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Archive for avril 2011

Karl Marx, le fondateur du communisme, a affirmé que « L’éducation de tous les enfants, à partir du moment où ils peuvent survivre sans les soins d’une mère, devrait se faire dans les institutions de l’État et aux frais de l’État. » Vladimir Lénine, le fondateur du Parti bolchévique, a dit « Donnez-nous quatre ans pour enseigner les enfants et les grains que j’ai planté ne seront jamais déracinés. Donnez-nous l’enfant pour huit ans et il sera un bolchévique pour toujours. »

Voici la bande-annonce du documentaire IndoctriNation qui démontre comment l’école publique laïque est utilisée pour déchristianiser la population américaine (notons que les créateurs de l’école étatique aux États-Unis étaient des unitariens non-trinitaires) :

Dans cet extrait du film, un juriste explique pourquoi l’école publique est anticonstitutionnelle :

Selon la Bible, les parents chrétiens ont le commandement explicite de Dieu de donner une éducation strictement chrétienne à leurs enfants…

Tu aimeras l’Éternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Et ces commandements que je te donne aujourd’hui seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. (Deutéronome 6:5-7)

Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre ; Et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas. (Proverbes 22:6)

Ce commandement d’instruire les enfants dans le christianisme n’est pas seulement un ordre positif, mais également un ordre négatif. Cela signifie que les enfants de familles chrétiennes ne doivent pas recevoir une éducation non-chrétienne à côté de leur éducation chrétienne. Dieu ne dit pas que l’éducation morale et intellectuelle qui est dispensée aux jeunes chrétiens doit être partiellement chrétienne et partiellement païenne, mais entièrement chrétienne.

Cela implique que les parents chrétiens ne doivent pas envoyer les enfants que Dieu a confiés à leur protection à l’école païenne où on leur inculque exactement l’opposé de la Vérité. Il est de notoriété publique que l’enseignement dispensé dans les écoles dites laïques est loin d’être « neutre » : l’atmosphère et l’information diffusée y est extrêmement pernicieuse et intrinsèquement antichrétienne. La matière dispensée et les méthodes pédagogiques utilisées visent à fabriquer des non-chrétiens, cela est indiscutable.

Qu’on enseigne la Vérité à la maison et à l’école du dimanche est insuffisant : les endoctrineurs non-chrétiens ont 30 heures par semaine à leur disposition pour déconstruire l’enseignement parental et ecclésial. De 5 à 17 ans, cela fait 13 000 heures au total ! Charles Francis Potter, coauteur du Humanist Manifesto (1933), l’a dit lui-même :

L’éducation est le plus puissant allié de l’humanisme, et chaque école américaine est une école d’humanisme. Qu’est-ce-que l’école du dimanche théiste, qui se rencontre une heure par semaine, peut faire pour endiguer la marée d’un programme de cinq jours d’enseignement humaniste ?

Cette situation place les parents dans l’obligation de défaire ce que les enfants apprennent à l’école païenne, tandis que les enseignants païens s’efforcent à défaire ce que les enfants apprennent à la maison. Les enfants chrétiens sont ainsi placés au milieu d’une guerre d’influence, ce qui est malsain pour les enfants et cauchemardesque pour les parents. C’est d’autant plus insensé que l’éducation est une responsabilité parentale, les enseignants n’étant en principe que des délégués des parents.

La Parole de Dieu est claire et sans équivoque : Jésus-Christ refuse catégoriquement que l’on empêche les enfants de venir à lui d’une quelconque façon…

On lui amena des petits enfants, afin qu’il les touchât. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient. Jésus, voyant cela, fut indigné. (Marc 10:13)

La Bible indique que laisser venir les enfants au Seigneur n’implique pas uniquement qu’il faut leur transmettre la Vérité, mais assurément qu’il ne faut pas leur transmettre de contre-vérités qui les empêchent de venir à Lui…

Si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspende à son cou une meule de moulin et qu’on le jetât au fond de la mer. (Matthieu 18:6)

Par cette hyperbole, Jésus-Christ illustre à quel point il est grave de raconter des faussetés et des mensonges aux enfants chrétiens. Quand des parents chrétiens envoient leurs enfants dans un endroit où ils savent sciemment que ce qu’on leur enseigne est l’antipode du christianisme, ils se rendent complices de ce péché et par conséquent ils faillassent à leur devoir sacré.

Maintenant, plusieurs chrétiens modernes pensent qu’ils peuvent « faire confiance à Dieu » (puisque « Dieu est souverain ») et que leurs enfants pourront « être un témoignage » à l’école païenne. En réalité, la conversion fonctionne dans le sens inverse :

Selon M. Khuzadi, les parents chrétiens ne peuvent compter sur un culte dominical pour contrecarrer les cinq jours d’enseignement « progressiste » et « laïque » qui émanent des écoles publiques. Selon l’étude Homeschoolers Grown Up 2004 citée par l’association de M. Khuzadi (Exploring Homeschooling), 94 % des enfants instruits en famille gardent la foi et 93 % continuent d’aller à l’église après la fin de leurs études secondaires, alors que seuls 15 à 25 % des enfants qui ont fréquenté l’école publique font de même.

Bref, les chiffres sont indéniables : l’école païenne nuit catastrophiquement à la propagation de l’Évangile.

« Ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits. » (Matthieu 18:14)

« Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. » (2 Corinthiens 6:14)

« Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. » (Romains 12:2)

« Ne vous laissez pas entraîner par des doctrines diverses et étrangères. » (Hébreux 13:9)

« Moi et ma maison, nous servirons l’Éternel. Le peuple dit : loin de nous la pensée d’abandonner l’Éternel et de servir d’autres dieux ! » (Josué 24:15-16)

 « Quand la prudence fait défaut, le peuple tombe. » (Proverbes 10:14)

Obama, le messie officiel de l’école publique :

Des enfants chrétiens furent forcés de remplacer Jésus par Obama dans une chanson chrétienne au New Jersey :

Le contre-poison : l’école-maison !

Aux États-Unis, les jeunes instruits à la maison enregistrent de meilleurs résultats  académiques que ceux qui fréquentent l’école publique. Les adultes qui ont fait l’école-maison réussissent très bien socialement, dans l’éducation supérieure et sur le marché du travail.

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À chaque époque, les Français ont un grand historien que le monde entier leur envie, comme les Allemands un grand philosophe. Depuis que Fernand Braudel a quitté notre monde en 1985, c’est Jacques Le Goff qui occupe cette place. Il était auparavent Directeur de l’École des Hautes Études en Sciences sociales depuis 1972.

Ses premiers livres, Marchands et banquiers du Moyen Âge et Les Intellectuels au Moyen Âge, montrent comment ces types sociaux qui incarnent pour nous la modernité ont été inventés ou au moins réinventés par le Moyen Âge. C’est à l’université, une institution tout à fait originale apparue au XIIIe siècle, que l’élaboration et la divulgation du savoir acquièrent le statut d’activité professionnelle rémunérée, séparée de l’activité proprement religieuse. En étudiant le développement des ordres mendiants qui accompagnent l’essor urbain du XIIIe siècle et s’efforcent d’encadrer son nouveau paysage social, Jacques Le Goff a montré aussi que la ville telle que nous la connaissons aujourd’hui avec ses institutions communales, ses banlieues, son rayonnement économique et culturel sur les campagnes environnantes, a été réinventée par le Moyen Âge.

Mais c’est dans son approche globale de cette période, comme il l’a tentée dans son grand livre La Civilisation de l’Occident médiéval, qu’il opère une rupture radicale avec les habitudes des médiévistes. Pour comprendre ce que nous a légué le Moyen Âge, il estime qu’il faut lui rendre son étrangeté en explorant son univers mental. Le Moyen Âge est d’abord, pour Le Goff, une création du christianisme. La particularité du bouleversement opéré par la christianisation du monde romain tient au fait que l’Église a eu, pendant plus de dix siècles, la tâche et le pouvoir d’adapter les manières de vivre et de penser au message chrétien.

La culture médiévale a valorisé l’intériorité comme siège de la vie spirituelle. Un nouveau point de vue qui a modifié les pratiques intellectuelles (par exemple avec l’apparition de la lecture silencieuse) et qui a aussi transformé l’image de soi, la gestion des émotions et les habitudes de maintien. Le chrétien s’abandonne au regard de Dieu. Mais l’idée qu’une partie de la vie émotionnelle comme de l’activité spirituelle de l’individu se réfugie à l’intérieur de lui-même, échappant au regard des hommes pour mieux s’offrir à Dieu, a préparé la construction d’un moi profond, en retrait de la vie sociale. Nous avons tendance à identifier le Moyen Âge au patrimoine matériel qu’il nous a légué, à la multitude d’églises et de cathédrales dans lesquelles nous nous plaisons à déchiffrer le message spirituel d’un monde perdu. Or en nous apprenant à lire entre les lignes de ce message, Jacques Le Goff nous aide à retrouver le patrimoine immatériel que le Moyen Âge a laissé en nous et qui survit jusque dans nos attitudes les moins religieuses.

À la question « le Moyen Âge ne se termine-t-il pas avec la Renaissance, c’est-à-dire quelque part entre le milieu du XVe siècle et le début du XVIe ? », Jacques Le Goff répond par l’infirmative : il plaide en faveur d’un Long Moyen Âge qui s’étend jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Il explique que c’est seulement là que deux phénomènes ont précipité la rupture avec l’ordre ancien :

La Révolution industrielle amorcée en Grande-Bretagne dès le milieu du XVIIIe siècle qui bouleverse le système économique ; la Révolution française et son retentissement en Europe qui transforment les structures mentales, en particulier le sens que les hommes donnent à la vie terrestre et à l’Histoire. Mais ce long Moyen Âge qui va du IVe au XVIIIe siècle a connu plusieurs phases d’essor, que l’on peut qualifier de Renaissances parce qu’elles mêlent l’innovation au resourcement dans l’héritage de l’Antiquité. On a parlé de la Renaissance carolingienne au IXe siècle, il y a aussi eu une Renaissance du XIIe siècle : c’est l’essor des villes et du grand commerce, la construction des États monarchiques, l’épanouissement de la scolastique et bientôt la création des universités. La principale différence de ces renaissances avec celle du XVIe siècle, c’est que ses acteurs ne se pensaient pas comme les inventeurs d’un âge nouveau mais comme « des nains juchés sur des épaules de géants ».

Source : Jacques Le Goff – L’éclaireur du Moyen Âge [Nouvel Observateur]

 Jean-Claude Schmitt est d’accord avec Jacques Le Goff sur le Long Moyen Âge.

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Dans sa Théologie naturelle de 1802, William Paley (1743-1805) part d’un constat simple : les organismes sont à la fois très complexes et bien adaptés à leur milieu. Examinés de plus près, ils font de preuve d’une incroyable solidarité : autrement dit, chaque partie contribue de manière indispensable au tout. À ce phénomène, Paley propose deux explications :

  • soit les organismes en question ont été créés pièce par pièce par un Dieu ingénieur ;
  • soit ils proviennent de la rencontre fortuite et incroyablement productive entre matière inerte et forces physiques.

Dans le reste de l’essai, le philosophe anglais explique, au moyen d’une analogie devenue célèbre, pourquoi sa préférence va à la première explication. Imaginons un promeneur marchant en pleine campagne et qui, au détour d’un chemin, découvre une montre dans l’herbe. Curieux, il l’ouvre et remarque à quel point les rouages sont minutieusement ouvragés, à quel point l’ensemble des mécanismes semble destiné à ce que l’ensemble de l’objet puisse donner l’heure.

Comment expliquer la provenance de cet objet ? La première solution est d’en attribuer la création à un concepteur intelligent, un ingénieur qui désirerait que cet objet donne l’heure. La seconde solution consiste à attribuer l’existence de la montre au hasard, à la combinaison aléatoire de la pluie, du métal et des éclairs.

La confrontation entre les deux hypothèses est nécessairement brève, l’explication la plus plausible étant de loin la première. La conclusion de Paley est alors la suivante : si le lecteur s’avoue convaincu par ce raisonnement concernant la montre, alors il ne peut sans mauvaise foi parvenir à une conclusion différente en ce qui concerne la vie. Autrement dit, l’explication la plus plausible à l’existence sur Terre des êtres vivants est celle d’un architecte suprême.

Source : Réflexience

S’informer davantage : Conception intelligente et complexité irréductible [Causalité du Cosmos]

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Consultez également Une entrevue avec Sylvain Gouguenheim sur Résilience TV.

Sylvain Gouguenheim a répondu aux questions du magazine Lire à propos du récent ouvrage collectif paru chez Fayard et s’opposant à ses thèses.

Sylvain Gouguenheim, vous êtes taxé d’« islamophobie ». Le terme est-il, selon vous, recevable ?

S.G. : C’est un concept utilisé sans avoir été soumis à un examen critique. Au sens propre il désigne la peur de l’islam, qu’il assimile à une phobie, donc à une réaction maladive, dépourvue de fondement rationnel : l’« islamophobe » est un déséquilibré. L’accusation discrédite d’emblée celui contre qui elle est lancée et permet de biaiser à l’avance ou d’esquiver le débat sur le contenu des thèses incriminées. Elle suggère également que les critiques sont le produit d’arrière-pensées racistes. L’islamophobe passe donc pour un malade mental et un individu infréquentable. À partir de là, plus aucune discussion n’est possible ; on n’est pas loin du délit de blasphème. Bref, le terme n’appartient pas au débat scientifique ; c’est une arme polémique qui vise à l’empêcher.

Une partie du savoir grec a bien transité de l’Orient vers l’Occident via le monde arabe. Peut-on parler de «dette» du second envers le premier ?

S.G. : La « filière arabe » et persane a existé. Le terme de dette est à écarter en raison de sa connotation morale. Il est plus exact de parler de « transferts ». Aux historiens de mesurer l’importance de ces échanges et d’apprécier le rôle joué, les unes vis-à-vis des autres, par les différentes aires culturelles en contact au fil du temps.

La polémique semble tourner autour de la nature des relations entre les mondes islamique et chrétien au Moyen Âge. Comment caractériseriez-vous ces relations ?

S.G. : Elles étaient difficiles, (…) Pour les chrétiens, l’islam est une hérésie ; pour les musulmans, le christianisme est une déformation du message de Dieu. Il faut attendre le XIIe siècle pour voir une première traduction du Coran en latin et il n’y a guère d’exemples de dialogues constructifs. La méconnaissance de la langue de l’autre est très répandue : on ne connaît pas, par exemple, de chroniqueur arabe des croisades qui ait appris le latin (mais il y a des interprètes). Les systèmes politiques ou juridiques respectifs sont mal connus. En revanche, il y a d’importants échanges économiques et des voyageurs circulent d’un monde à l’autre. Et puis, il y a les guerres; celles des conquérants arabes entre les VIIe et IXe siècles puis les croisades. Ces conflits peuvent être attribués au caractère universaliste des religions comme au processus d’expansion d’empires ou de royaumes puissants.

Dans votre ouvrage, vous soutenez qu’il n’y a pas, à proprement parler, de « philosophie arabe » ou plutôt que la « falsafa » arabe doit être distinguée de la philosophie au sens grec. Vos accusateurs contestent ce point. Que leur répondez-vous ?

S.G. : Mes accusateurs déforment – volontairement ? – ce que j’ai écrit. Il est indiscutable que la « falsafa » poursuit la philosophie grecque : Averroès commente Aristote, Avicenne et d’autres s’inspirent de Platon ou des néoplatoniciens. Al-Kindi, Al-Farabi sont d’authentiques philosophes. Mais ce ne sont pas des « libres-penseurs » : ils demeurent croyants, comme l’étaient Saint Anselme ou Saint Thomas. À leurs yeux, la philosophie est au service de la religion. Par ailleurs, la « falsafa » n’a pas eu de prise sur les élites politiques. Les raisons sont sociologiques : l’absence de structures analogues aux Universités qui auraient permis de toucher un large public. Il y avait, certes, les cercles d’érudits au sein desquels le savoir circulait, mais il leur manquait des relais pour agir sur la société (…)

De même, vous estimez que la structure sémitique de la langue arabe la rendrait peu à même de rendre les abstractions de la pensée philosophique grecque. Vraiment ?

S.G. : Précisons d’abord que la philosophie n’est pas toute la pensée mais une forme spécifique de pensée. Qu’il y ait des différences de structure entre des familles de langues est une réalité. Au Moyen Âge, ces différences rendaient délicates les traductions philosophiques, en dépit des qualités des traducteurs médiévaux. Par ailleurs, les traductions successives d’un texte philosophique du grec en syriaque, puis en arabe, puis en latin, provoquent des distorsions accrues par le nombre des intermédiaires. Le nier révèle une certaine ignorance en matière de traduction. Lors d’un débat avec le vizir Abu Al-Qâsim en 1026, l’évêque de Nisibe affirma que la langue arabe ne permettait pas d’exprimer des notions abstraites. L’intérêt réside non dans l’argument – certainement aisément réfutable – mais dans le fait que le prélat voyait dans les différences linguistiques un élément essentiel, suffisamment solide pour être présenté dans une controverse publique.

Comment réagissez-vous au procès intenté à Fernand Braudel et à l’usage qu’il fait des concepts de « civilisation » et d’« identité » ?

S.G. : Les personnes qui attaquent avec tant d’élégance Braudel n’ont pas le talent nécessaire pour égratigner sa pensée. Ces critiques ne dénotent que prétention et incompétence. L’idée de ces accusateurs est simpliste : pour qu’il n’y ait pas de « choc de civilisations », il leur faut montrer l’inanité du principe de civilisation. Or ce concept correspond bien à une réalité. Je renvoie ici à la distinction claire opérée par le philosophe Eric Weil entre civilisation et culture. Sans ce concept, on ne peut comprendre l’évolution de l’humanité.

En récusant la notion d’identité, via l’accusation peu réfléchie d’« essentialisme », on ouvre là encore la voie à des confusions et des erreurs. Comme si définir les choses revenait à les figer et s’interdire par conséquent de penser toute évolution. (…) Il faut préciser la nature et le contenu des groupes humains ; sans cela on ne peut tenir de discours historique cohérent et logique. Cela n’empêche pas de penser en termes simultanés de permanence et d’évolution : c’est cela le métier d’historien. Les identités sont autant des héritages influents du passé que des créations ou des sélections du présent. Elles se construisent à partir d’éléments transmis, conservés consciemment, et à partir de composantes extérieures. C’est moins une donnée acquise une fois pour toutes qu’un processus vivant fait de traits de longue durée qui subissent des inflexions, des apports, des soustractions.

Propos recueillis par Marc Riglet, glané sur Passion-Histoire.

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Karl Marx aurait déclaré que « Le premier champ de bataille est l’écriture de l’histoire. » Dans son livre 1984, George Orwell a renchérit en affirmant que « Celui qui a le contrôle du passé a le contrôle du futur, et celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé. » Après l’effondrement de l’URSS et la chute du Mur de Berlin, les élites socialistes occidentales se sont recyclées dans le multiculturalisme et plus particulièrement l’islamophilie, voyant dans l’islam  une nouvelle force et une « pureté » qui leur permettrait de renverser l’ordre qu’ils combattent.

Pour les aider à travestir l’histoire, la thèse de l’orientaliste allemande Singrid Hunke s’est avérée d’une grande utilité. Fidèle militante du NSDAP, c’est grâce à son ami Heinrich Himmler qu’elle fit la connaissance du Mufti de Jérusalem (le leader des Arabes de Palestine) à Berlin pendant la Seconde Guerre. Celui-ci l’a visiblement influencé dans ses engagements ultérieurs. Suite à la destruction du Troisième Reich, Mme Hunke s’est recyclée dans l’activisme néo-païen et trouva dans l’islam l’antithèse la plus pure au christianisme (qu’elle jugeait frappé du sceau du judaïsme). La foi trinitaire est selon elle responsable de la corruption de l’Occident. Elle publiait en 1960 Le soleil d’Allah brille sur l’Occident — Notre héritage arabe qui a depuis connu maintes rééditions.

Dans la postérité de Singrid Hunke, l’intelligentsia de gauche est ces derniers temps très occupée à réécrire l’histoire au nom du pluralisme et du vivre-ensemble, et cela passe inévitablement par l’école. De nos jours, nombre d’Occidentaux complexés n’hésitent pas à psalmodier les louanges du peuple d’Allah (« le plus excellent qui soit jamais surgi parmi les hommes », selon le verset 106 du chapitre 3 du Saint Coran). Voilà donc quelques articles pour pallier à cette désinformation ambiante :

Il est pertinent de rappeler qui fut ce fameux Averroès : d’abord un bon musulman, il prônait le djihad et voulait appliquer la charia par la force des armes. Extrait de l’ouvrage L’islamisation de la France de Joachim Véliocas (Éditions de Bouillon), pages 41-42 :

Pour Averroès, la charia ne se discute pas, celui qui aurait l’audace de le faire s’exposerait à des châtiments justifiés. La sagesse, selon lui, a pour principe de faire allégeance à la Loi en estimant aveuglément le législateur. Toute opposition aux prescriptions de la charia fait planer la menace de la division de la communauté des croyants, et à ce titre, sème le trouble, le désordre (fasâd), réprimandable par l’exécution. Ainsi, dans son livre Tahafut al-Tahafut, Averroès recommande de tuer les hérétiques. L’islamologue Dominique Urvoy, dans sa biographie d’Averroès intitulée Les ambitions d’un intellectuel musulman, écrit que le philosophe aurait été obligé d’accepter la condamnation de Salman Rushdie s’il avait vécu à notre époque. Le jihâd, Averroès lui consacra un chapitre dans son livre Bidâyat al-Mudjtahid ainsi que dans la Paraphrase de la République de Platon dont est tiré l’extrait suivant :

Les nations de l’extérieur […] doivent être contraintes. Dans le cas de nations difficiles, cela ne peut se produire que par la guerre. Il en est ainsi dans les lois qui procèdent conformément aux lois humaines, comme dans notre loi divine. Car les chemins qui dans cette loi conduisent à Allah […] sont au nombre de deux : le premier passe par le discours, le second par la guerre.

Ainsi Averroès expose une version orthodoxe de la charia concernant les nations du territoire d’infidélité, la soumission par la conversion ou le combat. Son biographe Al-Ansârî al-Marrâkusî, s’appuyant sur le témoignage d’un disciple Abûl-Qâsim ben at Taylisân (1179-1244), rapporte qu’Averroès, dans un prêche à la Grande Mosquée de Cordoue, appela au jihâd offensif contre les royaumes chrétiens du Nord.

Pour en finir avec le mythe d’un Averroès tolérant, il faut aussi rappeler ce qu’il avait en commun avec les théories nazies sur l’eugénisme : l’élimination des handicapés mentaux.

Le professeur Rémi Brague (professeur de philosophie médiévale à la Sorbonne et Munich), dans sa contribution à l’ouvrage collectif Enquêtes sur l’islam, réalisa un chapitre sur le « jihâd des philosophes » dont les informations dispensées servent à cet éclaircissement. Il conclut son article par un propos allant à l’encontre des idées reçues sur les philosophes estimés paisibles du monde islamique :

Dans son approbation de la guerre, la falsâfa (philosophie islamique) est encore plus radicale que la pratique islamique ordinaire. Celle-ci a pour but la conquête de l’Etat, non celle des esprits ; il s’agit de s’emparer du pouvoir. D’après la doctrine islamique ordinaire, la conversion à long terme des peuples conquis est hautement souhaitable, mais n’est pas une fin première. […] La fin principale est la paix (salâm), c’est-à-dire, la domination islamique sur un domaine « pacifié » (dâr as-salâm). Les philosophes développent une doctrine d’après laquelle la guerre sainte peut conduire à la philosophie, ce pour quoi ils veulent aussi conquérir les âmes.

Et que dire de l’immense apport des chrétiens d’Orient dans le foisonnement scientifique et culturel du monde islamique médiéval ? Car les origines des sciences dites « arabes » sont en réalité chrétiennes et araméennes :

Regardez également cette intervention de Rémi Brague à propos de la relation entre Thomas d’Aquin (fondateur de la méthode scolastique) et notre bien-aimé djihadiste andalou.

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