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Archive for novembre 2013

1. Le postmillénarisme soutient que le Seigneur Jésus-Christ a fondé son Royaume messianique sur la terre durant son ministère terrestre et à travers son œuvre rédemptrice. L’établissement du « Royaume des Cieux » est l’accomplissement des attentes prophétiques de l’Ancien Testament concernant le Royaume à venir [Hébreux 11:13a]. Le Royaume que Jésus prêche et présente n’est pas autre chose que ce qu’espéraient les saints de l’Ancien Testament. Dans la vision postmillénariste, l’Église est l’Israël transformée et accomplie. Elle est même appelée « l’Israël de Dieu » (Galates 6:16).

2. La nature fondamentale du Royaume est essentiellement rédemptive et spirituelle, plutôt que politique et temporelle. Même si elle a des implications dans le domaine politique, la vision postmillénariste n’est pas politique, elle n’offre pas un Royaume pouvant entrer en compétition avec les nations géopolitiques pour obtenir le règne gouvernemental. Christ règne spirituellement sur son Royaume parmi et à travers son peuple aussi bien que par sa providence universelle. [Le Royaume de Dieu ne se confond pas aux juridictions temporelles, il se superpose à elles, il les subordonne et les transforme.]

3. C’est grâce au pouvoir et au dessein intrinsèques à la rédemption de Christ que son Royaume exercera une influence socio-culturelle régénératrice dans l’histoire. [J’ai omis la suite de ce paragraphe que j’estime trop individualiste.]

4. La vision postmillénariste s’attend donc à une expansion graduelle du Royaume de Christ au fil du temps, sur terre, avant qu’il ne revienne mettre fin à l’histoire. Ce sera possible grâce au ministère de la Parole, de la prière fervente du croyant et du travail consacré par le peuple de Dieu habité du Saint-Esprit. Cette croissance du Royaume est dirigée par un Christ toujours présent, depuis son trône dans les cieux où il est assis à la droite de Dieu.

5. Le postmillénarisme anticipe avec confiance un moment dans l’histoire (en continuité avec le présent) où ce même Évangile qui agit maintenant remportera la victoire sur [presque] toute la terre et accomplira ainsi la Grande Commission. Ce qui distingue alors le postmillénariste biblique de l’amillénariste et du prémillénariste, c’est sa conviction que la Bible enseigne le succès de la Grande Commission durant cet âge de l’Église. L’écrasante majorité des hommes et des nations seront christianisés, la justice se sera accrue, les guerres cesseront, et la prospérité et la sécurité s’épanouiront. Il sera marquée par la réception [quasi] universelle de la vraie religion, et de la soumission [presque] illimitée au sceptre du Christ. Il y aura un temps de paix universelle, caractérisé par une grande prospérité.

6. Nous espérons un grand âge d’or où la prospérité spirituelle se poursuivra au fil des siècles, voir même des millénaires, et pendant lequel le christianisme sera triomphant sur [presque] toute la terre. Après cette période de prospérité évangélique, l’histoire de la terre en viendra à sa fin par le retour personnel, visible et corporel de Jésus Christ. Il y aura alors une résurrection littérale ainsi qu’un jugement général. Christ fera entrer le peuple qu’il a acheté avec son sang dans la forme achevée et éternelle du royaume. Et nous serons alors pour toujours dans la présence du Seigneur.

Auteur : Kenneth Gentry | Traduction : Libre avec Dieu.

Autres œuvres de Kenneth Gentry :

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Source : What Does Peter Mean by the Passing Away of Heaven and Earth? A Study of 2 Peter 3 par Gary DeMar et David Chilton | Traduction : Libre avec Dieu | Retouches par Le Monarchomaque.

Siege Jerusalem 70

1reRevolteJuive

2 Pierre 3:3-18 est un passage très fréquemment cité comme une accusation envers ceux qui dénoncent les spéculations prophétiques modernes. Si vous contestez la croyance que les signes qui nous entourent indiquent que nous vivons dans les « derniers jours, » vous êtes alors étiqueté comme un « moqueur » (2 Pierre 3:3). Si cela est vrai, comment allons-nous décrire ceux qui soutenaient que les signes proposés durant les deux guerres mondiales n’étaient pas des signes de la fin? Ils avaient raison! Étaient-ils des « moqueurs »? On peut se demander la même chose au sujet de ceux qui rejetaient les affirmations comme quoi les évènements entourant la Révolution française du 18e siècle étaient des signes prophétiques évidents de la fin de toutes choses. Chaque génération a eu ses gens qui affirmaient que la fin était proche et d’autres qui soutenaient que la fin n’était pas proche. Comme Francis Gumerlock le démontre dans son livre The Day and the Hour (Le Jour et l’Heure), en appeler aux signes contemporains afin de faire des prédictions que la fin est proche est une pratique possédant une longue histoire. On pourrait penser que désormais, les chrétiens arrêteraient de le faire, mais non. Ils savent que faire tourner la machine prophétique fait vendre beaucoup, beaucoup de livres.

Les gens que Pierre accuse d’être des « moqueurs » étaient des ennemis de Jésus et de l’Évangile. Ils se moquaient des affirmations faites par Jésus qu’il viendrait lui-même détruire le Temple et ce, avant que leur génération ne passe. Puisque le Temple se tenait encore debout, près de 30 ans après la prédiction de Jésus, et que rien n’indiquait qu’il serait détruit en moins d’une dizaine d’années, ils commencèrent à se moquer des paroles de Jésus. Il y a une grande différence entre un « moqueur » qui rejette la révélation biblique, dans ce cas les paroles de Jésus, et quelqu’un qui argumente pour une position alternative en utilisant de solides arguments bibliques. Une personne en désaccord avec les spéculations prophétiques modernes n’est pas un « moqueur », particulièrement après autant de tentatives manquées pour prédire la certitude de la fin à travers les années. On pourrait aussi facilement soutenir que les spéculateurs prophétiques modernes (vous savez de qui je parle) sont des « moqueurs » parce qu’ils tordent et déforment les paroles claires de Jésus qu’il reviendrait en jugement avant que la génération du premier siècle ne passe (Matthieu 24:34). Ils essaient d’argumenter que le mot grec genea, traduit correctement par « génération », peut être traduit par « race » ou « nation ». Lorsque ça ne fonctionne pas, certains argumentent que « cette génération-ci » (au présent), devrait être traduit par « cette génération-là » (au futur). Lorsque les mots clairs de Jésus ne s’accordent pas avec leur paradigme prophétique, des mots sont enlevés et de nouveaux sont ajoutés. « Cette génération-ci » devient « la génération qui verra ces choses, » comme si Jésus s’adressait à une génération autre que celle à laquelle il parlait. Jésus a clairement indiqué que son auditoire d’alors verrait ces choses: « lorsque vous verrez toutes ces choses… » (Matthieu 24:33).

2 Pierre 3 fait le lien entre « moqueurs » et les « derniers jours », entre « la promesse de son avènement », le « Jour du Seigneur » (v.10) et les « cieux et la terre qui seront embrasés et dissous. » L’utilisation de l’expression « les derniers jours » par Pierre n’est pas un code pour des évènements menant à l’enlèvement, ni la seconde venue. Gordon Clark commente:

« Beaucoup de gens pensent que l’expression « les derniers jours » concerne le futur, la fin de notre époque. Elle indique plutôt clairement le temps de Pierre lui-même. 1 Jean 2:18 dit que c’est, à son époque, la dernière heure. Dans Actes 2:17, Pierre cite une prophétie des « derniers jours » du prophète Joël comme étant l’époque où il vivait… De toute évidence, Pierre voulait parler de son temps à lui. » [1]

Il y a d’autres passages, comme Hébreux 1:1-2, « Dieu… nous a parlé en ces derniers jours par son Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses et par lequel il a fait les siècles; » (notez l’utilisation du pluriel démonstratif « ces »), Hébreux 9:26, « … mais à présent, à la consommation des siècles, il a paru une seule fois pour abolir le péché, en se sacrifiant lui–même. » (notez l’utilisation du « à présent »), 1 Corinthiens 10:11, « nous qui sommes parvenus aux derniers temps, » et Jacques 5:3, « Vous avez amassé un trésor pour les derniers jours. » La question est: Les derniers jours de quoi? Les derniers jours de l’ancienne alliance avec son temple de pierre, ses sacrifices sanglants ainsi qu’une prêtrise terrestre et pécheresse.

L’inconsistance de l’interprétation pré-millénariste

La plupart des chrétiens qui nous traitent de « moqueurs » sont pré-millénaristes, c’est-à-dire, qu’ils croient qu’il y aura, dans le futur, une période de grande tribulation de 7 ans qui sera immédiatement suivie du règne terrestre de Jésus pour mille ans. Les évènements décrits par Pierre devraient s’accomplir seulement après cette période de 1007 ans. Les nouveaux cieux et la nouvelle terre arrivent après que « le premier ciel et la première terre » ont disparu (Apocalypse 21:1). Ces évènements suivent la période de mille ans d’Apocalypse 20. En suivant les suppositions pré-millénaristes (qui selon moi sont fausses), il est biblique de soutenir que les évènements décrits par Pierre ne peuvent être proches. Comment quelqu’un peut-il être le moqueur d’évènements proches alors que la disparition du cosmos est éloignée de plus d’un millénaire? Ça ne fait aucun sens. L’accusation ne fait de sens que si les évènements décrits sont, en fait, rapprochés de la génération de Pierre. Ceux de sa génération attendaient « ces choses » (2 Pierre 3:14). Comment pouvaient-ils attendre « ces choses » si elles étaient pour se produire au moins 1007 ans dans le futur? En fait, aussitôt que Jésus posera à nouveau ses pieds sur la planète, il sera très facile, selon les pré-millénaristes, de calculer la date à laquelle les évènements de 2 Pierre 3 auront lieu – exactement 1000 ans plus tard. Pour faire taire les moqueurs, tout ce que l’on aura à dire sera, « Vois, Dieu a promis que ces évènements n’arriveront pas avant mille ans. » Ceci veut dire que pour les pré-millénaristes, les évènements révélés et décrits par Pierre n’ont rien à voir avec notre époque. Ils sont loin dans le futur. Ceci veut dire que cette section des Écritures ne peut être utilisée pour faire taire ceux qui rejettent la notion que nous vivons présentement dans les derniers jours. Pierre affirme spécifiquement, toujours selon le paradigme pré-millénariste, que les « derniers jours » sont, à partir d’aujourd’hui, 1007 ans dans le futur. Donc, si les « derniers jours » font référence à la période juste avant la dissolution du cosmos, qui est au moins 1007 ans dans notre futur, alors nous ne pouvons être dans les « derniers jours » et aucun signes ne peuvent être appelés en évidence afin de supporter l’affirmation qu’il y a des nouveaux cieux et une nouvelle terre à l’horizon prophétique.

Le langage de 2 Pierre 3 est certainement apocalyptique, mais est-ce que Pierre décrit la fin de l’univers espace-temps comme on le perçoit généralement, ou décrit-il la fin d’un différent type de monde? La seule façon de le savoir est d’étudier le langage similaire retrouvé dans l’Ancien Testament. En Michée 1:1, une parole prophétique est révélée « à Michée, de Morésheth, aux jours de Jotham, d’Achaz, d’Ézéchias, rois de Juda, et qui lui fut révélée touchant Samarie et Jérusalem. » La prophétie de Michée n’est pas pour un futur lointain, mais plutôt « à cause du crime de Jacob, à cause des péchés de la maison d’Israël », à cause des « hauts lieux de Juda » (1:5). La prophétie concerne une époque où la nation était dominée par l’idolâtrie (1:6-7). Notez comment le jugement imminent est décrit:

« Écoutez, vous tous, peuples! Sois attentive, ô terre, avec tout ce qui est en toi! Que le Seigneur, l’Éternel, soit témoin contre vous, le Seigneur, du palais de sa sainteté! Car voici, l’Éternel sort de sa demeure; il descend, et marche sur les lieux élevés de la terre. Les montagnes se fondent sous lui, les vallées s’entrouvrent, comme la cire devant le feu, comme des eaux qui coulent sur une pente. »

Dieu appelle le monde en témoin contre le peuple de son alliance, qui avait reçu la loi interdisant les idoles et les images taillées d’une façon personnelle, par des commandements écrits sur la pierre. (Ex.20) Dieu est décrit comme descendant, causant les montagnes et les vallées à fondre et à s’entrouvrir, inondant le pays de ces débris. Ce langage est utilisé ailleurs pour décrire des évènements locaux similaires (Juges 5:3; 2 Samuel 22; Psaumes 18:7-10; 68:8; Ésaïe 64:1-2). C’est le langage d’une dé-création. Les montagnes ont-elles réellement fondu? Pas plus que « les fondements du monde furent mis à découvert » lorsque David battit « tous ses ennemis. » (voir Psaumes 18:15 et son prologue).

Nous trouvons quelque chose de semblable dans le libre de Sophonie. Un jugement local, qui a des conséquences nationales pour Juda et Jérusalem, est décrit comme la fin de la terre et de tout ce qui y vit:

« Je ferai périr entièrement toutes choses sur la face de la terre, dit l’Éternel. Je ferai périr les hommes et les bêtes; je ferai périr les oiseaux du ciel et les poissons de la mer; j’enlèverai les scandales avec les méchants, et je retrancherai les hommes de la face de la terre, dit l’Éternel. » (Sophonie 1:2-4)

Ce jugement local est l’inverse de la création. Plus tard dans le chapitre nous lisons, « Le grand jour de l’Éternel est proche; il est proche, et vient en toute hâte… par le feu de sa jalousie tout le pays sera consumé; car c’est d’une entière destruction, c’est d’une ruine soudaine qu’il frappera tous les habitants de la terre. » (1:14,18). Notez l’utilisation du « feu », « d’une ruine soudaine » incluant la fin de la terre. Pierre utilise le même langage. Il écrit à son époque que « La fin de toutes choses est proche. » (1 Pierre 4:7; voir 1:20 « Christ… manifesté dans les derniers temps ») Comme Sophonie, cette description prophétique ne peut pas être une déclaration que la fin de l’univers physique était sur le point de se produire. Dans la Bible, l’utilisation de « la fin est proche » indique que, peu importe de quelle fin il s’agit, elle était proche de Pierre et de son auditoire du 1er siècle. Jay E. Adams nous offre un commentaire utile sur ce passage, en prenant en compte son contexte historique et théologique:

« La première lettre de Pierre fut écrite avant 70 A.D. (quand eut lieu la destruction de Jérusalem)… La persécution que ces Juifs chrétiens avaient connue jusque là venait principalement des Juifs non-convertis (effectivement, ses lecteurs avaient trouvé refuge parmi les gentils en tant que résidents étrangers)… Il fait référence aux lourdes épreuves qui vint sur les chrétiens qui avaient fuit la Palestine sous les attaques des Juifs non-convertis. La fin de toutes les choses (qui ont provoqué cet exile) était proche.

Six ou sept ans après l’écriture de cette lettre, la chute de Jérusalem, avec toutes ces histoires tragiques, telles que prédites dans le livre de l’Apocalypse et dans le discours sur le mont des Oliviers, sur lequel est basée cette partie, était pour se produire. Titus et Vespasien allaient anéantir l’ancien ordre une fois pour toute. Toutes ces forces qui menèrent à la persécution et l’exile des chrétiens d’Asie mineure – Les cérémonies du temple (abolies par la mort de Christ), le pharisaïsme (avec ses distorsions des lois de l’Ancien Testament pour en faire un système d’œuvres légaliste) et la position politique de la Palestine juive envers Rome – allaient être effacés. Les armées romaines allaient enlever l’opposition juive de la face du pays. Ceux qui survécurent l’holocauste de 70 furent dispersés à travers le monde méditerranéen. « Alors », dit Pierre, « tenez bon; la fin est proche. » La fin complète de l’ordre de l’Ancien Testament (déjà aboli par la croix et le tombeau vide) était sur le point de se produire. » [2]

La promesse de son avènement

Quelle « promesse de son avènement » Pierre avait-il en tête? Pierre était présent avec les autres apôtres lorsque Jésus dit, « Je vous dis en vérité qu’il y en a quelques–uns de ceux qui sont ici présents, qui ne mourront point qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme venir en son règne. » Cet évènement a nécessairement dû se produire du vivant de son auditoire. Jésus leur a également dit qu’il viendrait en Jugement avant que cette génération ne passe (24:34). Jésus utilise toujours « cette génération » pour se référer à ses contemporains (Matt. 11:16; 12:41, 42; 23:36; Marc 8:12; 13:30; Luc 7:31; 11:29, 30, 31, 32, 50, 51; 17:25; 21:32). Il n’utilise jamais « cette génération » pour faire référence à une génération future. La parousia (« venue »/ »présence ») est un temps de jugement divin sur le monde de l’ancienne alliance (Matthieu 24:27). Pierre était là quand Jésus dit qu’il reviendrait en jugement en l’espace d’une génération (Marc 13:3,30). Dans le verset suivant, Jésus dit à Pierre et à ceux qui étaient là que les cieux et la terre allaient disparaître (13:31, Matthieu 24:35). La consumation des cieux et de la terre est une référence à la fin de l’économie de l’Ancienne Alliance. Étant juifs, et donc familiers avec l’Ancien Testament, ils n’auraient pas pu interpréter les mots de Jésus autrement. Entre Matthieu 16:27-28 et 24:34, Jésus raconte que Jérusalem sera consumée par le feu (22:7). Cet incendie consumera du même coup tout ce qui concernait l’ancienne économie. Peter Leithart met le chapitre dans son contexte pour nous: « Mais où les moqueurs auraient-ils pris l’idée que Jésus reviendrait avant que les « pères » ne meurent? Surprise, Jésus le leur avait dit. Tout le débat prend pour acquis que Jésus avait promis de venir bientôt. Sans cette prémisse, ni les moqueries des moqueurs, ni la lettre de Pierre ne font de sens. Pierre et ses adversaires ne s’entendent pas sur la fiabilité de la promesse, mais ils s’entendent sur son contenu. »[3] Les « pères » (2 Pierre 3:4) sont les véritables pères de l’église primitive, ceux qui sont morts depuis que Jésus fit la promesse qu’il reviendrait avant que ne passe leur génération (Matt. 24:34; voir 24:9; Jean 16:2; Actes 7:54–60; 12:2).

SiegeJerusalem70

Il y a encore beaucoup à dire sur 2 Pierre 3. La section suivante fut écrite par le regretté David Chilton (1951-1997). David a laissé derrière lui un immense ouvrage sur l’eschatologie: un commentaire verset par verset du livre de l’Apocalypse (Days of Vengeance), un ouvrage sur les principes d’interprétation prophétique (Paradise Restored), et un exposé du discours du mont des Oliviers (The Great Tribulation).


L’analyse de David Chilton… et de John Owen !

Selon la deuxième épître de Pierre, Christ et les apôtres avaient averti que l’apostasie s’accélérerait vers la fin des « derniers jours » (2 Pierre 3:2-4; voir Jude 17-19) – La période de 40 ans entre l’ascension de Christ et la destruction du Temple en 70. [4] Pierre dit clairement que ces moqueurs des derniers jours étaient des apostats de l’Alliance: familiers avec l’histoire de l’Ancien Testament et de la prophétie, c’étaient des Juifs qui avaient abandonné l’Alliance Abrahamique en rejetant Christ. Jésus avait prévenu à plusieurs reprises que sur cette génération méchante et perverse viendrait le grand « Jour du Jugement » annoncé par les prophètes, la « perdition des hommes impies », comme ce qu’ont souffert les méchants qui périrent aux jours de Noé (2 Pierre 3:5-7). Jésus fit cette analogie au cours de son ministère (Matthieu 24:37 et Luc 17-26-27). Tout comme Dieu détruisit le « monde » d’avant le Déluge, le « monde » de l’Israël du premier siècle serait détruit par le feu à la chute de Jérusalem.

Pierre décrit ce jugement comme la destruction des « cieux » et de « la terre d’à présent » (3:7), faisant place à « de nouveaux cieux et une nouvelle terre » (3:13). À cause de la terminologie du genre « univers qui s’effondre » utilisée dans ce passage, beaucoup ont pris pour acquis que Pierre parlait de la fin ultime et matérielle des cieux et de la terre, plutôt que de la dissolution du monde de l’Ancienne Alliance. Le grand théologien puritain du 17e siècle, John Owen, a répondu à cela en se référant à l’usage très métaphorique caractéristique de la Bible des termes « cieux » et « terre », comme dans la description de l’Alliance Mosaïque d’Ésaïe:

« Car je suis l’Éternel ton Dieu, qui frappe la mer et fais mugir ses flots, de qui le nom est l’Éternel des armées. J’ai mis mes paroles dans ta bouche, et t’ai couvert de l’ombre de ma main, pour rétablir les cieux et fonder la terre, pour dire à Sion: Tu es mon peuple! » (Ésaïe 51:15-16)

Owen écrit:

« Le temps d’accomplissement des évènements mentionnés ici, le rétablissement des cieux et la fondation de la terre, fut lorsque Dieu divisa la mer (v.15), et donna la loi (v.16), et dit à Sion « Tu es mon peuple » – c’est-à-dire, lorsqu’il mena les enfants d’Israël hors d’Égypte, et les forma dans le désert en une assemblée de croyants et un État civil. C’est alors qu’Il établit les cieux et fonda la terre – qu’Il fit le nouveau monde; c’est-à-dire, qu’Il apporta l’ordre, le gouvernement et la beauté au travers de la confusion dans laquelle ils se trouvaient avant. C’est là le rétablissement des cieux et la fondation de la terre. Il en est donc ainsi lorsqu’il est fait mention de la destruction d’un État et de son gouvernement, c’est dans ce langage qui semble parler de la fin du monde. C’est le cas d’Ésaïe 34, à propos de la destruction de l’État d’Édom. Nous voyons une affirmation semblable à propos de l’empire Romain en Apocalypse 6:14, ce que les Juifs ont toujours affirmé être réservé pour Édom dans les prophètes. Et dans la prédiction de Christ notre Sauveur sur la destruction de Jérusalem, en Matthieu 24, il décrit tout ça par des expressions de la même importance. Il est donc évident que, dans l’idiome et la façon de parler prophétiques, par « cieux » et « terre », il est question de l’État civil et religieux, et de combinaison d’hommes dans le monde. Ainsi furent détruits par le Déluge les cieux et la terre du monde d’alors. » [5]

Un autre texte de l’Ancien Testament, un parmi plusieurs qui pourraient être mentionnés, est Jérémie 4:23-31, lequel annonce la chute imminente de Jérusalem en 587 avant Christ, dans un langage similaire de dé-création:

« Je regarde la terre, et voici elle est informe et vide; et les cieux, et leur lumière n’est plus… Car ainsi a dit l’Éternel: Tout le pays sera dévasté; [faisant référence à la malédiction de Lév. 26:31–33; voir l’accomplissement en Matt. 24:15!] quoique je ne fasse pas une destruction entière. A cause de cela, la terre sera dans le deuil, et les cieux en haut seront noirs… »

Depuis le tout début, l’Alliance de Dieu avec Israël est exprimée en termes d’une nouvelle création: Moïse a décrit le salut d’Israël dans le désert en termes de l’Esprit de Dieu planant au dessus de la désolation, tout comme le premier jour de la création.[6] Dans l’Exode, comme à la création originale, Dieu sépara la lumière des ténèbres (Ex. 14:20), sépara les eaux des eaux pour qu’apparaisse la terre sèche (14:21-22), et planta son peuple sur sa montagne sainte (15-17). La formation d’Israël par Dieu est donc une image de la création, une récapitulation rédemptrice de la création du ciel et de la terre. Dans l’ordre de l’Ancienne Alliance, le monde entier était organisé autour du sanctuaire du Temple à Jérusalem. Il pouvait convenablement être décrit, avant sa dissolution finale, comme « les cieux et la terre d’à présent. » Le prédicateur du 19e siècle, John Brown, écrit: « Une personne familière avec la phraséologie de l’Ancien Testament sait que la dissolution de l’économie Mosaïque, et l’établissement du Christianisme, est souvent décrit comme la disparition de la vieille terre et des cieux, et la création de nouveaux cieux, d’une nouvelle terre… La période terminant une dispensation, ainsi que le début de l’autre, est décrite comme ‘les derniers jours’ et ‘la fin du monde’; cela est décrit comme une si grande agitation des cieux et de la terre, que cela apportera la disparition des choses qui furent agitées (Aggée 2:6-7; Hébreux 12:26-27). » [7]

« Donc, nous dit Owen, sur cette base, j’affirme que les cieux et la terre dont il est question dans la prophétie de Pierre, la venue du Seigneur, le jour du jugement et de perdition des hommes impies, mentionnés dans la destruction du ciel et de la terre, sont tous liés, non à l’ultime et final jugement du monde, mais à la désolation et destruction totale de ce qu’était l’Église et l’État judaïque » – i.e., la Chute de Jérusalem en 70 A.D. [8]

Pierre parle-t-il de physique atomique?

Cette interprétation est confirmée par une information supplémentaire de Pierre: Dans cet imminent « Jour du Seigneur » qui était sur le point d’arriver sur le monde du 1er siècle « comme un voleur » (voir Matt. 24:42-43; 1 Th. 5:2; Ap. 3:3), « les éléments embrasés seront dissous, et la terre, avec les œuvres qui sont en elle, sera entièrement brûlée. » (2 Pierre 3:10; cf. v. 12).  Quels sont ces éléments? Les soi-disant « littéralistes » assument à la légère que l’apôtre discute de physique, utilisant le terme pour parler d’atomes (ou encore de particules subatomiques) et des véritables composants de l’univers. Ce que ces « littéralistes » ne savent pas, c’est que le mot éléments (stoicheia) est utilisé plusieurs fois dans le Nouveau Testament, mais jamais en lien avec l’univers physique! (À cet égard, le commentaire vraiment trompeur de la New Geneva Study Bible sur ce passage va à l’encontre de son propre principe d’interprétation selon lequel « la Bible interprète la Bible. » Pour des significations possibles du mot, elle cite des philosophes grecs païens et des astrologues – mais jamais l’utilisation qu’en fait la Bible!) Selon le Theological Dictionary of New Testament Words de Kittel, bien que le mot soit utilisé de différentes façons dans la littérature païenne (se référent aux « quatre éléments » du monde physique, ou aux « notes » dans une gamme musicale, ou aux « principes » de géométrie et de logique), les écrivains du Nouveau Testament utilisent le terme « d’une nouvelle façon, décrivant stoicheia comme faible et misérable. Dans un sens transféré, stoicheia désigne les choses sur lesquelles l’existence du préchrétien repose, spécifiquement dans la religion préchrétienne. Ces choses sont impuissantes; elles apportent l’esclavage au lieu de la liberté. » [9]

À travers le Nouveau Testament, le mot « éléments » (stoicheia) est toujours utilisé en relation avec l’ordre de l’Ancienne Alliance. Paul utilisa le terme dans sa réprimande cinglante aux chrétiens de Galatie qui étaient tentés d’abandonner la liberté du Nouveau Testament pour un légalisme du style de l’Ancien Testament. Décrivant les rituels et les cérémonies de l’Ancienne Alliance, il dit: » nous étions sous l’esclavage des rudiments [stoicheia] du monde… maintenant que vous avez connu Dieu, ou plutôt que vous avez été connus de Dieu, comment retournez–vous encore à ces faibles et misérables rudiments [stoicheia], auxquels vous voulez vous assujettir de nouveau? Vous observez les jours, les mois, les temps et les années… » (Galates 4:3, 9-10). Il averti les Colossiens: « Prenez garde que personne ne vous séduise par la philosophie et par de vaines tromperies, selon la tradition des hommes, selon les rudiments [stoicheia] du monde, et non selon Christ… Si donc vous êtes morts avec Christ, quant aux rudiments [stoicheia] du monde, pourquoi vous charge–t–on de ces préceptes, comme si vous viviez encore au monde? En vous disant: Ne mange pas, ne goûte pas, ne touche pas; » (Colossiens 2:8, 20-21). L’auteur de la lettre aux Hébreux les réprimande: « En effet, tandis que vous devriez être maîtres depuis longtemps, vous avez encore besoin d’apprendre les premiers éléments [stocheia] des oracles de Dieu ; et vous en êtes venus à avoir besoin de lait, et non de nourriture solide. » Selon le contexte, l’auteur parle clairement de l’Ancien Testament [éléments que l’épître aux Hébreux affirme avoir disparus] – particulièrement puisqu’il le connecte avec le terme « oracles de Dieu », une expression utilisée ailleurs dans le Nouveau Testament pour la révélation provisoire de l’Ancienne Alliance (voir Actes 7:38; Romains 3:2). Ces citations de Galates, Colossiens et Hébreux contiennent toutes les incidences du mot stoicheia dans le Nouveau Testament. Aucune ne se réfère au monde physique ou à l’univers; toutes parlent des « éléments  » du système de l’Ancienne Alliance, qui, selon les apôtres qui écrivaient avant la destruction prochaine du Temple de l’Ancienne Alliance en 70 A.D., était « devenu ancien » et avait « vieilli » et était « près de disparaître » (Hébreux 8:13). Pierre utilise le même terme exactement de la même façon. À travers le Nouveau Testament grec, le mot « éléments » (stoicheia) signifie toujours [les éléments de l’alliance] et non [les éléments physiques]; les éléments fondateurs d’un système religieux qui était condamné à disparaître dans un terrible jugement (Matthieu 22:7).

En fait, Pierre était très spécifique à propos du fait qu’il ne se référait pas à un évènement 1000 ans dans le futur, mais à quelque chose qui allait bientôt se produire:

« Or, le jour du Seigneur viendra comme un larron dans la nuit; en ce temps–là les cieux passeront avec fracas, et les éléments embrasés seront dissous, et la terre, avec les œuvres qui sont en elle, sera entièrement brûlée. Puis donc que toutes ces choses doivent se dissoudre, quels ne devez–vous pas être par la sainteté de votre conduite et votre piété, attendant, et hâtant la venue du jour de Dieu, dans lequel les cieux enflammés seront dissous, et les éléments embrasés se fondront? » (2 Pierre 3:10-12)

Contrairement à l’interprétation trompeuse des traducteurs aveuglés par leurs présuppositions, Pierre insiste que la dissolution « des cieux et de la terre d’à présent » – le système de l’Ancienne Alliance avec ses rituels obligatoires et ses sacrifices sanglants – était déjà en train de se produire: l’univers de l’Ancienne Alliance tombait en morceaux, pour ne plus jamais être réassemblé.

Quand le prophète et la vision cessèrent-ils en Israël? N’est-ce pas lorsque Christ est venu, le Saint des saints? En fait, c’est un signe et une preuve notable de la venue du Verbe que Jérusalem ne tienne plus et qu’aucun prophète n’y soit élevé ni aucune vision révélé parmi eux. Et c’est naturel qu’il en soit ainsi, car quand Celui qui était signifié fut venu, avions-nous encore besoin de quelqu’un pour le signifier? Et lorsque la Vérité fut venue, avions-nous encore besoin de l’ombre? … Et le royaume de Jérusalem cessa du même coup, les rois devaient être oints parmi eux seulement jusqu’à ce qu’on eut oint le Saint des saints. [10]

Le message de Pierre, argumente John Owen, est que « les cieux et la terre que Dieu a lui-même plantés – le soleil, la lune et les étoiles de l’église et de la politique Judaïques – l’ancien monde d’adoration et d’adorateurs, qui se démarquent dans leur obstination contre le Seigneur Christ – devront être raisonnablement dissous et détruits. » [11]

Comme nous l’avons vu, le théologien puritain John Owen, auteur d’un commentaire en sept volumes sur le livre d’Hébreux, soutient que l’enseignement de 2 Pierre 3 à propos de la venue du « Jour du Seigneur » n’était pas en rapport avec la fin physique de l’univers, mais avec l’Ancienne Alliance et la nation d’Israël. Il souligne que la phrase « les cieux et la terre » est souvent utilisée dans l’Ancien Testament comme une expression symbolique de la création par alliance de Dieu, Israël. (Voir Ésaïe 51-15-20; Jérémie 4:23-31) [12]

Owen offre deux raison supplémentaires (« parmi plusieurs sur lesquelles on pourrait insister à partir du texte », dit-il) d’adopter l’accomplissement de 70 A.D. de 2 Pierre 3. Premièrement, il fait remarquer que « peut importe ce qui est mentionné ici, cela était pour avoir une influence particulière sur les hommes de cette génération. » [13] Ceci est un point crucial, qui doit être reconnu clairement dans toute évaluation honnête de ce que l’apôtre voulait dire. Pierre est particulièrement préoccupé que ces lecteurs se souviennent des avertissements apostoliques à propos des « derniers jours » (vv. 2-3, voir 1 Tim 4:1-6; 2 Tim 3:1-9). Pendant ce temps, les moqueurs Juifs de son époque, qui étaient de toute évidence familiers avec les prophéties Bibliques de jugement, refusaient de tenir compte de ces avertissements (vv. 3-5). Il exhorte ses lecteurs à vivre une vie sainte à la lumière de ce jugement imminent (vv. 11, 14); et ce sont ces premiers chrétiens à qui il est mentionné « d’attendre et de hâter » activement le jugement (vv.12, 13, 14). C’est précisément la proximité de la catastrophe à venir que Pierre invoque afin de les motiver à s’appliquer à une vie sainte!

Objection réfutée

Une objection évidente à un tel exposé est de faire référence à ce qui est probablement le texte le plus connu, et le plus mal comprit, de la brève épître de Pierre: « Toutefois, bien–aimés, n’ignorez pas une chose, c’est que pour le Seigneur un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour » (2 Pierre 3:8). Cela veut dire, nous dit-on, que « l’arithmétique de Dieu est différente de la nôtre, »et donc que, lorsque l’Écriture utilise des termes comme « proche » et « bientôt » ou « à la porte » (ex. Ap.1:1,3 et Matt. 24:33), cela ne ferait pas référence à des évènements qui approchent à grands pas, mais à des évènements possiblement éloignés de milliers d’années dans le futur! Milton Terry a réfuté cette théorie apparemment plausible, mais sans fondement:

« Le langage vient d’une citation poétique du Psaume 90:4; et nous est donnée afin de démontrer qu’un lapse de temps n’invalide pas les promesses de Dieu… Ceci est vraiment différent qu’affirmer que lorsque le Dieu Éternel promet une chose pour bientôt, et déclare qu’elle est proche et à la porte, Il pourrait vouloir dire que ce sera mille ans dans le futur. Il pourrait prendre mille ans et plus pour accomplir une promesse indéfinie, mais ce qu’Il affirme être proche et à la porte, que nul homme ne le déclare lointain. »[14]

J. Stuart Russell écrit avec consternation:

« Peu de passages ont autant souffert de déformation. On lui a fait parler un langage inconsistant avec son intention évidente, et même incompatible avec une stricte considération de la véracité.

Il y a probablement ici une allusion aux mots du Psalmiste, contrastant la brièveté de la vie humaine avec l’éternité de l’existence divine… mais ce serait sûrement le summum de l’absurdité de considérer cette sublime image poétique comme le calculus de la mesure divine du temps, ou comme une justification afin d’ignorer complètement les indications de temps dans les prédictions et promesses de Dieu.
Il n’est pourtant pas inhabituel de citer ces mots comme un argument ou une excuse afin d’ignorer l’élément temporel des écrits prophétiques. Même dans les prédictions où un certain temps est spécifié, ou que des limitations comme ‘bientôt’, ‘rapidement’ ou ‘à la porte’ sont exprimées, le passage [de 2 Pierre 3:8] est appelé pour justifier un traitement arbitraire de tels notes de temps, si bien que ‘bientôt’ voudra dire ‘tard’, ‘proche’ voudra dire ‘lointain’, ‘court’ voudra dire ‘long’, et vice versa…

Il n’est sûrement pas nécessaire de rejeter très fortement une méthode aussi contrintuitive d’interpréter le langage des Écritures. Cela est plus que non-grammatical et déraisonnable, c’est immoral. Cela suggère que Dieu a deux poids deux mesures dans sa relation avec les hommes, et que dans Sa façon de compter il y a des ambigüités et une variabilité qui rendent impossible de « Rechercher pour quel temps et quelles conjonctures l’Esprit de Christ qui était en eux rendait témoignage d’avance » [1 Pierre 1:11] …

Les Écritures elles-mêmes ne donnent toutefois aucune approbation à une telle méthode d’interprétation. La fidélité est un des attributs le plus fréquemment donné au « Dieu qui garde son alliance, » et la fidélité de Dieu, c’est ce que l’apôtre affirme dans ce passage même… L’apôtre ne dit pas que lorsque le Seigneur promet une chose pour aujourd’hui, Il pourrait ne pas accomplir sa promesse d’ici mille ans: ce serait de la négligence; cela briserait la promesse. Il ne dit pas que Dieu, puisqu’il est infini et éternel, compte avec une arithmétique différente de la nôtre, ou qu’Il nous parle à double sens, ou qu’Il utilise différents poids et mesures dans ses relations avec les hommes.

Le contraire est plutôt vrai…
Il est évident que le but de l’apôtre dans ce passage est de donner à ses lecteurs la plus forte assurance que la catastrophe imminente des derniers jours est sur le point d’arriver. La véracité et la fidélité de Dieu étaient la garantie de l’accomplissement ponctuelle de la promesse. S’il avait voulu dire que le temps n’était qu’une variable dans la promesse de Dieu, cela aurait rendu nul son propre enseignement, que « le Seigneur ne retarde point l’exécution de sa promesse » (v.9) » [15]

Continuant son analyse, John Owen cite 2 Pierre 3:13: « Or, nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habite. » Owen demande: « Quelle est cette promesse? Où pourrions-nous la trouver? » Bonne question. Connaissez-vous la réponse? À quel endroit, dans l’Ancien Testament, Dieu promet-il de nouveaux cieux et une nouvelle terre? Soit dit en passant, ceci soulève un point encore plus grand et plus fascinant: Lorsque le Nouveau Testament rapporte ou cite un texte de l’Ancien Testament, c’est souvent une bonne idée de retrouver la citation originale, de voir ce qu’elle voulait dire dans son contexte original, et de voir ensuite la tournure que lui donne l’auteur du Nouveau Testament. Par exemple, la prophétie d’Ésaïe concernant un méga projet de construction d’autoroute [Ésaïe 40:3-5] n’est pas interprétée littéralement dans le Nouveau Testament, mais métaphoriquement en la personne et l’enseignement de Jean Baptiste. [Luc 3:4-6]. La prophétie d’Ésaïe d’un « âge d’or » dans lequel le loup habitera paisiblement avec l’agneau [Ésaïe 11:1-10] est condensée et citée par Paul comme étant accomplie dans l’âge du Nouveau Testament [Romains 15:8-12]! Mais John Owen, cet érudit puritain, connait sa Bible mieux que la plupart d’entre nous, et il nous dit exactement l’endroit de l’Ancien Testament qui prédit « de nouveaux cieux et une nouvelle terre »:

« Quelle est cette promesse? Et où pourrions-nous la trouver? Nous la trouvons dans les mots d’Ésaïe 65:17. Maintenant, quand Dieu créera-t il ces « nouveaux cieux et cette nouvelle terre, où habite la justice »? Pierre dit que ce sera après la venue du Seigneur, après le jugement et la destruction des hommes impies, qui n’obéissent pas à l’évangile. Dès à présent, il est évident, selon Ésaïe 66:21-22, que cette prophétie concerne les temps de l’évangile; et que la création de ces nouveaux cieux n’est rien d’autre que la création des ordonnances de l’évangile, qui dureront à toujours. La même chose est exprimée en Hébreux 12:26-28. [16]

Owen touche droit au but, posant la question que beaucoup trop d’enseignants auraient dû se poser: Où Dieu a-t il promit de créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre? La réponse, comme le dit correctement Owen, se trouve seulement dans Ésaïe 65 et 66 – des passages qui prophétisent clairement la période de l’Évangile, mise en place par l’œuvre de Christ. Selon Ésaïe lui-même, cette nouvelle création ne peut pas être un état éternel, puisqu’elle contient la naissance et la mort, la construction et l’agriculture (65:20-23). Les nouveaux cieux et la nouvelle terre promis à l’Église comprennent l’âge de la Nouvelle Alliance – Le triomphe de l’Évangile, lorsque l’humanité entière aura plié le genou devant le Seigneur (66:22-23). John Bray écrit: « Ce passage est une description grandiose de l’âge de l’évangile après que Christ soit venu en jugement en 70 A.D. et qu’il enleva les cieux et la terre anciennes. Nous avons maintenant les nouveaux cieux et la nouvelle terre de l’âge de l’Évangile. » [17] L’encouragement de Pierre à l’Église de son temps était d’être patient, d’attendre le jugement de Dieu, la destruction de ceux qui persécutaient la foi et empêchaient son progrès. « La fin de toutes choses est proche » écrivait-il plus tôt (1 Pierre 4:7). John Brown commente:

« La fin de toutes choses » ici est la fin de l’économie Juive par la destruction du temple et de la ville de Jérusalem, et la dispersion du peuple saint. C’était imminent; puisque cette épître semble avoir été écrite vraiment peu de temps avant ces évènements… C’est évident que dans les prédictions de notre Seigneur, les expressions « la fin » et probablement « la fin du monde » sont utilisées en référence à la dissolution complète de l’économie Juive (voir Matt. 24:3, 6, 14, 34; Rom. 13:11–12; Jacques 5:8–9). [18]

Une fois que le Seigneur fut venu pour détruire l’échafaudage de la structure de l’Alliance Alliance, le Temple de la Nouvelle Alliance serait laissé à sa place, et la marche victorieuse de l’Église ne pourrait être stoppée. Selon le dessein prédestiné de Dieu, le monde sera converti; les trésors de la terre seront apportés à la Cité de Dieu, alors que le Mandat du Paradis (Gen 1:27; Matt 28:18-20) est consommé (Ap. 21:1-27).

Voilà pourquoi les apôtres affirmaient constamment que l’âge de la consommation avait déjà été mis en application par la résurrection et l’ascension de Christ, qui déversa l’Esprit Saint. Paul, en parlant de l’homme racheté, dit que « Si donc quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature; les choses vieilles sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. » (2 Cor 5:17) Jean, décrivant sa vision de la culture rachetée, dit la même chose:  » Je vis ensuite un ciel nouveau et une terre nouvelle; …car les premières choses sont passées… Voici, je fais toutes choses nouvelles. » (Ap 21:1-5) L’auteur de la lettre aux Hébreux réconforte ses lecteurs du premier siècle avec l’assurance qu’ils sont déjà arrivés « à la Cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste » (Héb. 12:22 dans la version Martin; voir Gal 4:26-28; Ap. 21) Alors que les anciens cieux et l’ancienne terre étaient réduits en miettes, les premiers chrétiens recevaient un « royaume qui ne peut être ébranlé, » le Royaume éternel de Dieu, apporté par son Fils (Héb 12:26-28). Milton Terry a écrit:

« Le langage de 2 Pierre 3:10-12 est emprunté à Ésaïe 34:4, et se limite à la parousia, tout comme le langage de Matthieu 24:29. Alors, le Seigneur ébranla « non seulement la terre, mais aussi le Ciel. » (Héb 12:26), et enleva les choses qui furent ébranlées afin d’établir un royaume inébranlable. » [19]

Il est crucial de noter que l’apôtre pointe continuellement l’attention de ses lecteurs sur des évènements qui ont déjà commencé à avoir lieu, et non sur des choses qui auront lieu des milliers d’années dans le futur. Autrement, sa conclusion n’aurait aucun sens:  » C’est pourquoi, bien–aimés, en attendant ces choses, efforcez–vous d’être trouvés sans tache et sans reproche… Vous donc, bien–aimés, qui êtes avertis, soyez sur vos gardes, de peur qu’entraînés par l’égarement des impies, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté. » (2 Pierre 3:14-17).  Si ces choses se réfèrent à un holocauste thermonucléaire du 21e siècle, pourquoi cet apôtre inspiré donne-t-il une exhortation aussi sérieuse à des centaines de lecteurs qui ne vivront pas pour voir les choses qu’il prédit ? Une règle cardinale d’interprétation des Écritures est que « La Bible interprète la Bible »; et, particulièrement, que le Nouveau Testament est le commentaire inspiré par Dieu lui-même sur la signification de l’Ancien Testament.

Pierre déclara qu’une fois les vieilles choses enlevées, l’Âge de Christ serait pleinement établi, une ère « où la justice habite » (2 Pierre 3:13). La caractéristique distinctive de la nouvelle ère, contrastant avec ce qui l’avait précédé, serait la justice – une justice grandissante, alors que l’Évangile sera libre de poursuivre sa mission vers les nations. Il y a eu plusieurs combats à travers l’histoire de l’Église, bien sûr, et il reste beaucoup de batailles à livrer, mais ceci ne doit pas nous aveugler sur le progrès réel que l’Évangile a fait et continue de faire dans le monde. Le Nouvel Ordre Mondial du Seigneur Jésus Christ est arrivé; et, selon la promesse de Dieu, la connaissance salvatrice de l’Éternel remplira toute la terre, comme les eaux couvrent la mer (Ésaïe 11:9).

Références

  1. Gordon H. Clark, II Peter: A Short Commentary (Nutley, NJ: Presbyterian and Reformed, 1975), 64.
  2. Jay E. Adams, Trust and Obey: A Practical Commentary on First Peter (Phillipsburg, NJ: Presbyterian and Reformed, 1978), 129–130. Adam Clarke (1762–1832) écrit ce qui suit dans son commentaire sur 1 Pierre 4:7: “Pierre dit, la fin de toutes choses est proche; et il dit cela alors que Dieu avait déterminé de détruire le peuple Juif et leur politique par un des plus grands jugements à être tombé sur une nation ou un peuple.  Très peu d’années après l’écriture de cette épître par Pierre, même si on prend la date estimée la plus tôt, (A.D. 60 ou 61), Jérusalem fut détruite par les Romains.  C’est à cette  destruction, qui était littéralement ‘proche’ alors, que l’apôtre fait allusion lorsqu’il dit, « La fin de toutes choses est proche »; la fin du Temple, la fin de la prêtrise lévitique, la fin de toute l’économie juive, était alors proche. » (Clarke’s Commentary on The New Testament of Our Lord and Saviour Jesus Christ, 2 vols. [New York: Carlton & Porter, 1810], 2:864).
  3. Peter J. Leithart, The Promise of His Appearing: An Exposition of Second Peter (Moscow, ID: Canon Press, 2004), 83.
  4. Pour la défense de cette position, David Chilton, Paradise Restored: A Biblical Theology of Dominion, 2nd ed. (Horn Lake, MS: TX: Dominion Press, [1985] 2007), 112–122. Le fait est que chaque fois que l’Écriture emploi le terme « derniers jours » (et autre expressions similaires) cela signifie, non la fin de l’univers matérielle, mais la période de 30 à 70 de notre ère – la période durant laquelle les apôtres prêchaient et écrivaient, les « derniers jours » de l’Israël de l’Ancienne Alliance avant d’être complètement détruit pour toujours avec la destruction du Temple (et avec lui l’abolition du système sacrificiel de l’Ancienne Alliance) décrite par Jésus dans son discours sur le mont des Oliviers (Matt. 24:1–34; Actes 2:16–21; 1 Tim. 4:1–3; 2 Tim. 3:1–9; Hébreux 1:1–2; 8:13; 9:26; Jacques 5:7–9; 1 Pierre 1:20; 4:7; 1 Jean 2:18; Jude 17–19).  Voir aussi l’excellent livret de John Bray, Are We Living in the Last Days? (Lakeland, FL: John L. Bray Ministry) et Gary DeMar, Last Days Madness: Obsession of the Modern Church, 4th ed. (Powder Springs, GA: American Vision 1999).
  5. John Owen, “Providential Changes: An Argument for Universal Holiness,” in William H. Goold, ed., The Works of John Owen, 16 vols. (London: The Banner of Truth Trust, 1965–68), 9:134.
  6. See Chilton, Paradise Restored, 59.
  7. John Brown, Discourses and Sayings of Our Lord, 3 vols. (Edinburgh: The Banner of Truth Trust, [1852] 1990), 1:171f.
  8. Owen, “Providential Changes: An Argument for Universal Holiness,” 9:134.
  9. Gerhard Kittel and Gerhard Friedrich, eds., Theological Dictionary of the New Testament, one-volume edition edited by Geoffrey W. Bromiley (Grand Rapids, MI: Eerdmans, 1985), 1088.
  10. St. Athanasius, On the Incarnation of the Word of God (New York: Macmillan, 1946), [40] 61f.
  11. Owen, “Providential Changes: An Argument for Universal Holiness,” 9:135.
  12. Owen, “Providential Changes: An Argument for Universal Holiness,” 9:135.
  13. Owen, “Providential Changes: An Argument for Universal Holiness,” 9:134.
  14. Milton S. Terry, Biblical Hermeneutics: A Treatise on the Interpretation of the Old and New Testaments (Grand Rapids: Zondervan, 1974), 406.
  15. J. Stuart Russell, The Parousia (Grand Rapids, MI: Baker Books, [1887] 1983), 321ff. Owen, “Providential Changes: An Argument for Universal Holiness,” 134–35.
  16. Owen, “Providential Changes: An Argument for Universal Holiness,” 9:134f.
  17. John L. Bray, Heaven and Earth Shall Pass Away (Lakeland, FL: John L. Bray Ministry), 26.
  18. Cité dans Roderick Campbell, Israel and the New Covenant (Philadelphia, PA: Presbyterian and Reformed, [1954] 2010), 107.
  19. Terry, Biblical Hermeneutics, 489.

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L’Église, c’est l’Église, et Israël, c’est Israël. Puissent-ils ne jamais être confondus. Voilà ce que soutiennent les dispensationalistes et autres adhérents (conscients ou inconscients) de la théologie de la double alliance, qui prétendent que les Juifs ethniques sont le peuple de Dieu plutôt que les chrétiens. Pourquoi cette position est-elle erronée ?

Les des noms, appellations, qualificatifs, etc. que Dieu a utilisé pour Israël dans l’Ancien Testament ont été appliquées à l’Église dans le Nouveau Testament. Par exemple…

En Nombres 16.3 et Deutéronome 33.3, Dieu appelle Israël « saints ».
Dans Éphésiens 1:1 et Romains 1.7, il appelle l’Église « saints ».

En Deutéronome 7.6-7 et 14.2, Il identifie Israël comme « l’élu ».
Dans Colossiens 3.12, Tite 1.1 et Éphésiens 1, Il appelle l’Église « les élus ».

En Deutéronome 7.7-8 et 4.37, Il s’adresse à Israël comme le « bien-aimé ».
Dans Colossiens 3.12 et 1 Thessaloniciens 1.4, il s’adresse à l’Église comme « bien-aimé ».

En Ésaïe 41:9 et 43:1, Dieu explique qu’Israël a été « appelé ».
Dans le Nouveau Testament, Il dit aux saints dans Romains 1.6-7 et Colossiens 1.2 qu’ils sont les « appelés ».

En Ezéchiel 34 et Psaumes 77.20, Dieu considère Israël comme Son « troupeau ».
Dans Luc 12.32, Actes 20.28 et 1Pierre 5.2, c’est l’Église qui est Son « troupeau ».

En Exode 19:5-6, Dieu dit à Israël qu’ils sont une nation sainte, un « royaume de sacrificateurs et une nation sainte ». Dans 1 Pierre 2:9-10, l’apôtre dit à l’Eglise : « Mais vous, vous êtes la race élue, la sacrificature royale, la nation sainte, le peuple acquis, pour annoncer les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière ; Vous qui autrefois n’étiez point un peuple, mais qui êtes maintenant le peuple de Dieu ; vous qui n’aviez point obtenu miséricorde, mais qui maintenant avez obtenu miséricorde. »

En Deutéronome 7:6, Dieu déclare Israël saint (dans le sens de consacré, ou mis à part).
Dans 1 Pierre 1.15-16, c’est l’Église qui est sainte et mise à part.

En Lévitique 26.11, Dieu dit qu’Il « tabernacle » (ou habite) parmi Israël.
Dans le Nouveau Testament, Jean nous dit: « et la Parole a été faite chair, et a habité (tabernaclé) parmi nous » (Jean 1.14).

Dieu est marié à Israël en Ésaïe 54.4 ; Jérémie 3.14 ; 6:2 ; 31:21 ; et Osée 2.19.
Dans le Nouveau Testament, c’est l’Église qui est mariée à Dieu par le Christ (qui est Dieu) dans Éphésiens 5.22-23 et 2 Corinthiens 11.2.

Comme si cela ne suffisait pas, Dieu dit en Lévitique 26.12, « Et je marcherai au milieu de vous ; je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple. » Dans 2 Corinthiens 6.16-18, l’apôtre Paul, sous l’inspiration du Saint-Esprit, écrit: « Et quel rapport entre le temple de Dieu et les idoles ? Car vous êtes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai au milieu d’eux et j’y marcherai ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. »

Source : cette capsule produite par Nicene Council

Traduction : Libre avec Dieu

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Source : Un chapitre de l’ouvrage Jesus v. Jerusalem de Joel McDurmon | Traduction : Libre avec Dieu | Retouches par Le Monarchomaque.

Le concept d’« antéchrist » fait maintenant parti de la croyance populaire. D’innombrables enseignements chrétiens en font mention. Ce terme désignerait un certain personnage satanique qui s’élèvera à la fin des temps pour gouverner le monde, tuer les chrétiens et les juifs et soumettre les populations sous un système économique mondial par le moyen d’une marque contenant le nombre 666. Si vous entendez un prêcheur parler de « l’Antéchrist » dans un sermon sur la fin des temps, et qu’il lui attribue les caractéristiques susdites, il est évident qu’il a gobé dogmatiquement et sans trop se poser de question un système théologique sur la fin des temps qui n’est pas biblique, car un tel personnage n’apparaît nulle part dans la Bible.

La croyance populaire

Voici comment un des plus célèbres enseignants sur « les temps de la fin » décrit l’Antéchrist. D’un seul jet, il raconte que « les prophéties bibliques prédisent clairement l’avènement de l’Antéchrist dans les derniers temps et plus de 100 passages de l’Écriture décrivent ses origines, sa nationalité, ses traits de caractère, sa carrière et sa conquête mondiale. Le terme Antéchrist correspond autant à l’individu qu’au système qu’il représente. » [1]

Remarquez bien comment LaHaye et Hindson utilisent le terme « Antéchrist » pour décrire un présumé personnage qui viendra diriger le monde à la fin des temps. De même, un site web pro-dispensationaliste posta un article intitulé « Qui est l’Antéchrist? » dans lequel l’auteur, Britt Gillette, enseigne que « l’Antéchrist est une personne bien réelle. Durant la période de 7 ans qui précèdera la glorieuse apparition de Jésus Christ, l’Antéchrist aura un pouvoir global sans précédent. » [2]

L’étudiant de la Bible ne devrait pas accepter de telles affirmations sans au moins se poser la question : qu’est-ce que la Bible nous dit à propos de l’ « Antéchrist »? Le chrétien sérieux devrait s’éloigner de ce genre de déclarations spectaculaires au sujet d’un dictateur surnaturel et étudier les textes fondamentaux.

L’« Antéchrist » dans la Bible

Comme je l’ai affirmé plus tôt, le personnage de l’« Antéchrist » n’apparaît pas dans la Bible, du moins, pas d’une façon qui pourrait ressembler à tout ce qu’on déclare à son sujet. En fait, le terme « antéchrist » lui-même n’apparaît qu’à très peu d’endroits. Ceci pourrait surprendre les chrétiens qui se sont fait dire toute leur vie que la Bible prophétisait un tel dictateur, sans oublier LaHaye et ses 100 passages pouvant soi-disant nous enseigner sur ce personnage. Voici la preuve de ce que nous avançons :

Le mot « antéchrist » nous vient directement du mot grec antichristos. Il apparaît seulement 5 fois dans toute l’Écriture (incluant ses variations grammaticales). Nous le rencontrons pour la première fois dans la première lettre de Jean (1 Jn 2.18). L’introduction du terme se fait sans l’article défini. [3] Littéralement, le texte va comme suit : « Enfants, c’est ici la dernière heure; et comme vous avez entendu dire qu’antéchrist vient, et il y a dès maintenant plusieurs antéchrists, par où nous connaissons que c’est la dernière heure. » (1 Jn 2.18).

De ce premier verset, au moins trois choses sont irréfutablement claires :

  1. « Antéchrist » n’est pas une seule personne. Il s’agit plutôt du terme descriptif d’un groupe, ou d’un type de personne, et non un titre spécialement réservé à une seule personne. Jean n’avait pas l’intention de décrire un dictateur mondial venant accomplir le rôle qui lui avait été prophétisé. Jean annonce plutôt l’arrivée de « plusieurs antéchrists. » Au verset suivant, il exprime la même idée en déclarant que ces antéchrists « n’étaient pas des nôtres; car s’ils [pluriel] eussent été des nôtres, ils [pluriel] seraient demeurés avec nous; mais c’est afin qu’il fût manifesté que tous ne sont pas des nôtres. » (1 Jn 2.19)
  2. Ces antéchrists étaient présents à l’époque où Jean écrivait ces lignes. Nous ne devons plus attendre une apparition dans notre avenir. Jean affirme que « c’est ici », « dès maintenant » que ces antéchrists « sont sortis d’entre nous. » L’affaire est close.
  3. Écrivant sous l’inspiration du Saint-Esprit, Jean interpréta la manifestation de ces antéchrists comme la preuve que lui et ses lecteurs vivaient dans « la dernière heure » ou encore les « derniers temps. » À moins que la dernière heure n’ait duré 2000 ans, nous pouvons donc affirmer que les temps de la fin se rapportent à l’époque de Jean et non à la nôtre. Cela devrait en obliger quelques-uns à revoir l’idée qu’ils se font des derniers temps.

C’est là le premier, et le principal texte faisant mention de l’antéchrist. Le mot apparaît quelques fois encore [dans les épîtres de Jean], nous le verrons dans quelques instants, mais remarquez bien que, mises à part les deux premières lettres de Jean, le terme « antéchrist » n’apparaît nulle part ailleurs dans la Bible, même pas dans le livre de l’Apocalypse.

Nous avons vu jusqu’à présent les deux premières occurrences du mot en 1 Jn 2.18. Dans le même discours, Jean donne à ses lecteurs le moyen de savoir si un antéchrist se trouve parmi eux. Il écrit : « Qui est menteur, si ce n’est celui qui nie que Jésus est le Christ? Celui-là est l’antéchrist (1 Jn 2.22) ». Bien que ce passage fait usage de l’article défini « l’ » (tant dans le grec que dans la traduction française), il est clair que, comme Jean a déjà établi l’idée qu’antéchrist était un groupe de personnes en général au verset 18, il propose maintenant des critères par lesquels ses lecteurs pourront juger des cas spécifiques (définis) d’hérésie parmi eux. Il individualise son langage en conséquence.

Le même principe s’applique en 1 Jn 4.3 où Jean pousse plus loin les critères de jugement : « Et tout esprit qui ne confesse pas Jésus-Christ venu en chair, n’est point de Dieu. Or, c’est là celui de l’antéchrist, dont vous avez entendu dire qu’il vient, et qui est déjà à présent dans le monde. » La phrase « c’est là celui de l’antéchrist » est une description de l’esprit qui renie Jésus. Autrement dit, cela signifie : « cet esprit de reniement, c’est l’esprit de l’antéchrist. » C’est pourquoi tant de traductions se sentent obligées d’ajouter une deuxième fois le mot « esprit » même s’il n’y en a qu’un dans le texte grec (voir exemples). Cette fois encore, l’article « l’ » apparaît, mais sa fonction est claire, il détermine un cas spécifique et défini de cette hérésie. Tout cela s’appuie sur l’enseignement précédent de Jean au sujet du terme antéchrist : tester les enseignants afin de démasquer les hérésies. Donc, « éprouvez les esprits » poursuit Jean en ouverture du chapitre 4, « car plusieurs faux prophètes (tout comme les antéchrists en 2.18) sont venus dans le monde » (4.1)

L’autre instance du terme survient en 2 Jn 7. Elle renforce et solidifie ce que nous avons dit jusqu’à maintenant. Jean répète le même enseignement presque verbatim, avertissant que « plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde, qui ne confessent point que Jésus est venu en chair. Un tel homme est le séducteur et l’antéchrist. »

L’article défini y apparaît encore, mais il est clair qu’il fait la description d’un groupe. Au pire, Jean pourrait vouloir faire référence à une force surnaturelle unique se cachant derrière ces nombreux « séducteurs », « faux prophètes » et « antéchrists »; mais même là, il ne pourrait s’agir d’un seul individu qui viendra dans notre futur. Cela voudrait simplement dire que, tout comme les pharisiens étaient les enfants du diable « le père du mensonge » (Jn 8.44), ces antéchrists seraient les enfants de cet antéchrist spirituel, le diable. Ce n’est pas nécessairement la bonne interprétation, mais c’est une possibilité.

L’enseignement biblique à propos de cet antéchrist découle donc de ces cinq brèves apparitions du terme à l’intérieur de quatre versets. Ces versets nous enseignent au moins ceci : il y avait plusieurs antéchrists au temps de Jean et leur apparence confirma que la génération de Jean était dans les derniers temps, voire même, dans la dernière heure.

Toutes interprétations sur l’antéchrist qui dévieraient de ces enseignements fondamentaux risqueraient d’ajouter ou de retrancher à la Parole de Dieu. L’Écriture ne nous permet tout simplement pas d’utiliser le terme « l’Antéchrist » pour parler d’un personnage unique encore à venir. Malheureusement, c’est ce que beaucoup font et continuent de faire.

L’erreur de « l’Antéchrist recomposé »

Les données bibliques sur l’antéchrist sont courtes, mais très claires. Cela n’empêche pas pour autant une multitude de chrétiens d’imposer ce terme à d’autres personnages bibliques pour qui ce titre ne leur est aucunement réservé. Il s’ensuit une sérieuse confusion.

Par exemple, LaHaye et Hindson affirment que « la Bible utilise différents noms et titres pour cette personne communément appelée l’Antéchrist. » [4] Dans l’article cité précédemment, Gillette nous sort une longue liste de ces soi-disant noms :

  • La postérité de Satan (Genèse 3.15);
  • La petite corne (Daniel 7.8);
  • Un roi au visage audacieux et entendu dans l’artifice (Daniel 8.23);
  • Un conducteur qui viendra (Daniel 9.26);
  • Le désolateur (Daniel 9.27);
  • Le roi qui fera tout ce qu’il voudra (Daniel 11.36);
  • Le roi d’Assur (Ésaïe 10.12);
  • Le pasteur de néant qui abandonne le troupeau (Zacharie 11.17);
  • Le fils de la perdition (2 Thessaloniciens 2.3);
  • L’impie (2 Thessaloniciens 2.8);
  • L’Antéchrist (1 Jean 2.18);
  • La Bête (Apocalypse 13.11).

Remarquez bien que Gillette fait référence au terme « antéchrist » de 1 Jean 2.18. Comme nous l’avons vu précédemment, il n’y a même pas l’article « l’ » dans ce passage! Ce titre est donc une pure invention ayant pour but de promouvoir une idée théologique préconçue.

Bien sûr, après avoir créé ce concept de toutes pièces, il ne reste pour ces enseignants qu’à identifier chaque vilain et chaque faux prophète de la Bible avec ce personnage. Le théologien Benjamin B. Warfield nomma cette pratique « la photographie composite » qui s’obtient en connectant « antéchrist » à l’homme du péché de Paul, ou encore la Bête de l’Apocalypse, et encore bien d’autres. [5]

C’est de ce type de construction doctrinale qu’émerge « l’Antéchrist », ce mythe, voire même ce pâté chinois de versets bibliques, concocté avec beaucoup d’imagination et de superstition. Il n’existe pas dans l’Écriture; c’est une invention de théologiens dépendants d’un système eschatologique particulier.

Afin de contourner l’affirmation claire de l’Écriture, ces gentlemen doivent ajouter à la Parole de Dieu. Même après avoir affirmé à quel point la définition du terme était très limitée, LaHaye et Hindson s’en détournent immédiatement. Ils écrivent d’abord : « Fait intéressant, le terme antéchrist (anitchristos en grec) n’apparaît seulement qu’en 1 Jean 2.18, 4.3 et 2 Jean 7. » Ils avouent même qu’il ne s’applique pas à un individu en particulier : « L’apôtre Jean l’utilise autant au singulier (l’antéchrist) qu’au pluriel (les antéchrists). » Ils refusent pourtant d’interpréter le singulier hors de leur système théologique; ils voient dans les mots de Jean leur méga-vilain imaginaire : « Jean informe ses lecteurs qu’ils ont entendu dire que l’Antéchrist viendra dans le futur. » [6]

Jean ne dit rien de tout cela. Comme nous l’avons vu, ce verset exclut spécifiquement l’article défini. LaHaye et Hindson en ajoutent pourtant un, et ils le mettent en italique afin de souligner leur point de vue. C’est un tour de passe-passe : ils placent là un caractère pour cacher leur préjugé théologique; ils ont ajouté aux mots de Jean. C’est cependant un mauvais tour, puisqu’il révèle plutôt leur point de vue biaisé.

De plus, Jean n’affirme pas que « l’Antéchrist viendra dans le futur, » il rappelle simplement à ses lecteurs que « l’Antéchrist vient. » Le temps du verbe est au présent, et non au futur. Jean ajoute ensuite le fait que « plusieurs antéchrists » sont déjà venus comme étant la preuve que la prophétie s’était accomplie, et que c’est grâce à cela qu’il pouvait savoir (avoir la certitude) qu’ils vivaient dans la dernière heure. La manifestation de l’antéchrist comme étant plusieurs antéchrists était l’accomplissement de la prophétie de Jésus pour leur temps de la fin (Mt 24.4-5, 23-28). Cela n’a rien à voir avec un méchant dictateur qui viendra dans le lointain futur.

Pour que leur « montage photographique » se tienne, LaHaye et Hindson doivent ignorer la signification que donne Jean aux plusieurs antéchrists.  Ils admettent que c’est ce que Jean affirme, mais ils ajoutent à la Parole de Dieu en déclarant qu’il « décrit ces antéchrists de moindre importance comme des menteurs qui nient que Jésus est le Christ. » [en page 222?] Avez-vous remarqué l’addition du qualificatif « de moindre importance »? Afin de conserver leur croyance au sujet de la venue future de « l’Antéchrist, » ils minimisent ce que Jean enseigne. Les mots « de moindre importance » sont un ajout à la Parole de Dieu.

Cet ajout tord le sens de l’Écriture sur le sujet d’antéchrist. Cela voudrait donc dire qu’il existe un « Antéchrist suprême, » et que nous devons tenir pour acquis qu’il arrivera dans le futur. Alors, à moins de réunir tous les méchants dirigeants de la Bible, d’en extraire une prophétie imaginaire fondée sur cet amalgame et de donner à ce Frankenstein le nom « d’Antéchrist, » aucun personnage du genre ne saurait se glisser dans nos discussions théologiques. La seule chose qui pourrait s’en approcher, ce serait d’interpréter l’esprit de l’antéchrist comme étant une force transcendante, animant ces nombreux antéchrists. Comme nous en avons discuté plus tôt, ceci ne voudrait pas dire qu’il s’agit d’une personne particulière qui fera son apparition dans l’histoire.

La Bible est si simple et si claire qu’il devient intéressant de constater que des enseignants comme Gillette s’écartent du vrai sens de l’Écriture au profit de leur point de vue théologique:

Malgré le fait que beaucoup de gens affirment que la Bible ne fait aucune mention d’un individu comme étant l’Antéchrist, qu’il s’agirait plutôt de « l’esprit de l’Antéchrist, » une image complète de cet infâme personnage ressort d’une lecture approfondie de l’Écriture.

Il cite ensuite le catalogue de vilains personnages bibliques mentionné plus haut. Pire encore, je suis abasourdi de constater que dans un texte de 2,400 mots bravement intitulé « Qui est l’Antéchrist? » il n’y ait aucune discussion sur les passages où le mot apparaît. Il ne fait qu’une petite mention de 1 Jn 2.18 comme étant un verset contenant le titre de l’Antéchrist, mais nous avons vu que l’article défini n’était pas dans le texte grec. On s’attendrait à ce qu’un article sur le sujet fasse au moins l’exégèse des cinq endroits où le terme apparaît. Gillette ratisse plutôt le reste de l’Écriture afin d’y trouver tous les méchants qu’il peut trouver dans les prophéties pour ensuite affirmer que ceux-ci sont l’Antéchrist. Le problème est évident : au lieu de laisser la Bible définir le terme « Antéchrist » et d’interpréter le reste de l’Écriture en conséquence, les enseignants comme Gillette inventent tout d’abord la définition du terme, et recherchent ensuite les Écritures pour y introduire de force leur interprétation.

Une conclusion logique

Nous savons maintenant que le concept populaire d’Antéchrist est un mythe. La question « Qui est l’Antéchrist? » devient donc une erreur de logique.  La réponse adéquate à la question « Qui est l’Antéchrist? » est « Je rejette l’idée préconçue qu’un tel personnage existe! »

Références

  1. Tim LaHaye et Ed Hindson, eds., The Popular Encyclopedia of Bible Prophecy (Eugene, OR : Harvest House Publishers, 2004), 23.
  2. Rapture Ready — Who is the Antichrist ? par Britt Gillette (en date du 10 mars 2011).
  3. Certaines traductions anglaises ajoutent « the » malgré tout, mais il n’y aucune raison pour cela. Certains traducteurs imaginent qu’une règle grammaticale grecque compliquée l’exige (la soi-disant « règle de Colwell »), mais celle-ci ne s’applique pas nécessairement ici.
  4. Tim LaHaye et Ed Hindson, eds., The Popular Encyclopedia of Bible Prophecy, 24.
  5. Voir Benjamin B. Warlfield tel que cité par Kim Riddlebarger, The Man of Sin : Uncovering the Truth about the Antichrist (Grand Rapids, MI : Baker Books, 2006), 80. Remarquez que même l’auteur (de confession réformée et amillénariste) ajoute l’article défini « the » dans son sous-titre.
  6. Tim LaHaye et Ed Hindson, eds., The Popular Encyclopedia of Bible Prophecy, 23; Ils mettent même l’accent sur l’article défini « l’Antéchrist ».

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Le racisme anti-blanc est peu répandu au Québec, mais c’est une réalité quotidienne en France. Une de ses victimes, Gérald Pichon, y a consacré un ouvrage, Sale Blanc ! Chronique d’une haine qui n’existe pas, paru aux Éditions IDées en 2013. On comprendra que le sous-titre est hautement sarcastique.

Sale Blanc

Fichier alternatif.

L’auteur démontre rigoureusement et méthodiquement, statistiques gouvernementales et rapports administratifs officiels à l’appui, que les Blancs sont les principales victimes de la haine raciale en France.

Voir aussi :

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Via Dead Reckoning.

« Le christianisme est [notamment] à propos de sauver ce monde de la souffrance, de la misère et de la mort. »

« Le christianisme est très orienté vers ce monde [terrestre]. On ne s’enfuit pas de ce monde, on le transforme ! »

[http://www.youtube.com/watch?v=GH1nFRbGNFc]

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