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Archive for août 2010

Congress shall make no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof ; or abridging the freedom of speech, or of the press ; or the right of the people peaceably to assemble, and to petition the Government for a redress of grievances.

C’est le 1er article du Bill of Rights, une série de dix amendements relatifs aux droits individuels ajoutés le 15 décembre 1791 à la Constitution américaine de 1787 lorsqu’elle fut ratifiée par les délégués de trois-quarts des États américains.

L’interprétation de première partie de cet article fait l’objet d’un débat intense et constant entre conservateurs et progressistes, les premiers l’invoquant pour défendre leur liberté religieuse, les seconds pour pousser leur agenda séculariste.

La traduction la plus souvent admise de la partie qui nous intéresse est celle-ci :

Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l’établissement ou interdise le libre exercice d’une religion.

Une autre traduction que l’on retrouve se lit comme suit :

Le Congrès ne pourra faire aucune loi ayant pour objet l’établissement d’une religion ou interdisant son libre exercice.

Soulignons d’abord que cet article stipule que le Congrès (pas l’exécutif fédéral ou le judiciaire), juste le Congrès (et pas les législatures d’État ou les gouvernements locaux), ne fera aucune loi concernant l’établissement d’une religion ou interdisant son libre exercice.

LA SEULE RESTRICTION PÈSE SUR LE CONGRÈS.

Ensuite, « ne pas interdire le libre exercice de la religion », cela est assez clair, et à ce niveau, c’est incontestablement les militants athées qui sont dans le tord avec leurs manies fascisantes, comme par exemple envoyer en prison les enseignants qui font des prières volontaires avant le repas dans les écoles publiques (sans les élèves).

Mais qu’en est-il de « ne pas légiférer l’établissement de la religion » ? Cela signifie-t-il que les instances gouvernementales dépendant du Congrès doivent être complètement « religieusement neutre », c’est-à-dire qu’elles ne doivent pas reconnaitre et favoriser aucune religion, que l’appareil étatique fédéral doit être laïc mur-à-mur ? Ou bien simplement qu’il ne doit pas y avoir d’Église d’État, comme c’est le cas en Angleterre, où le souverain est, par sa fonction même, le chef de l’Église anglicane ?

Il faut d’abord admettre que la formule « ne pas légiférer l’établissement de la religion » est plutôt floue. Si on la prend littéralement (la première option), elle peut tout aussi bien vouloir dire « ne pas légiférer le non-établissement de la religion », bref « ne pas se mêler de l’établissement de la religion ». Cela serait plus une politique de neutralité passive que de neutralité active. La nuance est importante, car la seconde interprétation implique un laissez-faire du Congrès, une attitude de désengagement.

La notion de neutralité religieuse elle-même est ambiguë et d’une pertinence discutable : neutralité religieuse rime habituellement avec irréligion, irréligion avec incroyance, incroyance avec athéisme/agnosticisme. Et le laïcisme n’est pas essentiel à la garantie de la liberté religieuse : un État peut très bien favoriser une religion (celle de la majorité fondatrice & historique) tout en respectant le libre exercice des autres religions.

Quoi qu’il en soit des possibles interprétations modernes, il est évident, à la lumière du témoignage de l’Histoire, que, dans l’esprit des Pères fondateurs, le 2e amendement de la Constitution américaine n’implique aucunement la séparation totale de la religion et de l’État. On peut citer énormément d’exemples en attestant. Prenons la Déclaration d’indépendance promulguée par les représentants des Treize colonies le 4 juillet 1776, où l’on peut lire :

Nous tenons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes sont créés égaux, qu’ils sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables et que parmi ceux-ci figurent la vie, la liberté et la recherche du bonheur.

On peut également mentionner que le bâtiment du Capitole, où siège le Congrès à Washington, fut utilisé comme une église chaque dimanche de 1795 à 1868. Ce service religieux était fréquenté très assidument par le 2e président des États-Unis, Thomas Jefferson. En fait, c’était une pratique courante pour les membres du Congrès et leur famille d’assister au culte au Capitole le dimanche matin. D’ailleurs, l’expérience fut répétée en 2010. Puisque le service était multiconfessionnel protestant (c’est-à-dire modérément œcuménique), ou bien que des prédicateurs de diverses dénominations chrétiennes étaient autorisés à prêcher à tour de rôle ou simultanément (dans différentes salles), il n’y avait pas de favoritisme entre les églises trinitaires et par conséquent le Congrès n’instaurait pas une dénomination particulière (épiscopalienne, presbytérien, méthodiste, etc.) comme Église d’État, cette pratique n’était pas en violation du 1er amendement.

Voir également : Foundation for Moral Law | America Acknowledges God

Oh, avant d’oublier, la devise nationale des États-Unis d’Amérique est IN GOD WE TRUST — EN DIEU NOUS CROYONS.

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