Feeds:
Articles
Commentaires
Melange Biblique Hellenique

Mélange de thèmes bibliques et helléniques (arche de Noé, tour de Babel et siège de Troie) dans la Compilation des chroniques et histoires des Bretons, BnF, vers 1480

L’article suivant est théoriquement « paru » dans les Dossiers Histoire et civilisation (vol. 5, n° 1), la revue du programme Histoire et civilisation du Cégep de Sherbrooke, à l’automne 2011. Entendu que cette revue devait supposément être enregistrée aux Archive nationales du Québec et qu’elle ne l’est toujours visiblement pas, qu’un nombre très restreint d’exemplaires papiers de cette revue ont été imprimés, que les responsables de ladite revue ne rendent pas son contenu accessible sur la toile tel qu’annoncé, et que je suis l’auteur de cet article, je me suis autorisé à le mettre moi-même en ligne, en y apportant quelques modifications.

+ + + + +

C’est à la Renaissance que l’on attribue habituellement la redécouverte de la culture antique. On considère cette époque comme le triomphe de la haute culture sur l’obscurantisme aisément associé au Moyen Âge. Après ces mille ans de dormance, la réintroduction du savoir de l’Antiquité dans l’Europe chrétienne, doublée d’un essor de l’humanisme, aurait ouvert l’accès à un niveau de connaissance qui était en profonde rupture avec l’époque précédente. Les humanistes de la Renaissance se seraient efforcés de retrouver la pensée des anciens alors qu’au Moyen Âge, on se serait contenté de commentaires et d’adaptations qui auraient faussé la véritable pensée que tentaient de véhiculer les philosophes antiques. « Il semble donc entendu que notre civilisation, celle de l’Europe au sens large, ait vécu deux beaux âges […] D’abord cette Antiquité, capable d’administrer de si belles leçons. Puis longtemps après, passés un lourd sommeil et une interminable attente, la “Renaissance” où les hommes se sont enfin réveillés, ont complètement changés d’attitude devant la vie et pris en charge leur destin. » (Jacques Heers, Le Moyen Âge : Une imposture, Paris, Perrin, 2008, p. 14.)

Ce regain d’intérêt pour l’Antiquité se serait accompagné d’une résurrection des divinités de la mythologie gréco-romaine (qui aurait été effacé par la religion chrétienne) et de la symbolique qui l’accompagne. La chute de Constantinople en 1453 aurait précipité l’arrivée de lettrés grecs fuyant l’offensive turque. Leur exil en terre occidentale aurait produit un vif intérêt pour l’étude des langues anciennes qui était jusqu’alors plutôt absente. Toutefois, la discipline historienne nous a permis au cours des dernières décennies de modérer cette vision des choses. Cette rupture n’en est pas réellement une. En effet, cette effervescence intellectuelle s’inscrit plutôt dans mouvement de crescendo qui trouve son apogée à la période que l’on appelle de façon méliorative « Renaissance ». Cela implique que les accomplissements que l’on alloue à la Renaissance ont leurs fondements dans la période médiévale. Cet article est consacré à la mise en lumière de cette amplification progressive sur trois axes :

  1. La montée [en importance] de l’alphabétisme médiéval
  2. La mythologie gréco-romaine très présente au Moyen Âge
  3. La continuité de la culture hellénique au Moyen Âge
Apollo Medicus

« Apollo Medicus », Bibliothèque du Capitole, Verceil (Piémont, Italie), vers 800

Socrate et Platon

Socrate et Platon, Bibliothèque Bodléienne, Université d’Oxford, entre 1230 et 1259

Charles V ordonnant la traduction d'Aristote, vers 1380, Bibliothèque nationale de France

Charles V le Sage ordonnant la traduction d’Aristote en français, BnF, vers 1380

Sagittaire (signe zodiacal), vitrail de la cathédrale Notre-Dame de Chartres, vers 1215

Vierge (signe zodiacal), vitrail de la cathédrale Notre-Dame de Paris, vers 1220

Balance (signe zodiacal), vitrail de la cathédrale Notre-Dame de Paris, vers 1220

Médaillons zodiacaux, cathédrale Notre-Dame d’Amiens (Picardie), vers 1225

Médaillons zodiacaux, cathédrale Notre-Dame d’Amiens (Picardie), vers 1225

+ + + + +

Articles  du même thème sur Le Monarchomaque :

CommerceOccidentMoyenAge

L’extrait d’article suivant est théoriquement « paru » dans les Dossiers Histoire et civilisation (Vol. 5, N° 1), la revue du programme Histoire et civilisation du Collège d’enseignement général et professionnel (Cégep) de Sherbrooke, à l’automne 2011. Entendu que cette revue devait supposément être enregistrée aux Archive nationales du Québec et qu’elle ne l’est toujours visiblement pas, qu’un nombre très restreint d’exemplaires papier de cette revue ont été imprimés, que les responsables de ladite revue ne rendent pas son contenu accessible sur la toile tel qu’annoncé, et que je suis l’auteur de cet extrait d’article, je m’autorise à le publier ici.

+ + + + +

Antiquité jusqu’en 476, Moyen Âge jusqu’en 1492, puis Renaissance. Ce découpage anecdotique, que l’on connaît depuis notre enfance, nous apparaît indiscutable. Pourtant, il n’a pas toujours existé. C’est Pétrarque qui, au milieu du XIVe siècle, inventa l’expression Moyen Âge (medium tempus) pour désigner un âge intermédiaire entre l’Antiquité et le retour à celle-ci. Oracle autoproclamé du bon goût, il dénigra systématiquement les siècles le précédant pour mieux magnifier l’Antiquité romaine qu’il revendiquait pour ses contemporains italiens. Homme engagé dans les controverses de son temps, Romain d’adoption, il fut d’abord impliqué dans une vive querelle contre la papauté d’Avignon  puis adhéra ensuite au rêve gibelin de l’Empire universel, héritier de la Rome antique. On comprend que le « retour à l’antique » fut, chez son premier et principal propagandiste, motivé par des préoccupations polémiques[1].

Le concept de « Renaissance », telle que nous la concevons actuellement, pour désigner toute une époque, a quant à elle été fabriquée cinq siècles après que les courtisans italiens, pour flatter leurs mécènes, se targuaient de vivre des années d’exception[2]. Jules Michelet, historien français renommé du XIXe siècle, a pesé lourd dans l’accréditation de le la notion de Renaissance pour désigner le XVIe siècle en intitulant (en 1853) le tome de son Histoire de France couvrant cette période par ce qualificatif encenseur. Le terme existait avant lui, mais c’est surtout Michelet qui l’a transformé en concept historique : « nous sommes, encore aujourd’hui, les héritiers de la manière dont Michelet nomma le temps. […] La coupure dramatique que Michelet établit entre le Moyen Âge et la Renaissance s’explique à la fois par des raisons politiques et poétiques, éditoriales et personnelles[3]. »

Au niveau des arts et des belles-lettres, l’idée de renaissance est à l’ordre du jour « dès le XIVe siècle, notamment avec Pétrarque (mort en 1378), non seulement en Italie, mais aussi au nord des Alpes […] Du moins devrait-on considérer, comme y invite Jacques Chiffoleau, que les avancées créatrices ne cèdent pas aux sombres couleurs de la fin du Moyen Âge, mais qu’elles sont consubstantielles les unes aux autres[4]. » Ce constat d’une lente et progressive évolution conduit à reformuler l’articulation entre le Moyen Âge et la Renaissance en termes de longue durée.

L’on se rend compte que la plupart des accomplissements que l’on attribue à la Renaissance s’inscrivent plutôt dans un contexte de continuation de ce qui avait été amorcé au Moyen Âge, la Renaissance serait donc l’aboutissement d’un long processus entamé beaucoup plus tôt. Ceci nous permet de remettre en question le bien-fondé du découpage historique officiel. Assurément, il ne s’agit pas de faire abstraction des changements qui démarquent les deux périodes, mais l’on pourra à l’avenir s’interroger si ces discontinuités sont assez significatives pour justifier un « changement d’époque ». D’autre part, l’on peut se demander si le découpage en vigueur, apprécié pour sa commodité pédagogique, n’est pas en réalité devenu un encombrement, un obstacle à la réelle compréhension des phénomènes étudiés.

Il faut comprendre qu’il n’est pas gravé dans les cieux que les époques successives de l’histoire sont autre chose que la schématisation mentale que l’on s’en fait et qu’elles ne correspondent pas immuablement à la chronologie qu’on leur a assignée. Ce sont les hommes, qui, en étudiant leur passé, décèlent des traits qui semblent caractériser certains siècles plus que d’autres, et qui décident de compartimenter l’histoire de façon à la rendre plus intelligible. Or, si les générations ultérieures, en reprenant le travail de leurs prédécesseurs, réalisent que ce travail n’a peut-être pas été bien effectué la première fois (parce que les sources étaient lacunaires, la démarche biaisée et les préconceptions réductrices), il est adéquat qu’elles se dotent d’une historiographie renouvelée, ce qui peut impliquer le remplacement des découpages anciens par une nouvelle chronologie.

[…]


[1] Jacques HEERS, Le Moyen Âge : une imposture, Paris, Perrin, 2008, p. 55-58.

[2] Ibid., p. 77-83.

[3] Patrick BOUCHERON, « Il a inventé la Renaissance », L’Histoire, N° 363, avril 2011, p. 64.

[4] Jérôme BASCHET, La civilisation féodale – De l’an mil à la colonisation de l’Amérique, Paris, Flammarion, 2004, p. 244.

Le Monarchomaque présente l’étude L’unification de l’Allemagne (1806-1871), qui met en relief la construction d’un État national allemand qui s’étale de Napoléon à Bismarck, en passant par le nationalisme romantique, le pangermanisme, le Printemps des peuples, le Vormärz et l’impérialisme prussien. Téléchargez l’étude (rédigée par Scolaris Legisperitus) gratuitement sur Scribd :

Fête nationaliste au château de Hambach (Palatinat du Rhin) en mai 1832

Fête pangermaniste au château de Hambach, Palatinat, mai 1832

Barricades à Berlin, mars 1848

Barricades sur l’Alexanderplatz de Berlin, mars 1848

Diète de la Paulskirche de Francfort  en 1848

Première Diète nationale en la Paulskirche de Francfort, mai 1848

Confederation Germanique

Carte de la Confédération germanique (1815-1866)

Carte du Zollverein

Carte du Zollverein, l’union douanière (1828-1867)

Allemagne de Bismarck

Carte de la construction du IIe Reich sous Bismarck (1865-1871)

L’article suivant vient de Libre avec Dieu.

Articles dans la même veine sur Le Monarchomaque :

+++++

« Si vous ne combattez pas là où la bataille fait rage, vous feriez aussi bien de laisser tomber votre épée. » — Martin Luther

Un chrétien ne peut pas envoyer ses enfants à l’école gouvernementale en toute bonne conscience. Le Québec devient de plus en plus hostile aux valeurs chrétiennes. Les professeurs sont les prêtres d’une nouvelle religion d’État: l’humanisme. L’école est leur temple. Les salles de classes sont un champ de bataille, symboliquement mais aussi parfois littéralement! C’est une bataille entre deux visions du monde totalement opposées. Une est centrée sur Dieu et sa Parole, l’autre sur l’homme et ses opinions. C’est une bataille pour l’âme de vos enfants. Satan est un serpent rusé. Il a un plan, une équipe et un arsenal en place. On ne peut espérer le vaincre avec rien. Beaucoup de chrétiens ont abandonné le combat car ils ont cru le mensonge que Satan règne présentement sur le monde.

La Bible affirme clairement que Christ a reçu le pouvoir sur toutes autorités, autant spirituelles que terrestres.1 Jésus nous promet que les portes de l’enfer ne prévaudront point contre l’Église.

2 Corinthiens 10:3-6 Car quoique nous marchions dans la chair, nous ne combattons point selon la chair. En effet, nos armes de guerre ne sont pas charnelles, mais elles sont puissantes en Dieu, pour renverser les forteresses. Pour détruire les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, et pour amener toute pensée captive à l’obéissance de Christ; Et nous sommes prêts à punir toute désobéissance, lorsque votre obéissance sera complète.

Paul utilise ici un langage militaire. Il ne s’agit pas ici de chasser les démons, tel des ghostbusters ou des exorcistes armés de crucifix et d’eau bénite. Selon Paul, La bataille se livre au niveau de la pensée, et de la connaissance de Dieu.

Karl Marx prônait l’établissement d’écoles publiques dans son Manifeste Communiste (1848). Son but était de détruire le Christianisme en détruisant la famille. Aleister Crowley, sataniste, déclara que l’ennemi numéro un était la famille. Voyez comme cette institution est importante pour Dieu pour que Satan la déclare ennemi numéro un! La responsabilité de l’éducation repose sur la famille, et plus particulièrement sur le père, le chef de la famille.

Ephésiens 6:4 Vous, pères, n’exaspérez pas vos enfants, mais élevez–les en les éduquant et en les conseillant d’une manière conforme à la volonté du Seigneur.

Les humanistes veulent vous enlever vos enfants le plus tôt possible. Un moyen d’y parvenir fut de ridiculiser le rôle de la mère au foyer tout en valorisant la place de la femme sur le marché du travail. De ce fait, les parents envoient leurs enfants très tôt dans des « centre de la petite enfance », des garderies industrielles financées par nous, payeurs de taxes. Ensuite, on garde loin de la famille les enfants 40 heures par semaine à l’école gouvernementale.

Pour avoir le maximum de contrôle, le gouvernement adopte des lois obligeant les enfants à se présenter à l’école. Pourquoi obliger et imposer quelque chose si c’est ce qu’il y a de mieux pour les enfants? Daniel C. Dennett est un évolutionniste convaincu. Voici ce qu’il a à dire aux chrétiens à propos de l’enseignement:

Si vous persistez à enseigner des faussetés à vos enfants – que la Terre est plate, que l’Homme n’est pas le produit de l’évolution par la sélection naturelle – alors attendez-vous, à tout le moins, à ce que ceux d’entre nous qui avons la liberté d’expression allons nous sentir libres de décrire vos enseignements comme un étalage de faussetés, et allons tenter de démontrer cela à vos enfants aussitôt que nous en avons l’opportunité. Notre future bien-être – le bien-être que chacun sur la planète – dépend de l’éducation de nos descendants.2

Les athées comprennent très bien que le combat se livre dans les salles de classes. Qu’est-ce que ça va prendre aux chrétiens pour allumer? Dennett et sa gang veulent croire à la liberté d’expression seulement quand ça fait leur affaire. C’est la rencontre de deux idéologies, voir même deux religions complètement contradictoires.

Voici deux passages clairs des Écritures qui devraient inciter les chrétiens à ne pas envoyer leurs enfants à l’école publique:

2 Timothée 6:20-21 20 Ô Timothée, garde intact ce qui t’a été confié. Évite les discours creux et les arguments de ce que l’on appelle à tort «la connaissance», car ils sont contraires à la foi. 21 Pour s’y être attachés, plusieurs se sont égarés très loin de la foi. Que la grâce soit avec vous!
1 Corinthiens 10:31 Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, ou que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu.

Les fruits de l’école publique

Jésus nous a dit que nous pouvons reconnaître un arbre à ses fruits. L’école gouvernementale ne porte pas de bons fruits. L’humanisme est une religion destructrice. Elle veut tout d’abord détruire le christianisme, la fondation de la société occidentale. Le président américain Barack Obama confirme: « Peut importe ce que nous avons déjà été, nous ne sommes plus seulement une nation chrétienne; nous sommes aussi une nation Juive, une nation Musulmane, une nation Bouddhiste, une nation Hindou, et une nation de non-croyants. »3 Quel effet aura un enseignement destructeur dépourvu de moralité sur les enfants?

  • Suicide (C’est un fléau chez les jeunes, l’humanisme est vide de sens et de but).
  • Drogue (L’avertissement sur les paquets de cigarettes n’empêche rien, imaginez les cours sur la drogue!).
  • Grossesse non désirée, hors mariage (l’abstinence est la solution, non un cours sur la sexualité).
  • Pragmatisme (Le Christianisme est la seule vision du monde qui fonctionne vraiment, qui peut bâtir une société stable et en santé, pourquoi donc le rejeter?).
  • Mauvaise éthique du travail (tout devient un jeu, notation des résultats vague et imprécis afin de ne pas affecter l’estime de soi des enfants.).

L’idée même de progrès vient d’une croyance en un Dieu qui contrôle tout et qui veut que l’homme domine sur la terre. Sans but et sans direction dans l’univers, l’homme est réduit au niveau d’un animal, combattant pour sa survie. La survie elle-même devient discutable. Un humaniste a dit : « La Terre est atteinte d’un cancer, et ce cancer, c’est l’homme. » L’école gouvernementale ne pourra en aucun cas être productive sur une longue période de temps avec ses fondations humanistes. Ce sont des fondations de sable qui ne peuvent soutenir une civilisation. Trop peu de chrétiens réalisent que nous sommes en guerre contre l’humanisme. Pire, ils envoient leurs enfants chez l’ennemi afin qu’il les éduque! Incroyable.

Le rôle de la femme

L’école gouvernementale est hostile à la famille, comme nous l’avons déjà vu. On y encouragera donc le féminisme, la débauche et la rébellion envers les parents. Les jeunes filles doivent dès leur jeune âge être enseignées à devenir des femmes de Dieu, selon ce que Paul recommande à Timothée et à Tite. Timothée lui-même fut un grand homme de foi, ayant été élevé par sa mère et sa grand-mère, dans les voies de Dieu.4 C’est là toute la force du ministère de la femme. Ce sont elles qui forment les générations futures de croyants.

1 Timothée 5:14 Je veux donc que les plus jeunes se marient, qu’elles aient des enfants, qu’elles gouvernent leur ménage, et ne donnent à l’adversaire aucun sujet de médire.
Tite 2:3-5 Que les femmes âgées aient de même l’extérieur qui convient à la sainteté; qu’elles ne soient ni médisantes, ni sujettes aux excès du vin; qu’elles enseignent le bien; Afin qu’elles apprennent aux jeunes à aimer leurs maris, à aimer leurs enfants; A être sages, chastes, à garder la maison; à être bonnes, soumises à leurs maris; afin que la parole de Dieu ne soit point calomniée.

Le ministère de la femme selon Dieu est très noble et très important. C’est pourquoi je suis convaincu que la femme ne devrait pas aller sur le marché du travail. Bien sûr, c’est un sujet qui mérite un livre complet.5 Mon point est que l’école publique forme des travailleurs, on n’y enseigne pas à être une mère, une épouse et une gestionnaire du foyer. Je n’ai rien contre une femme qui poursuit des études supérieures, mais il faudrait que ce soit dans le but de parfaire son rôle de mère et d’épouse, et non pour poursuivre une quête égoïste d’accomplissement de soi alimentée par des mensonges féministes anti-bibliques. Les femmes d’aujourd’hui ne veulent plus être mères, elles ont oublié comment, personne ne leur a enseigné.

L’école à la maison

Nous nous retrouvons donc devant 2 options: Faire l’école à la maison ou envoyer nos enfants dans une école Chrétienne. Les deux sont valables, mais en l’absence d’une bonne école chrétienne ou de moyen financier pour nous le permettre, l’option de faire l’école à la maison semble donc s’imposer. Voici quelques avantages que procure l’école à la maison.

Avantage sociologique

Il faut comprendre ce qui fait que nous sommes des êtres sociaux. Nous déterminons qui nous sommes par notre relation avec notre entourage et notre place dans la société. L’enfant doit développer un sentiment d’appartenance et trouver sa place et son but dans la famille.

Proverbes 13:20 Celui qui fréquente les sages, deviendra sage; mais le compagnon des fous se perdra.

Les jeunes, lorsque placés trop longtemps dans un milieu non supervisé et où ils sont influencés par leurs camarades, dépenseront leur énergie à se conformer au niveau qui les entoure, plutôt que de prendre une maturité qui vient du dessus. C’est une très mauvaise chose de séparer les groupes par catégorie d’âge, indépendamment de leur degré de maturité ou même de leurs résultats académiques. Même les églises font cela avec l’école du dimanche et la jeunesse. Par contre, à la maison, les plus vieux aident les plus jeunes, et les plus jeunes apprennent par l’exemple et aspirent à grandir. Beaucoup de jeunes aujourd’hui refusent de grandir, de prendre des responsabilités d’adulte. En prolongeant la période de l’enfance à l’adolescence comme une période de jeu et d’innocence, nous retardons la maturité, et cela peut avoir un impact très néfaste sur le reste de la vie de la personne. Les juifs ont la Bar Midsva, une fête où on célèbre le passage de l’enfance à la vie adulte. Il n’y a pas d’étape intermédiaire. L’école à la maison nous permet d’enlever cette fausse conception moderne de l’adolescence, qui tire d’ailleurs ses origines dans la théorie de l’évolution.6

Avantage académique

Les parents sont beaucoup mieux placés que n’importe qui pour s’adapter au rythme d’apprentissage de leurs enfants. C’est un mensonge humaniste que seuls les enseignants professionnels sont qualifiés pour élever vos enfants. Les parents sont les mieux placés pour trouver une méthode d’enseignement appropriée à leurs enfants. Rien n’empêche non plus d’avoir parfois recourt à des professionnels. Nous pouvons leurs demander conseil sans avoir besoin de leur confier nos enfants.

Il n’y a aucune raison de croire que l’enfant qui est en 2e année en français le sera aussi en mathématique. Il est donc possible de passer plus de temps dans une matière où l’enfant a le plus de difficultés. Au publique, on fait passer au niveau suivant un enfant qui ne maîtrise que 60% de la matière. Il lui faudra débuter l’année suivante avec un déficit de 40%, un retard qu’il est presque impossible à rattraper.

Aussi, les enfants doués sont pénalisés et retardés dans les classes du gouvernement. Les enseignants s’adressent à la majorité, passe beaucoup de temps avec les moins bons et ne donnent que peu d’attention aux meilleurs. Il est prouvé que les enfants éduqués à la maison obtiennent de meilleures performances académiques.

Avantage du mode de vie

L’enfant aura la possibilité de gagner un peu d’argent en faisant des travaux pour des gens à l’extérieur du foyer. Cela leur donnera un sens d’être utile au bien être de la famille et renforcera leur sens des responsabilités. L’école à la maison nous rend libre par rapport aux horaires exigeants de l’école gouvernementale. On passe plus de temps en famille, et l’enfant peut s’adonner à d’autres activités constructives: musique, lecture, recherche, bricolage, jeux éducatifs. La famille est séparée de toutes parts par la demande extérieure. Même dans l’église conventionnelle, on organise des matinées pour hommes, des soirées pour femmes et des fins de semaines pour jeunes. Rarement on organise des activités impliquant toute la famille. Je crois qu’il faut servir le Seigneur en famille, comme une équipe.

Une objection habituelle est que l’enfant manquera de sociabilité. Rien n’est plus faux. Au contraire, ces enfants seront plus actifs socialement. Ils auront l’occasion d’apprendre la vraie vie, en suivant maman à l’épicerie, au marché, à la banque, etc. Ils fréquentent déjà les autres enfants de l’assemblée et apprendront les commandements du Seigneurs concernant les relations avec les autres: le pardon, le partage, la réciprocité, le respect et bien d’autres. La sociabilité de quelqu’un dépend surtout de sa personnalité. Beaucoup sont passés par l’école publique sans avoir acquis une vie sociale active. Certaines personnes sont tout simplement plus réservées que d’autres.

Conclusion

Donner la responsabilité de l’éducation de vos enfants au gouvernement n’est vraiment pas la meilleure chose à faire. Je dirais même que c’est une grave erreur. Ne mettez pas vos enfants en danger spirituellement, et même physiquement. Il faut que le chrétien soit prêt à faire le sacrifice financier nécessaire afin d’éduquer ses enfants selon Dieu. C’est aussi important que ça. C’est la seule façon que nous avons de combattre efficacement l’humanisme. L’éducation à la maison (ou dans une école chrétienne) fait partie de la grande commission d’aller prêcher l’évangile et de faire de toutes les nations des disciples.

NOTES

1 Mt 28:18.
2 Dennett, Darwin’s Dangerous Idea, p. 519.
3 Barack Obama, The Audacity of Hope : Thoughts on Reclaiming the American Dream, Crown Publishers, 2006.
4 2 Timothée 1:5.
5 Suzanne Venker, 7 Myths of Working Mothers.
6 Alex et Brett Harris, Do Hard Things.
John_Winthrop_1

Monument en bronze (1873) de John Winthrop Sr devant la First Church of Boston

Voici un extrait traduit en français du célèbre Petit discours sur la liberté prononcé par John Winthrop Sr (1588-1649) le 3 juillet 1645 devant la Cour générale (Assemblée législative) de la Colonie de la Baie du Massachusetts en Nouvelle-Angleterre, suite à son acquittement à l’issue d’une procédure d’impeachment subséquente à son implications dans une élection de la milice locale :

« Il y a deux libertés, la naturelle (compte tenu, j’entends, de la corruption de notre nature), et la civile ou fédérale [= alliancielle]. La première est commune à l’homme est aux bêtes sauvages et autres créatures. Par elle, l’homme, en tant simplement qu’il est en rapport avec l’homme, a licence de faire ce qu’il lui plaît ; c’est une liberté capable de mal comme de bien. Il y a incompatibilité et contradiction logique entre l’autorité de cette liberté qui ne saurait souffrir la contrainte de l’autorité la plus juste. L’exercice et la défense de cette liberté poussent les hommes à devenir plus méchants, et bientôt pires que des bêtes féroces : onmes sumus licentia deteriores [trop de liberté nous abaisse]. Telle est cette grande ennemie de la vérité et de la justice, cette bête féroce que toutes les ordonnances divines dénoncent afin de l’entraver et de la soumettre.

L’autre genre de liberté, je l’appellerai civile ou fédérale [= alliancielle] ; elle mérite également le nom de morale, par référence au covenant [= alliance] entre Dieu et l’homme qui est inscrit dans la Loi morale et les covenants [= alliances] ou constitutions politiques que les hommes passent entre eux. Cette liberté est la fin propre de l’autorité et ne saurait subsister sans elle ; et c’est une liberté qui ne reconnaît que le bon, le juste et l’honnête. C’est cette liberté qu’il vous faut défendre, au péril si besoin et non seulement de vos biens, mais aussi de vos vies. Tout ce qui s’y oppose n’est pas autorité, mais maladie de celle-ci. Cette liberté est exercée par voie de sujétion à l’autorité ; c’est dans cette liberté que Christ nous a fait libres. »

Référence : John Winthrop, Petit discours sur la liberté, prononcé à Boston le 3 juillet 1645, cité dans Jean-Pierre Martin, Le puritanisme américain en Nouvelle-Angleterre (1620-1693), Presses universitaires de Bordeaux, Bordeaux (Gironde), 1989, p. 146 sur 261.

John_Winthrop_2

Compléments :

 

1. Le postmillénarisme soutient que le Seigneur Jésus-Christ a fondé son Royaume messianique sur la terre durant son ministère terrestre et à travers son œuvre rédemptrice. L’établissement du « Royaume des Cieux » est l’accomplissement des attentes prophétiques de l’Ancien Testament concernant le Royaume à venir [Hébreux 11:13a]. Le Royaume que Jésus prêche et présente n’est pas autre chose que ce qu’espéraient les saints de l’Ancien Testament. Dans la vision postmillénariste, l’Église est l’Israël transformée et accomplie. Elle est même appelée « l’Israël de Dieu » (Galates 6:16).

Lire la suite »

Source : What Does Peter Mean by the Passing Away of Heaven and Earth ? A Study of 2 Peter 3 par Gary DeMar et David Chilton | Traduction par Libre avec Dieu | Révision par Le Monarchomaque. Sauf indication contraire, la traduction française des Écritures Saintes utilisée est la Bible d’Ostervald.

Siege Jerusalem 70

1reRevolteJuive

2 Pierre 3:3-18 est un passage très fréquemment cité comme une accusation envers ceux qui dénoncent les spéculations prophétiques modernes. Si vous contestez la croyance que les signes qui nous entourent indiquent que nous vivons dans les « derniers jours », vous êtes alors étiqueté comme un « moqueur » (2 Pierre 3:3). Si cela est vrai, comment allons-nous décrire ceux qui soutenaient que les signes proposés durant les deux guerres mondiales n’étaient pas des signes de la Fin [c’est-à-dire de l’Eschaton] ? Ils avaient raison ! Étaient-ils des « moqueurs » ? On peut se demander la même chose au sujet de ceux qui rejetaient les affirmations comme quoi les évènements entourant la Révolution française du XVIIème siècle étaient des signes prophétiques évidents de la Fin de toutes choses.

Chaque génération a eu ses gens qui affirmaient que la Fin était proche et d’autres qui soutenaient que la Fin n’était pas proche. Comme Francis Gumerlock le démontre dans son livre The Day and the Hour (Le Jour et l’Heure), en appeler aux signes contemporains afin de faire des prédictions que la Fin est proche est une pratique possédant une longue histoire. On pourrait penser que désormais, les chrétiens arrêteraient de le faire, mais non. Ils savent que faire tourner la machine prophétique fait vendre beaucoup, beaucoup de livres.

Les gens que Pierre accuse d’être des « moqueurs » étaient des ennemis de Jésus et de l’Évangile. Ils se moquaient des affirmations faites par Jésus qu’il viendrait lui-même détruire le Temple et ce, avant que leur génération ne passe. Puisque le Temple se tenait encore debout, près de 30 ans après la prédiction de Jésus, et que rien n’indiquait qu’il serait détruit en moins d’une dizaine d’années, ils commencèrent à se moquer des paroles de Jésus. Il y a une grande différence entre un « moqueur » qui rejette la révélation biblique, dans ce cas les paroles de Jésus, et quelqu’un qui argumente pour une position alternative en utilisant de solides arguments bibliques. Une personne en désaccord avec les spéculations prophétiques modernes n’est pas un « moqueur », particulièrement après autant de tentatives manquées pour prédire la certitude de la Fin à travers les siècles.

On pourrait aussi facilement soutenir que les spéculateurs prophétiques modernes (vous savez de qui je parle) sont des « moqueurs » parce qu’ils tordent et déforment les paroles claires de Jésus qu’il reviendrait en jugement avant que la génération du premier siècle ne passe (Matthieu 24:34). Ils essaient d’argumenter que le mot grec genea [comme dans généalogie], traduit correctement par « génération », doit être traduit par « race » ou « nation ». Lorsque ça ne fonctionne pas, certains argumentent que « cette génération-ci » (au présent), devrait être traduit par « cette génération-là » (au futur). Lorsque les mots clairs de Jésus ne s’accordent pas avec leur paradigme prophétique, des mots sont enlevés et de nouveaux sont ajoutés. « Cette génération-ci » devient « la génération qui verra ces choses », comme si Jésus s’adressait à une génération autre que celle à laquelle il parlait ! Jésus a clairement indiqué que son auditoire d’alors verrait ces choses : « Lorsque vous verrez toutes ces choses… » (Matthieu 24:33).

2 Pierre 3 fait le lien entre des « moqueurs » et les « derniers jours », entre la « promesse de son avènement », le « jour du Seigneur » (v. 10) et les « cieux et la terre qui seront embrasés et dissous ». L’utilisation de l’expression « les derniers jours » par Pierre n’est ni un code renvoyant à des évènements menant à l’enlèvement, ni la seconde venue. Gordon Haddon Clark commente :

« Beaucoup de gens pensent que l’expression ‹ les derniers jours › concerne le futur, la Fin de notre époque [ou plus exactement la Fin de toutes les époques, c’est-à-dire l’Eschaton]. Elle indique plutôt clairement le temps de Pierre lui-même. 1 Jean 2:18 dit que c’est, à son époque, la dernière heure. Dans Actes 2:17, Pierre cite une prophétie des ‹ derniers jours › du prophète Joël comme étant l’époque où il vivait… De toute évidence, Pierre voulait parler de son temps à lui. » [1]

Il y a d’autres passages, comme : Hébreux 1:1-2, « Dieu… nous a parlé en ces derniers jours par son Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses et par lequel il a fait les siècles » […] ; Hébreux 9:26, « …mais à présent, à la consommation des siècles, il a paru une seule fois pour abolir le péché, en se sacrifiant lui-même » (notez l’utilisation du « à présent ») ; 1 Corinthiens 10:11, « nous qui sommes parvenus aux derniers temps » ; et Jacques 5:3, « vous avez amassé des trésors dans ces jours qui sont les derniers » (Colombe) / « dans les derniers jours, vous avez amassé des trésors » (NBS). La question est : Les derniers jours de quoi ? Les derniers jours de l’Ancienne Alliance avec son Temple de pierre, ses sacrifices sanglants ainsi qu’une prêtrise [lévitique] terrestre et pécheresse.

L’inconsistance de l’interprétation prémillénariste

La plupart des chrétiens qui nous traitent de « moqueurs » sont prémillénaristes, c’est-à-dire qu’ils croient qu’il y aura, dans le futur, une période de grande tribulation de sept ans qui sera immédiatement suivie du règne terrestre de Jésus pour mille ans. Les évènements décrits par Pierre devraient s’accomplir seulement après cette période de 1007 ans. Or, les nouveaux cieux et la nouvelle terre arriveront après que « le premier ciel et la première terre » auront disparu (Apocalypse 21:1). Ces évènements suivront la période de mille ans d’Apocalypse 20. Même en suivant les suppositions prémillénaristes (qui selon moi sont fausses), il est logique de soutenir que les évènements décrits par Pierre ne peuvent être proches [de toutes façons] ! Comment quelqu’un peut-il être le moqueur d’évènements proches alors que la disparition du cosmos est éloignée de plus d’un millénaire ? Ça ne fait aucun sens.

L’accusation [de l’apôtre Pierre] ne fait de sens que si les évènements décrits sont, en fait, rapprochés de la génération de Pierre. Ceux de sa génération attendaient « ces choses » (2 Pierre 3:14). Comment pouvaient-ils attendre « ces choses » si elles étaient pour se produire au moins 1007 ans dans le futur ? En fait, aussitôt que Jésus posera à nouveau ses pieds sur la planète, il sera très facile, selon les prémillénaristes, de calculer la date à laquelle les évènements de 2 Pierre 3 auront lieu — exactement 1000 ans plus tard. Pour faire taire les moqueurs, tout ce que l’on aurait alors à dire sera : « Regardez, Dieu a promis que ces évènements n’arriveront pas avant mille ans. »

Ceci veut dire que pour les prémillénaristes [du moins, ceux d’entre eux qui sont consistants], les évènements révélés et décrits par Pierre n’ont rien à voir avec notre époque. Ils sont loin dans le futur. Ceci veut dire que [même avec une grille de lecture prémillénariste], cette section des Écritures ne peut être utilisée pour faire taire ceux qui rejettent la notion que nous vivons présentement dans les derniers jours. Pierre affirme spécifiquement, toujours selon le paradigme prémillénariste, que les « derniers jours » sont, à partir d’aujourd’hui, 1007 ans dans le futur. Donc, si les « derniers jours » font référence à la période juste avant la dissolution du cosmos, qui est au moins 1007 ans dans notre futur, alors nous ne pouvons être dans les « derniers jours » et aucun signes ne peuvent être invoqués en preuve afin de supporter l’affirmation qu’il y a des nouveaux cieux et une nouvelle terre à l’horizon prophétique imminent.

Le langage de 2 Pierre 3 est certainement apocalyptique, mais est-ce que Pierre décrit la Fin de l’univers espace-temps comme on le perçoit généralement, ou décrit-il la fin d’un différent type de monde ? La seule façon de le savoir est d’étudier le langage similaire retrouvé dans l’Ancien Testament. En Michée 1:1, une parole prophétique est révélée « à Michée, de Morésheth, aux jours de Jotham, d’Achaz, d’Ézéchias, rois de Juda, et qui lui fut révélée touchant Samarie et Jérusalem ». La prophétie de Michée ne se rapporte pas à un futur lointain, mais plutôt « à cause du crime de Jacob, à cause des péchés de la maison d’Israël », à cause des « hauts lieux de Juda » (1:5). La prophétie concerne une époque où la nation était dominée par l’idolâtrie (1:6-7). Notez comment le jugement imminent est décrit (1:2-4) :

« Écoutez, vous tous, peuples ! Sois attentive, ô terre, avec tout ce qui est en toi ! Que le Seigneur, l’Éternel, soit témoin contre vous, le Seigneur, du palais de sa sainteté ! Car voici, l’Éternel sort de sa demeure ; il descend, et marche sur les lieux élevés de la terre. Les montagnes se fondent sous lui, les vallées s’entrouvrent, comme la cire devant le feu, comme des eaux qui coulent sur une pente. »

Dieu appelle le monde en témoin contre le peuple de son Alliance, qui avait reçu la loi interdisant les idoles et les images taillées d’une façon personnelle, par des Commandements écrits sur la pierre (Exode 20). Dieu est décrit comme descendant, causant les montagnes et les vallées à fondre et à s’entrouvrir, inondant le pays de ces débris. Ce langage est utilisé ailleurs pour décrire des évènements locaux similaires (Juges 5:3 ; 2 Samuel 22 ; Psaumes 18:7-10, 68:8 ; Ésaïe 64:1-2). C’est le langage d’une dé-création. Les montagnes ont-elles réellement fondu ? Pas plus que « les fondements du monde furent mis à découvert » lorsque David battit « tous ses ennemis » (voir le Psaume 18:15 et son prologue).

Nous trouvons quelque chose de semblable dans le Livre de Sophonie. Un jugement local, qui a des conséquences nationales pour Juda et Jérusalem, est décrit comme la fin de la terre et de tout ce qui y vit :

« Je ferai périr entièrement toutes choses sur la face de la terre, dit l’Éternel. Je ferai périr les hommes et les bêtes ; je ferai périr les oiseaux du ciel et les poissons de la mer ; j’enlèverai les scandales avec les méchants, et je retrancherai les hommes de la face de la terre, dit l’Éternel. » (Sophonie 1:2-4)

Ce jugement local est l’inverse de la création. Plus tard dans le chapitre nous lisons : « Le grand jour de l’Éternel est proche ; il est proche, et vient en toute hâte… par le feu de sa jalousie tout le pays sera consumé ; car c’est d’une entière destruction, c’est d’une ruine soudaine qu’il frappera tous les habitants de la terre » (1:14,18). Notez l’utilisation du « feu » et d’une « ruine soudaine » dans cette fin catastrophique.

Pierre utilise le même langage. Il écrit à son époque que « la fin de toutes choses est proche » (1 Pierre 4:7 ; voir 1:20,  « Christ… manifesté dans les derniers temps »). Comme pour Sophonie, cette description prophétique ne peut pas être une déclaration que la Fin de l’univers physique était sur le point de se produire [puisqu’elle ne s’est pas produite]. Dans la Bible, l’utilisation de l’expression « la fin est proche » indique que, peu importe de quelle fin il s’agit, elle était proche de Pierre et de son auditoire du Ier siècle. Jay Edwards Adams nous offre un commentaire utile sur ce passage, en prenant en compte son contexte historique et théologique :

« La [Première] épître de Pierre fut écrite avant 70 ap. J.-C. (quand eut lieu la destruction de Jérusalem)… La persécution que ces Juifs chrétiens avaient connue jusque-là venait principalement des Juifs non-convertis (effectivement, ses lecteurs avaient trouvé refuge parmi les Gentils en tant que résidents étrangers)… Il fait référence aux lourdes épreuves qui vinrent sur les chrétiens qui avaient fuit la Palestine sous les attaques des Juifs non-convertis. La fin de toutes les choses (qui ont provoqué cet exile) était proche.

Six ou sept ans après l’écriture de cette épître, la chute de Jérusalem, avec toutes ses histoires tragiques, telles que prédites dans le Livre de l’Apocalypse et dans le discours sur le mont des Oliviers [Matthieu 24, Marc 13, Luc 17 & 21], sur lequel est basée cette partie, allaient se produire. Titus et Vespasien allaient anéantir l’ancien ordre une fois pour toutes. Toutes ces forces qui menèrent à la persécution et à l’exil des chrétiens vers l’Asie mineure – les cérémonies du Temple (abolies par la mort de Christ), le pharisaïsme (avec ses distorsions des lois de l’A.T. pour en faire un système d’œuvres légaliste) et la position politique [avantageuse] de la Judée juive envers Rome – allaient être effacés. Les armées romaines allaient enlever l’opposition juive de la face du pays. Ceux qui survécurent l’holocauste de 70 furent dispersés à travers le monde méditerranéen. ‹ Alors ›, dit Pierre, ‹ tenez bon, la fin est proche ›. La fin complète de l’ordre de l’A.T. (déjà aboli par la croix et le tombeau vide) était sur le point de se produire. » [2]

La promesse de son avènement

Quelle « promesse de son avènement » Pierre avait-il en tête ? Pierre était présent avec les autres apôtres lorsque Jésus affirma : « Je vous dis en vérité qu’il y en a quelques-uns de ceux qui sont ici présents, qui ne mourront point qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme venir en son règne » (Matthieu 16:28, cf. Marc 9:1). Cet évènement a nécessairement dû se produire du vivant de son auditoire. Jésus leur a également dit qu’il viendrait en jugement avant que cette génération ne passe (24:34). Jésus utilise toujours « cette génération » pour se référer à ses contemporains (Matthieu 11:16, 12:41-42, 23:36 ; Marc 8:12, 13:30 ; Luc 7:31, 11:29-32, 11:50-51, 17:25, 21:32). Il n’utilise jamais « cette génération » pour faire référence à une génération future.

La parousia (« venue » / « présence ») est un temps de jugement divin sur le monde de l’ancienne alliance (Matthieu 24:27). Pierre était là quand Jésus dit qu’il reviendrait en jugement dans l’espace d’une génération (Marc 13:3,30). Dans le verset suivant, Jésus dit à Pierre et à ceux qui étaient là que les cieux et la terre allaient disparaître (Marc 13:31 ; Matthieu 24:35). La consumation des cieux et de la terre est une référence à la fin de l’économie de l’Ancienne Alliance. Étant juifs, et donc familiers avec l’Ancien Testament, ils n’auraient pas pu interpréter les mots de Jésus autrement. Entre Matthieu 16:27-28 et 24:34, Jésus raconte que Jérusalem sera consumée par le feu (22:7). Cet incendie consumera du même coup tout ce qui concernait l’ancienne économie.

Peter Leithart met ce chapitre [2 Pierre 3] dans son contexte pour nous :

« Mais où les moqueurs auraient-ils pris l’idée que Jésus reviendrait avant que les “pères” ne meurent ? C’est justement qui Jésus le leur avait dit. Tout le débat prend pour acquis que Jésus avait promis de revenir bientôt. Sans cette prémisse, ni les moqueries des moqueurs, ni la [Deuxième] épître de Pierre ne font de sens. Pierre et ses adversaires ne s’entendent pas sur la fiabilité de la promesse, mais ils s’entendent sur son contenu. » [3]

Les “pères” (2 Pierre 3:4) étaient les véritables pères de l’Église primitive. Quelques-uns d’entre-eux étaient morts après que Jésus ait fait la promesse qu’il reviendrait avant que ne passe leur génération (Matthieu 24:9,34 ; Jean 16:2 ; Actes 7:54-60 et 12:2).

SiegeJerusalem70

Il y a encore beaucoup à dire sur 2 Pierre 3. La section suivante fut écrite par le regretté David Chilton (1951-1997). David Chilton a laissé derrière lui une immense œuvre  sur l’eschatologie : Un commentaire verset par verset du Livre de l’Apocalypse (Days of Vengeance), un ouvrage sur les principes d’interprétation prophétique (Paradise Restored), et un exposé du discours du mont des Oliviers (The Great Tribulation).

·


·

L’analyse de David Chilton… et de John Owen

Selon la Deuxième épître de Pierre, Christ et les apôtres avaient averti que l’apostasie s’accélérerait vers la fin des « derniers jours » (2 Pierre 3:2-4 ; voir Jude 17-19) — La période de 40 ans entre l’ascension de Christ et la destruction du Temple en 70. [4] Pierre dit clairement que ces moqueurs des derniers jours étaient des apostats de l’Alliance : Familiers avec l’histoire de l’Ancien Testament et de la prophétie, c’étaient des juifs qui avaient abandonné l’Alliance abrahamique en rejetant Christ. Jésus avait prévenu à plusieurs reprises que sur cette génération méchante et perverse viendrait le grand « jour du jugement » annoncé par les prophètes, la « perdition des hommes impies », comme ce qu’ont souffert les méchants qui périrent aux jours de Noé (2 Pierre 3:5-7). Jésus fit cette analogie au cours de son ministère (Matthieu 24:37 et Luc 17-26-27). Tout comme Dieu détruisit le « monde » d’avant le Déluge, le « monde » de l’Israël du Ier siècle serait détruit par le feu lors de la chute de Jérusalem.

Pierre décrit ce jugement comme la destruction des « cieux » et de la « terre d’à présent » (3:7), faisant place à « de nouveaux cieux et une nouvelle terre » (3:13). À cause de la terminologie du style « univers qui s’effondre » utilisée dans ce passage, beaucoup ont pris pour acquis que Pierre parlait de la Fin ultime et matérielle des cieux et de la terre, plutôt que de la dissolution du monde de l’Ancienne Alliance. Un grand théologien puritain du XVIème siècle, John Owen, a répondu à cela en se référant à l’usage des termes « cieux » et « terre » qui est très caractéristiquement métaphorique dans la Bible, comme dans la description de l’Alliance mosaïque en Ésaïe :

« Car je suis l’Éternel ton Dieu, qui frappe la mer et fais mugir ses flots, de qui le nom est l’Éternel des armées. J’ai mis mes paroles dans ta bouche, et t’ai couvert de l’ombre de ma main, pour rétablir les cieux et fonder la terre, pour dire à Sion : Tu es mon peuple ! » (Ésaïe 51:15-16)

John Owen écrit :

« Le temps de l’accomplissement des évènements mentionnés ici, le rétablissement des cieux et la fondation de la terre, fut lorsque Dieu divisa la mer (v. 15), donna la loi (v. 16), et dit à Sion ‹ Tu es mon peuple ›, c’est-à-dire, lorsqu’il mena les enfants d’Israël hors d’Égypte, et les forma dans le désert en une Assemblée de croyants et un État civil. C’est alors qu’il établit les cieux et fonda la terre, qu’il fit un monde nouveau, c’est-à-dire qu’il apporta l’ordre, le gouvernement et la beauté au sortir de la confusion dans laquelle ils se trouvaient avant. C’est là le rétablissement des cieux et la fondation de la terre.

Il en est donc ainsi lorsqu’il est fait mention de la destruction d’un État et de son gouvernement, avec ce langage qui semble [a priori] parler de la Fin du monde. C’est le cas en Ésaïe 34, à propos de la destruction de l’État d’Édom. Nous voyons une affirmation semblable à propos de l’Empire romain en Apocalypse 6:14 […]. Et dans la prédiction de Christ notre Sauveur sur la destruction de Jérusalem, en Matthieu 24, il décrit tout ça par des expressions de la même importance. Il est donc évident que, dans l’idiome et la façon de parler prophétiques, par ‹ cieux › et ‹ terre ›, il est [souvent] question d’États civils & religieux, de collectivités d’hommes dans le monde. […] » [5]

Un autre texte de l’Ancien Testament, un parmi plusieurs qui pourraient être mentionnés, est Jérémie 4:23-31 – lequel annonce la chute imminente de Jérusalem en 587 av. J.-C. – dans un langage similaire de dé-création :

« Je regarde la terre, et voici elle est informe et vide ; et les cieux, et leur lumière n’est plus. […] Car ainsi a dit l’Éternel : Tout le pays sera dévasté [référence à la malédiction de Lévitique 26:31-33 ; voir une allusion à l’un de ses accomplissements en Matthieu 24:15 !] quoique je ne fasse pas une destruction entière. À cause de cela, la terre sera dans le deuil, et les cieux en haut seront noirs […]. »

Depuis le tout début, l’Alliance de Dieu avec Israël est exprimée en termes d’une nouvelle création : Moïse a décrit le salut d’Israël dans le désert en termes de l’Esprit de Dieu planant au dessus de la désolation, tout comme le premier jour de la création. [6] Dans l’Exode, comme à la création originelle, Dieu sépara la lumière des ténèbres (Exode 14:20), sépara les eaux des eaux pour qu’apparaisse la terre sèche (14:21-22), et planta son peuple sur sa montagne sainte (15:17). La formation d’Israël par Dieu est donc une image de la création, une récapitulation rédemptrice de la création du ciel et de la terre. Dans l’ordre de l’Ancienne Alliance, le monde entier était organisé autour du sanctuaire du Temple à Jérusalem. Il pouvait convenablement être décrit, avant sa dissolution finale, comme « les cieux et la terre d’à présent ». Le prédicateur du XIXème siècle, John Brown, écrit :

« Une personne familière avec la phraséologie de l’Ancien Testament sait que la dissolution de l’économie mosaïque, et l’établissement du christianisme, est souvent décrit comme la disparition des vieux terre & cieux, et la création de nouveaux terre & cieux. […] La période terminant une dispensation, ainsi que le commencement de l’autre, est désignée comme les ‹ derniers jours › et la ‹ fin du monde ›, elle est décrite comme une si grande agitation de la terre et des cieux qu’elle entraîne la disparition des choses qui furent agitées (Aggée 2:6-7 ; Hébreux 12:26-27). » [7]

[Poursuivons avec John Owen…]

« Donc, sur cette base, j’affirme que les cieux et la terre dont il est question dans la prophétie de Pierre, la venue du Seigneur, le jour du jugement et de perdition des hommes impies, mentionnés dans la destruction du ciel et de la terre, sont tous liés, non à l’ultime et final Jugement du monde, mais à la désolation et destruction totale de l’Église et de l’État judaïques. » [8]

…autrement dit, la chute de Jérusalem en 70 ap. J.-C.

Pierre parle-t-il de physique atomique ?

Cette interprétation est confirmée par une information supplémentaire de Pierre. Lors de cet imminent « jour du Seigneur » qui était sur le point d’arriver sur le monde du Ier siècle « comme un voleur » (Matthieu 24:42-43 ; Apocalypse 3:3), « les éléments embrasés seront dissous, et la terre, avec les œuvres qui sont en elle, sera entièrement brûlée » (2 Pierre 3:10, cf. v. 12).  Quels sont ces éléments ? Les soi-disant « littéralistes » assument à la légère que l’apôtre discute de physique, qu’il utilise ce terme pour parler d’atomes (ou encore de particules subatomiques), [c’est-à-dire] des composantes [matérielles] de l’univers. Ce que ces [prétendus] littéralistes ne savent pas, c’est que le mot « éléments » (stoicheia) est utilisé plusieurs fois dans le Nouveau Testament, mais jamais pour désigner l’univers physique !

(À cet égard, le commentaire vraiment trompeur de la New Geneva Study Bible [l’ancien nom de la Reformation Study Bible] sur ce passage va à l’encontre de son propre principe d’interprétation selon lequel « la Bible interprète la Bible ». Pour des significations possibles du mot, elle cite des philosophes grecs païens et des astrologues — mais jamais l’utilisation qu’en fait la Bible !)

Selon le Theological Dictionary of New Testament Words de Gerhard Kittel, malgré que ce mot soit utilisé de différentes façons dans la littérature païenne (s’y référent aux « quatre éléments » du monde physique [une fantaisie d’Empédocle d’Agrigente], ou aux « notes » dans une gamme musicale, ou aux « principes » de géométrie et de logique), les écrivains du Nouveau Testament utilisent ce terme « d’une nouvelle façon, décrivant stoicheia comme faible et misérable. Dans un sens transféré, les stoicheia sont les choses sur lesquelles l’existence pré-chrétienne repose, surtout dans la religion pré-chrétienne. Ces choses sont impuissantes ; elles apportent l’esclavage au lieu de la liberté. » [9]

À travers le Nouveau Testament, le mot « éléments » (stoicheia) est toujours utilisé en relation avec l’ordre de l’Ancienne Alliance. Paul utilise ce terme dans sa réprimande cinglante aux chrétiens de Galatie qui étaient tentés d’abandonner la liberté du Nouveau Testament pour un légalisme [judaïsant]. Décrivant les rituels et les cérémonies de l’Ancienne Alliance, il dit : « …nous étions sous l’esclavage des rudiments [stoicheia] du monde … maintenant que vous avez connu Dieu, ou plutôt que vous avez été connus de Dieu, comment retournez-vous encore à ces faibles et misérables rudiments [stoicheia], auxquels vous voulez vous assujettir de nouveau ? Vous observez les jours, les mois, les temps et les années… » (Galates 4:3 et 4:9-10).

[L’apôtre Paul] averti les Colossiens : « Prenez garde que personne ne vous séduise par la philosophie et par de vaines tromperies, selon la tradition des hommes, selon les rudiments [stoicheia] du monde, et non selon Christ … Si donc vous êtes morts avec Christ, quant aux rudiments [stoicheia] du monde, pourquoi vous charge-t-on de ces préceptes, comme si vous viviez encore au monde ? En vous disant : “Ne mange pas, ne goûte pas, ne touche pas” » (Colossiens 2:8 et 2:20-21).

L’auteur de l’Épître aux Hébreux les réprimande : « En effet, tandis que vous devriez être maîtres depuis longtemps, vous avez encore besoin d’apprendre les premiers éléments [stocheia] des oracles de Dieu ; et vous en êtes venus à avoir besoin de lait, et non de nourriture solide » (Hébreux 5:12). Selon le contexte, il est clair que l’auteur parle [d’éléments disparus] de l’Ancienne Alliance en particulier puisqu’il les connecte avec le terme « oracles de Dieu », une expression utilisée ailleurs dans le Nouveau Testament pour la révélation provisoire de l’Ancienne Alliance (voir Actes 7:38 ; Romains 3:2).

Ces citations de Galates, Colossiens et Hébreux contiennent toutes les incidences du mot stoicheia dans le Nouveau Testament. Aucune d’entre elles ne se réfère au monde physique ou à l’univers ; toutes parlent des « éléments » du système de l’Ancienne Alliance, lequel, selon les apôtres écrivant avant la destruction prochaine du Temple de l’Ancienne Alliance en 70 ap. J.-C., était « devenu ancien », avait « vieilli » et était « près de disparaître » (Hébreux 8:13). Pierre utilise le même terme exactement de la même façon. À travers le Nouveau Testament grec, le mot « éléments » (stoicheia) signifie toujours les éléments de l’alliance et non les éléments physiques ; [ce mot désigne] les éléments fondamentaux d’un système religieux qui était condamné à disparaître dans un terrible jugement (Matthieu 22:7).

En fait, Pierre était très spécifique à propos du fait qu’il ne se référait pas à un évènement 1000 ans [ou 2000 ans] dans le futur, mais à quelque chose qui allait se produire bientôt :

« Or, le jour du Seigneur viendra comme un larron dans la nuit ; en ce temps-là les cieux passeront avec fracas, et les éléments [stoicheia] embrasés seront dissous, et la terre, avec les œuvres qui sont en elle, sera entièrement brûlée. Puis donc que toutes ces choses doivent se dissoudre, quels ne devez-vous pas être par la sainteté de votre conduite et votre piété, attendant, et hâtant la venue du jour de Dieu, dans lequel les cieux enflammés seront dissous, et les éléments [stoicheia] embrasés se fondront ? » (2 Pierre 3:10-12)

Contrairement à l’interprétation trompeuse des traducteurs aveuglés par leurs présuppositions, Pierre insiste que la dissolution « des cieux et de la terre d’à présent » – le système de l’Ancienne Alliance avec ses rituels obligatoires et ses sacrifices sanglants – était déjà en train de se produire : l’univers de l’Ancienne Alliance tombait en morceaux, pour ne plus jamais être ré-assemblé [comme l’enseigne le Père de l’Église Athanase d’Alexandrie dans Sur l’incarnation du Verbe composé vers 335-337 :]

« Quand la prophétie et la vision cessèrent-ils en Israël ? N’est-ce pas lorsque Christ est venu, le Saint des saints ? En fait, c’est un signe et une preuve notoire de la venue du Verbe que Jérusalem ne tienne plus et qu’aucun prophète n’y soit élevé ni aucune vision révélé parmi eux. Et c’est naturel qu’il en soit ainsi, car quand Celui qui était signifié fut venu, avions-nous encore besoin de quelqu’un pour le signifier ? Et lorsque la Vérité fut venue, avions-nous encore besoin de l’ombre ? […] Et le royaume de Jérusalem cessa du même coup, les rois devaient être oints parmi eux seulement jusqu’à ce qu’on eut oint le Saint des saints. » [10]

Le message de Pierre, argumente le théologien puritain John Owen, est que « les cieux et la terre que Dieu a lui-même plantés – le soleil, la lune et les étoiles de l’Église et de l’État judaïques, l’ancien monde d’adoration [pervertie] et d’adorateurs [idolâtres], qui se démarquent dans leur obstination contre le Seigneur Christ – devront être perceptiblement dissous et détruits. » [11]

Comme nous l’avons vu, John Owen, auteur d’un commentaire en sept volumes sur l’Épître aux Hébreux, soutient que l’enseignement de 2 Pierre 3 à propos de la venue du « jour du Seigneur » n’était pas en rapport avec la fin physique de l’univers, mais avec l’Ancienne Alliance et la nation d’Israël. Il souligne que la phrase « les cieux et la terre » est souvent utilisée dans l’Ancien Testament comme une expression symbolique de la création alliancielle de Dieu, Israël (voir Ésaïe 51-15-20 ; Jérémie 4:23-31). [12]

Owen offre deux raison supplémentaires (« parmi plusieurs sur lesquelles on pourrait insister à partir du texte », dit-il) de reconnaître l’accomplissement de 2 Pierre 3 en 70 ap. J.-C. Premièrement, il fait remarquer que « peut importe ce qui est mentionné ici, cela était pour avoir une influence particulière sur les hommes de cette génération » [13]. Ceci est un point crucial, qui doit être reconnu clairement dans toute évaluation honnête de ce que l’apôtre voulait dire. Pierre est particulièrement préoccupé que ses lecteurs se souviennent des avertissements apostoliques à propos des « derniers jours » (v. 2-3 ; cf. 1 Timothée 4:1-6 ; 2 Timothée 3:1-9). Pendant ce temps, les moqueurs juifs de son époque, qui étaient de toute évidence familiers avec les prophéties bibliques de jugement, refusaient de tenir compte de ces avertissements (v. 3-5). [Deuxièmement, Pierre] exhorte ses lecteurs à vivre une vie sainte à la lumière de ce jugement imminent (v. 11 & 14) ; et ce sont ces premiers chrétiens qui sont enjoints « d’attendre et de hâter » activement le jugement (v. 12-14). C’est précisément la proximité de la catastrophe à venir que Pierre invoque afin de les motiver à s’appliquer à une vie sainte !

Objection réfutée

Une objection facile à l’exposé ci-dessus est de faire référence à ce qui est probablement le texte le plus connu – et le plus mal comprit – de la Deuxième épître de Pierre : « Toutefois, bien-aimés, n’ignorez pas une chose, c’est que pour le Seigneur un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour » (2 Pierre 3:8). Cela veut dire, nous dit-on, que « l’arithmétique de Dieu est différente de la nôtre », et donc que, lorsque l’Écriture utilise des termes comme « proche » et « bientôt » ou « à la porte » (par exemple Apocalypse 1:1-3 et Matthieu 24:33), cela ne ferait pas référence à des évènements qui approchent à grands pas, mais à des évènements possiblement éloignés de milliers d’années dans le futur ! Milton Terry a réfuté cette théorie en apparence plausible, mais fallacieuse :

« Ce langage vient d’une citation poétique du Psaume 90:4, et nous est donnée afin de démontrer qu’un espace de temps n’invalide pas les promesses de Dieu. […] Ceci est vraiment différent qu’affirmer que lorsque le Dieu Éternel promet une chose pour bientôt, et déclare qu’elle est proche et à la porte, il pourrait vouloir dire que ce sera mille ans dans le futur. Il pourrait prendre mille ans et plus pour accomplir une promesse indéfinie, mais ce qu’Il affirme être proche et à la porte, que nul homme ne le déclare lointain. » [14]

James Stuart Russell écrit avec consternation :

« Peu de passages ont autant souffert de déformation. On lui a fait parler un langage inconsistant avec son intention évidente, et même incompatible avec une stricte considération de la véracité.

Il y a probablement ici une allusion aux mots du Psalmiste, contrastant la brièveté de la vie humaine avec l’éternité de l’existence divine […] mais ce serait sûrement le summum de l’absurdité de considérer cette sublime image poétique comme le calculus de la mesure divine du temps, ou comme une justification afin d’ignorer complètement les indications de temps dans les prédictions et promesses de Dieu.

Il n’est pourtant pas inhabituel de citer ces mots comme un argument ou une excuse afin d’ignorer l’élément temporel des écrits prophétiques. Même dans les prédictions où un certain temps est spécifié, ou que des limitations comme ‹ bientôt ›, ‹ rapidement › ou ‹ à la porte › sont exprimées, ce passage [2 Pierre 3:8] est invoqué pour justifier un traitement arbitraire de tels notes de temps, de telle façon que ‹ bientôt › voudra dire ‹ tard ›, ‹ proche › voudra dire ‹ lointain ›, ‹ court › voudra dire ‹ long ›, et vice-versa. […]

Il est assurément nécessaire de rejeter très fortement une méthode aussi contre-intuitive d’interpréter le langage des Écritures. C’est plus que non-grammatical et déraisonnable, c’est immoral. Cela suggère que Dieu a deux poids et deux mesures dans sa relation avec les hommes, et que dans sa façon de compter il y a des ambigüités et une variabilité qui rendent impossible de ‹ rechercher pour quel temps et quelles conjonctures l’Esprit de Christ qui était en eux rendait témoignage d’avance › [1 Pierre 1:11 …]

Les Écritures elles-mêmes ne donnent toutefois aucune approbation à une telle méthode d’interprétation. La fidélité est un des attributs le plus fréquemment donné au ‹ Dieu qui garde son alliance ›, et la fidélité de Dieu, c’est ce que l’apôtre affirme dans ce passage même. […] L’apôtre ne dit pas que lorsque l’Éternel promet une chose pour aujourd’hui [ou demain matin], il pourrait ne pas accomplir sa promesse d’ici mille ans : ce serait de la négligence ; cela briserait la promesse. Il ne dit pas que Dieu, puisqu’il est infini et éternel, compte avec une arithmétique différente de la nôtre, ou qu’il nous parle à double sens, ou qu’il utilise différents poids et mesures dans ses relations avec les hommes. C’est l’inverse qui est vrai. […]

Il est évident que le but de l’apôtre dans ce passage est de donner à ses lecteurs la plus forte assurance que la catastrophe imminente des derniers jours est sur le point d’arriver. La véracité et la fidélité de Dieu étaient la garantie de l’accomplissement ponctuelle de la promesse. S’il avait voulu dire que le temps n’était qu’un paramètre variable [élastique] dans la promesse de Dieu, cela aurait rendu nul son propre enseignement, que ‹ le Seigneur ne retarde point l’exécution de sa promesse › (v. 9). » [15]

Prémices de la nouvelle création

Continuant son analyse, John Owen cite 2 Pierre 3:13 : « Or, nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habite. » Owen demande : « Quelle est cette promesse ? Où pourrions-nous la trouver ? » Bonne question. Connaissez-vous la réponse ? À quel endroit, dans l’Ancien Testament, Dieu promet-il de nouveaux cieux et une nouvelle terre ? Soit dit en passant, ceci soulève un point encore plus grand et plus fascinant : Lorsque le Nouveau Testament rapporte ou cite un texte de l’Ancien Testament, c’est souvent une bonne idée de retrouver la citation originale, de voir ce qu’elle voulait dire dans son contexte original, et de voir ensuite la tournure que lui donne l’auteur du Nouveau Testament. Par exemple, la prophétie d’Ésaïe concernant un gigantesque projet de construction routière [Ésaïe 40:3-5] n’est pas interprétée littéralement dans le Nouveau Testament, mais métaphoriquement en la personne et l’enseignement de Jean-Baptiste [Luc 3:4-6]. Mais John Owen, cet érudit puritain, connaît sa Bible mieux que la plupart d’entre nous, et il nous indique exactement l’endroit de l’Ancien Testament qui prédit « de nouveaux cieux et une nouvelle terre » :

« Quelle est cette promesse ? Et où pourrions-nous la trouver ? Nous la trouvons dans les mots d’Ésaïe 65:17. Maintenant, quand Dieu créera-t-il ces ‹ nouveaux cieux et cette nouvelle terre, où habite la justice › ? Pierre dit que ce sera après la venue du Seigneur, après le jugement et la destruction des hommes impies, qui n’obéissent pas à l’Évangile. Dès à présent, il est évident, selon Ésaïe 66:21-22, que cette prophétie concerne les temps de l’Évangile, et que la création de ces nouveaux cieux n’est rien d’autre que la création des ordonnances de l’Évangile, qui dureront à toujours. La même chose est exprimée en Hébreux 12:26-28. [16]

Owen touche droit au but, posant la question que beaucoup trop d’enseignants auraient dû se poser : Où Dieu a-t-il promit de créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre ? La réponse, comme le dit correctement Owen, se trouve seulement dans Ésaïe 65 & 66 — des passages qui prophétisent clairement la période de l’Évangile, mise en place par l’œuvre de Christ. Selon Ésaïe lui-même, cette nouvelle création ne peut pas être un état éternel, puisqu’elle contient la naissance et la mort, la construction et l’agriculture (65:20-23). Les nouveaux cieux et la nouvelle terre promis à l’Église comprennent l’âge de la Nouvelle Alliance [qui culmine par] le triomphe de l’Évangile, lorsque l’humanité entière aura plié le genou devant le Seigneur (66:22-23).

[Pour bien comprendre cette facette de la prophétie de 2 Pierre 3 à la lumière d’Hébreux 12 et d’Ésaïe 65 & 66, il faut tenir compte de la doctrine du chevauchement de l’ancienne et de la nouvelle créations, laquelle est expliquée à la section 5.4 du document consultable ici.]

John Bray écrit : « Ce passage [Ésaïe 65 & 66] est une description grandiose de l’âge de l’Évangile après que Christ soit venu en jugement en l’an 70 et qu’il enleva les cieux et la terre anciennes. Nous avons maintenant les nouveaux cieux et la nouvelle terre de l’âge de l’Évangile. » [17] L’encouragement de Pierre à l’Église de son temps était d’être patient, d’attendre le jugement de Dieu, la destruction de ceux qui persécutaient la foi et empêchaient son progrès. « La fin de toutes choses est proche » écrivait-il plus tôt (1 Pierre 4:7). John Brown commente :

« Ici, ‹ la fin de toutes choses › est la fin de l’économie juive par la destruction du Temple et de la ville de Jérusalem, et la dispersion [de l’ancien] peuple saint. C’était imminent, puisque cette épître semble avoir été écrite vraiment peu de temps avant ces évènements. […] C’est évident que dans les prédictions de notre Seigneur, les expressions ‹ la fin › et probablement ‹ la fin du monde › sont utilisées en référence à la dissolution complète de l’économie juive (voir Matthieu 24:3,6,14,34 ; Romains 13:11-12 ; Jacques 5:8-9). [18]

Une fois que le Seigneur fut venu pour détruire l’échafaudage de la structure de l’Alliance Alliance, le Temple de la Nouvelle Alliance serait laissé à sa place, et la marche victorieuse de l’Église ne pourrait être stoppée. Selon le dessein prédestiné de Dieu, le monde sera converti ; les trésors de la terre seront apportés à la Cité de Dieu, alors que le Mandat créationnel (Genèse 1:28) [et la Grande commission] (Matthieu 28:18-20) [seront graduellement réalisés].

Voilà pourquoi les apôtres affirmaient constamment que l’âge de la consommation avait déjà été mis en œuvre par la Résurrection et l’Ascension de Christ, qui déversa l’Esprit-Saint. Paul, en parlant de l’homme racheté, dit que « si donc quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature ; les choses vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles » (2 Corinthiens 5:17). Jean, décrivant sa vision de la culture rachetée, dit la même chose : « Je vis ensuite un ciel nouveau et une terre nouvelle […] car les premières choses sont passées […] Voici, je fais toutes choses nouvelles » (Apocalypse 21:1-5). L’auteur de l’Épître aux aux Hébreux réconforte ses lecteurs du Ier siècle avec l’assurance qu’ils sont déjà arrivés « à la Cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste » (Hébreux 12:22, Bible Martin ; voir Galates 4:26). Alors que les anciens cieux et l’ancienne terre étaient [métaphoriquement] réduits en miettes, les premiers chrétiens recevaient un « royaume qui ne peut être ébranlé », le Royaume éternel de Dieu, apporté par son Fils (Hébreux 12:26-28). Milton Terry a écrit :

« Le langage de 2 Pierre 3:10-12 est emprunté à Ésaïe 34:4, et se limite à la parousia [‹ venue › / ‹ présence ›], tout comme le langage de Matthieu 24:29. Alors, le Seigneur ébranla ‹ non seulement la terre, mais aussi le Ciel › (Hébreux 12:26), et retira les choses qui furent ébranlées afin d’établir un royaume inébranlable. » [19]

Il est crucial de noter que l’apôtre pointe continuellement l’attention de ses lecteurs sur des évènements qui ont déjà commencé à avoir lieu, et non sur des choses qui allaient avoir lieu des milliers d’années dans le futur. Autrement, sa conclusion n’aurait aucun sens : « C’est pourquoi, bien-aimés, en attendant ces choses, efforcez-vous d’être trouvés sans tache et sans reproche […] Vous donc, bien-aimés, qui êtes avertis, soyez sur vos gardes, de peur qu’entraînés par l’égarement des impies, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté » (2 Pierre 3:14-17).  Si ces choses se réfèrent à un holocauste thermonucléaire du XXIème siècle, pourquoi cet apôtre inspiré donne-t-il une exhortation aussi sérieuse à des centaines de lecteurs qui ne vivront pas pour voir les choses qu’il prédit ? Une règle cardinale d’interprétation des Écritures est que la Bible interprète la Bible ; [une ramification de cette règle est] que le Nouveau Testament est le commentaire inspiré par Dieu lui-même sur la signification de l’Ancien Testament.

Pierre déclara qu’une fois les vieilles choses retirées, l’âge de Christ serait pleinement établi, une ère « où régnera la droiture » (2 Pierre 3:13, BDP). La caractéristique distinctive de cette nouvelle ère, contrastant avec celle qui l’avait précédé, sera la droiture — une droiture grandissante, pendant que l’Évangile sera libre de poursuivre sa mission vers les nations. Il y a eu plusieurs combats à travers l’histoire de l’Église, bien sûr, et il reste beaucoup de batailles à livrer, mais ceci ne doit pas nous aveugler sur le progrès réel que l’Évangile a fait et continue de faire dans le monde. Le Nouvel Ordre Mondial du Seigneur Jésus-Christ est arrivé. Selon la promesse de Dieu, la connaissance salvatrice de l’Éternel remplira toute la terre, comme les eaux couvrent la mer (Ésaïe 11:9).

Références

  1. Gordon Haddon Clark, II Peter : A Short Commentary, Presbyterian & Reformed Publishing, Phillipsburg (New Jersey), 1975, p. 64.
  2. Jay Edwards Adams, Trust and Obey : A Practical Commentary on First Peter, Presbyterian & Reformed Publishing, Phillipsburg (New Jersey), 1978, p. 129-130. Adam Clarke (1762-1832) écrit ce qui suit dans son commentaire sur 1 Pierre 4:7 : « Pierre dit que la fin de toutes choses est proche ; et il dit cela alors que Dieu avait déterminé de détruire le peuple juif et sa politique [anti-chrétienne] par un des plus grands jugements à être tombé sur une nation ou un peuple. Très peu d’années après l’écriture de cette épître par Pierre – même si on prend la date estimée la plus tôt (60 ou 61 ap. J.-C.) – Jérusalem fut détruite par les Romains. C’est à cette destruction, qui était alors littéralement “proche”, que l’apôtre fait allusion lorsqu’il dit que “la fin de toutes choses est proche” : la fin du Temple, la fin de la prêtrise lévitique, la fin de toute l’économie juive, était alors proche. » Adam Clarke, Commentary on The New Testament of Our Lord and Saviour Jesus Christ, Vol. 2, Carlton & Porter, New York, 1810, p. 864.
  3. Peter James Leithart, The Promise of His Appearing : An Exposition of Second Peter, Canon Press, Moscow (Idaho), 2004, p. 83.
  4. Pour une défense de cette position, consultez David Chilton, Paradise Restored : A Biblical Theology of Dominion, 2ème éd., Dominion Press, Fort Worth (Texas), 2007 (1985), p. 112-122. Le fait est que lorsque l’Écriture emploie le vocable « derniers jours » (et autre expressions similaires) cela signifie, très souvent, non la fin de l’univers matérielle, mais la période de l’an 30 à l’an 70 de notre ère — la période durant laquelle les apôtres prêchaient et écrivaient, les « derniers jours » de l’Israël de l’Ancienne Alliance avant qu’il ne soit détruit pour toujours via la destruction du Temple (et avec lui l’abolition du système sacrificiel de l’A.A.) décrite par Jésus dans son discours sur le mont des Oliviers (Matthieu 24:1-34 ; Actes 2:16-21 ; 1 Timothée 4:1-3 ; 2 Timothée 3:1-9 ; Hébreux 1:1-2, 8:13 et 9:26 ; Jacques 5:7-9 ; 1 Pierre 1:20 et 4:7 ; 1 Jean 2:18 ; Jude 17-19). Voir aussi l’excellent livret de John Bray, Are We Living in the Last Days ?, John L. Bray Ministry, Lakeland (Floride), 1994, 24 p., ainsi que l’ouvrage de Gary DeMar, Last Days Madness : Obsession of the Modern Church, 4ème éd., American Vision Press, Powder Springs (Géorgie), 1999, 443 p.
  5. John Owen, Providential Changes : An Argument for Universal Holiness {prédication sur 2 Pierre 3:11-14}, édité par William Goold, The Works of John Owen, Vol. 9 : Sermons to the Church, Banner of Truth, Édimbourg (Lothian), 1965, p. 134.
  6. David Chilton, Paradise Restored, op. cit., p. 59.
  7. John Brown, Discourses and Sayings of Our Lord, Vol. 1, Banner of Truth, Édimbourg (Lothian), 1967, p. 171 ss.
  8. John Owen, Providential Changes, loc. cit., p. 134.
  9. Gerhard Kittel et Gerhard Friedrich, Theological Dictionary of the New Testament, édité par Geoffrey Bromiley, Eerdmans Publishing, Grand Rapids (Michigan), 1985, p. 1088.
  10. Athanase d’Alexandrie, On the Incarnation of the Word of God, Macmillan Publishers, New York, 1946, p. 61 ss.
  11. John Owen, Providential Changes, loc. cit., p. 135.
  12. John Owen, Providential Changes, loc. cit., p. 135.
  13. John Owen, Providential Changes, loc. cit., p. 134.
  14. Milton Spenser Terry, Biblical Hermeneutics : A Treatise on the Interpretation of the Old and New Testaments, 2ème éd., Zondervan Academic, Grand Rapids (Michigan), 1974, p. 406.
  15. James Stuart Russell, The Parousia : The New Testament Doctrine of Our Lord’s Second Coming, Baker Books, Grand Rapids (Michigan), 1983, p. 321 ss.
  16. John Owen, Providential Changes, loc. cit., p. 134 ss.
  17. John Bray, Heaven and Earth Shall Pass Away, John L. Bray Ministry, Lakeland (Floride), 1995, p. 26.
  18. John Brown cité dans Roderick Campbell, Israel and the New Covenant, Evangelical Press, Welwyn (Hertfordshire), 2010 (1954), p. 107.
  19. Milton Spenser Terry, Biblical Hermeneutics, op. cit., p. 489.

L’Église, c’est l’Église, et Israël, c’est Israël. Puissent-ils ne jamais être confondus. Voilà ce que soutiennent les dispensationalistes et les autres adhérents (conscients ou inconscients) de la théologie de la double alliance (dual covenant theology), qui prétendent que les Juifs ethniques sont le peuple allianciel de Dieu plutôt que les chrétiens (ou, au mieux, que Dieu a deux peuples allianciels séparés et deux moyens de salut différents). Pourquoi cette position est-elle erronée ?

Les des noms, appellations, qualificatifs, etc. que Dieu a utilisé pour Israël dans l’Ancien Testament sont massivement appliquées à l’Église dans le Nouveau Testament. Par exemple…

En Nombres 16.3 et Deutéronome 33.3, Dieu appelle Israël « saints ».
Dans Éphésiens 1.1 et Romains 1.7, il appelle l’Église « saints ».

En Deutéronome 7.6-7 et 14.2, Il identifie Israël comme « l’élu ».
Dans Colossiens 3.12, Tite 1.1 et Éphésiens 1, Il appelle l’Église « les élus ».

En Deutéronome 7.7-8 et 4.37, Il s’adresse à Israël comme le « bien-aimé ».
Dans Colossiens 3.12 et 1 Thessaloniciens 1.4, il s’adresse à l’Église comme « bien-aimé ».

En Ésaïe 41.9 et 43.1, Dieu explique qu’Israël a été « appelé ».
Dans le Nouveau Testament, Il dit aux saints dans Romains 1.6-7 et Colossiens 1.2 qu’ils sont les « appelés ».

En Ézéchiel 34 et Psaumes 77.20, Dieu considère Israël comme Son « troupeau ».
Dans Luc 12.32, Actes 20.28 et 1Pierre 5.2, c’est l’Église qui est Son « troupeau ».

En Exode 19.5-6, Dieu dit à Israël qu’ils sont une nation sainte, un « royaume de sacrificateurs et une nation sainte ». Dans 1 Pierre 2.9-10, l’apôtre dit à l’Église : « Mais vous, vous êtes la race élue, la sacrificature royale, la nation sainte, le peuple acquis, pour annoncer les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière ; Vous qui autrefois n’étiez point un peuple, mais qui êtes maintenant le peuple de Dieu ; vous qui n’aviez point obtenu miséricorde, mais qui maintenant avez obtenu miséricorde. »

En Deutéronome 7.6, Dieu déclare Israël saint (dans le sens de consacré, ou mis à part).
Dans 1 Pierre 1.15-16, c’est l’Église qui est sainte et mise à part.

En Lévitique 26.11, Dieu dit qu’Il « tabernacle » (ou habite) parmi Israël.
Dans le Nouveau Testament, Jean nous dit : « et la Parole a été faite chair, et a habité [tabernaclé] parmi nous » (Jean 1.14).

Dieu est marié à Israël en Ésaïe 54.4 ; Jérémie 3.14 et 6.2 ; 31.21 ; et Osée 2.19.
Dans le Nouveau Testament, c’est l’Église qui est mariée à Dieu par le Christ (qui est Dieu) dans Éphésiens 5.22-23 et 2 Corinthiens 11.2.

Comme si cela ne suffisait pas, Dieu dit en Lévitique 26.12, « Et je marcherai au milieu de vous ; je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple. » Dans 2 Corinthiens 6.16-18, l’apôtre Paul, sous l’inspiration du Saint-Esprit, écrit : « Et quel rapport entre le temple de Dieu et les idoles ? Car vous êtes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai au milieu d’eux et j’y marcherai ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. »

Source : cette capsule produite par Nicene Council

Traduction : Libre avec Dieu

Compléments hors-site :

Source : Un chapitre de l’ouvrage Jesus v. Jerusalem de Joel McDurmon | Traduction par Libre avec Dieu | Retouches par Le Monarchomaque.

+ + + + +

Le concept d’« Antéchrist » fait aujourd’hui fermement partie de la culture populaire évangélique. D’innombrables enseignements chrétiens en font mention. Ce terme désignerait un certain personnage satanique qui s’élèvera à la fin des temps pour gouverner le monde, tuer les chrétiens et les juifs et soumettre les populations sous un système économique mondial par le moyen d’une marque contenant le nombre 666. Si vous entendez un prêcheur parler de « l’Antéchrist » dans un sermon sur la fin des temps, et qu’il lui attribue les caractéristiques susdites, il est évident qu’il a gobé dogmatiquement et sans trop se poser de question un système théologique sur la fin des temps qui n’est pas biblique, car un tel personnage n’apparaît nulle part dans la Bible.

La croyance populaire

Voici comment un des plus célèbres enseignants sur « les temps de la fin » décrit l’Antéchrist. D’un seul jet, il raconte que « les prophéties bibliques prédisent clairement l’avènement de l’Antéchrist dans les derniers temps et plus de 100 passages de l’Écriture décrivent ses origines, sa nationalité, ses traits de caractère, sa carrière et sa conquête mondiale. Le terme Antéchrist correspond autant à l’individu qu’au système qu’il représente. » [1]

Remarquez bien comment LaHaye et Hindson utilisent le terme « Antéchrist » pour décrire un présumé personnage qui viendra diriger le monde à la fin des temps. De même, un site web pro-dispensationaliste publia un article intitulé « Qui est l’Antéchrist ? » dans lequel l’auteur, Britt Gillette, enseigne que « l’Antéchrist est une personne bien réelle. Durant la période de 7 ans qui précèdera la glorieuse apparition de Jésus Christ, l’Antéchrist aura un pouvoir global sans précédent. » [2]

L’étudiant de la Bible ne devrait pas accepter de telles affirmations sans au moins se poser la question : qu’est-ce que la Bible nous dit à propos de l’ « Antéchrist » ? Le chrétien sérieux devrait s’éloigner de ce genre de déclarations spectaculaires au sujet d’un dictateur surnaturel et étudier les textes fondamentaux.

L’« Antéchrist » dans la Bible

Comme je l’ai affirmé plus tôt, le personnage de l’« Antéchrist » n’apparaît pas dans la Bible, du moins, pas d’une façon qui pourrait ressembler à tout ce qu’on déclare à son sujet. En fait, le terme « antéchrist » lui-même n’apparaît qu’à très peu d’endroits. Ceci pourrait surprendre les chrétiens qui se sont fait dire toute leur vie que la Bible prophétisait un tel dictateur, sans oublier LaHaye et ses 100 passages pouvant soi-disant nous enseigner sur ce personnage. Voici la preuve de ce que nous avançons :

Le mot « antéchrist » nous vient directement du mot grec antichristos. Il apparaît seulement 5 fois dans toute l’Écriture (incluant ses variations grammaticales). Nous le rencontrons pour la première fois dans la première lettre de Jean (1 Jn 2.18). L’introduction du terme se fait sans l’article défini. [3] Littéralement, le texte va comme suit : « Enfants, c’est ici la dernière heure; et comme vous avez entendu dire qu’antéchrist vient, et il y a dès maintenant plusieurs antéchrists, par où nous connaissons que c’est la dernière heure. » (1 Jn 2.18).

De ce premier verset, au moins trois choses sont irréfutablement claires :

  1. « Antéchrist » n’est pas une seule personne. Il s’agit plutôt du terme descriptif d’un groupe, ou d’un type de personne, et non un titre spécialement réservé à une seule personne. Jean n’avait pas l’intention de décrire un dictateur mondial venant accomplir le rôle qui lui avait été prophétisé. Jean annonce plutôt l’arrivée de « plusieurs antéchrists. » Au verset suivant, il exprime la même idée en déclarant que ces antéchrists « n’étaient pas des nôtres; car s’ils [pluriel] eussent été des nôtres, ils [pluriel] seraient demeurés avec nous; mais c’est afin qu’il fût manifesté que tous ne sont pas des nôtres. » (1 Jn 2.19)
  2. Ces antéchrists étaient présents à l’époque où Jean écrivait ces lignes. Nous ne devons plus attendre une apparition dans notre avenir. Jean affirme que « c’est ici », « dès maintenant » que ces antéchrists « sont sortis d’entre nous. » L’affaire est close.
  3. Écrivant sous l’inspiration du Saint-Esprit, Jean interpréta la manifestation de ces antéchrists comme la preuve que lui et ses lecteurs vivaient dans « la dernière heure » ou encore les « derniers temps. » À moins que la dernière heure n’ait duré 2000 ans, nous pouvons donc affirmer que les temps de la fin se rapportent à l’époque de Jean et non à la nôtre. Cela devrait en obliger quelques-uns à revoir l’idée qu’ils se font des derniers temps.

C’est là le premier, et le principal texte faisant mention de l’antéchrist. Le mot apparaît quelques fois encore [dans les épîtres de Jean], nous le verrons dans quelques instants, mais remarquez bien que, mises à part les deux premières lettres de Jean, le terme « antéchrist » n’apparaît nulle part ailleurs dans la Bible, même pas dans le Livre de l’Apocalypse.

Nous avons vu jusqu’à présent les deux premières occurrences du mot en 1 Jn 2.18. Dans le même discours, Jean donne à ses lecteurs le moyen de savoir si un antéchrist se trouve parmi eux. Il écrit : « Qui est menteur, si ce n’est celui qui nie que Jésus est le Christ ? Celui-là est l’antéchrist (1 Jn 2.22) ». Bien que ce passage fait usage de l’article défini « l’ » (tant dans le grec que dans la traduction française), il est clair que, comme Jean a déjà établi l’idée qu’antéchrist était un groupe de personnes en général au verset 18, il propose maintenant des critères par lesquels ses lecteurs pourront juger des cas spécifiques (définis) d’hérésie parmi eux. Il individualise son langage en conséquence.

Le même principe s’applique en 1 Jn 4.3 où Jean pousse plus loin les critères de jugement : « Et tout esprit qui ne confesse pas Jésus-Christ venu en chair, n’est point de Dieu. Or, c’est là celui de l’antéchrist, dont vous avez entendu dire qu’il vient, et qui est déjà à présent dans le monde. » La phrase « c’est là celui de l’antéchrist » est une description de l’esprit qui renie Jésus. Autrement dit, cela signifie : « cet esprit de reniement, c’est l’esprit de l’antéchrist. » C’est pourquoi tant de traductions se sentent obligées d’ajouter une deuxième fois le mot « esprit » même s’il n’y en a qu’un dans le texte grec (voir exemples). Cette fois encore, l’article « l’ » apparaît, mais sa fonction est claire, il détermine un cas spécifique et défini de cette hérésie. Tout cela s’appuie sur l’enseignement précédent de Jean au sujet du terme antéchrist : tester les enseignants afin de démasquer les hérésies. Donc, « éprouvez les esprits » poursuit Jean en ouverture du chapitre 4, « car plusieurs faux prophètes (tout comme les antéchrists en 2.18) sont venus dans le monde » (4.1)

L’autre instance du terme survient en 2 Jn 7. Elle renforce et solidifie ce que nous avons dit jusqu’à maintenant. Jean répète le même enseignement presque verbatim, avertissant que « plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde, qui ne confessent point que Jésus est venu en chair. Un tel homme est le séducteur et l’antéchrist. »

L’article défini y apparaît encore, mais il est clair qu’il fait la description d’un groupe. Au pire, Jean pourrait vouloir faire référence à une force surnaturelle unique se cachant derrière ces nombreux « séducteurs », « faux prophètes » et « antéchrists »; mais même là, il ne pourrait s’agir d’un seul individu qui viendra dans notre futur. Cela voudrait simplement dire que, tout comme les pharisiens étaient les enfants du diable « le père du mensonge » (Jn 8.44), ces antéchrists seraient les enfants de cet antéchrist spirituel, le diable. Ce n’est pas nécessairement la bonne interprétation, mais c’est une possibilité.

L’enseignement biblique à propos de cet antéchrist découle donc de ces cinq brèves apparitions du terme à l’intérieur de quatre versets. Ces versets nous enseignent au moins ceci : il y avait plusieurs antéchrists au temps de Jean et leur apparence confirma que la génération de Jean était dans les derniers temps, voire même, dans la dernière heure.

Toutes interprétations sur l’antéchrist qui dévieraient de ces enseignements fondamentaux risqueraient d’ajouter ou de retrancher à la Parole de Dieu. L’Écriture ne nous permet tout simplement pas d’utiliser le terme « l’Antéchrist » pour parler d’un personnage unique encore à venir. Malheureusement, c’est ce que beaucoup font et continuent de faire.

L’erreur de « l’Antéchrist recomposé »

Les données bibliques sur l’antéchrist sont courtes, mais très claires. Cela n’empêche pas pour autant une multitude de chrétiens d’imposer ce terme à d’autres personnages bibliques pour qui ce titre ne leur est aucunement réservé. Il s’ensuit une sérieuse confusion.

Par exemple, LaHaye et Hindson affirment que « la Bible utilise différents noms et titres pour cette personne communément appelée l’Antéchrist. » [4] Dans l’article cité précédemment, Gillette nous sort une longue liste de ces soi-disant noms :

  • La postérité de Satan (Genèse 3.15);
  • La petite corne (Daniel 7.8);
  • Un roi au visage audacieux et entendu dans l’artifice (Daniel 8.23);
  • Un conducteur qui viendra (Daniel 9.26);
  • Le désolateur (Daniel 9.27);
  • Le roi qui fera tout ce qu’il voudra (Daniel 11.36);
  • Le roi d’Assur (Ésaïe 10.12);
  • Le pasteur de néant qui abandonne le troupeau (Zacharie 11.17);
  • Le fils de la perdition (2 Thessaloniciens 2.3);
  • L’impie (2 Thessaloniciens 2.8);
  • L’Antéchrist (1 Jean 2.18);
  • La Bête (Apocalypse 13.11).

Remarquez bien que Gillette fait référence au terme « antéchrist » de 1 Jean 2.18. Comme nous l’avons vu précédemment, il n’y a même pas l’article « l’ » dans ce passage ! Ce titre est donc une pure invention ayant pour but de promouvoir une idée théologique préconçue.

Bien sûr, après avoir créé ce concept de toutes pièces, il ne reste pour ces enseignants qu’à identifier chaque vilain et chaque faux prophète de la Bible avec ce personnage. Le théologien Benjamin B. Warfield nomma cette pratique « la photographie composite » qui s’obtient en connectant « antéchrist » à l’homme du péché de Paul, ou encore la Bête de l’Apocalypse, et encore bien d’autres. [5]

C’est de ce type de construction doctrinale qu’émerge « l’Antéchrist », ce mythe, voire même ce pâté chinois de versets bibliques, concocté avec beaucoup d’imagination et de superstition. Il n’existe pas dans l’Écriture; c’est une invention de théologiens dépendants d’un système eschatologique particulier.

Afin de contourner l’affirmation claire de l’Écriture, ces gentlemen doivent ajouter à la Parole de Dieu. Même après avoir affirmé à quel point la définition du terme était très limitée, LaHaye et Hindson s’en détournent immédiatement. Ils écrivent d’abord : « Fait intéressant, le terme antéchrist (anitchristos en grec) n’apparaît seulement qu’en 1 Jean 2.18, 4.3 et 2 Jean 7. » Ils avouent même qu’il ne s’applique pas à un individu en particulier : « L’apôtre Jean l’utilise autant au singulier (l’antéchrist) qu’au pluriel (les antéchrists). » Ils refusent pourtant d’interpréter le singulier hors de leur système théologique; ils voient dans les mots de Jean leur méga-vilain imaginaire : « Jean informe ses lecteurs qu’ils ont entendu dire que l’Antéchrist viendra dans le futur. » [6]

Jean ne dit rien de tout cela. Comme nous l’avons vu, ce verset exclut spécifiquement l’article défini. LaHaye et Hindson en ajoutent pourtant un, et ils le mettent en italique afin de souligner leur point de vue. C’est un tour de passe-passe : ils placent là un caractère pour cacher leur préjugé théologique; ils ont ajouté aux mots de Jean. C’est cependant un mauvais tour, puisqu’il révèle plutôt leur point de vue biaisé.

De plus, Jean n’affirme pas que « l’Antéchrist viendra dans le futur, » il rappelle simplement à ses lecteurs que « l’Antéchrist vient. » Le temps du verbe est au présent, et non au futur. Jean ajoute ensuite le fait que « plusieurs antéchrists » sont déjà venus comme étant la preuve que la prophétie s’était accomplie, et que c’est grâce à cela qu’il pouvait savoir (avoir la certitude) qu’ils vivaient dans la dernière heure. La manifestation de l’antéchrist comme étant plusieurs antéchrists était l’accomplissement de la prophétie de Jésus pour leur temps de la fin (Mt 24.4-5, 23-28). Cela n’a rien à voir avec un méchant dictateur qui viendra dans le lointain futur.

Pour que leur « montage photographique » se tienne, LaHaye et Hindson doivent ignorer la signification que donne Jean aux plusieurs antéchrists.  Ils admettent que c’est ce que Jean affirme, mais ils ajoutent à la Parole de Dieu en déclarant qu’il « décrit ces antéchrists de moindre importance comme des menteurs qui nient que Jésus est le Christ. » [en page 222 ?] Avez-vous remarqué l’addition du qualificatif « de moindre importance » ? Afin de conserver leur croyance au sujet de la venue future de « l’Antéchrist, » ils minimisent ce que Jean enseigne. Les mots « de moindre importance » sont un ajout à la Parole de Dieu.

Cet ajout tord le sens de l’Écriture sur le sujet d’antéchrist. Cela voudrait donc dire qu’il existe un « Antéchrist suprême, » et que nous devons tenir pour acquis qu’il arrivera dans le futur. Alors, à moins de réunir tous les méchants dirigeants de la Bible, d’en extraire une prophétie imaginaire fondée sur cet amalgame et de donner à ce Frankenstein le nom « d’Antéchrist », aucun personnage du genre ne saurait se glisser dans nos discussions théologiques. La seule chose qui pourrait s’en approcher, ce serait d’interpréter l’esprit de l’antéchrist comme étant une force transcendante, animant ces nombreux antéchrists. Comme nous en avons discuté plus tôt, ceci ne voudrait pas dire qu’il s’agit d’une personne particulière qui fera son apparition dans l’histoire.

La Bible est si simple et si claire qu’il devient intéressant de constater que des enseignants comme Gillette s’écartent du vrai sens de l’Écriture au profit de leur point de vue théologique :

Malgré le fait que beaucoup de gens affirment que la Bible ne fait aucune mention d’un individu comme étant l’Antéchrist, qu’il s’agirait plutôt de « l’esprit de l’Antéchrist, » une image complète de cet infâme personnage ressort d’une lecture approfondie de l’Écriture.

Il cite ensuite le catalogue de vilains personnages bibliques mentionné plus haut. Pire encore, je suis abasourdi de constater que dans un texte de 2400 mots bravement intitulé « Qui est l’Antéchrist ? » il n’y ait aucune discussion sur les passages où le mot apparaît. Il ne fait qu’une petite mention de 1 Jn 2.18 comme étant un verset contenant le titre de l’Antéchrist, mais nous avons vu que l’article défini n’était pas dans le texte grec. On s’attendrait à ce qu’un article sur le sujet fasse au moins l’exégèse des cinq endroits où le terme apparaît. Gillette ratisse plutôt le reste de l’Écriture afin d’y trouver tous les méchants qu’il peut trouver dans les prophéties pour ensuite affirmer que ceux-ci sont l’Antéchrist. Le problème est évident : au lieu de laisser la Bible définir le terme « Antéchrist » et d’interpréter le reste de l’Écriture en conséquence, les enseignants comme Gillette inventent tout d’abord la définition du terme, et recherchent ensuite les Écritures pour y introduire de force leur interprétation.

Une conclusion logique

Nous savons maintenant que le concept populaire d’Antéchrist est un mythe. La question « Qui est l’Antéchrist ? » devient donc une erreur de logique.  La réponse adéquate à la question « Qui est l’Antéchrist ? » est « Je rejette l’idée préconçue qu’un tel personnage existe ! »

Références

  1. Tim LaHaye et Edward Hindson (éds.), The Popular Encyclopedia of Bible Prophecy, Harvest House Publishers, Eugene (Oregon), 2004, p. 23.
  2. Britt Gillette, « Who is the Antichrist ? », Rapture Ready, en date du 10 mars 2011.
  3. Certaines traductions anglaises ajoutent « the » malgré tout, mais il n’y aucune raison pour cela. Certains traducteurs imaginent qu’une règle grammaticale grecque compliquée l’exige (la soi-disant « règle de Colwell »), mais celle-ci ne s’applique pas nécessairement ici.
  4. Tim LaHaye et Edward Hindson (éds.), The Popular Encyclopedia of Bible Prophecy, op. cit., p. 24.
  5. Voir Benjamin Breckinridge Warlfield tel que cité par Kim Riddlebarger, The Man of Sin : Uncovering the Truth about the Antichrist, Baker Books, Grand Rapids (Michigan), 2006, p. 80 ; remarquez que même l’auteur (de confession calviniste et amillénariste) ajoute l’article défini « the » dans son sous-titre.
  6. Tim LaHaye et Edward Hindson (éds.), The Popular Encyclopedia of Bible Prophecy, p. 23 ; ils mettent même l’accent sur l’article défini « l’Antéchrist ».

« Le racisme anti-Français n’existe-pas ? » Demandez-le à Jessica…

« Le racisme anti-Français n’existe-pas ? » Demandez-le à Romain…

« Le racisme anti-Français n’existe-pas ? » Demandez-le à Charlotte…

Notez que cette dernière intervenante a perdu son emploi pour avoir témoigné.