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Archive for février 2014

La prédication suivante sur le rôle central et crucial de la Loi de Dieu dans la Réformation protestante des XVI-XVIIe siècles est, à mon humble connaissance, le meilleur argumentaire pro-théonomie disponible gratuitement en format vidéo sur la toile. Elle fut prononcée par Rob Baird pendant la conférence JeremiahCry organisée à la Covenant Baptist Church (une congrégation réformée baptiste) située à Lumberton au New Jersey les 7 & 8 octobre 2011.

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Provenance de cet article : Nouvelle Alliance | Version PDF. Il offre une présentation de la théologie des alliances d’un point de vue calviniste et une réfutation du dispensationalisme, c’est pourquoi je prends la peine de le relayer. Ne l’ayant pas lu en entier, le publie « sous toute réserve ».

Visionnez aussi ces vidéos :
La théologie des alliances dans une perspective réformée baptiste

Qu’est-ce que le dispensationalisme ?

C’est un courant d’interprétation qui divise l’histoire biblique du salut en plusieurs périodes, qui sont nommées dispensations, ou économies. Le dispensationalisme s’est développé progressivement à partir du XVIIème siècle avec les précurseurs protestants, Pierre Poiret (L’Économie divine, 1687), John Edwards (A Complete History or Survey of All the Dispensation, 1699) et Isaac Watts (The Harmony of All the Religions which God ever Prescribed to Men and all its Dispensations towards them). Puis John Nelson Darby (1800-1882) a systématisé et répandu le schéma dispensationaliste dans les milieux évangéliques. Il établissait un modèle de sept dispensations distinctes:

  • 1ère Dispensation — De l’état paradisiaque au déluge;
  • 2ème Dispensation — Noé;
  • 3ème Dispensation — Abraham;
  • 4ème Dispensation — Israël A. Sous la loi, — B. Sous le sacerdoce, — C. Sous les rois;
  • 5ème Dispensation — Les Gentils;
  • 6ème Dispensation — L’Esprit;
  • 7ème Dispensation — Le Millénium.

Par la suite, Cyrus Scofield avec sa Bible assortie de commentaires, ayant repris le schéma de Watts, a contribué grandement à populariser la vision dispensationaliste (5), au point qu’elle a presque supplanté l’explication théologique de l’Alliance chez les descendants des Réveils évangéliques. Voici son modèle:

  • 1ère Dispensation — L’homme innocent (Eden);
  • 2ème Dispensation — L’homme sous la Conscience (jusqu’au Déluge);
  • 3ème Dispensation — L’homme détenteur de l’autorité sur la terre (descendance de Noé);
  • 4ème Dispensation — L’homme sous la Promesse (les patriarches);
  • 5ème Dispensation — L’homme sous la Loi (alliance de la loi);
  • 6ème Dispensation — L’homme sous la Grâce (temps de l’Église, quoique Scofield ne la mentionne pas expressément);
  • 7ème Dispensation — L’homme sous le règne personnel de Christ (millénium et dernière révolte).

Scofield note:

« Chacune de ces dispensations peut être considérée comme une nouvelle mise à l’épreuve de l’homme naturel, mais chacune se termine par le jugement, manifestant l’échec complet de l’homme naturel dans chaque dispensation. Cinq de ces dispensations, ou périodes de temps, sont déjà achevées; nous vivons dans la sixième, probablement vers sa fin, et nous avons devant nous la septième et dernière, le millénium ».

Une dispensation donc est estimée être une période spéciale de temps initiée par une révélation supplémentaire de Dieu, impliquant une responsabilité humaine supplémentaire (6) d’obéissance et de fidélité et dont le déroulement manifeste la faillite inexorable de l’homme envers les engagements que Dieu aurait contractés pour lui. Il s’ensuit donc que face à cet échec – prévu ? – le Tout-Puissant serait dans l’obligation de manifester sa gloire en décrétant un jugement sur l’infidélité qui mettra fin à la dispensation en cours. Mais, et on le trouve surtout dans le courant darbyste, il y a toujours un Reste fidèle, un Résidu qui ne s’est pas corrompu et à cause (ou envers) qui Dieu inaugure une nouvelle dispensation qui sera elle aussi à son tour vouée à l’échec, et ainsi jusqu’au jour de la fin de toutes choses ! Le dispensationalisme dépeint donc une suite de tableaux historiques où l’homme échoue immanquablement dans le test de sa responsabilité, et où Dieu est seul glorifié au final. Dans cette vision, l’Éternel en donnant une mission dont il saurait à l’avance qu’elle ne pourrait être satisfaite, ferait passer la démonstration évidente de sa propre gloire au-dessus de son dessein de grâce envers sa créature déchue, ce que les dispensationalistes eux-mêmes revendiquent:

« Pour le théologien de l’alliance, bien que la gloire de Dieu joue un grand rôle dans sa théologie, le dessein de Dieu vise surtout le salut des hommes. En revanche, pour le dispensationaliste le dessein de Dieu est sa propre gloire » (7).

Il semblerait bien que ceux-ci ignorent que la gloire de Dieu est manifestée au travers de son dessein salvateur envers le peuple qu’il s’est élu de toute éternité, comme le dit si bien la confession de foi de Wesminster: « Avant que ne soit posé le fondement du monde, Dieu a choisi en Christ, selon son dessein éternel et immuable, et selon le conseil secret et le bon plaisir de sa volonté, les êtres humains prédestinés à la vie et à la gloire éternelle. Il l’a fait par sa seule et pure grâce, par amour, et non par une considération préalable de leur foi, ou de leurs bonnes actions, ou de leur persévérance, ou de quelque autre condition ou cause que ce soit; le tout à la louange de sa grâce glorieuse. Comme Dieu a désigné les élus pour la gloire, il en a aussi, selon le dessein éternel et très libre de sa volonté, pré-ordonné tous les moyens nécessaires. C’est ainsi que les élus, déchus en Adam, sont rachetés par le Christ, et appelés efficacement à la foi en Christ par son Esprit qui agit au temps convenable. Ils sont justifiés, adoptés, sanctifiés, et gardés par son pouvoir, au moyen de la foi, en vue du salut. Il n’est d’autres rachetés par Christ, efficacement appelés, justifiés, adoptés, sanctifiés et sauvés, que les élus (8) ». Déjà à la fin du XVIIème siècle, les rédacteurs de la Formule du consensus helvétique (1675) mettaient en garde au canon 25:

« Nous condamnons donc la doctrine de ceux qui croient nous étaler trois alliances entièrement distinctes les unes des autres, l’alliance naturelle, l’alliance légale et l’alliance de l’Évangile. Ils s’embarrassent si fort en pensant les expliquer, et en voulant déterminer la différence qu’il y a entre elles, qu’ils répandent une grande obscurité sur ce qu’il y a de plus important dans les vérités de la religion. Ils ne se font aucun scrupule de parler avec trop de relâchement de la nécessité qu’il y avait, sous le Vieux Testament, de connaître Jésus-Christ, de croire en lui, de se reposer sur sa satisfaction et de mettre de la confiance en la très sainte Trinité. La manière dont ils traitent la théologie nous paraît fort dangereuse ».

La raison d’être du dispensationalisme

Selon C. Ryrie, le dispensationalisme répond à trois nécessités:

  1. opérer des distinctions dans la Bible;
  2. établir une philosophie de l’Histoire;
  3. employer une herméneutique cohérente.

Quant à une herméneutique cohérente (principes d’interprétation), nous sommes d’accord, et nous traiterons ce point plus en détail. Toutefois, opérer des distinctions dans la Bible doit être la conséquence de l’enseignement de la Bible, et non un principe préalable, comme le suggère le titre d’un ouvrage de Cyrus Scofield: Découpant droit la Parole de Vérité. De même la philosophie de l’histoire ne doit pas être un principe d’interprétation, mais découler directement du message des Saintes Écritures. Car il convient de ne pas lire les Écritures dans l’optique d’une interprétation particulière, mais d’être humblement soumis à leur enseignement pour en recevoir les vérités à partir desquelles nous pourrons formuler la juste doctrine. C’est là ma première objection, une objection sur le principe fondamental du dispensationalisme. Car si cette vision découlait logiquement de l’enseignement biblique, pourquoi est-elle apparue si tard dans l’histoire de l’Église ? Ni les pères de l’Église, ni les Réformateurs ne l’ont partagée, et encore moins soupçonnée… D’aucuns rétorquera qu’une doctrine peut être ancienne et fausse et qu’une autre peut avoir été formulée récemment et être juste. En effet, le christianisme biblique ne partage pas les critères de Lérins (9), lesquels fondent la pertinence d’une doctrine chrétienne sur son antiquité son unanimité et son universalité. Néanmoins, on peut légitimement s’étonner que le dispensationalisme, aussi important soit-il dans l’esprit de ceux qui le professent – et ô combien ils y attachent de l’importance, jusqu’à refuser d’œuvrer avec ceux qui ne le partagent point – le dispensationalisme, donc, n’a jamais été entrevu pendant les seize premiers siècles de l’ère chrétienne ! Dès lors, il convient d’examiner sérieusement les fondements bibliques qui sont allégués par ses zélateurs.

La Bible et les dispensations

La notion de dispensation est-elle biblique ? Question essentielle puisque les dispensationalistes disent en discerner au moins quatre, généralement sept et parfois huit. Dieu a-t-il divisé le cours de l’histoire du salut en quantités de tronçons, telles les rondelles d’un saucisson ? Si c’était le cas, on devrait pouvoir le vérifier dans les Saintes Écritures, n’est-ce pas ?

La Bible Darby en Français n’utilise pas le terme dispensation, mais celui d’administration, qui lui est préférable. Car, en effet, le mot grec utilisé par le Nouveau Testament et traduit quelquefois par dispensation, selon les versions, a le sens de gestion d’un bien, d’une chose:
– οἰκονομέω , verbe = administrer, gérer;
– οἰκονομία , nom féminin = administration, gestion;
– οἰκονόμος , nom masculin = économe, administrateur, régisseur.
Étymologiquement, le terme procède de l’accolement de deux mots grecs: οἰκοs (la maison) et νόμος (loi, règle). L’économie est donc la règle à appliquer dans la gestion domestique, et l’économe celui qui s’emploie à cet exercice.

On le rencontre principalement dans les versets suivants (version Ostervald révisée 1904):

  • Jésus disait aussi à ses disciples: Un homme riche avait un économe qui fut accusé devant lui de lui dissiper son bien. Et l’ayant fait venir il lui dit: Qu’est-ce que j’entends dire de toi ? Rends compte de ton administration; car tu ne pourras plus désormais administrer mon bien (Luc 16,1-2).
    Là, le contexte est très clair, il s’agit de gérer un bien.
  • Car si je prêche l’évangile, je n’ai pas sujet de m’en glorifier, parce que la nécessité m’en est imposée; et malheur à moi si je ne prêche pas l’évangile ! Que si je le fais volontairement, j’en recevrai la récompense; mais si je le fais à regret la dispensation ne laisse pas de m’en être commise (1 Corinthiens 9,16-17).
    Cette dispensation confiée à Paul est une tâche, un ministère, l’apostolat envers les Gentils.
  • Afin que quand les temps de la dispensation de sa grâce seraient accomplis, il réunît toutes choses en Christ, tant ce qui est dans les cieux, que ce qui est sur la terre (Éphésiens 1,10).
    Littéralement: Dans l’économie de la plénitude des temps. Ici le mot temps (kairos) et le mot dispensation (oikonomia) sont séparés, car ils ne sont pas de sens identique. La dispensation n’est pas une période de temps mais un mode d’action.
  • Car vous avez sans doute appris quelle est la dispensation de la grâce de Dieu, qui m’a été donnée pour vous (Éphésiens 3,2).
    Paul parle de la charge qu’il a reçue de Dieu envers les Éphésiens.
  • Je me réjouis maintenant dans les souffrances que j’endure pour vous, et j’achève de souffrir en ma chair le reste des afflictions de Christ, pour son corps qui est l’Église, de laquelle j’ai été fait ministre, selon la charge que Dieu m’a donnée, de vous annoncer pleinement la parole de Dieu; savoir, le mystère qui avait été caché dans tous les siècles et dans tous les temps, mais qu’il a maintenant manifesté à ses saints (Colossiens 1,24-26).
    Encore une fois, l’Apôtre évoque son ministère d’annonce de la Parole au sein de l’Église, mystère dorénavant pleinement révélé.

Il ressort de tous ces passages compris au sens naturel qu’une dispensation n’est pas une période de temps et d’épreuve de la responsabilité humaine, mais une tâche à laquelle doit s’appliquer celui qui l’a reçue en partage. Que celle-là dure un certain laps de temps n’implique pas que l’administration de cette tâche soit une période de temps. Ce sont deux notions différentes. Et jamais la dispensation n’est identifiée à une quelconque alliance conclue par Dieu. Par conséquent, comme l’ont fait remarquer nombre de commentateurs, le dispensationalisme utilise le concept de dispensation dans un sens autre que celui de la Bible. C’est là ma seconde objection, et non la moindre !

Le littéralisme du dispensationalisme

« Prendre un texte au pied de la lettre conduit à reconnaître l’existence de distinctions; ces distinctions conduisent ensuite à reconnaître des dispensations. L’interprétation normale entraîne la reconnaissance de distinctions claires entre certains mots, concepts, peuples et régimes. En un mot, l’interprétation littérale systématique s’avère le fondement même du dispensationalisme ».

C’est par cette affirmation que C. Ryrie entend prouver la justesse du dispensationalisme. Pour lui, l’interprétation littérale systématique mène tout naturellement à la compréhension dispensationaliste. Argument aussi simpliste que le littéralisme qu’il confond avec l’interprétation littérale des Écritures. Et aussi cette autre affirmation:

« les dispensationalistes affirment utiliser le principe de l’interprétation littérale de façon systématique dans leur étude de toute la Bible tandis qu’à leurs yeux, les non-dispensationalistes ne l’appliquent pas toujours. Ils reconnaissent que ces derniers l’appliquent dans leur interprétation d’une grande partie des Écritures, mais ils leur reprochent de recourir à l’allégorie et à la spiritualisation dans l’interprétation des prophéties ».

L’allégorie et la spiritualisation seraient l’apanage des non-dispensationalistes ? Mais alors que dire de cette abondante littérature où tout l’Ancien Testament n’est commenté qu’en vertu des allégories et parallèles établis avec le Nouveau Testament ? La typologie, dans les commentaires de Darby et de ses coreligionnaires, par exemple, y est développée à l’envi, et la vie des personnages vétéro-testamentaires n’est décrite qu’au travers des principes moraux pleinement dévoilés dans le Nouveau Testament. Non pas que cela soit inexact, mais comment dès lors revendiquer que les dispensationalistes affirment utiliser le principe de l’interprétation littérale de façon systématique dans leur étude de toute la Bible (10) ?

Le chrétien n’est pas appelé à prendre au pied de la lettre chaque parole de la Bible sans référence à son contexte ni à son genre littéraire. Mais c’est avec une intelligence renouvelée par l’Esprit qu’il doit méditer les Écritures. L’image verbale, la parabole ou la forme poétique de nombreux versets bibliques n’invitent pas automatiquement à une compréhension au pied de la lettre ! Prenons par exemple les versets 13 et 17 du Psaume messianique 22: De nombreux taureaux m’environnent; les puissants taureaux de Basan m’entourent… Car des chiens m’ont environné… Tous les exégètes chrétiens voient dans ce psaume la description prophétique des souffrances du Messie sur la Croix. Mais y avait-il littéralement des taureaux et des chiens au pied de la croix ? Non, bien-sûr, c’est une formulation imagée, et les dispensationalistes en conviennent aussi. D’ailleurs, quand ils envisagent les septante semaines de la prophétie de Daniel (chapitre 9), ils ne prennent pas le mot semaine au pied de la lettre, mais lui attribuent la valeur symbolique de sept années. Ils ne font donc pas une lecture littérale de ce passage, pas plus que lorsque J. N. Darby interprète la lettre aux sept églises dans l’Apocalypse comme le panorama prophétique des sept époques successives dévolues à l’Église professante (11). Nous avons donc la démonstration par l’exemple que, si la lecture littérale de la Bible mène au dispensationalisme, les dispensationalistes n’arrivent pas à cette compréhension en appliquant rigoureusement ce principe, comme ils le revendiquent… C’est pourquoi l’expression philosophie de l’histoire est tout à fait adaptée au point de vue dispensationaliste. Car nous ne trouvons dans les Écritures aucune notion de dispensation en rapport avec une époque déterminée de mise à l’épreuve et de jugement. Ce genre de distinctions dans le cours de l’histoire du salut, que les Apôtres n’ont pas davantage connues et enseignées, ne procèdent pas d’une méthode herméneutique déductive, mais sont introduites par des commentateurs habiles dans l’art de couper les cheveux en quatre.Le dispensationalisme ne se déduit pas de l’enseignement de la Bible, il est une vision qui lui est surimposée. Notre troisième objection est donc celle-ci: Le dispensationalisme n’est pas fidèle au principe d’interprétation littérale qu’il revendique appliquer en tout point des Saintes Écritures. Il pratique aussi la lecture symbolique et allégorique qu’il réprouve ouvertement. Par conséquent, sa défense sur ce point est prise en défaut par ses pratiques herméneutiques incohérentes.

Quelques caractéristiques du dispensationalisme

« La caractéristique primordiale de chaque dispensation est l’économie divine et la responsabilité humaine révélée par Dieu pour chacune. Une telle responsabilité constitue en elle-même une mise à l’épreuve. La plupart des hommes échouent, et il en résulte un jugement. Le dispensationalisme comporte deux perspectives: un aspect transversal (parfois mal interprété comme étant une suite de cycles, alors qu’il s’agit en réalité d’une spirale) et un aspect longitudinal (mettant en valeur le progrès continuel de la révélation et la persistance de certains principes à travers des dispensations successives) » (12).

Cette citation nous force à considérer que le dispensationalisme altère la conception biblique linéaire du temps. Au lieu de présenter la continuité de la Grâce divine au sein d’une alliance ayant eu plusieurs dispositions, il se figure un cours du temps discontinu, une succession de cycles d’unions et de ruptures entre Dieu et son peuple, de retour massif à la fidélité et d’apostasies collectives (13). Aussi, l’Incarnation n’est plus comprise seulement comme l’aboutissement de la prophétie messianique; la Croix n’est plus estimée être le centre de l’histoire; et la réalité de l’Église est ramenée à la fonction de simple parenthèse dans le temps, en attendant la restauration de l’ancien Israël. La vision dispensationaliste ne met pas l’accent sur l’élection d’un peuple chargé de glorifier Dieu, comme dans la conception réformée, mais sur l’attente eschatologique d’un reste fidèle envers l’instauration du royaume millénaire et du jugement final qui verra le Fils victorieux remettre toutes choses entre les mains du Père. Les dispensationalistes insistent beaucoup sur l’imminence du Retour de Christ – ce qui n’est pas faux – et sur le retour des Juifs sur le devant de la scène pendant la grande Tribulation, à la place des chrétiens qui auront été enlevés auparavant. C’est eux dont ils font les destinataires du royaume de mille ans que le Christ gouvernera ! L’Alliance de Grâce n’est pas estimée à sa juste mesure, tandis que l’attente de l’Avènement du second retour de Jésus-Christ dans un contexte d’apostasie générale est le sujet central du discours dispensationaliste. Cedéplacement de focus de la centralité de la Croix dans le plan rédempteur divin, vers l’accomplissement final des prophéties non encore réalisées, est accompagné d’un piétisme désincarné et d’un désengagement du monde (14) et de ses problèmes. C’est ma quatrième objection.

Israël et l’Église

On trouve chez Scofield:

« Les communications de l’Éternel à Israël en tant que nation, ont trait à la terre… Israël est composé uniquement de descendants naturels d’Abraham… La relation d’Israël avec Dieu est dans une relation d’alliance, tandis que l’église est une relation par naissance… autant Israël est rattaché aux choses temporelles et terrestres, autant l’Église est rattachée aux choses spirituelles et célestes ».

« Conformément à Éph. 3:5-10, l’Église n’est jamais mentionnée dans les prophéties de l’Ancien Testament (elle était alors « un mystère caché en Dieu »). La naissance de l’Église se trouve en Actes 2, et la fin de sa carrière terrestre en 1 Thes. 4 ».

« Dans les prophéties, la distinction entre Israël et l’Église est éclatante. L’Église sera enlevée de la terre, tandis qu’Israël restauré jouira de la puissance et de la splendeur terrestres » (15).

« La prémisse fondamentale du dispensationalisme est l’idée selon laquelle le dessein de Dieu comporte deux buts: la formation de deux peuples qui demeurent distincts pendant toute l’éternité » (16).

Cette citation témoigne de la rupture d’avec ce que certains nomment la théologie de la substitution (17). Selon les dispensationalistes, Dieu aurait deux peuples et deux promesses, une pour chacun d’eux. Les Juifs incrédules seraient l’Israël terrestre, avec comme héritage le royaume, que Jésus-Christ leur aurait offert et qu’ils auraient rejeté une première fois, mais qui leur sera accordé lors de leur conversion massive pendant la grande Tribulation. Leur héritage serait essentiellement terrestre, leurs bénédictions seraient surtout matérielles. Puis l’Église – L’Assemblée pour Darby, qui a la spécificité d’enseigner la corruption généralisée de l’Église professante – est considérée comme l’Israël céleste, avec des promesses et des bénédictions essentiellement spirituelles et dont la vocation est de régner avec Christ dans les lieux célestes. Les commentateurs, comme le déjà cité J.N. Darby, ne cessent de soulever des subtilités qu’eux seuls entendent dans le Nouveau Testament, distinguant tel enseignement de Jésus de tel autre en ce que l’un ne s’adresserait qu’aux Juifs, et l’autre qu’aux chrétiens. Ce qui est jugé à caractère terrestre leur serait échu, et ce qui revêtirait un caractère céleste, au contraire ne serait que l’apanage des païens convertis. Ainsi le fameux Sermon sur la montagne, s’adresserait principalement aux Juifs ! Ce qui a fait dire à Ladd:

« Un système qui refuse d’appliquer directement au chrétien ce grand passage de l’enseignement de Jésus mérite d’être examiné avec une attention particulière » (18).

C’est ce à quoi nous nous appliquons, avec bien d’autres. Ma cinquième objection est la suivante: Dieu n’a élu qu’un seul peuple de toute éternité. L’Église n’était pas l’application d’un plan B en cas de refus de l’Israël terrestre (les Juifs). Mais le dessein préétabli de Dieu était de faire entrer en son Alliance d’abord un peuple, qu’il a formé lui-même, accomplissant la promesse donnée aux patriarches de l’Ancienne Alliance, puis des gens de tous les peuples sous la Nouvelle Alliance inaugurée en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, venu en chair au sein du peuple de Dieu de l’Ancien Testament.

L’Église et le Royaume

Dans cet article, il a déjà été mentionné que le dispensationalisme dissocie le Royaume de l’Église. Comme dans plusieurs autres vérités bibliques, pour le dispensationalisme deux mots différents ne peuvent désigner que deux notions différentes, car il ne saisit pas la manière d’expression hébraïque, riche en images et en figures de style. Faut-il rappeler que même les rédacteurs du Nouveau Testament, quoi qu’ayant écrit en Grec de la Koiné, sont tellement pétris de leur culture d’origine, que cela se ressent jusque dans leur manière d’écrire ? Or c’est le problème du littéralisme, de ne pouvoir appréhender la juste signification des tournures et richesses linguistiques bibliques, parce que partant d’un principe d’interprétation étroit et adapté à nos langues modernes occidentales, mais non aux langues proche-orientales. La manière qu’ils ont de découper l’Écriture, de faire des distinctions rigoristes à partir de différents mots employés désignant pourtant une même chose, la façon qu’ils ont encore d’adresser artificiellement tel ou tel discours du Christ à telle ou telle catégorie de personnes ne convient pas au lecteur fidèle qui entend méditer la Parole de Dieu en respectant son unité.

C. Ryrie déplore que  les amillénaristes et les prémillénaristes de l’Alliance s’accordent pour nier que Jésus offrit le Royaume davidique au cours de son ministère terrestre et pour affirmer qu’il offrit un Royaume spirituel dont la condition d’entrée, d’après Allis, était la repentance et la nouvelle naissance . Il cite Ladd et Berkhof à l’appui de ses dires, avec lesquels nous sommes d’accord:

« Jésus n’offrit pas aux Juifs le Royaume terrestre, pas plus qu’il ne se présenta à eux comme leur glorieux Roi terrestre… Le Royaume de Dieu devait d’abord venir dans un sens spirituel, car le Roi-Sauveur vint dans l’humilité pour souffrir et pour mourir, afin de vaincre Satan et d’introduire dans le Royaume de Dieu une foule de personnes rachetées du royaume de Satan et du péché. Par la suite, le Royaume doit être manifesté en puissance et en gloire lorsque le Roi reviendra pour juger et pour régner » (19).

« Fait remarquable, le Nouveau Testament – qui constitue l’accomplissement de l’Ancien – ne contient strictement aucune indication du rétablissement par Jésus de la théocratie de l’Ancien Testament [sic !!!]. En revanche il contient de nombreuses indications de l’accomplissement spirituel des promesses données à Israël » (20).

Ryrie, quant à lui, déclare que les dispensationalistes nient  l’idée que l’Église, le Corps de Christ, constitue aujourd’hui le Royaume promis à David . Pourtant l’Écriture mentionne ce royaume ouvert aux disciples du Christ. Dans les versets ci-après, un seul et même mot grec du Texte reçu est traduit par règneroyaume: βασιλεία. C’est pourquoi, les commentateurs dispensationalistes font des distinctions avec les différents compléments du même nom: royaume (règne) de Dieudes cieuxéternel(21). De même avec le mot évangile; quand ils lisent évangile éternel, ils ne comprennent pas qu’il s’agit de l’évangile unique de Jésus-Christ, mais y voient un autre évangile: le message de repentance qui se fera entendre aux et par les Juifs lors de la grande Tribulation sous le règne de l’Antéchrist. Cependant, ce n’est pas ce que nous lisons dans le Nouveau Testament, quand nous rattachons simplement ces passages, non à une vision pré-établie, mais à leur contexte immédiat.

  • Jésus allait par toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, prêchant l’évangile du règne de Dieu, et guérissant toutes sortes de maladies et toutes sortes de langueurs parmi le peuple (Matthieu 4,23).
    Ici, le qualificatif de Dieu ne fait pas partie du Texte reçu mais a été rajouté par le traducteur pour la compréhension (ce qu’il n’aurait pas eu besoin de faire en utilisant le mot royaume).
  • Tous ceux qui me disent: Seigneur ! Seigneur ! n’entreront pas tous au royaume des cieux; mais celui-là seulement qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux (Matthieu 7,21).
    Celui-là… le singulier indique que la promesse est individuelle et ne se rattache donc pas à une entité nationale comme celle des Juifs de l’époque du Christ.
  • Aussi je vous dis que plusieurs viendront d’Orient et d’Occident, et seront à table au royaume des cieux, avec Abraham, Isaac et Jacob. Et les enfants du royaume seront jetés dans les ténèbres de dehors; il y aura là des pleurs et des grincements de dents (Matthieu 8,11-12).
    Dans ce verset, il y a en effet une distinction entre ceux des nations qui partageront la promesse du royaume avec les premiers récipiendaires de cette même promesse: les patriarches, et la postérité naturelle de ces mêmes patriarches, à savoir les Juifs incroyants, qui n’y auront pas part. Sans le mentionner ouvertement Jésus-christ envisage une postérité spirituelle internationale, et la rattache au royaume.
  • Alors les disciples, s’étant approchés, lui dirent: Pourquoi leur parles-tu par des similitudes ? Il répondit, et leur dit: Parce qu’il vous est donné de connaître les mystères du royaume des cieux; mais cela ne leur est point donné (Matthieu 13,10-11).
    Là, il n’y a aucune équivoque, la vérité sur le royaume s’adresse aux disciples du Christ, et pas seulement aux Juifs convertis, mais aussi à ceux des nations appelés au salut, comme en témoigne le verset suivant:
    C’est pourquoi je vous dis que le royaume de Dieu vous sera ôté, et qu’il sera donné à une nation qui en rendra les fruits (Matthieu 21,43).
  • En vérité, en vérité je te dis que si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu (Jean 3,3).
    Jésus répondit: Mon règne n’est pas de ce monde. Si mon règne était de ce monde, mes gens combattraient, afin que je ne fusse pas livré aux Juifs; mais maintenant mon règne n’est point d’ici-bas. Alors Pilate lui dit: Tu es donc roi ? Jésus répondit: Tu le dis: je suis roi; je suis né pour cela, et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est pour la vérité écoute ma voix (Jean 18,36-37).
    Les deux versets précédents mettent en évidence la nature spirituelle et céleste du royaume, auquel seuls les régénérés sont conviés. Même les dispensationalistes affirment que la régénération (nouvelle-naissance) est la caractéristique des chrétiens formant l’Église. Quant aux Juifs dont ils disent qu’ils se convertiront massivement après la dispensation de la Grâce, ils ne parlent nullement de nouvelle naissance à leur sujet, puisque c’est un peuple terrestre censé avoir une espérance et des promesses terrestres, et que la nouvelle-naissance est une réalité spirituelle. Si les dispensationalistes considèrent la vérité énoncée par Jésus dans ces passages de l’évangile de Jean, ils sont obligés d’imaginer qu’il parle d’un autre genre de royaume. Et c’est ce qu’ils font en distinguant un royaume céleste et un royaume terrestre, alors que l’Écriture ne dit pas cela.
  • Et maintenant je sais qu’aucun de vous tous, parmi lesquels j’ai passé en prêchant le royaume de Dieu, ne verra plus mon visage (Actes 20,25).
    Paul n’a prêché qu’un seul évangile, celui de Jésus-christ crucifié, disait-il aux Corinthiens (2,2), et à Éphèse, il dit qu’il a prêché le royaume de Dieu… N’était-ce pas à d’anciens païens désormais convertis ? Le royaume de Dieu s’adresse donc à l’Église !
  • Vous exhortant, vous consolant, et vous conjurant de vous conduire d’une manière digne de Dieu qui vous appelle à sonroyaume et à sa gloire (1 Thessaloniciens 2,12).
    C’est pourquoi, mes frères, étudiez-vous d’autant plus à affermir votre vocation et votre élection, car en faisant cela vous ne broncherez jamais; et par ce moyen l’entrée au royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ vous sera pleinement accordée (2 Pierre 1,10-11).
    Le royaume éternel, encore là, est la part des chrétiens, lesquels ne sont plus considérés comme Grecs, Juifs, hommes, femmes, libres ou serviteurs, mais comme le peuple unique du Dieu unique !
  • À celui qui nous a aimés, et qui nous a lavés de nos péchés par son sang, et qui nous a faits rois et sacrificateurs de Dieu, son Père; à lui soient la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen ! (Apocalypse 1,6).
    La Bible ne parle que d’une seule sorte de royaume, et non de deux, car Dieu est unique et sa volonté de salut ne s’exerce qu’au travers de la foi en son Fils. La part des incrédules, quand bien même ils seraient Juifs, est d’être jetés en Enfer, loin du lieu où le Roi des rois accueillera les siens, lesquels il s’est élu de toute éternité, à la louange de sa Gloire incommensurable.

La sixième objection est donc que l’Écriture Sainte, correctement interprétée, nous montre que le royaume n’est pas la promesse faite aux Juifs en vue de leur future restauration, mais s’adresse pleinement aux membres de l’Église.

La relation entre l’Église et la postérité d’Abraham

« La foi et la justification sont des questions personnelles et individuelles, et l’appartenance à la postérité spirituelle d’Abraham est également une question personnelle et individuelle sans rapport avec sa race. La postérité spirituelle d’Abraham ne constitue pas Israël, car Abraham est physiquement le père de la nation d’Israël tandis qu’il est le père spirituel des croyants de toutes les nations, y compris de la nation juive. Ainsi tous les croyants qui composent l’Église ne constituent pas l’Israël spirituel, mais seulement ceux physiquement descendus d’Abraham » (22).

Cette affirmation est erronée, reposant sur une comparaison biaisée. Tout d’abord attention de ne pas identifier directement Israël à Abraham. Israël est le nom acquis par Jacob, petit-fils d’Abraham, et père véritable du peuple Hébreu que l’on a appelé du nouveau nom donné par l’Éternel à Jacob. De plus, Abraham n’est pas que le père de la nation d’Israël, mais de plusieurs nations dont Israël, l’héritier de la promesse d’un héritage en Canaan. Les Ismaélites et les Édomites étaient aussi des descendants physiques d’Abraham, mais non les héritiers de la promesse comme les Hébreux. Paul établit un parallèle entre ce fait et celui que tous les Juifs descendaient bien d’Abraham (à l’époque apostolique, mais plus maintenant…), mais seuls ceux qui avaient cru au Messie étaient les héritiers de la promesse du salut par la justification au travers de la foi, à l’instar d’Abraham:

  • Puis il [l’Éternel] le mena dehors et lui dit: Regarde vers le ciel, et compte les étoiles, si tu peux les compter. Et il lui dit: Ainsi sera ta postérité. Et Abram crut à l’Éternel, qui lui imputa cela à justice (Genèse 15,5-6).
    Il est intéressant de noter que la comparaison d’une myriade d’étoiles avec une descendance humaine suggère que celle-ci portera les caractéristiques de celles-là, c’est-à-dire que, comme les astres qui sont des corps célestes, la postérité promise à Abraham aura une espérance céleste. La mention de la justice conférée par Dieu au croyant, vient renforcer cette idée.
  • Car tous ceux qui descendent d’Israël ne sont pas pour cela d’Israël (Romains 9,6). Ce sont les enfants de la promesse qui sont réputés être la postérité d’Abraham (Romains 9,8). Quand le nombre des enfants d’Israël égalerait le sable de la mer, il n’y en aura qu’un petit reste de sauvé (Ésaïe 10,22, cité par Romains 9,29).
    Ce reste correspond à la fraction des Juifs qui ont reconnu le Christ (23). De plus, un reste n’étant pas la totalité, on ne peut donc point en conclure que les Juifs contemporains du Messie, et ayant cru en lui, étaient à eux seuls l’accomplissement de la promesse d’une descendance innombrable.
  • Que dirons-nous donc ? C’est que les gentils, qui ne cherchaient point la justice sont parvenus à la justice: je dis la justice qui est par la foi; et qu’Israël, qui cherchait la loi de la justice, n’est point parvenu à la loi de la justice. Pourquoi ? Parce qu’ils ne l’ont point cherchée par la foi, mais par les œuvres de la loi (Romains 9,30-32).
    Ce dernier verset établit qu’Israël (ici, celui de l’Ancien Testament) a manqué le but, qui n’était pas d’obtenir la justice par la Loi, mais par la Foi. Et ce but, ceux des nations qui ont cru l’ont atteint. Car Christ est la fin de la loi, pour justifier tous ceux qui croient (Romains 10,4). Christ était le but visé par la loi, à savoir le moyen de salut à saisir pour échapper à la sentence de mort d’une Sainte Volonté que personne ne pouvait parfaitement accomplir. L’Ancienne Alliance, pendant la durée d’application de la loi mosaïque, n’avait pas en vue seulement des bénédictions terrestres, mais aussi une promesse spirituelle de pardon au travers de la prophétie du Messie à venir. Dès lors la distinction rigoureuse opérée par les dispensationalistes entre l’économie de la Loi et l’économie de la Grâce apparaît comme un contraste exagéré qui ne cadre pas exactement avec l’enseignement de la Bible.
  • Ainsi, il n’y a point de distinction entre le Juif et le Grec, parce qu’ils ont tous un même Seigneur, qui est riche pour tous ceux qui l’invoquent. Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé (Romains 10,12-13).
    S’il n’y a pas de distinction entre les croyants d’origine juive (hébraïque) et ceux d’origine grecque (païenne), c’est parce qu’ils font partie d’un seul et même peuple, l’Israël de Dieu,l’Israël spirituell’Église. Et pourquoi mentionne-t-on un Israël spirituel ? Justement pour signifier que le peuple de Dieu désormais ne descend plus physiquement de Jacob (Israël), mais spirituellement, c’est-à-dire par l’action régénérante de l’Esprit-Saint intégrant des gens appelés de toute nation dans l’Alliance divine et leur donnant part à la promesse de l’héritage d’un royaume incorruptible.
  • Béni soit le Dieu et le Père de notre Seigneur Jésus-Christ… de posséder l’héritage qui ne se peut corrompre, ni souiller, ni flétrir, et qui est réservé dans les cieux pour nous (1 Pierre 1,4).

Notre septième objection est donc que, selon l’enseignement biblique, la postérité spirituelle d’Abraham, en tant que père des croyants, est aussi la postérité spirituelle de Jacob, et donc peut porter également le nom donné à ce dernier, à savoir: Israël. Par conséquent l’Église est bien un seul peuple, l’Israël spirituel, comprenant et les Juifs convertis, et les gens des nations convertis.

L’Église dans le dispensationalisme ?

L’ecclésiologie (la doctrine de l’Église) est la pierre de touche du dispensationalisme (24)… Elle constitue en effet une part très importante du discours dispensationaliste. Toutefois, il est indispensable de remarquer que cette pierre de touche, chez eux, est largement rognée en ses angles ! Comment en effet ne pas considérer l’amputation qui lui est faite en niant son caractère prophétique vétéro-testamentaire, comme l’atteste la citation suivante ?

« L’Église en tant qu’organisme vivant dans lequel les Juifs, et les païens se trouvent sur un pied d’égalité constitue un mystère révélé seulement à l’époque du Nouveau Testament, et qui put devenir une réalité seulement après la mort de Christ. Voici ce qui distingue l’Église du peuple de Dieu dans l’Ancien Testament » (25).

Or il est flagrant que celui qui a affirmé cela ignorait le dessein divin inscrit dans les Saintes Écritures d’ouvrir son Alliance aux nations. Les prophéties de l’Ancien Testament annonçaient déjà ce projet divin (26), mais le nationalisme des Juifs les incitaient à refuser cette vérité, car leurs préoccupations étaient plus politiques et temporelles que spirituelles. C’est aussi ce qui les a poussés à rejeter le Messie, qui ne répondait pas à leurs attentes (27). Il est vrai toutefois que ce mystère était encore voilé… mais non dissimulé; c’est là toute la différence. L’accomplissement messianique des prophéties était nécessaire pour que la réalité de l’Église soit pleinement révélée en son temps.

L’Église, dans le dispensationalisme est vue comme un simple épisode dans le feuilleton en sept actes qu’il nous livre. Or ce n’est pas ce que la Bible nous révèle. Comment ne pas en conclure qu’il nous présente une vision tronquée du dessein divin ?

Le salut dans le dispensationalisme

Les tenants de la Théologie de l’Alliance peuvent affirmer avec Hodge:

« Nous apprenons par l’ensemble des Écritures (du Nouveau Testament et de l’Ancien Testament interprété en accord avec l’autorité infaillible du Nouveau) que le plan du salut a toujours été identique, comportant la même promesse, le même Sauveur, la même condition et le même salut » (28).

La doctrine biblique de l’Élection est à la base de notre sotériologie. Mais il n’en est pas de même pour le dispensationalisme qui est souvent arminien et rejette la doctrine de la Grâce souveraine, développée, entre autres, par Augustin, les Réformateurs et les Puritains. Or le développement du dispensationalisme dans les églises évangéliques a eu pour conséquence le retour en force des thèses d’Arminius et la proclamation d’un évangile édulcoré, laissant croire que le salut des individus serait suspendu à leur bon vouloir ! Je vous laisse deviner les suites désastreuses résultant de ce déficit de simple connaissance biblique…

Récapitulation

Par cet article, je n’ai fait, j’en conviens, qu’effleurer le sujet. D’autres thèmes auraient pu être développés, et des réfutions bibliques supplémentaires auraient pu être ajoutées. Toutefois, comme il convenait de se limiter aux aspects essentiels du problème, j’espère que cet exposé vous aura suffisamment éclairé sur la nature et l’erreur du dispensationalisme. Voici donc, pour résumer, les sept objections que j’ai formulées:

  1. Une bonne herméneutique ne pose pas comme principes préalables, la nécessité d’une philosophie de l’histoire ni de faire des distinctions (ou découpages) dans la Bible. Si ceux-ci étaient justifiés, ils devraient ressortir d’une lecture sans grille d’interprétation pré-établie. Mais ce n’est pas le cas, et le dispensationalisme est donc obligé de les postuler.
  2. La notion de dispensation (ou économie), dans la compréhension du dispensationalisme, n’est pas celle de la Bible, qui y attache un sens de gestion et non de période de temps déterminée en rapport avec une alliance.
  3. L’interprétation dispensationaliste est inconsistante avec les principes herméneutiques dont ce système revendique l’usage en tout point des Écritures.
  4. Dans le dispensationalisme, la centralité de la Croix dans l’histoire du salut est reléguée à l’arrière-plan au profit d’une focalisation sur l’imminence du retour de Jésus-Christ et l’accomplissement des desseins attribués à Dieu envers les Juifs.
  5. Dieu n’a pas deux peuples distincts, mais un seul, l’Église, pour laquelle Christ s’est sacrifié, à savoir l’ensemble des élus de tous les temps et de tous les lieux.
  6. La promesse du royaume appartient au peuple de Dieu, l’Église qu’il s’est acquise au travers de l’œuvre rédemptrice de son Fils à la Croix de Golgotha.
  7. L’Église, selon les Écritures, est la postérité spirituelle d’Abraham et de Jacob; elle est l’accomplissement final de la promesse d’un peuple innombrable issu d’un seul homme. L’Église est donc l’Israël spirituel, le nouvel Israël de la Nouvelle Alliance !

Notes de l’article

  1. Lire en ligneLe dispensationalisme – hier et aujourd’hui, Charles C. Ryrie, 1965, 1995; 1997 pour l’édition française: Le Messager Chrétien, Gatineau, Québec).
  2. Louis Berkhof, Systematic Theology , Grand Rapids, Eerdmans, 1941, p. 291.
  3. Oswald T. Allis, Modern Dispensationalism and the Law of GodEvangelical Quarterly 8, 15 juillet 1936, p. 272.
  4. Citation de l’ouvrage de C. Ryrie.
  5. Ces renseignement proviennent de l’ouvrage cité précédemment. Pour le modèle et la citation suivante, ils sont extraits de Découpant droit la Parole de vérité, Cyrus Scofield. Rien que le titre est tout un programme…
  6. Une connaissance nouvelle, apportée par une nouvelle révélation divine, entraînerait une responsabilité accrue par rapport à l’ancienne dispensation.
  7. Selon C. Ryrie; et aussi cette citation qu’il rapporte: Tous les événements qui se déroulent dans le monde créé par Dieu ont pour but de manifester la gloire de Dieu. L’erreur des théologiens de l’alliance est de fondre toutes les nombreuses facettes du dessein de Dieu dans l’unique but d’accomplir l’alliance de la grâce. Sur le plan de la logique, ils commettent l’erreur de désigner un seul aspect d’un tout comme le facteur déterminant. (John F. Walvoord, The Millennial Kingdom, Finlay, Ohio: Durham, 1959, p. 92).
  8. Confession de foi de Wesminster, ch. 3 (Le décret de Dieu), § 5 et 6. références bibliques: Ep 1.4,9,11; Rm 8.30; 2 Tm 1.9; 1 Th 5.9; Rm 9.11,13,16; Ep 1.4,9; Ep 1.6,12; 1 P 1.2; Ep 1.4,5; 2.10; 2 Th 2.13; 1 Th 5.9,10; Tt 2.14; Rm 8.30; Ep 1.5; 2 Th 2.13; 1 P 1.5; Jn 17.9; Rm 8.28-39; Jn 6.64,65; 10.26; 8.47; 1 Jn 2.19.
  9. En usage dans la tradition papale romaine. En savoir plus sur le Commonitorium de Vincent de Lérins.
  10. Dans Notes sur les cinq livres de Moïse de C.H. Mackintosh (Éditions Bibles et traités chrétiens, Vevey, 1983 pour la onzième édition), l’auteur n’interprète pas les six jours de la Création de manière littérale, mais « spiritualise » le déroulement des débuts du monde et de l’humanité, faisant moult renvois aux vérités du Nouveau Testament. Il ne commente pas le fait même de la Création, mais s’en sert comme si c’était une parabole destinée à nous parler de la relation du chrétien au Christ et à son Assemblée. Le livre de W. Kelly, Notes sur le livre de la Genèse, va plus loin et introduit les ères géologiques dans les six jours de la Genèse !
  11. Lire à ce sujet Méditations sur les épîtres prophétiques aux sept églises, de J.N. Darby, Londres 1852.
  12. Citation de l’ouvrage de C. Ryrie.
  13. Bien que C. Ryrie parle plutôt de spirale, vision du temps propre à la théosophie soit-dit en passant, il y a effectivement une succession de cycles où se répètent toujours le même schéma à chaque nouvelle dispensation: révélation, responsabilité, faillite humaine, jugement et préservation d’un reste fidèle. En ajoutant le progrès de la Révélation comme une troisième dimension, la succession de cycles s’étire en une forme de spirale, comme une frise de papier coupée en cercles concentriques et que l’on déplie.
  14. En invoquant la condamnation du système mondain sous la domination satanique, cette forme de piétisme se fait un devoir spirituel de s’en détacher absolument, au point de ne s’engager dans le témoignage pour les humains meurtris par le péché que de manière distante et sans considération de ce que la pensée réformée a appelé le mandat créationnel. C’est une des raisons pour laquelle le protestantisme évangélique a perdu rapidement son influence sur la société au début du XXème siècle, lui étant reproché de ne s’occuper que des fins dernières et de la félicité future et non des solutions concrètes à apporter aux problèmes concrets des hommes et des femmes de la terre. Ce désintérêt pour le monde, dont chaque croyant tout de même est issu, a laissé le champ libre aux philosophies matérialistes et idéologies anti-chrétiennes qui désormais règnent en maître sur les sphères intellectuelles et politiques de notre société occidentale. Toutefois, pour être juste, rappelons quand-même que le courant dispensationaliste a, à l’époque, grandement œuvré sur le terrain des missions, et qu’on ne peut lui reprocher un manque de zèle dans l’évangélisation des peuples.
  15. Découpant droit la Parole, Cyrus Scofield, version numérique, Ch. 2.
  16. Fuller, The Hermeneutics of Dispensationalism, p. 25.
  17. La théologie des églises traditionnelles romaines, orthodoxes et des églises protestantes luthériennes et calvinistes converge sur le fait que l’Église est le nouvel Israël, et que les juifs ont été mis à part du plan du salut, conformément à l’enseignement apostolique.
  18. George E. Ladd, Crucial Questions About the Kingdom of God, Grand Rapids, 1952, Eerdmans, p. 104.
  19. ibid, p. 114.
  20. Berkhof, Systematic Theology, p. 713.
  21. Mots grecs de la même racine utilisés: βασιλεία = règne, royaume; βασιλεύς = roi, empereur; βασιλεύω = régner, être roi. La précision de Dieu, des cieux, éternel, n’avait que le seul but de spécifier que le Christ ne parlait pas d’un royaume humain, comme les Juifs de son temps l’espéraient.
  22. Citation de C. Ryrie,
  23. La prophétie d’Ésaïe envisageait le tri qui allait s’opérer avec la fin du royaume d’Israël et du royaume de Juda et les deux exils dont les premiers ne reviendront jamais et les seconds en nombre bien amoindri. Mais sa citation en Romains implique également que cette prophétie était en train de connaître un nouvel accomplissement avec la mise à l’écart du judaïsme au profit d’un peuple inter-ethnique composé uniquement de croyants au Messie, Grecs et Juifs confondus.
  24. Citation de C. Ryrie dans l’ouvrage déjà cité.
  25. idem.
  26. Deutéronome 18,18; Ésaïe 8,23; 11,10; 42,1; 49,6; 55,5; 66,18; Osée 1,10 (Cf Romains 9,25-29); Amos 9,12; Zacharie 2,11;
  27. Luc 24,21; Jean 11,47-50;
  28. Charles Hodge, Systematic Theology, Londres, 1872, vol. 2, p. 368.

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mysteres-vie

Le documentaire Déchiffrer les mystères de la vie démolit l’hypothèse darwinienne de l’origine de la vie aquatique et terrestre.

Partie 1 :

Partie 2 :

Partie 3 :

Partie 4 :

Partie 5 :

Partie 6 :

Partie 7 :

Fichier alternatif sur  GloriaTV.

Voyez aussi les documentaires La chute du darwinisme et Icons of Evolution.

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Jean Chrysostome défiant l'impératrice arienne Aelia Eudoxie

Jean Chrysostome défiant l’impératrice arienne Aelia Eudoxie

Romains 13 (et les passages similaires tel Tite 3:1 et 1 Pierre 2:13-17) sont souvent compris à contre-sens par les chrétiens : Les rois, princes ou autorités civiles pourraient faire tout ce qu’elles veulent et les chrétiens ne pourraient pas s’y opposer activement. Or la vérité est l’inverse : la légitimité des autorités civiles est conditionnée par la loi divine et les chrétiens peuvent — voire doivent — s’opposer aux autorités civiles qui désobéissent à la loi divine (lire Exode 1:15-21). Comment sa fait-il alors que la Bible dit « toute autorité vient de Dieu » ? Les Pères de l’Église et les réformateurs calvinistes expliquèrent qu’il faut distinguer entre l’office de magitrature et la personne du magistrat.

Commençons par citer l’Homélie 23 sur l’Épître aux Romains de Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople de l’an 397 à 404 :

« “Car il n’y a point de puissance”, dit l’apôtre, “qui ne vienne de Dieu”. Que dites vous ? Tout prince a été ordonné prince par Dieu ? Ce n’est pas là ce que je dis, répond l’apôtre ; car je ne parle pas des princes individuellement, je ne m’occupe que de l’institution elle-même. […] L’apôtre ne dit pas car il n’y a pas de prince qui ne vienne de Dieu, mais c’est de l’institution elle-même qu’il parle, et il dit : “Qu’il n’y a point de puissance qui ne vienne de Dieu, et les puissances qui existent ont été ordonnées par Dieu”. De même quand le Sage dit : “C’est par le Seigneur que la femme est appropriée à l’homme” (Proverbes 19.14), il affirme que le mariage est institué par Dieu, et non pas que c’est Dieu lui-même qui marie tel homme à telle femme ; car nous voyons souvent des mauvais mariages, qui ne sont pas conformes à la loi du mariage, et nous ne devons pas les attribuer à Dieu. […] “Car il est le ministre de Dieu, pour exécuter sa vengeance, en punissant celui qui fait de mauvaises actions.” L’apôtre ne veut pas que le châtiment, la vengeance, l’épée vous fasse reculer d’épouvante, et il répète que le prince remplit la loi de Dieu. »

Source : Jacques DE PENTHOS, Saint Jean Chrysostome – Homélies sur les épîtres de saint Paul, Tome II : Lettre aux Romains – Lettre aux Éphésiens, Paris, François-Xavier de Guibert, 2009, p. 141-142 sur 286. {Homélie complète ici}

Portrait de Samuel Rutherford

Portrait de Samuel Rutherford

Au XVIIe siècle, Samuel Rutherford, un juriste écossais, professeur de théologie à l’Université de St. Andrews, composa le premier traité de droit constitutionnel moderne, Lex Rex : The Law is King (« la loi crée le roi », et non le « le roi crée la loi ») publié en 1644. Le juriste écossais y démontre, à la Question 1, que « nous ne pouvons pas ne pas différencier entre l’institution ou l’office, c’est-à-dire le gouvernement, et les personnes désignées à cet office ». Et à la Question 5, que « la royauté vient de Dieu, mais les rois viennent des hommes ». Pourquoi donc ? Samuel Rutherford observe que Dieu dote rarement les collectivités humaines de dirigeants politiques de façon immédiate, mais le fait habituellement de façon médiate, par l’entremise des populations concernées. Ainsi, Dieu institue l’office de magistrat, mais ce sont les hommes qui nomment et destituent certains de leurs compaires à cet office.

Source : Pierre LURBE, « Résistance et régicide dans “Lex Rex” (1644) de Samuel Rutherford », Études Épistémè, 15 (2009), p. 36-43.

Complément : The Establishment and Limits of Civil Government : An Exposition of Romans 13:1-7 [American Vision Press]

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Palais de Holyrood à Édimbourg

Le réformateur calviniste John Knox (1514-1572) sur l’application de la doctrine biblique et protestante du Sola Scriptura aux autorités civiles. Prédication sur Romains 13, en la Cathédrale d’Édimbourg, le 19 août 1565 :

« En quelques mots, l’apôtre Paul déclare la finalité pour laquelle le glaive est donné aux puissances en disant que c’est “pour la punition des malfaiteurs et la félicitation des malfaiteurs”. Il est évident que le glaive de Dieu n’est pas placé dans la main de l’homme pour qu’il l’utilise comme bon lui plaît, mais uniquement pour punir le vice et maintenir la vertu, afin que les hommes puissent vivre dans une société qui soit acceptable devant Dieu. Cela est la raison précise et unique pour laquelle Dieu désigne des puissances sur la terre. […] Les rois n’ont pas un pouvoir absolu de faire en leurs régiments tout ce qui leur plaît. Leurs pouvoirs sont limités par la Parole de Dieu. Donc, s’ils frappent là où Dieu ne le commande pas, ils sont des meurtriers ; et s’ils font grâce là où Dieu commande de frapper, ils [les rois] ainsi que leur trône sont criminels, et coupables de la méchanceté qui abonde sur la terre par manque de punition. […] Ceux qui sont placés en position d’autorité doivent réfléchir s’ils règnent et dirigent selon Dieu — et si Dieu dirige par-dessus eux, ou s’ils dirigent sans Dieu, à côté de Dieu, et contre Dieu. »

John Knox élabore ensuite en soulignant que Dieu interdit aux juges et aux rois, dans la Bible, de se détourner de ses commandements « ni à droite, ni à gauche » (Deutéronome 17:20, Josué 1:7).

Cité dans Thomas THOMSON, Select Practical Writings of John Knox, Banner of Truth, Édimbourg, 2011 (1854), p. 212-214.

John Knox sur la résistance légitime. Entrevue avec la reine Marie Ire d’Écosse (1559-1560), Palais de Holyrood à Édimbourg, le 19 août 1561 :

« Si les princes excèdent leurs limites, madame, il ne fait aucun doute qu’ils peuvent être résistés, même par la force. Dieu ne commande pas de donner un plus grand hommage aux rois et aux princes qu’aux pères et aux mères. Supposons, madame, qu’un père devient fou et s’apprête à tuer ses enfants. Maintenant, madame, si les enfants se soulèvent, s’unissent ensemble, appréhendent le père, lui retirent son glaive, attachent ses mains, et le gardent emprisonnés jusqu’à se que sa raison lui revienne, croyez-vous, madame, que les enfants commettraient un quelconque péché ? Il en va autant, madame, des princes qui voudraient assassiner les enfants de Dieu qui sont leurs sujets. Leur zèle aveugle n’est rien d’autre qu’une folie démentielle. Conséquemment, leur retirer leur glaive, leur attacher les mains et les jeter en prison jusqu’à ce qu’ils reviennent à un état d’esprit plus sobre n’est aucune désobéissance contre les princes, mais une juste obéissance, car cela est conforme à la volonté de Dieu. »

Cité dans John EIDSMOE, Historical and Theological Foundations of Law, Vol. III : Reformation and Colonial, Tolle Lege Press, Powder Springs (Géorgie), 2011, p. 1052-1053.

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