaient des concubinages entre coureurs-des-bois et amérindiennes, et les enfants nés de ces relations furent adoptés par les communautés amérindiennes. C’est donc les Amérindiens qui se métissèrent (les Huron-Wendats blonds aux yeux bleus !), mais rarement les Canadiens-Français qui connurent peu ce phénomène.

Qu’en est-il des Irlandais, arrivés par milliers au Québec au XIXe siècle ? C’est « bien branché » de dire que 20, 30, voir 40 % des Québécois sont à moitié irlandais. En réalité, habituellement, il ne s’agit que d’un seul ancêtre lointain, aux confins de l’arbre généalogique. Un mémoire de maîtrise  en médecine soutenu à l’Université du Québec à Chicoutimi en 2007, l’Analyse démogénétique de la contribution des fondateurs irlandais au peuplement du Québec, a établit que les gènes irlandais constituent moins de 1 % du bassin génétique des Québécois de souche.

Voici d’autres renseignements initialement publiés par le groupe Genizon Biosciences (recherchistes en génétique des maladies héréditaires) :

En raison de son âge relativement jeune, du nombre limité de ses fondateurs et de sa taille actuelle très importante, la population fondatrice du Québec est une des populations les plus intéressantes pour la cartographie génique.

De par son contexte historique, le Québec se caractérise par un déséquilibre de liaison (partage génétique) optimal en raison de sa fondation, il y a 12 à 16 générations, par seulement 2 600 fondateurs effectifs [soit 1300 unions nuptiales], ainsi que de la multiplication par 80 de sa population au cours des 230 dernières années, avec une dilution génétique minime par mariages mixtes.

Le Projet BALSAC et le Programme de recherche en démographie historique de l’Université de Montréal (PRDH) constituent une documentation détaillée de la généalogie de la vaste majorité de la population fondatrice du Québec, depuis sa fondation jusqu’au temps présent. L’accès à ces bases de données facilite le processus de découverte de gènes.

[…]

L’immigration en provenance de France a pratiquement cessé par la suite [en 1760], et les mariages mixtes avec la population anglaise furent limités pour des raisons culturelles, linguistiques, religieuses et historiques. La population a d’emblée connu une expansion très rapide : pour chaque couple fondateur, on comptait en moyenne 36 enfants et petits-enfants. Il s’est également produit un phénomène de « dérive génétique démographique », où quelques familles très prolifiques ont assuré une contribution importante à la croissance de la population, ce qui a augmenté son homogénéité génétique.

[…]

La population canadienne-française actuelle est principalement issue d’une croissance très rapide de la population de colons originale. Au cours des 230 dernières années, la population du Québec a été multipliée par 80, alors que pendant la même période la population de la France, par exemple, n’a été multipliée que par 6. Avec ses 6 millions d’habitants [canadiens-français], le Québec est actuellement l’endroit au monde qui abrite la plus vaste population fondatrice génétiquement homogène.

Une fois établie l’homogénéité historique de la population québécoise de souche, se pose une autre question : mais leurs ancêtres qui ont fait la traversée, représentaient-ils, eux, ethniquement homogènes ? Vérifions pour les quatre régions principales d’origine des colonisateurs :

  1. Poitou-Charente : Les Poitevins et les Charentais descendent presque exclusivement des Gaulois celtes qui peuplèrent l’actuelle France il y a deux millénaires et demi, puisque le Poitou-Charente est à la fois situé hors de la zone de colonisation des Francs germains (au nord de la Seine) ainsi qu’hors de la zone de peuplement celtibère en Aquitaine (où des Celtes d’Ibérie fusionnèrent avec des Gaulois dès l’Antiquité).
  2. Normandie : Les Normands descendent de la fusion entre des Vikings — c’est-à-dire des Germains originaires de Scandinavie (Nordmen, « hommes du nord ») — établis au IXe siècle sur le territoire qui est devenue la Normandie et la population gallo-franque déjà présente.
  3. Île-de-France : Les Franciliens descendent des Gaulois celtes ainsi que des Francs germains qui se sédentarisèrent dans le Nord de la Gaule au VIe siècle après Jésus-Christ.
  4. Bretagne continentale : Les Bretons descendent des Gaulois celtes ainsi que de leurs cousins les Bretons celtes natifs de la Bretagne insulaire (actuelle Grande-Bretagne) qui passèrent du côté opposé de la Manche pour fuir l’invasion des barbares anglo-saxons au Ve siècle de l’ère chrétienne.

Précisons que si des mouvements de populations importants accompagnèrent la chute de l’Empire romain, les peuples germaniques qui migrèrent en Gaule, dans la péninsule ibérique et en Italie du Nord se comptaient en dizaines de milliers d’individus arrivant dans des pays dont les populations se comptaient en multiples millions d’habitants. Les Germains se sont imposés par leur supériorité militaire, pas par leur faible poids numérique, et c’est pourquoi ils s’assimilèrent génétiquement aux populations celtiques et italiques.

« Ainsi les Wisigoths sont peut-être 100 000 en Aquitaine [ils ne s’y mélangèrent pas avec les Aquitains et furent rapidement expulsés par les Francs] et les Burgondes environ 80 000. Quant aux Francs, ils entrent en Gaule par infiltrations successives, et ne dépassent sans doute jamais 5 % des populations romanisées. » (Source : Nadeije LANEYRIE-DAGEN et al., « Le baptême de Clovis », Mémoire de la France, Paris, Larousse, 2003, p. 76-77.)

La seule région où les Germains furent incontestablement majoritaires est l’Alsace, où les Alamans (aussi dispersés au Bade et en Helvétie) supplantèrent les Gaulois. Les Burgondes, quant à eux, s’établirent surtout en Savoie et en Helvétie, même si leur domaine militaro-commercial (la Burgondie, devenue la Bourgogne) en vint à s’étendre sur tout l’Est de la France. Ce n’est donc pas abusif de dire « nos ancêtres les Gaulois », même s’il est vrai que cette expression est simplificatrice.

Il se dégage de ce tableau une identité française clairement définie et cohérente — à double composante ethnique : celtique et germanique — que l’on peut adéquatement résumer par le qualificatif germano-celtique. D’ailleurs les Celtes et les Germains, qui appartiennent à la même famille européenne, n’étaient pas très éloignés ethno-culturellement, allant parfois jusqu’à se confondre (les historiens utilisent le terme celto-germanique pour désigner les peuplades frontalières qui combinèrent des apports celtes et germains dès le premier millénaire av. J.-C., notoirement les Belges gaulois).

Et nous pouvons en fin d’analyse comprendre que « Du IXe à la fin du XIXe siècle, la composition du peuplement de la France reste stable. […] On voit ainsi que le phénomène moderne d’immigration massive, de populations très éloignées physiquement et culturellement, qui bouleverse définitivement la composition des peuples de France, est inédit et ne s’inscrit nullement dans notre tradition. » (Source : GUYLA, « La formation du peuple français », L’Héritage, Numéro 2, été 2005, p. 14-15.)

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Il est fréquent d’entendre, de la bouche de souverainistes de gauche, que les Patriotes canadiens-français de la 1ère moitié du XIXème siècle étaient des laïcistes avant l’heure qui ont défiés l’Église catholique romaine dans l’intention créer une république indépendante où la foi chrétienne occuperait peu ou pas de place (et que ce vœu fut finalement accompli par les progressistes depuis la Révolution tranquille). Cette récupération péquiste & bloquiste se base essentiellement sur le 4ème article de la Déclaration d’indépendance du Bas-Canada, proclamée le 28 février 1838 à Clarenceville (localité située à extrême-sud de la Montérégie), qui se lit comme suit :

Toute union entre l’Église et l’État est à présent déclarée dissoute, et que chaque personne aura la liberté d’exercer telle religion ou croyance qui lui sera dictée par sa conscience.

Mais il ne faut pas pour autant penser que les dirigeants patriotes prônaient la laïcité moderne, c-à-d le bannissement de toute expression religieuse hors de la sphère publique et le refoulement de la réalité spirituelle dans les demeures privées. Par l’expression « séparation de l’Église et de l’État », ils entendaient qu’il ne doit pas y avoir d’Église d’État comme l’était l’Église anglicane dans l’Empire britannique (dont le monarque mondain était simultanément le chef de l’État et de l’Église). Les Patriotes étaient massivement des citoyens catholiques faisant sécession de l’Empire britannique. Par conséquent, lorsqu’ils affirmaient — via ce 4ème article — la dissolution de l’« union entre l’Église et l’État », ils ne référaient pas à une union légalement inexistante entre l’État bas-canadien et l’Église catholique, mais à l’union juridique entre l’État britannique et l’Église anglicane.

Le préambule de cette Déclaration d’indépendance reproche d’ailleurs à la force d’occupation militaire britannique (largement recrutée dans les territoires germaniques) d’avoir violé la sacralité des lieux de culte canadien-français :

[…] Le gouvernement britannique a disposé de nos revenus, sans le consentement constitutionnel de la législature locale, qu’il a pillé notre trésor public, arrêté un grand nombre de nos concitoyens, et qu’il les a plongés dans des prisons ; qu’il a distribué une armée mercenaire sur tout le pays, dont la présence a été accompagnée par la consternation et par l’alarme, dont les pas sont rougis du sang de notre peuple, qui a réduit nos villages en cendres, profané nos temples, et répandu la terreur à travers une grande étendue du pays.

Ainsi, selon le docteur et député Robert Nelson (de confession épiscopalienne), l’éthique religieuse n’est pas à proscrire du discours politique. Plus explicite encore, l’article 18 du même texte contient clairement une profession de foi en Dieu :

[…] Pour l’accomplissement de cette déclaration, ainsi que pour le soutient de la cause patriotique pour laquelle nous sommes maintenant engagés, avec une ferme confiance sur la protection du Tout-Puissant, et dans la justice de notre conduite, nous, par ces présentes, engageons solennellement les uns et les autres de nos existence, nos fortunes et notre honneur le plus sacré.

Dans son discours prononcé à l’Assemblée des Six-Comtés tenue à Saint-Charles-sur-Richelieu le 24 octobre 1837, Louis-Joseph Papineau mobilisa l’argument divin pour défendre la légitimité de la cause de l’auto-détermination nationale :

Il devient impérieusement du devoir du peuple de […] faire les arrangements nécessaires pour conserver intacts leurs droits de citoyens et leur dignité d’hommes libres. […] Les habitants de ce continent […] demandent un système de gouvernement entièrement dépendant du peuple et qui lui soit directement responsable. […] Nous regardons les doctrines qu’elle [la Déclaration d’indépendance américaine] renferme comme sacrées et évidentes : Que Dieu ne créa aucune distinctions artificielles entre l’homme et l’homme ; que le gouvernement n’est qu’une simple institution humaine […] la forme en peut être changée dès qu’elle cesse d’accomplir les fins pour lesquelles ce gouvernement fut établi ; que les autorités publiques et les hommes au pouvoir ne sont que les exécuteurs des vœux légitimement exprimés de la communauté ; […] et qui doivent être déplacés du pouvoir dès qu’ils cessent de donner satisfaction au peuple, seule source légitime de tout pouvoir.

Dans sa réfutation du Rapport de Lord Durham, intitulée Histoire de la résistance du Canada au gouvernement anglais, rédigée et publiée lors de son exil en France en 1839, Louis-Joseph Papineau accuse le pouvoir anglais de manquer de piété et de se conduire comme les autorités païennes qui persécutaient les chrétiens dans l’Empire romain :

Je comprends, certes, la sainteté du ministère de l’historien. Bien compris, il exclut tout ce qui n’est pas la vérité. Mais telle est l’impiété de la tyrannie anglaise que, même à l’abri de son influence qui empoisonne, et de ses étreintes qui étouffent, l’historien des Canadas ne peut pas tout dire pendant l’occupation militaire de ces provinces, pillées, incendiées et décimées. Car le pouvoir s’y est livré à de telles orgies qu’il y est ivre. Dites-lui ses crimes : loin d’en sortir, il s’y plonge, et ne surnage que pour passer bientôt de la torpeur à la fureur de l’ivresse, que pour faire tomber ses coups redoublés sur le pays, où il hait partout, et partout est haï. Dites-lui […] : vous êtes un dénonciateur qui peuplez les cachots, un spectateur féroce qui tenez la main fermée pour que les chrétiens soient jetés aux bêtes.

Vers la fin de sa vie, Louis-Joseph Papineau semble avoir développé une sympathie pour le protestantisme :

L’orgueilleux despotisme de Louis XIV, de ses guerres incessantes et insensées, de son faste ruineux, de ses persécutions néroniennes contre les Français protestants.

[…]

Le régime de la guerre ! [trois mois en 1759] Il peut être ravageur et païen, ou civilisateur et chrétien.

[…]

La concision du mot de Cavour : « L’Église libre dans l’État libre », […] en une courte sentence, contiennent tout un code complet et parfait sur le sujet qu’il expose et qu’il explique.

[…]

Les églises libres, indépendantes, séparées de l’État, ne lui demandant rien en présence les unes des autres, sont les plus heureuses et deviennent des plus édifiantes, à raison de cette séparation d’avec l’État et de cette proximité entre rivales. Elles ont pour soutien leur savoir et leurs vertus, elles n’en demandent pas d’autres. Elles ne manquent de rien de ce qu’elles jugent utile à la pompe du culte, à l’aisance convenable de tous leurs ministres, à leurs œuvres de bienfaisance et de charité. Se surveillant les unes les autres, elles sont éminemment morales, parce que l’éclat et la publicité puniraient chaque faute commise. Aucune faute n’y pouvant passer impunie, il n’y en aura que rarement.

Pour revenir aux Patriotes, la formule d’assermentation des Frères chasseurs n’était visiblement pas un rite laïcard :

Je, __________, de mon consentement et en présence du Dieu tout-puissant, jure solennellement d’observer les secrets, signes, mystères de la société dite des Chasseurs, de ne jamais écrire, peindre ou faire connaître d’une manière quelconque les révélations qui m’auraient été faites par une société ou une loge de Chasseurs ; […]

Il est vrai que le haut-clergé était surtout défavorable à la Rébellion. Cependant, comme l’attestent les cloches des chapelles de campagne qui sonnèrent les unes après les autres pour pour signaler la progression des colonnes britanniques dans nos campagnes assiégées, le bas-clergé se sentait interpellé par la cause des Patriotes. Même qu’à Saint-Eustache, le curé Chartier de la paroisse de Saint-Benoît, appuyait à fond l’insurrection canadienne-française.

Bref, les Patriotes, des ultramontains ? Non. Des laïcards ? Certainement pas !

Bibliographie

Léandre BERGERON, Petit manuel d’histoire du Québec, Montréal, Éditions Québécoises, 1970, p. 97-98 sur 253 p.

Georges AUBIN, Louis-Joseph Papineau – Histoire de la résistance du Canada au gouvernement anglais, Montréal, Comeau & Nadeau, 2001, p. 23 sur 85 p.

Georges AUBIN, Robert Nelson – Déclaration d’indépendance et autres écrits, Montréal, Comeau & Nadeau, 1998, p. 27-31 sur 92 p.

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L’ouvrage Duplessis, son milieu, son époque regroupe les communications livrées par une trentaine d’historiens de toutes allégeances au colloque du même nom, organisé à Trois-Rivières en septembre 2009 par le Centre interuniversitaire d’études québécoises (CIEQ). Monsieur Gélinas a qualifié cette ouvre de « premier effort sérieux de recherche historique depuis 30 ans » (depuis la biographie publiée par Conrad Black en 1977 dont le titre anglais original était Render Unto Caesar). Le passage du temps et le recul qu’il offre ont ainsi permis de jeter un regard plus serein sur une période controversée de notre histoire.

La période séparant la Seconde Guerre mondiale et la Révolution tranquille est mal-connue sous le nom de « Grande Noirceur ». Comme le démontre Charles-Philippe Courtois dans le premier chapitre de ce collectif, la revue Cité Libre de Pierre Elliott Trudeau est largement responsable de la fabrication de cette vision tronquée du Québec d’alors, présenté comme anti-démocratique et rétrograde. René Boulanger du journal Le Québécois (souverainiste de gauche) concède :

Le mérite de cet ouvrage, c’est de montrer que même s’il s’agissait d’un régime de droite et populiste, le gouvernement Duplessis a su pour l’essentiel préserver l’intégrité de l’État québécois face à la menace impérialiste. L’expression Grande Noirceur, vue sous cet angle, est certainement à revoir.

Voici des extraits de la préface de Denis Vaugeois, ex-ministre péquiste et actuellement président des Éditions du Septentrion.

+++++

Maurice Duplessis, puisque c’est de lui dont je dois parler, a le mérite d’avoir été un des fondateurs de l’Union nationale. Il a joué du coude pour accéder à sa direction. Fils d’un homme politique, il avait le goût de la politique ; élevé dans le respect des traditions, il aimait sa « Province de Québec ». (…)

Issu d’une famille à l’aise, il a tout de même vécu parmi des gens de condition modeste. Au Collège de Trois-Rivières, (…) (il développe) une réelle amitié pour des fils d’ouvriers ou de cultivateurs, ses confrères de classe. Contrairement, là aussi, à une fausse idée reçue, les collèges classiques n’étaient pas les repères d’une petite élite bourgeoise. Ils accueillaient des jeunes dont les parents étaient conscients de l’importance de l’instruction. Les parents faisaient les sacrifices nécessaires, les curés des paroisses qui avaient repéré les enfants les plus talentueux cherchaient de généreux bienfaiteurs, les autorités des institutions en cause géraient de façon serrée, les prêtres ne gagnaient à peu près rien. (…)

Le jeune Duplessis est un vrai Trifluvien : un petit dur. Bien élevé mais toujours un peu rustre. Dans son milieu, la fin justifie les moyens. Il aime la bagarre, prend un coup solide, du moins jusqu’à ce que les médecins l’incitent à la modération vu ses prédispositions au diabète. Sa vie, ce sera la politique ; sa compagne, la province. Les libéraux lui ont montré la façon de gagner des élections. Il s’en souviendra : le patronage fait partie du jeu politique depuis belle lurette. Mais rien ne remplace la ferveur populaire. Il le comprend vite. Il s’inquiète de l’emploi pour les ouvriers, des salaires aussi. Au lendemain de la guerre, la reprise économique est au rendez-vous ; les gens travaillent. À Trois-Rivières, les moulins à papier tournent à pleine capacité, (…) Duplessis sait que cette reprise est fragile. La nervosité des patrons l’inquiète, l’agitation des syndicats aussi. Il veille au grain. Il ne veut pas de conflits. Il connaît le drame du chômage ; il l’a côtoyé.

Victorieux en 1936, Duplessis connaît la défaite en 1939. Elle lui servira de leçon et donnera l’occasion à ses adversaires de commettre des erreurs dont ils ne se relèveront pas facilement. Duplessis ne pardonnera pas à Adélard Godbout, premier ministre de 1939 à 1944, les concessions faites au fédéral « pour le temps de la guerre ». (…) Godbout (…) se laisse duper par Ottawa, confie au fédéral l’entière compétence en matière d’assurance-chômage et cède « le droit exclusif de lever les grands impôts directs ». Leur reconquête alimentera l’action de Duplessis à partir de 1944 : protéger et défendre le « butin » du Québec devient son slogan. Le chef de l’Union nationale sera le champion de l’autonomie provinciale ; il luttera contre toute intrusion fédérale. Et il saura être convaincant ! J’ai le souvenir de mon père qui refusait les allocations familiales instaurées en 1944 par le gouvernement King. Mon père appartenait à une famille libérale mais l’autonomie provinciale, c’était sacré. (…)

L’opposition à Duplessis était pourtant de plus en plus vive, mais pas suffisante pour entraîner la perte du pouvoir. (Dans) les comtés ruraux, Duplessis était littéralement vénéré. Les cultivateurs lui devaient l’Office du crédit agricole, qui les avait sauvés de la catastrophe, et l’Office de l’électrification rurale, qui avait permis à 90 % des ruraux de profiter de l’électricité. Même s’il croyait profondément en l’entreprise privée, Duplessis ne boudait pas les travaux publics lesquels lui permettaient de rejoindre plusieurs objectifs. (…) Il mit au monde de petits entrepreneurs québécois avec un programme intense de construction de routes, de ponts, d’écoles et d’hôpitaux. (…)

Un jour, j’ai voulu y voir clair. J’ai tapé « Grande Noirceur » sur Google. J’ai eu droit à une belle entrevue de Fernand Dumont ; j’ai appris que sous Duplessis il s’était créé 100 000 emplois en dix ans (1946-1956) (Robert Bourassa devancé par Maurice Duplessis !), que le salaire moyen avait plus que doublé pendant la même période, qu’un million de jeunes étaient fortement scolarisés en 1960 et qu’ils furent en réalité les vrais artisans de la Révolution tranquille. (…)

Je n’ai pas eu plus de griefs contre Duplessis que j’en ai eu contre Pierre Elliott Trudeau. Duplessis pratiquait la chasse au communisme alors que Trudeau la faisait au séparatisme — et avec pas mal plus de dommages. Si je mets la Loi du cadenas en parallèle avec la Loi des mesures de guerre, franchement la cause est vite entendue. (…)

Récemment, j’entendais, à la radio, une de mes voisines d’enfance raconter que son père lui avait expliqué qu’elle n’avait pas obtenu de bourse « parce que son père était un bon libéral ». Curieusement, les deux filles de ladite famille ne reçurent pas de bourses, mais leur frère (qui avait le même père, c’était courant à l’époque) fit des études universitaires. (…)

Autrement dit, depuis un demi-siècle on raconte n’importe quoi. Un autre qui a fait une belle carrière politique explique que, face au refus par Duplessis d’une bourse d’études, ses collègues l’ont maintenu sur la liste des professeurs pendant des années, lui permettant de toucher un salaire alors qu’il était à l’étranger. Quand on dit que Duplessis contrôlait tout, il faut croire que son système avait des failles.

En 1959, les autorités ouvraient une École normale pour garçons à Trois-Rivières. Le Séminaire de Trois-Rivières avait commencé à engager des professeurs laïques déjà fort nombreux dans le secteur public. (…) Celles et ceux qui ont dirigé le Québec dans les années 1960 avaient été formés pendant cette fameuse Grande Noirceur. (…) Ce fut le cas également de ces ingénieurs canadiens-français formés dans les chantiers de la Bersimis (I-1956 et II-1959) et dont les réalisations firent la fierté des Québécois et l’émerveillement des spécialistes étrangers.

Le 15 novembre 1976, l’embarras du choix fut un réel problème pour René Lévesque. Finalement, en passant en revue sa première équipe, il ne pouvait s’empêcher de constater qu’il avait autour de lui le cabinet dont les membres étaient certes les plus scolarisés de toute l’histoire du Québec. À l’exception du jeune Claude Charron, ils étaient tous issus de l’ère Duplessis. Finalement, René Lévesque avait peut-être plusieurs raisons de sortir du placard la statue de Duplessis et de lui accorder une place d’honneur sur la Grande Allée !

La déclaration citée ci-bas fut faite à l’occasion d’un banquet préélectoral à Trois-Rivières le 21 avril 1948. Elle est représentative de la pensée politique du chef de l’Union nationale.

La province de Québec gagne des éléments de stabilité et de sécurité qu’on ne voit nulle part ailleurs. Ce sont ces garanties de stabilité et de sécurité que nous voulons garder en restant maîtres chez nous. Le meilleur moyen de les conserver, c’est de faire des lois à Québec par Québec et pour Québec, et non pas d’être à la rebord d’aucun parti fédéral quel qu’il soit !

Il est intéressant de noter que le slogan « MAÎTRES CHEZ NOUS » faisait partie du discours nationaliste canadien-français bien avant la Révolution tranquille. Jean Lesage et son « équipe du tonnerre » n’ont rien inventés, ils n’ont fait que reprendre à leur compte le « momentum social » créé par leurs prédécesseurs unionistes… tout en diabolisant ces mêmes unionistes qui ont préparé le terrain en affrontant quinze années durant les velléités centralisatrices d’Ottawa. Sans Maurice Duplessis et le règne de l’Union nationale, la Révolution tranquille n’aurait probablement pas été possible. « Duplessis ne serait-il pas en fait le véritable père de la Révolution tranquille, celui qui a établi les conditions propices à son éclosion ? » (dixit Pierre-Étienne Paradis).

Personnellement, j’irais jusqu’à dire que sans les manœuvres opérées par Duplessis, le Québec serait peut-être disparut en tant qu’État supra-municipal, le Canada devenant un État non-fédératif (comme la France, par exemple). On pourrait en discuter longuement. Mais on ferait bien d’écouter Duplessis nous parler en téléchargeant gratuitement quatre de ses plus célèbres discours sur le site de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Précédemment sur Le Monarchomaque : Réhabiliter Duplessis.

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Au cours des 150 dernières années, les descendants de britanniques se sont attribués plusieurs de nos symboles nationaux, les retournant contre nous et nous obligeant à en trouver d’autres. Cette usurpation identitaire a créé une confusion qui ne profite certainement pas à notre patrie. Analysons rapidement l’histoire de chacun de ces symboles.

1. La feuille d’érable

On l’apparente souvent à tord aux anglophones. Utilisée par les fédéralistes, elle a de fortes connotations non-québécoises. Pourtant, la feuille d’érable devint l’emblème national officiel des Canadiens-Français en 1834 sous l’impulsion de la Société Saint-Jean-Baptiste (organisme voué à la protection des Canadiens-Français) qui expliqua sa décision en ces termes :

Cet arbre — l’érable — d’abord jeune et battu par les vents, semble dépérir, puisant difficilement sa nourriture à même la terre. Mais le voilà bientôt tendre ses rameaux vers le ciel, grand et fort, faisant fi des tempêtes et triomphant du vent, maintenant impuissant devant sa force. L’érable est le roi de nos forêts ; il symbolise le peuple canadien.

Insistons que ce symbole nationaliste fut adopté dans le contexte de la lutte du Parti patriote contre le pouvoir anglais.

Ce n’est pas avant 1867 que les anglophones commencèrent à se représenter avec ce symbole lorsque la chanson The Maple Leaf Forever fut composée. Elle devint un chant patriotique dans le Canada Anglais ; ses paroles glorifient en réalité James Wolfe et l’Union Jack britannique. À cette époque la chanson God Save the Queen était l’hymne national des anglophones.

En 1868, une branche de trois feuilles d’érable orne les premières armoiries du Québec :

Ces feuilles d’érable restent sur les armoiries du Québec lorsque elles sont modifiées en 1939. Des feuilles d’érable sont aussi incluses dans les armoiries de la nouvelle Province d’Ontario en 1868. Par contre, il faudra attendre 1921 pour qu’il en soit ajouté aux armoiries du Dominion of Canada, puis 1964 avant que le gouvernement fédéral fasse de la feuille d’érable le principal symbole canadian en adoptant l’unifolié.

On sait que les Canadiens-Français utilisèrent le trapeau à trois bandes patriote entre les années 1830 et 1850. Ensuite, dès la remontée du Saint-Laurent par la corvette française La Capricieuse dans le cadre de l’alliance entre la reine Victoria et Napoléon III dans la guerre de Crimée en 1854, les Canadiens-Français brandissent le tricolore français. Un consulat français est inoguré à Québec en 1858, et un agent général du Québec est nommé à Paris en 1882. Les Canadiens-Français utilisent le tricolore comme leur drapeau national pendant la seconde moitiée du XIXe siècle, nottament lors des tensions ethniques provoquées par le second soulèvement des métis du Nord-Ouest en 1885.

Vers 1900, on part à la recherche d’un véritable drapeau Canadien-Français. Le croquis d’un drapeau potentiel, arborant une grande feuille d’érable verte au centre du tricolore de la République française, est publié dans les journaux. Deuxs versions incorporant des rameaux des feuilles d’érables sont aussi proposées.

Mais c’est 1902 que l’ancêtre du fleurdelisé est créé par Elphège Filiatrault, un prêtre de Saint-Jude, dans le diocèse de Saint-Hyacinthe. Il s’inspire de la Bannière de Carillon qui avait été utilisée lors de la bataille du Fort Carillon en 1758 dans la Guerre de Sept ans. L’année suivante, les Comités du drapeau à Québec et Montréal approuvent une version modifiée, avec un sacré-coeur et une couronne de feuilles d’érable (d’où son nom Carillon Sacré-Cœur).

Le Carillon Sacré-Coeur fut officiellement adopté par la Société Saint-Jean-Baptiste deux décennies plus tard, en 1924. Le Carillon Sacré-Coeur restera le drapeau des Canadiens-Français jusqu’à ce que le fleurdelysé soit hissé sur l’Hôtel du Parlement par le gouvernement de l’Union nationale en 1948.

2. Le castor

En 1678, le Comte de Frontenac, gouverneur de la Nouvelle-France, proposa pour la ville de Québec des armoiries contenant un castor, celui-ci étant considéré un emblème approprié pour la colonie. En 1690, Louis XIV fit frapper une médaille, Kebeka Liberata, pour commémorer la résistance victorieuse des Français contre les Anglais à Québec. Une femme assise y symbolise la France et à ses pieds un castor représente le Canada.

En 1851, le castor fut choisit pour figurer sur le premier timbre-poste du Canada-Uni, le Castor de trois pences :

Cependant, les Canadiens-Françaient considéraient toujours le castor comme un de leurs symboles. Lorsque les premières armoiries de Montréal furent conçues en 1833 par le premier maire de la ville, Jacques Viger, c’est ce gros rongeur qui fut choisis pour représenter les Canadiens-Français, tandis qu’un trèfle représentait les Irlandais et les deux autres fleurs les Anglais et Écossais.

Ce n’est qu’en 1938 que l’on remplaça le castor français par la fleur de lys et qu’un autre castor se retrouva sur le dessus des armoiries, devenant ainsi le symbole des Montréalais d’autres origines européennes.

Il faudra attendre 1975 pour que le l’État fédéral s’approprie le castor en le décrétant emblème officiel du Canada.

3. Le « Ô Canada »

Cette chant fut l’hymne national des Canadiens-Français un siècle avant qu’Ottawa ne l’adopte à son tour comme hymne du Canada au sens large : L’origine du Ô Canada en surprendra plusieurs [Chez Cousture].

4. Le gentillé « Canadien »

Quelques commentaires intéressants d’un homme qui a connu le Québec d’avant la Révolution tranquille :

Dès leur arrivée en Nouvelle-France, nos ancêtres se considéraient déjà comme « Canadiens », alors que les autochtones ne portaient pas cette appellation. Il y avait la milice canadienne et l’armée française, les colons, paysans ou coureurs des bois canadiens et l’administration française. Les Français partis, il ne restait plus que les Canadiens qui, sans renier leur langue, étaient fiers de l’être.

Même les Anglais, après 1760, ne se considéraient pas Canadiens, laissant aux seuls francophones cette façon de s’identifier. Et ce, jusqu’au milieu du vingtième siècle. D’ailleurs, ces derniers en gardaient l’exclusivité, alors que les sujets de Sa Majesté tenaient avant tout à la citoyenneté britannique.

[…]

Au référendum de 1980, Pierre Elliot Trudeau a eu cette boutade dans son plaidoyer pour le NON : « Rappelez-vous quand nous étions jeunes! Nous chantions On est Canayen ou ben on l’est pas. » C’était un peu cynique de sa part car, lorsque j’étais enfant ou adolescent, j’ai eu l’occasion moi aussi d’entendre le même refrain, mais il n’avait pas du tout la connotation que lui prête l’ancien premier ministre ; les Québécois francophones d’alors en gardaient l’exclusivité pour les Canadiens d’expression française. Durant cette période de notre jeunesse, soit dans les années quarante, j’ai maintes et maintes fois entendu des conversations du genre : « T’as un nouveau voisin ?… C’est-y un Canadien ? — Non, c’est pas un Canadien. C’est un Anglais. » Pourtant la famille de cet anglophone pouvait vivre à Montréal depuis quatre générations !

Certes, quelques anglophones commencèrent à revendiquer le titre de Canadians durant la première partie du dix-neuvième siècle, mais cela demeurait un phénomène plutôt rare. Cela devint plus fréquent avec la Confédération, c’est pourquoi, désireux de souligner le caractère distinct de leur identité, les anciens Canadiens commencèrent à s’appeler « Canadiens-Français », par opposition aux « Canadiens-Anglais ». Mais comme nous l’avons vu, « Canadien-Français » n’a jamais complètement remplacé « Canadien ».

C’est seulement après la Première guerre mondiale, et surtout à partir des années 1950, que les anglophones développent réellement le sentiment d’être différents des Britanniques de Grande-Bretagne. Ne se sentant plus Britanniques, n’ayant pas envie d’être Américains, ils s’appelèrent Canadians. C’est ainsi que les habitants de la moitié du continent, dont la frontière sud du « pays » est le 49e parallèle, devinrent, ironiquement, « Canadiens » par défaut.

N’oublions jamais que la feuille d’érable, le castor, le Ô Canada et le gentilé Canadien étaient, à l’origine, des référents identitaires exclusifs à notre peuple, et qu’ils nous ont été usurpés.

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