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 L'essor du christianismeLe christianisme a-t-il vraiment connu une expansion fulgurante en Antiquité ? Peut-on la chiffrer ? Dans quel climat social a-t-il suscité autant d’intérêt ? N’a-t-il intéressé que les pauvres ? Quel rôle les femmes y ont-elles joué ? Y a-t-il vraiment eu autant de martyrs qu’on l’a dit, et comment étaient-ils perçus ? Avec le regard du sociologue, et sur la base d’une documentation rigoureuse, Rodney Stark dépeint les conditions de vie des grands centres urbains de l’Empire gréco-romain, où la densité de population, l’insalubrité et la violence étaient… apocalyptiques. C’est dans cette atmosphère que les apôtres et leurs successeurs ont délivré leur message novateur en joignant le geste à la parole. Dans cette civilisation perfectionnée, mais cynique et à bout de souffle, le message du Christ apporte une espérance qui fera, en quelques siècles, du mouvement marginal des disciples de Jésus la force religieuse dominante du monde occidental.

Sociologue des religions, Rodney Stark est professeur de sciences sociales à l’Université Baylor, à Waco au Texas. Après Le triomphe de la raison – Pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme (Presses de la Renaissance, 2007), L’essor du christianisme est son deuxième livre traduit en français, sur la trentaine dont il est l’auteur.

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Dissertation inspirée du Chapitre 5 : Le rôle des femmes dans le développement du christianisme :

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Rodney Stark, Le triomphe de la raison – Pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme, Paris, Presses de la Renaissance, 2007, 355 p.

Site web de l’auteur.

La quatrième de couverture :

Contrairement aux idées reçues, l’Europe a dominé le monde dès l’époque dite « obscure » du Moyen Âge. Pour expliquer cette domination, nous avons pris l’habitude de souligner ses avantages géographiques et démographiques. Pourtant, l’explication première réside dans la foi des Européens en la raison, dans l’engagement manifeste de l’Église sur la voie d’une théologie rationnelle qui a rendu possibles les progrès. Rodney Stark avance une idée révolutionnaire lorsqu’il affirme que le christianisme est directement responsable des percées intellectuelles, politiques, scientifiques et économiques les plus significatives du dernier millénaire ; il démontre que la théologie chrétienne en est la source même. Les autres grandes religions ont mis l’accent sur le mystère, l’obéissance et l’introspection. Seul le christianisme s’est ouvert à la logique et à la pensée déductive comme moyens d’accès aux lumières, à la liberté et au progrès. Au Ve siècle déjà, saint Augustin célébrait le progrès théologique et « l’invention exubérante ». Le triomphe de la raison est une enquête multiforme et un incessant voyage entre l’Ancien et le Nouveau Monde, entre le passé et le présent. Rodney Stark y démontre avec vigueur que les valeurs qui nous sont les plus chères aujourd’hui — le progrès scientifique, le règne de la démocratie, la liberté des échanges et de la circulation des hommes et des idées — doivent largement leur universalité au christianisme vu comme une tradition grandiose dont nous sommes tous les héritiers.

Extrait de l’introduction (page 5) :

Lorsque les Européens entreprirent d’explorer le globe, ce ne fut pas la découverte de l’hémisphère occidental [c-à-d des Amériques] qui leur causa la plus grande surprise, mais celle de l’ampleur de leur supériorité technologique par rapport au reste du monde. Non seulement les fières nations maya, aztèque et inca étaient désemparées face aux intrus européens, mais il en allait de même pour les légendaires civilisations orientales : la Chine, l’Inde et même le monde islamique étaient arriérés par comparaison avec l’Europe du XVIe siècle. Comment cela s’était-il produit ? Comment se faisait-il qu’alors que de nombreuses civilisations avaient pratiquées l’alchimie, cela avait aboutie à la chimie seulement en Europe ? Comment se faisait-il que, depuis des siècles, les Européens étaient en possession de paires de lunettes, de cheminées, d’horloges fiables, de cavalerie lourde ou d’un système de notation musicale ? Comment des nations qui avaient surgi des décombres de Rome et de la barbarie avaient-elles dépassés aussi largement le reste du monde ?

Extrait de la conclusion (page 323) :

C’est le christianisme qui a créé la civilisation occidentale. Si ceux qui suivaient Jésus étaient demeurés une obscure secte juive, la plupart d’entre vous n’auriez pas appris à lire et les autres liraient des rouleaux copiés à la main. Sans une théologie engagée en faveur de la raison, du progrès et de l’égalité morale, le monde entier en serait aujourd’hui là ou en étaient les sociétés non occidentales aux environs de 1800 : ce serait un monde plein d’astrologues et d’alchimistes mais sans scientifiques. Un monde de despotes, manquant d’universités, de banques, d’usines, de paires de lunettes, de cheminées et de pianos. Un monde où la plupart des bébés n’atteindraient pas l’âge de 5 ans et où de nombreuses femmes mourraient en couches, un monde vivant véritablement à un « âge de ténèbres ».

Compte-rendu de la Revue de l’histoire des religions :

Provocateur, le sous-titre tend à relier de manière univoque au christianisme le succès du modèle occidental de civilisation. Le titre américain est encore plus explicite puisqu’il détaille les éléments de ce succès : la liberté et le capitalisme, tout en insistant davantage qu’en français sur la notion de « choc des civilisations ». C’est l’achèvement d’une trilogie consacrée au développement du monothéisme, d’abord dans l’Antiquité puis aux époques médiévale et moderne, où il distingue l’impact du judaïsme et de l’islam de celui du christianisme, dont il fait notamment le seul accoucheur de la science (One True God – Historical Consequences of Monotheism, Princeton, Princeton University Press, 2003 ; For the Glory of God – How Monotheism led to Reformations, Science, Witch-Hunts and the End of Slavery, Princeton, Princeton University Press, 2003). L’ouvrage recensé aujourd’hui est foisonnant et riche car l’auteur dépasse la seule sociologie en empruntant à l’histoire, à la théologie ou aux sciences économiques pour argumenter autour de ses problématiques favorites.

Rodney Stark se veut aussi vulgarisateur car les exemples cités ne pas sont toujours connus du grand public. Cependant, ils sont choisis parce qu’ils lui permettent de s’en prendre à l’idée reçue selon laquelle l’Occident n’aurait enfin eu accès aux Lumières, après le noir Moyen Âge, que par le rejet du christianisme. La meilleure illustration française récente de ce topos est le Traité d’athéologie de Michel Onfray. Or, Rodney Stark démontrait déjà, dans For the Glory of God, que la chasse aux sorcières connue par l’Europe et la Nouvelle-Angleterre de la fin du XVIe au milieu du XVIIe siècle – n’y a-t-il pas de meilleur exemple de l’obscurantisme chrétien ? – était en fait un dommage collatéral du progrès de la raison et de l’État moderne. Les plus grands chasseurs de sorcières de la Renaissance n’étaient pas des religieux, mais le plus souvent des laïcs, des agents de l’État ou de grands « intellectuels » férus de pensée antique, à l’image du Français Jean Bodin (1530-1596) ou du Lorrain Nicolas Rémy (mort en 1616). Pourtant, les musées de la torture qui se multiplient aujourd’hui en Italie et même en France montrent systématiquement un brutal dominicain tendant un crucifix aux touristes.

Rodney Stark présente d’abord les causes du succès de l’Occident. Selon lui, la théologie chrétienne et la scolastique auraient enfanté la liberté individuelle et favorisé le développement de la raison. Contre John Locke, le sociologue de l’Université Baylor commence par réhabiliter la théologie médiévale généralement présentée comme un ensemble figé. Remettant en cause l’image du théologien qui risque le bûcher pour toute innovation, il insiste sur la capacité de changement des penseurs chrétiens depuis saint Augustin. Cette propension à évoluer est même pour eux une obligation morale, Dieu ayant fait don à l’homme de la raison. D’où une comparaison avec l’islam et notamment avec la rigidité du droit musulman qui s’intéresse essentiellement à maintenir l’existant, alors que la théologie chrétienne suppose à l’inverse l’idée de progrès.

Pour Stark, les découvertes scientifiques qui s’accélèrent à partir de la Renaissance ne sont pas la conséquence des retrouvailles avec l’Antiquité ou le signe de l’irruption de la pensée laïque mais la simple suite des découvertes de la scholastique médiévale, à l’image du recteur de l’université de Paris, Jean Buridan (1300-1358), qui anticipa largement Newton et le mouvement universel. Le sociologue rappelle combien la foi de Galilée, Kepler, Descartes ou Newton avait été fondamentale dans leurs recherches scientifiques. Dans la perspective d’un monde bien ordonné, les progrès de la recherche sont même utilisés par l’Église pour lutter contre l’irrationnel. Comme l’a montré Louis Châtellier (Les espaces infinis et le silence de Dieu – Science et Religion, XVIe-XIXe siècles, Aubier, 2003), il n’y a donc pas de hiatus entre sciences et christianisme à l’orée des Temps modernes, bien au contraire. L’affaire Galilée est ainsi davantage le fait d’une concurrence politique et scientifique au sein de l’Église romaine qu’une condamnation en soi de la science.

L’auteur minimise l’impact de la redécouverte des Anciens parce qu’il pense que la philosophie grecque, loin d’avoir anticipé la science, aurait au contraire retardé son avènement en raison de sa logique interne. Après avoir rappelé ce qui a également freiné le développement de la pensée chinoise, l’auteur s’attarde sur la philosophie grecque qui rejette l’idée de progrès au profit d’un éternel recommencement. L’idéalisme platonicien, l’attribution du mouvement des corps à des « motifs » et non à des « causes » ont constitué des blocages conceptuels au développement de la pensée scientifique. Or, là où il avait été précieusement conservé par les copistes, notamment dans le monde arabe et à Byzance, « le savoir grec était une barrière » qui étouffa selon Stark les progrès intellectuels. Il montre par exemple combien la pensée d’Averroès contribua à fossiliser la recherche nouvelle au profit d’une fixité du système aristotélicien.

À l’inverse des autres religions qui insistent davantage sur les grandes obligations collectives, le christianisme s’était penché très tôt sur les droits individuels. L’auteur relie donc directement la recherche théologique chrétienne à la naissance de l’individualisme puisque le péché, le libre arbitre et par voie de conséquence le salut sont personnels. Dans Le Christ philosophe (Plon, 2007), Frédéric Lenoir insiste, lui aussi, sur la rupture introduite par le christianisme qui situe l’individu au-dessus du groupe, l’éthique avant le politique. Ceci explique le questionnement sur la liberté individuelle et le combat originel de l’Église contre l’esclavage qui disparaît peu à peu en Occident du fait même que chacun était admis aux sacrements. Cette analyse ne fait pas l’unanimité, Robert Fossier, Georges Duby et Robert Lopez niant la volonté de l’Église d’éradiquer l’esclavage ou attribuant sa disparition à des découvertes techniques et à une rationalisation économique. [Jérôme Baschet, dans La civilisation féodale – De l’an mil à la colonisation de l’Amérique, Flammarion, 2006, soutient que c’est à la fois le christianisme et la disparition d’un gouvernement central pouvant coercer les esclaves qui ont menés à la disparition graduelle de l’esclavage en Occident médiéval.]

La vision d’une Europe sombrant dans les ténèbres après 476 est pour lui un canular lancé par Edward Gibbon et par des philosophes des Lumières violemment antireligieux et anticatholiques. Le préjugé négatif contre les cathédrales « gothiques » date d’ailleurs de cette époque. Or, Rodney Stark souligne combien le Moyen Âge fut une époque de progrès technique et comment les grandes abbayes jouèrent un rôle décisif dans l’innovation : sélection d’espèces animales et végétales, assolement triennal, attelages, diffusion des moulins, industrialisation de la fabrication du papier, fabrication du verre, horlogerie, polyphonie et notation musicale etc.

Mieux, les religieux avaient posé les bases du capitalisme. D’une manière très empirique, ils ont expérimenté tout ce qui fera plus tard la grande économie, ce qui permet à Randall Collins (Weberian Sociological Theory, Cambridge University Press, 1986, p. 47) de parler d’un « capitalisme religieux ». Le même dit d’ailleurs des moines, paraphrasant Max Weber, « qu’ils possédaient l’éthique protestante sans le protestantisme ». Pour gérer leurs exploitations, ces religieux avaient dû très tôt résoudre des problèmes concrets mais aussi conceptuels relatifs à la productivité, à la logistique, à la division du travail au sein d’un réseau ou à l’utilisation des revenus. Dès le XIIIe siècle, les théologiens chrétiens avaient tranché la question du prêt à intérêt donc celle de la gestion du risque et de l’investissement qui sont à la base du capitalisme. Longtemps avant Adam Smith, saint Albert le Grand avait théorisé les notions de « juste prix » et « d’intérêt légitime » développées après lui par saint Thomas d’Aquin. Mais, comme l’affirme Maxime Rodinson, l’islam n’a au contraire jamais reconsidéré ses règles en la matière.

La question des origines du capitalisme et celle de la liberté individuelle amènent tout naturellement Rodney Stark à examiner les fameuses thèses de Max Weber. S’il agrée la liaison trouvée par le grand sociologue allemand entre la foi et le progrès économique, il déconstruit son modèle liant protestantisme et capitalisme pour l’étendre à l’ensemble de la civilisation chrétienne occidentale. Au passage, Stark égratigne Weber dont il rappelle les préjugés anti-catholiques mais aussi, ce qui était moins connu, les manipulations concernant ses sources [manipulations que Stark ne prouve pas].

Ce n’est pas tant l’écart entre catholicisme et protestantisme ou entre tel ou tel culte protestant qui explique les progrès du capitalisme et de la liberté (les deux sont toujours liés chez Stark) que la capacité du christianisme en général à endiguer les effets délétères de la tyrannie sur l’économie, en limitant le pouvoir des princes. Pour lui, le christianisme est fondateur de la liberté individuelle, de l’État de droit, de la justice et par voie de conséquence de la démocratie. Frédéric Lenoir le reconnaît en soulignant la primauté occidentale en matière de démocratie liée explicitement au christianisme. D’où le choix de décrire longuement et finement l’histoire des cités italiennes, des Flandres ou d’Angleterre afin de corréler les avancées et les reculs du capitalisme avec ceux de la liberté et du despotisme.

Il corrige ainsi sérieusement notre vision de l’histoire économique des Flandres. Le succès d’Anvers remonte bien avant Luther et lorsque le protestantisme s’y développa, il recruta d’abord dans les campagnes et chez les ouvriers tandis que les familles « capitalistes » restèrent pour la plupart fidèles à Rome. De même, le relais pris par Amsterdam n’est pas le fruit « de sectes protestantes à l’éthique particulière » mais il est dû à la migration des catholiques chassés d’Anvers par la guerre ou par la réglementation étouffante prise par l’Espagne en matière d’économie. Pour les mêmes raisons, certains vinrent même d’Italie. Au moment où Amsterdam arrive au zénith de sa puissance, l’essentiel de la production, du commerce mais aussi de la banque étaient d’ailleurs encore entre les mains des catholiques. [Cet aspect de la thèse de Stark est discutable ; il appuie peu ses affirmations par des données concrètes.] Et puis Rodney Stark rappelle que les populations catholiques des Pays-Bas firent souvent alliance avec les protestants contre Madrid, ce qui l’autorise à ne pas parler ici d’une guerre de religion.

C’est ainsi plutôt au mercantilisme et aux excès de la monarchie absolue que le sociologue américain attribue le retard français et le déclin espagnol. Contre l’image idéale d’une monarchie espagnole très catholique alliée à la Sainte Inquisition, Rodney Stark rappelle avec justesse que les rois d’Espagne, comme ceux de France, se sont fréquemment opposés à la papauté.

Le dernier ouvrage de Rodney Stark est donc un livre très économique où on oublie paradoxalement parfois un peu la religion. La critique de la monarchie absolue ainsi que quelques a priori au sujet de la France choqueront peut-être l’historien hexagonal. Le livre a néanmoins la vertu d’ouvrir le débat et de poser des questions dérangeantes. L’auteur ne cache en effet pas qu’il s’inspire de la théorie libérale, ce que d’aucuns jugeront trop américain. Et il relie (oh sacrilège !) le développement de la démocratie et des droits de l’homme à celui de la liberté d’entreprise. Cela ne suffit pas à décrédibiliser sa vision des choses. La remise en cause de nos certitudes ne peut se faire que par la confrontation des points de vue. Le triomphe de la raison contribuera à cette démarche nécessaire.

[…]

Reconnaître que les religions, comme tous les systèmes de valeurs, ont pu constituer des facteurs facilitant ou freinant l’accès au progrès, à la raison, à la science, à la démocratie revient à combattre le relativisme culturel aujourd’hui dominant et qui a été popularisé à partir des universités américaines que l’auteur connaît bien. Attention, il ne s’agit pas de racismes, l’accusation serait trop facile et trop grave, puisque l’auteur n’invoque pas une inégalité en soi des peuples et des cultures. […] En revanche, il est tout à fait acceptable, mais pas politiquement correct, de reconnaître que les religions ne sont pas neutres et qu’elles n’agissent pas de la même manière dans le processus de civilisation en donnant à leurs fidèles des armes différentes pour aborder l’avenir.

Le retour des religions sur le devant de la scène, que chacun a en tête en ce début du XXIe siècle, est à bien des égards une des formes prises par la mondialisation. Le phénomène mériterait d’être analysé à partir des positions de Rodney Stark ne serait-ce que pour en évaluer, de manière stratégique, les conséquences futures.

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Le Monarchomaque présente l’étude La transmission médiévale des savoirs entre l’Orient et l’Occident, rédigée par Tribonien Bracton. Cette étude historique adresse la question épineuse mais passionnante de la filiation intellectuelle entre la Grèce antique, l’Orient araméo-hellénique, le Monde musulman et l’Occident médiéval. Il réfute la thèse d’une dette occidentale envers l’Islam, met en relief le rôle capital joué par les traducteurs araméens, et dégage la singularité de la civilisation occidentale.

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«  Nous sommes comme des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux. »

« Nous sommes comme des nains juchés sur des épaules de géants, de sorte que nous voyons davantage de choses qu’eux et plus loin qu’eux, non pas à cause de l’acuité de notre propre vue ou de la hauteur de notre propre corps, mais parce que nous sommes élevés par eux. » — Bernard de Chartres, XIIe siècle

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Consultez également sur Le Monarchomaque :

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Ressources supplémentaires sur ce thème :

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Présentation de cet ouvrage de Serafin Fanjul ↑ par Philippe Conrad, « Al Andalus sans légende », Nouvelle Revue d’Histoire, 8 novembre 2017 :

C’est un ouvrage majeur que nous propose Serafin Fanjul, docteur en philologie sémitique, professeur de littérature arabe à l’Université Complutense de Madrid, ancien directeur du Centre culturel hispanique du Caire.

Autant dire que l’auteur s’appuie sur une érudition à toute épreuve pour aborder la question, ô combien débattue, de l’interprétation de la séquence historique qui a correspondu à la présence, sept siècles durant, d’une société musulmane dans la péninsule ibérique. Il sait comment, au prix de grossiers anachronismes, les tenants de l’immigration de masse et de l’avènement sur le sol européen d’une société multiculturelle chantent les louanges du « paradis perdu » qu’aurait été l’Espagne musulmane à l’époque médiévale. En prenant pour cela quelques libertés avec l’histoire…

Notre auteur déconstruit méthodiquement le mythe de « l’Espagne des trois religions », lieu d’une coexistence pacifique et mutuellement profitable. Il n’a guère de mal à montrer que l’époque était celle d’un apartheid qui valait aux dhimmis chrétiens et juifs un statut d’infériorité jamais remis en cause jusqu’au XVème siècle qui vit la fin du royaume nasride de Grenade. L’ouvrage de Serafin Fanjul apparaît donc, dans la bataille engagée pour la préservation de la mémoire et de l’identité européennes comme une arme précieuse pour en finir avec les mensonges de « l’historiquement correct ». À noter également l’excellente préface d’Arnaud Imatz, qui revient sur les procédés de la manipulation du passé appliquée de manière plus générale à l’histoire de l’Espagne, longtemps victime de la « légende noire » diffusée par ses adversaires.

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